European Extremely Large Telescope

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
European Extremely Large Telescope
The E-ELT.jpg

Vue d'artiste de l’European Extremely Large Telescope.

Caractéristiques
Organisation
Gestionnaire
Type
Construction
à partir du  +/-
Altitude
3 060 mètres
Site
Lieu
Coordonnées
Télescopes
E-ELT
Réflecteur de 39,3 m
Localisation sur la carte du Chili
voir sur la carte du Chili
Red pog.svg

L’European Extremely Large Telescope (E-ELT, en français Extrêmement grand télescope européen) est un projet de télescope terrestre de l'Observatoire européen austral (ESO), faisant partie de la série des Extremely Large Telescope.

Il sera situé au nord du Chili, sur le Cerro Armazones (3 060 mètres d'altitude) qui fait partie de la cordillère de la Costa (Andes centrales) et à vingt kilomètres à l'est du Cerro Paranal, site des quatre télescopes du VLT (Très Grand Télescope de l'ESO). Avec un poids de 5 200 tonnes et un diamètre – selon le site officiel de l'ESO – de 39,3 mètres, l'E-ELT sera le plus puissant au monde. Pour collecter plus de lumière et ainsi atteindre les premiers instants de l'Univers, il devrait collecter quinze fois plus de lumière que le VLT.

L'E-ELT devrait être opérationnel et entrer en service au courant de l'année 2024.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lancement du projet E-ELT[modifier | modifier le code]

Sur ce panorama du désert de l'Atacama, on peut apercevoir au premier plan sur la droite, le Cerro Paranal avec le VLT. En deuxième plan, un pic isolé sur la droite, c'est le Cerro Armazones.
Signature de l'accord entre le gouvernement chilien (représenté par le ministre chilien des Affaires étrangères, Alfredo Moreno, à droite) et l'ESO (représentée par son directeur général, Tim de Zeeuw, à gauche) concernant la donation du terrain pour la construction de l'E-ELT et la création d'une zone protégée.

En décembre 2004, le Conseil de l'ESO décide la construction de très grands télescopes (Extremely Large Telescopes), en vue de faire de l'Europe le meneur dans le domaine de l'astronomie. Rapidement, une étude de faisabilité est lancée concernant un télescope ayant un miroir de cent mètres de diamètre, l'Overwhelmingly Large Telescope (OWL). En octobre 2005, le rapport OWL Blue-Book confirme la possibilité technique de réaliser un tel instrument d'observation. Mais il conseille plutôt de réaliser des télescopes plus modestes, ayant un miroir d'un diamètre de trente à soixante mètres, considérant que la complexité et la dérive budgétaire inhérente à de telles entreprises seraient mieux maîtrisées.

En décembre 2005, le projet E-ELT entre dans une phase de consultation avec la communauté astronomique internationale, visant à définir les caractéristiques du télescope. Cinq groupes sont formés, visant à étudier chaque aspect du télescope (intérêt scientifique, instruments nécessaires, évaluation et mise en évidence de possibles sites d'implantation, conception du télescope et étude de l'optique adaptative). Durant l'été 2006, les rapports de chaque groupe sont remis à l'ESO. Ces rapports conseillent que l'ELT soit capable d'observer dans le domaine visible et infrarouge.

Le , Jason Spyromilio est officiellement désigné comme directeur du projet E-ELT. Le 11 décembre 2006, les membres de l'ESO décident de lancer les études préalables à la construction de l'E-ELT. Le diamètre prévu du miroir est de 39 mètres[1], pour un coût total de l'appareil estimé entre 800 millions et un milliard d'euros.

En mars 2010, le comité de sélection préconise le Cerro Armazones, près du Cerro Paranal, comme site de ce futur télescope[2]. Ce site avait été préempté par le conseil de direction de la TMT Observatory Corporation qui a finalement choisi le Mauna Kea, volcan situé sur l'archipel-Etat d'Hawaï pour implanter son télescope de trente mètres. Le Cerro Armazones est situé à 24° 35′ 52″ S 70° 11′ 46″ O / -24.59778, -70.19611 et à une altitude de 2 762 mètres[3]. Il existe déjà à cet endroit un observatoire géré par l'Institut d'astronomie de l'université catholique du nord et l'institut d'astronomie de l'université de Bochum[4].

Mais l'Espagne, dont le site du Roque de los Muchachos a été écarté par le comité de sélection, était prête à payer 25 % du prix de la construction[5].

Le conseil de l'ESO, le 26 avril 2010 a sélectionné officiellement le site de Cerro Armazones[6],[7]. Le 13 octobre 2011, un accord est signé entre le Chili et l'ESO pour la dotation de terrains ainsi que la création d'une zone protégée. Le lancement des travaux est programmé pour 2011 et les premières opérations sont prévues pour le début des années 2020.

