Eutrope (historien)

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Eutrope
Fonction
Sénateur romain (d)
Biographie
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Époque
Nationalité
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Œuvres réputées

Eutrope (Flavius Eutropius en latin) est un haut fonctionnaire et un historien romain du IVe siècle, auteur de l’Abrégé de l'histoire romaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nous ne savons pas grand-chose de sa vie, la majorité des informations que nous possédons étant celles qu'Eutrope lui-même nous a fournies dans son Abrégé de l'histoire romaine. Marcellus Empiricus l'associe à Ausone[1], ce qui suggérerait une origine bordelaise, mais selon la thèse la plus couramment admise, il serait d'origine orientale, neveu du rhéteur Acacius de Césarée[2]. Il séjourne à Antioche où il rencontre l'empereur Julien dont il devient un fervent partisan. Il entre dans l'administration impériale comme magister epistularum de Constance II (337-361). Il participe ou assiste à l'expédition que Julien fait au printemps de l'année 363, contre les Perses[3]. Après avoir été praeses Ciliciae en 367-369, il devient le magister memoriae de l'empereur Valens pour lequel il écrit son Abrégé. Eutrope lui a dédié son œuvre à une date indéterminée, qui paraît n'être ni antérieure à 367 (date de la première expédition contre les Goths de l'empereur Valens à qui la dédicace donne son titre de Gothicus Maximus) ni postérieure au 9 août 378 (date de la mort de l'empereur Valens) (cf. Eutrope, Abrégé, Dédicace).

En 371, il devint proconsul d'Asie. Lors de son mandat, il est accusé par Festus d'avoir participé au complot de Théodore et est déchu de ses fonctions[4]. Acquitté faute de preuves, il quitte l'Asie pour se rendre à Rome où il est comes rerum privatarum de l'empereur Gratien. Il correspond durant ce séjour avec l'aristocrate romain Symmaque. Cette proximité et l'absence dans son Abrégé de tous faits concernant les chrétiens – mise à part une réserve sur la politique religieuse de Julien – laisse croire qu'Eutrope était païen[5]. Entre 379 et 381, Théodose Ier le nomme préfet de l'Illyricum. En 387, il partage le consulat ordinaire avec Valentinien II, un honneur remarquable[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'Abrégé de l'histoire romaine, en dix livres, va de la fondation de Rome à la fin du règne de l'empereur Jovien (364). Selon l'opinion générale, les livres I à VI traitent des périodes royales et républicaines, le livre VII parle des dynasties julio-claudienne ainsi que flavienne, et se termine par le récit de l'assassinat de Domitien. Les livres VIII à X sont consacrés aux successeurs de Domitien jusqu'au règne de Jovien. C'est un récit clair et d'un style facile, composé pour l'instruction de l'empereur Valens, et dédié à ce dernier.

Nous pouvons lire dans un extrait (traduit en alexandrins par Emile Fourrey (Récréations mathématiques, 1899) une épitaphe de Diophante consistant à un exercice de calcul afin de découvrir jusqu'à quel âge vécut le savant :

« Passant, sous ce tombeau repose Diophante.

Ces quelques vers tracés par une main savante

Vont te faire connaître à quel âge il est mort.

Des jours assez nombreux que lui compta le sort,

Le sixième marqua le temps de son enfance ;

Le douzième fut pris par son adolescence.

Des sept parts de sa vie, une encore s'écoula,

Puis s'étant marié, sa femme lui donna

Cinq ans après un fils qui, du destin sévère

Reçut de jours hélas, deux fois moins que son père.

De quatre ans, dans les pleurs, celui-ci survécut.

Dis, tu sais compter, à quel âge il mourut. »

En mettant le problème en équation,

x = x/6 + x/12 + x/7 + 5 + x/2 + 4, soit :

84x/84 = 14x/84 + 7x/84 + 12x/84 + 420 + 42x/84 + 336

84x = 14x + 7x + 12x + 42x + 756

9x = 756

x = 84

Ainsi Diophante est mort à 84 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marcellus Empiricus, De medicamentis, Pref. 1-2
  2. Hellegouarc'h 1999, p. XXXI
  3. Eutrope, Abrégé, X, 8
  4. Ammien Marcellin, 29, 1, 36 et 2, 22
  5. Hellegouarc'h 1999, p. XXXVIII
  6. Hellegouarc'h 1999, p. IX-XI

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (la+fr) Eutrope (trad. Joseph Hellegouarc'h), Abrégé d'histoire romaine, Les Belles-Lettres, coll. « CUF Latin », , LXXXV-274 p. (ISBN 978-2-251-01414-2)
  • Portmann W., Eutropius dans Der Neue Pauly, Enzyclopädie der Antike, t. 4 (col. 322), Stuttgart-Weimar, 1997,

Source partielle[modifier | modifier le code]

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