Eurre

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Eurre
Eurre
Le château de Eurre.
Blason de Eurre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton Crest
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Drôme
(siège)
Maire
Mandat
Jean Serret
2014-2020
Code postal 26400
Code commune 26125
Démographie
Gentilé Eurrois, Eurroises
Population
municipale
1 305 hab. (2016 en augmentation de 15,9 % par rapport à 2011)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 45′ 37″ nord, 4° 59′ 22″ est
Altitude Min. 149 m
Max. 415 m
Superficie 18,06 km2
Localisation

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Eurre

Eurre est une commune française située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Eurre se trouve dans la vallée de la Drôme, entre Valence et Crest, au sommet d'une colline.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Eurre
Upie Vaunaveys-la-Rochette
Allex Eurre Crest
Grane Chabrillan Divajeu

Histoire[1][modifier | modifier le code]

L'histoire du village est si étroitement liée à celle de son château que l'on peut difficilement parler de l'un sans l'autre.

  • Origines du nom

Eurre, dans le passé, s'est longtemps appelé Urre, cette appellation désignant tout à la fois le village, le château, et le nom de la famille des seigneurs qui y demeuraient. Urre aurait été synonyme de terre brûlée, ceci rappelant les nombreuses invasions barbares qui se sont succédé dans la région pendant près de 500 ans après la décadence romaine, en 410 : Vandales, Alains, Goths, puis Lombards (vers 535), Sarrasins, Maures d'Espagne (vers 730), Hongrois en 924. Puis à nouveau les Sarrasins, en 1018, ne laissèrent bien souvent sur leur passage que ruines et terre brûlée… En vieux langage local, on dit « ce blé est urri » (du latin urere, "brûler") quand il a muri prématurément et a été brûlé par le soleil.

  • Période romaine

Les Romains, partout où ils s'étaient installés, établirent des routes pour déplacer leurs légions et permettre la circulation rapide des fonctionnaires et messagers entre les centres de décision et les provinces. Elles étaient jalonnées de relais et auberges ainsi que de camps militaires pour leur surveillance. À Eurre, ils trouvèrent un lieu suffisamment élevé : eau abondante et bon poste de surveillance pour la région et la voie routière qu'ils venaient de mettre en service. Cette voie reliait directement les Alpes à la route romaine qui logeait le Rhône vers Vienne et Lugdunum : on la nommait Via Magna, la Grande Route. À Eurre était établi un camp romain, gardé par une garnison importante, qui portait les noms de Horea et Villa Vocator. On en trouve des vestiges dans la partie basse du château d'aujourd'hui. En 58 avant Jésus-Christ, Jules César franchit le Montgenèvre puis se rend à Luc où il rejoint son lieutenant Labiénus qui s'était rendu à Valence par la vallée de l'Isère. C'est lui qui avait fait construire la voie entre Valence et les Alpes, route qui, précisément, passait par Eurre…

  • 1347 : bataille d'Urre

Le 25 juillet 1347, le pape Clément VI charge les évêques d'Uzès et de Lisbonne de réconcilier Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, et l'évêque de Valence, Pierre de Chatelus. Une bataille a lieu à Crest, puis les troupes épiscopales se replient alors sur le plateau d'Eurre, tout proche, où les renforts du comte de Poitiers les rejoignent : on déplore alors plus de deux cents morts chez les épiscopaux, et nombre d'entre eux sont faits prisonniers par les soldats du comte de Valentinois. Vers 1350, Eurre est à l'apogée de sa puissance : les remparts solides lui assuraient une sécurité certaine, rendue nécessaire par les multiples faits de brigandage qui touchent la région.

  • 1525 : conséquences de la bataille de Pavie

Un certain nombre de seigneurs dauphinois avaient suivi François Ier pour combattre à ses côtés en Italie : la bataille de Pavie coûta la vie à Antoine d'Urre, Rostaing et Guy de Vesc. Après ce désastre, le Dauphiné dut payer la rançon du roi François Ier et celle des prisonniers de guerre de la province.

  • 1575-1576 : prise et reprise d'Eurre

Après la défaite des protestants face aux armées du roi à La Rochelle, ils se réfugient dans la Drôme et plus particulièrement à Crest, à 5 km de Eurre. La ville est fortifiée. C'est le temps des guerres de religion. En cette année 1575 les protestants donnent l'assaut au village qui se rend sans combattre. À la fin de la même année, les catholiques reprennent le village aux protestants.

Le 4 juillet 1575 a lieu la bataille de Blacons : elle oppose

  • les catholiques, représentés par les armées du roi, commandées par De Gordes, gouverneur du Dauphiné, secondé par son gendre et lieutenant Rostaing d'Urre, seigneur d'Ourches, et par Jean d'Urre et de Brette.
  • les protestants, menés par le baron Du Puy Montbrun (successeur du baron des Adrets) et par son lieutenant le connétable de Lesdiguières ; ils sont secondés par Glane de Cugie et d'Urre et par le seigneur de Vercoiran et d'Urre.

