Eustache Du Caurroy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir du Caurroy.
Eustache Du CaurroyFrançois-Eustache Du Caurroy
Naissance
Gerberoy,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 60 ans)
Paris,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Compositeur
Maîtres Claude Le Jeune
Descendants André Pitart, neveu

Œuvres principales

  • Missa pro defunctis
  • 42 Fantasies à 3, 4, 5 & 6 parties

François-Eustache Du Caurroy, né à Gerberoy (Oise), baptisé à Beauvais le et mort à Paris le , est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né près de Beauvais, Du Caurroy approfondit ses études musicales auprès de Claude Le Jeune. D'abord chantre (choriste) à la Chapelle royale d'Henri III, il entreprit de composer et remporta trois fois un prix au Puy de musique d’Évreux, concours de composition créé par Guillaume Costeley : en 1575, il obtint le Cornet d'argent pour une chanson polyphonique à quatre voix, et en 1576, il reçut l'Orgue d'argent pour son motet à cinq voix Tribularer si nescirem[1] (perdu). En 1583, le Luth d'argent le récompensa pour Beaux yeux, une chanson à cinq voix (perdue).

Dans les années 1580, il exerça à la chapelle privée de Catherine de Médicis. De sous-maître de la Chapelle royale (c'est-à-dire responsable de la musique de cette Chapelle), il devint compositeur de la Chambre du roi en 1595. Entre 1596 et 1606, il obtint plusieurs bénéfices ecclésiastiques : un canonicat à la Sainte-Chapelle de Dijon, les prieurés de Saint-Cyr-en-Bourg, Passy et Saint-Ayoul de Provins ainsi qu'une autre prébende canoniale à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Il était fort peu présent à Orléans et ne siégeait donc pas, ce qui déplaisait beaucoup aux chanoines du chapitre cathédral, qui lui firent des remontrances et finirent par lui proposer un compromis. On ignore ce qu'il en a été en définitive.

Dernier maître de la polyphonie à la fin de la Renaissance, Du Caurroy fut comparé à Roland de Lassus, musicien franco-flamand de renommée européenne. Il servit trois rois de France et accumula les honneurs. Ses œuvres vocales et instrumentales jouirent d'une grande considération. Au soir de sa vie, se rendant compte qu'en tant que musicien du roi, il n'avait pratiquement pas eu besoin de publier sa musique, Du Caurroy confia à l'imprimeur parisien Pierre I Ballard l'édition d'une partie de ses œuvres.

Son neveu André Pitart signe la préface de la publication posthume des 42 Fantasies à III, IV, V et VI parties chez le même imprimeur en 1610.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Messes[modifier | modifier le code]

Titre de la messe de Du Caurroy Missa Quam dilecta tabernacula tua (Paris, 1610).
  • Missa pro defunctis quinque vocum (Messe pour les défunts). Paris : Pierre I Ballard, 1610. Voir Guillo 2016.
Rééditée en 1636 (RISM D 3618, Guillo 2003 n° 1636-F) en même temps que la messe pour les défunts d'Étienne Moulinié.
D'après Sébastien de Brossard, cette messe a été chantée lors des funérailles royales durant presque deux siècles. Moins d'un an après la mort du compositeur, elle fut exécutée lors des obsèques d'Henri IV (1610). Sur les sources grégoriennes qu'elle utilise, voir Huglo 1965.
Édition moderne : Eustache Du Caurroy, Missa pro defunctis, éd. Marie-Alexis Colin. Turnhout, Brepols Publishers, 2003 (ISBN 978-2-503-51492-5).
  • Missa quatuor vocum, ad imitationem moduli Quam bonus Israel Deus. Paris : Pierre I Ballard, 1610. Voir Guillo 2016.
  • Missa quatuor vocum, ad imitationem moduli Quam dilecta tabernacula tua. Paris : Pierre I Ballard, 1610. Voir Guillo 2016.

Motets[modifier | modifier le code]

  • Preces ecclesiasticæ ad numeros musices redactæ, liber primus [-secundus] (Paris : Pierre I Ballard, 1609, 7 vol. in-4° obl. pour chaque livre). RISM D 3614 et 3615, Guillo 2003 n° 1609-B et -C.
Le premier livre contient 26 motets de 3 à 6 voix, dont 3 à double chœur. Dédicace à Henri IV.
Le second livre contient 27 motets de 3 à 7 voix, dont deux à double chœur. Dédicace à Marguerite de France (1553-1615).
Les manuscrits Paris SG : Ms. 3165-3167 contiennent une mise en partition de nombreuses pièces à 4, 5 et 6 voix extraites de ces deux livres.
Édition moderne de l'ensemble : Eustache Du Caurroy. Preces ecclesiasticae, éd. Marie-Alexis Colin. Paris, Klincksieckn 2000.