L’E-ELT se rapproche de la réalité[modifier | modifier le code]

Le 9 décembre 2011, le Conseil d’administration de l’Observatoire européen austral (Conseil de l’ESO), a approuvé le budget de l’ESO pour 2012. Ce budget comprend des travaux préparatoires sur la route conduisant au site de l’E-ELT au Cerro Armazones, ainsi que le lancement du développement de certains composants optiques complexes pour le télescope.

Le 4 avril 2012, l'Observatoire européen du ciel austral (ESO) a retenu le cabinet d’architectes Auer+Weber pour concevoir l'extension de son quartier général à Garching près de Munich, en Allemagne. Le nouveau bâtiment permettra d’héberger le nombre croissant de personnels du site de Garching et constituera le berceau des innovations technologiques nécessaires à la réalisation des ambitions de l'ESO comme l'E-ELT. La construction de ce nouveau bâtiment devrait s'achever fin 2013.

L'E-ELT comparé avec le VLT et la Porte de Brandebourg.

C'est le 11 juin 2012 que le Conseil de l'ESO a entériné, lors de sa réunion à Garching, la construction de l'E-ELT et de son premier lot d'instruments. Les travaux de construction de la route et de nivellement doivent débuter cette année. Le 12 octobre 2012, l'Observatoire européen du ciel austral qui fête ses cinquante ans d'existence, a signé avec sept ministres et deux ambassadeurs, une fraction du miroir prototype du Télescope Géant Européen (E-ELT pour European Extremely Large Telescope).

Le 28 octobre 2013, le président du Chili, Sebastián Piñera, a remis les documents juridiques récemment signés qui officialisent le transfert, à l'ESO, des terres situées autour du Cerro Armazones pour la construction de l'E-ELT. Le 19 juin 2014 sont lancés les travaux de terrassement de la plateforme de l'observatoire.

Le 4 décembre 2014, le conseil de l'ESO donne le feu vert pour pour la construction de l'E-ELT[8], et indique qu'elle se fera en deux phases. Il est prévu que les contrats de construction du dôme et la structure principale du télescope seront passés dans le courant de l'année 2015, et que la construction prendra une dizaine d'années. La première phase de la construction utilisera les neuf dixièmes du budget total nécessaire à la construction de l'E-ELT. Le miroir primaire, segmenté, sera au terme de ces deux phases composé de 798 miroirs ; 210 de ces miroirs, situés au centre du miroir primaire, seront ajoutés lors de la seconde phase de la construction.

Description de l'E-ELT[modifier | modifier le code]

Quatre segments du miroir primaire géant de l'E-ELT assemblés et testés en Allemagne.

Le miroir principal (M1) de l'E-ELT utilisera la technique du miroir segmenté, qui consiste à fragmenter ce dernier en plusieurs « petits » miroirs. Celui de l'E-ELT sera composé de 798 éléments hexagonaux de 1,45 mètre de diamètre. Assemblés comme ceux des deux télescopes Keck à Hawaï, ils atteindront une surface totale de 1 116 m2, soit 39,3 mètres de diamètre, pour une masse de 150 tonnes.

La lumière reçue par le miroir M1 est renvoyé vers le miroir M2 de 6 mètres de diamètre, puis vers le miroir M3 (4,2 mètres de diamètre), le miroir M4 (2,5 mètres de diamètre) et enfin le miroir M6 (2,7 mètres de diamètre) qui stabilise l'image et la renvoie vers les instruments de mesure.

Diagramme du miroir principal M1 (primary mirror 40m-class) de l'E-ELT.

Le télescope disposera de lasers qui simuleront des étoiles artificielles et évalueront les perturbations atmosphériques afin d'assurer la correction des miroirs M1 et M4 par l'optique adaptative. Du fait de la masse importante du télescope, le miroir M1 sera soutenu par 30 000 supports qui corrigeront en temps réel les efforts dus aux mouvements de flexion et de déformation causé par le vent et la rotation du miroir. Le miroir M4 de l'ELT disposera également d'une optique adaptative : il sera capable de corriger en temps réel les turbulences dues aux conditions atmosphériques. Pour ce faire, le miroir sera posé sur 7 000 actionneurs qui déformeront le miroir 1 000 fois par seconde.

Un tel dispositif optique pourrait théoriquement permettre d'observer l'atmosphère des exoplanètes. L'E-ELT pourrait fournir ainsi des images environ cent fois plus précises que les meilleurs instruments actuels. Les astrophysiciens apercevraient des planètes d'une taille comparable à la Terre en orbite autour d'étoiles distantes de plusieurs dizaines d'années-lumière.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le télescope du futur », Science et Vie, no 1117,‎
  • (en) E-ELT constrproposal (263 pages) par Sergio Sancevero (Geophysicist and amateur Astronomer at CIENCTEC, le 09 décembre 2011)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]