La famille des Urre connaît alors ainsi d'importantes rivalités internes. En février 1576, le commandant des protestants Aimé de Glane de Cugie et d'Urre (héritier de Giraud d'Urre) reprend le village aux catholiques. Le 6 mars 1576, l'édit de Chastenay accorde aux Réformés le libre exercice de leur culte dans tout le royaume ; mais Eurre restera aux mains des protestants jusqu'en 1582, date à laquelle, à la suite de sa reprise par les armées du roi, ce qui restait des fortifications du se voit condamné au démantèlement. Les remparts extérieurs qui entouraient le village sont donc abattus par les armées royales entre 1582 à 1586. Il n'en reste aujourd'hui que quelques fragments. Le fief sera aliéné en 1593 en faveur des seigneurs d'Eurre.

  • Eurre aujourd'hui

Eurre fait preuve de son dynamisme retrouvé avec une vie agricole, artisanale et commerciale active : l'épicerie-café-multi-services a rouvert, l'école accueille 95 enfants et de nombreuses activités de loisirs sont proposées aux habitants et aux touristes. Plusieurs artistes et artisans d'art ont choisi Eurre pour vivre et travailler.

L'église d'Eurre.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 En cours
(au 30 octobre 2014)
Jean Serret[2] PS Retraité de l'enseignement
Conseiller général puis départemental
Président de la Communauté de Communes

Résultats des dernières élections présidentielles (2e tour)[modifier | modifier le code]

2002 : Inscrits : 812 - Abst. : 11,70 % - Jacques Chirac : 555 voix (82,96 %) - Jean-Marie Le Pen : 114 voix (17,04 %)

2007 : Inscrits : 876 - Abst. : 8,33 % - Ségolène Royal : 381 voix (51,35 %) - Nicolas Sarkozy : 261 voix (48,65 %)

2012 : Inscrits : 945 - Abst. : 10,48 % - François Hollande : 436 voix (56,48 %) - Nicolas Sarkozy : 336 voix (43,52 %)

(Source : Ministère de l'Intérieur).

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2016, la commune comptait 1 305 habitants[Note 1], en augmentation de 15,9 % par rapport à 2011 (Drôme : +4,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7956567567509891 0031 0201 0241 082
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0391 1211 0371 0651 0691 011942858871
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
852824815735678676624597610
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
6616846438179231 0181 0741 1261 262
2016 - - - - - - - -
1 305--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le Château[modifier | modifier le code]

Château de Eurre sous la neige.

An 1000… Vers 1044, les familles Isoard et Arnaud de Flotte, familles de bâtisseurs, entreprennent la construction du château et la création du village sur les vestiges de l'occupation romaine. C'est très peu de temps après que s'installeront dans le château d'Eurre les premiers représentants des seigneurs d'Urre : on trouve, cité en 1190, un Guigue d'Urre ; en 1192, un Gention d'Urre, chevalier ; en 1200, un Guyon d'Urre ; et en 1266, François d'Urre, qui avait succédé à Pierre, son père, fils de Guyon.

Moyen Âge Le village, le château et ses remparts abritent environ 1100 hommes, femmes et enfants, ainsi que les animaux domestiques qui leur sont nécessaires : des ânes et des ânesses essentiellement, car on trouve alors peu de chevaux, mules et mulets en Dauphiné.

Plus tard… Le château a subi plusieurs transformations au cours des siècles, ce qui explique l'étrange cohabitation de murs médiévaux et d'une façade Renaissance. Ces murs sont crénelés, flanqués de puissantes tours en arrondi, avec au centre un donjon relevé, le tout en pierre de taille de 2 m d'épaisseur. La façade, quant à elle, a subi une réfection terminée en 1525, commandée par Germain d'Urre, qui y demeurait alors : c'est ainsi que l'on peut y admirer d'immenses croisées vitrées époque Renaissance, ainsi que des tours d'angle de la même époque. En 1675, Marie d'Urre, dernière descendante des seigneurs d'Eurre et n'ayant pas de frère, épousa Augustin de Vesc. C'est ainsi que la famille de Vesc s'installa au château d'Eurre. À la Révolution, la Drôme manifesta son enthousiasme devant les idées politiques nouvelles, mais la famille de Vesc vit d'un mauvais œil la disparition progressive de ses privilèges. Elle décida de quitter la France et de demander asile à l'étranger. C'est ainsi qu'en 1793, à la suite d'une loi sur les biens des émigrés, le château et les biens appartenant aux seigneurs d'Eurre furent vendus comme tels. Le château fut acquis par un fournisseur aux Armées qui le vendit ensuite aux sœurs de Saint-Joseph de Cluny, qui y créèrent une classe d'enseignement pour jeunes filles. Cette classe devait être supprimée en 1905, à la séparation de l'Église et de l'État. Le château resta longtemps inhabité. Il devint un moment propriété de M. Grimaud de la Potière, qui le céda ensuite à M. Deferre, père de l'ancien maire de Marseille, qui y vivra jusqu’à sa mort. Deux propriétaires successifs apportèrent ensuite quelques transformations au château : le second fit son possible pour faire disparaître les modifications « pas très heureuses », aux dires de la population, effectuées par le premier, et réussit à rendre au château son état et son style d'origine.