Œuvres profanes[modifier | modifier le code]

  • Les Meslanges de la Musique (Paris : Pierre I Ballard, 1610). RISM D 3616, Guillo 2003 n° 1610-D.
Contient 65 pièces diverses, de 4 à 6 voix, dont 10 psaumes et 15 noëls. Du Caurroy y reprend parfois le principe de la « musique mesurée à l'antique » aussi cultivé par Claude Le Jeune. Dédicace à Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon.
  • Une quarantaine de chansons, à 4 et 5 voix, figurent dans des recueils collectifs et quelques manuscrits.

Œuvres instrumentales[modifier | modifier le code]

Page de titre des Fantasies (Pierre I Ballard), 1610 (Paris BnF).
Ces fantaisies constituent une compilation de pièces instrumentales sur des thèmes variés, empruntés aussi bien à des hymnes liturgiques et des psaumes huguenots qu'à des chansons populaires de l'époque, écrites pour trois à six parties, sans instrumentation précisée. Les Fantaisies (29-33) sur Une jeune fillette constituent le premier exemple connu de variations sur un noël.
Le ms. Paris SG : Ms. 3169 contient une mise en partition manuscrite datant du premier tiers du XVIIe siècle, limitée aux fantaisies à 4 parties (8e-26e, 31e, 32e).
Édition moderne : Eustache Du Caurroy, Fantasies à 3-6 parties éd. Blaise Pidoux, New-York, Institute of Mediæval Music, 1975 (Œuvres complètes, 1).
Restitution pour orgue par Jean Bonfils, préface de Norbert Dufourcq : Paris, Editions musicales de la Schola cantorum et de la Procure générale de musique, 1968.

Fausse attribution[modifier | modifier le code]

On lui attribue parfois à tort le Traicté de musique contenant une théorique succincte pour méthodiquement pratiquer la composition (Paris : Pierre I Ballard, 1602, 18 f.). L'auteur est en fait Adrian Le Roy (1re édition : Paris, Adrian Le Roy et Robert Ballard, 1583)[2].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Du Caurroy, Requiem des rois de France, par l'Ensemble Doulce mémoire, dirigé par Denis Raisin-Dadre (1999, Audivis)
  • Hortus Voluptatis : Chansons pour orgue de la Renaissance par Juliette Grellety-Bosviel à l'Orgue Mounier de Francheville (Eure) (2003, Éditions Hortus Hortus 029[3]
  • Du Caurroy, Eustache, Fantaisies, Hespèrion XX, Jordi Savall (1982, Astrée)
  • Du Caurroy, Eustache, Musique en la chapelle d'Henri IV, par l'ensemble Les Chantres de Saint-Hilaire dirigé par François-Xavier Lacroux (2010, 2CD Éditions Triton[4])

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.Bonfils, « Les fantaisies instrumentales d'Eustache Du Caurroy », Recherches sur la musique française classique 2 (1961), p. 5-29.
  • Marie-Alexis Colin, Eustache Du Caurroy et le motet en France à la fin du XVIe siècle. Thèse, Université de Tours, Centre d'Études Supérieures de la Renaissance, 2001.
  • Norbert Dufourcq, « À propos d'Eustache Du Caurroy », Revue de musicologie 32 (1950), p. 94-108.
  • Norbert Dufourcq, « Francois-Eustache Du Caurroy (1549-1609) et son entourage familial et professionnel », Recherches sur a musique française classique 21 (1983), p. 9-40.
  • Brigitte François-Sappey, « Eustache Du Caurroy », Gilles Cantagrel (dir.), Guide de la musique d'orgue, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », 1991, 840 p. (ISBN 2-213-02772-2, OCLC 419466950, notice BnF no FRBNF36652613), p. 326-327.
  • Laurent Guillo, « Découverte à la Bibliothèque de Fels (Institut catholique de Paris) d’un recueil de messes contenant des œuvres retrouvées de Titelouze, Du Caurroy, Fontenay et Bournonville (Paris, 1587-1626) », Revue de musicologie 102/2 (2016), p. 379-394.
  • Laurent Guillo, Pierre I Ballard et Robert III Ballard : imprimeurs du roy pour la musique (1599–1673). Liège : Mardaga et Versailles : CMBV, 2003. 2 vol. ISBN 2-87009-810-3.
  • Michel Huglo, « À propos du Requiem de Du Caurroy », Revue de musicologie 51 (1965), Itinéraires du cantus firmus, 5 : Réminiscences, référence et pérennité. Actes du colloque Cantus firmus V organisé les 29 et 30 mai 1996 ; études réunies et présentées par Edith Weber (Paris : Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 2001), p. 95-112.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tribularer si nescirem misericordias tuas, Domine : répons pénitentiel lié à la liturgie du temps de Carême : « Je serais tourmenté [ou : anéanti], si je ne connaissais ta miséricorde, Seigneur ».
  2. Máire Egan-Buffet, « Le cantus firmus dans le Traicté de musique (1583) d'Adrian Le Roy d'après deux sources manuscrites ... », dans Edith Weber (dir)., Itinéraires du cantus firmus, VIII, Presses Universitaires de Paris-Sorbonne, 2007, p. 39-60
  3. Ce disque a obtenu 5 clés dans le magazine Diapason.
  4. Éditions Triton

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]