Aujourd'hui Le visiteur qui pénètre dans cette cour du Moyen Âge, qui conserve le souvenir des passages de Louis XI et de [[François Ier]], ne peut qu'être surpris par l'austérité de son style : elle ouvre sur un porche en arc de cercle et une magnifique porte ogivale, celle de la chapelle (autrefois le donjon) aux murs de deux mètres d'épaisseur. À l'intérieur apparaissent les grandes salles Renaissance aux croisées immenses et aux beaux plafonds en bois d'origine. Au mur de l'une d'elles existe encore une fresque évoquant le baptême de Giraud d'Urre en présence de son parrain François Ier. Subsistent également de vastes cheminées portant toujours le blason de la famille d'Urre. Le château, aujourd'hui propriété privée, ne se visite pas… mais se laisse admirer.

Les habitations anciennes[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, les habitations étaient groupées à l'intérieur de hautes murailles de protection qui entouraient les villages, et non disséminées dans la campagne. À Eurre, quelques fermes et hameaux sont par la suite venus s'accoler à ceux qui existaient déjà dans les environs proches du village fortifié.

Le château d'Eurre domine le village, mais les habitations lui sont étroitement accolées, formant un enchevêtrement compact de maisons et de ruelles parfois escarpées. On parle alors de « bourg castral » : habitat collectif de hauteur regroupé au pied d'un château, arrangement typique de très nombreux villages du Sud-Est de la France. On reconnaît aujourd'hui quelques emplacements d'anciens hameaux ou maisons :

  • Les Videaux

Ce hameau au nord du village, dans lequel vivaient plusieurs familles, faisait depuis très longtemps industrie de la fabrication de tuiles et de briques, à partir de l'argile extraite de la terre. Quelques fours étaient encore en activité en 1850. Plus tard, vers 1908, une importante carrière fournissait en argile une fabrique de céramique de Crest.

  • Brette

Brette est un domaine qui appartint aux seigneurs de Brette (près de Bourdeaux, au sud d'Eurre) ; l'un d'eux interdit un jour aux seigneurs d'Urre le passage par un chemin qui traversait sa propriété. La Cour de Justice de Grenoble, à la suite de la plainte déposée par le seigneur d'Urre, le seigneur de Brette dut raser le mur qu'il avait fait construire pour barrer l'accès à ce chemin ; des traces de ses fondations existent encore…

  • Pierregourde

Cette ferme appartenait autrefois au seigneur de Pierregourde, dans l'Ardèche. La légende raconte que ce seigneur, chef protestant, fut pendant les guerres de Religion égorgé par sa servante catholique chargée de le raser…

  • La Maladière

..ou Maladrerie : non loin du monastère, il s'agissait du lieu réservé aux lépreux.

  • La Condamine

Cette ferme est moins ancienne que les habitations précédentes, mais elle possède une monumentale cheminée Renaissance ainsi que quelques éléments remarquables de la même époque, récupérés après la Révolution à la vente aux enchères des biens du seigneur-châtelain d'Eurre.

  • Trompes

Dans ce hameau se trouve une très ancienne ferme fortifiée avec ses tours de guet. Elle est située au quartier du Maupas, nom qui indique un ancien repaire de détrousseurs. Plus loin, dans une colline voisine, des galeries souterraines profondes ont été creusées ; l'origine en serait le célèbre Mandrin…

  • Chastelanne

Ces terres à vigne appartenaient, vers 1500, au seigneur Germain d'Urre, dit Capitaine Mollans, qui, à son retour d'Italie après Marignan, fit construire en ce lieu peu éloigné du château une belle demeure pour y abriter une charmante favorite prénommée Anne. Une voie souterraine aurait même existé entre le château et « Chastel-Anne »…

  • Le Bois du Four

Four du seigneur, d'un usage public et obligatoire, les sujets étaient tenus de le pourvoir en bois coupé en ce lieu-dit.

  • L'église L'église actuelle, contemporaine du château, correspond à son ancienne chapelle.

Romane, à la porte style provençal, avec ses deux demi-colonnes ioniques et son fronton grec, elle possède également de très beaux vitraux du XVIIe siècle. Sous les dalles de l'ancien carrelage remplacé en 1968, reposent depuis des siècles les générations successives de familles des seigneurs d'Eurre…

Source : http://www.visseaux.org/eurre.htm

Perché sur une colline, sans habitation ou antennes-relais aux alentours, un abri est ouvert depuis juillet 2009 sur la commune d'Eurre aux victimes de l'électro-hyper sensibilité (EHS), grâce à l'ONG drômoise Next-Up (http://www.next-up.org). Cette dernière dénonce depuis 2005 les dangers de l'électromagnétisme artificiel et de la pollution électromagnétique sur l'homme.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : http://www.visseaux.org/eurre.htm
  2. Eurre sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 30 octobre 2014).
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.