EuropaCity

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Europa City)
Aller à : navigation, rechercher

EuropaCity est un complexe regroupant des loisirs, des équipements culturels et des commerces, qui pourrait voir le jour en 2024 sur le territoire actuellement agricole du « Triangle de Gonesse », sur la commune de Gonesse dans le Val-d'Oise, le long de l'autoroute A1, entre l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et l'aéroport de Paris-Le Bourget, à la limite de la Seine-Saint-Denis. Ce projet s'appuyant sur le vaste projet de Grand Paris, sa construction dépend de celle du Grand Paris Express afin d'être desservi par la Ligne 17 du métro de Paris et par le « barreau de Gonesse » (sous la forme de transports collectifs en site propre), reliant la ligne D à la ligne B du RER d'Île-de-France. La société responsable de ce projet est Alliages et Territoires[1], filiale d'Immochan, filiale du groupe Auchan. L'aménagement du site est prévu dans le cadre d'une opération portée par l'établissement public d'aménagement de la Plaine de France (EPA).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , les quatre cabinets d'architectes consultés (Valode et Pistre, Manuelle Gautrand, Bjarke Ingels (BIG) et Snøhetta)[2] ont présenté aux membres du Comité de Pilotage les premières esquisses de leurs projets architecturaux.

Le , EuropaCity s’est vu remettre le label Grand Paris par Maurice Leroy, Ministre de la ville chargé du Grand Paris et Patrick Braouezec, Président de Paris Métropole[3].

Lors du Marché international des professionnels de l'immobilier de Cannes (du 6 au ), les quatre équipes ont proposé des maquettes de leur projet. Le lauréat de cette consultation internationale d'architectes a été désigné[4] au printemps 2013 après la remise d'un avis consultatif du Comité de Pilotage et la décision du maître d'ouvrage[5] ; il s’agit de l’agence Bjarke Ingels Group (BIG) qui est choisie pour concevoir le Schéma Directeur du projet en association avec Scau, Setec, Transsolar, Base et Michel Forgue. Le calendrier est alors une fin de conception du Schéma Directeur pour octobre 2014, un début des travaux pour 2019 et la réalisation des premiers emplacements pour 2021 et 2022[6].

En décembre 2014, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, a déclaré « Avec la création prévue de 11 500 emplois directs non délocalisables […], EuropaCity est un projet majeur. Il structurera notre territoire et contribuera à sa vitalité économique. Ce n'est pas un hasard si ce projet recueille une majorité d'opinions favorables[7]. »

Le 14 octobre 2015, EuropaCity a annoncé trois partenariats d'études avec la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées, Universcience et le musée de l'Air et de l'Espace pour élaborer l'offre de son pôle culturel[8].

Le 16 février 2016, la CCI Paris - Île-de-France s'associe au développement du projet EuropaCity[9]. Elle contribuera, dans le cadre d’une convention de 3 ans, à la mise en place d’un dispositif de formation, à la réalisation d’une expertise sur la prospective commerciale et à l’insertion économique du projet au niveau local, en faveur de la création d’emplois.

Le 26 février 2016, Immochan et le groupe chinois Wanda Group annoncent avoir conclu un contrat d'investissement pour réaliser ensemble EuropaCity[10]. Wanda Group contribuera au financement du projet et apportera son expertise et son savoir-faire, en termes de loisirs, d’hôtellerie et de divertissement.

Toutefois, à l'été 2017, les autorités chinoises ont ordonné aux principales banques du pays de ne plus accorder de prêts au groupe qui avait continué à multiplier les investissements à l'étranger dans un contexte d'inquiétude sur l'endettement chinois. Après le désengagement subit de Wanda dans les parcs de loisirs durant l'été 2017, ce coup d'arrêt pourrait compromettre l'implication du groupe dans EuropaCity[11].

Le maître d'ouvrage d'EuropaCity a saisi la Commission nationale du débat public pour lancer un débat autour du projet. Dans une démarche de transparence et de démocratie participative, le débat vise à informer et faire participer les habitants du territoire à l'élaboration du projet. Ce débat public autour du projet a lieu du 15 mars au 30 juin 2016[12].

En mars 2017, EuropaCity rejoint Cap digital, le pôle de compétitivité et de transformation numérique, pour mettre l'accent sur l'innovation digitale[13].

Architecture[modifier | modifier le code]

Quatre équipes d'architectes se sont disputés la conception de cette immense opération. Il y avait deux agences françaises : Valode et Pistre, qui a réalisé notamment le stade Pierre-Mauroy en périphérie de Lille, et Manuelle Gautrand Architecture connue pour le Citroën C42 sur l'avenue des Champs-Élysées. Deux agences étrangères étaient également en lice : le très médiatique danois BIG et le norvégien Snøhetta, auteur de l'opéra d'Oslo.

Le projet des français Valode et Pistre[14] se veut être un grand nuage qui couvre le site avec des porosités pour faire mieux aérer le complexe commercial. Les architectes ont cherché à faire « Une organisation matricielle, posée comme sur un plateau de cinéma, qui garantit l'imbrication des commerces, des loisirs et de la culture avec les univers thématiques européens qui se structurent le long des espaces de promenade de la rivière ».

Le projet de la parisienne Manuelle Gautrand[15] se distingue par sa sensualité. Elle a dessiné sept grands cercles qui s'enveloppent entre-eux, rappelant ainsi que la nature n'est pas constituée de lignes droites, mais bien de courbes organiques.

Le projet des norvégiens Snøhetta[16] consiste en une grande plaque de champs qui se décolle pour laisser apparaitre le centre commercial. La particularité de ce projet résidait dans sa volonté à conserver des terres agricoles et à mettre en avant le travail des agriculteurs.

Le projet de BIG[17], qui est le lauréat, prend la forme d'une grand anneau qui s'incline devant l'aéroport de Paris-Le Bourget. Cet anneau s'étire pour reprendre les formes triangulaires du site. Une grande place nommée « Place de l'Europe » est au cœur du projet, c'est de cette place que l'ensemble des grandes allées s'échappe.

L'architecture mais aussi sa dimension urbaine compte tenu de sa surface sont décriées par nombres d'architectes et d'urbanistes[18], ils reprochent principalement l'absence de liens poreux avec le tissu urbain voisin, en l'occurrence l'ancienne usine PSA d'Aulnay-sous-Bois et aussi sur l'absence totale de logement sur cette vaste étendue de territoire.

Contenu de l'offre[modifier | modifier le code]

Le site ouvrirait en 2024[19] et proposerait à terme[20] :

  • 150 000 m2 de surfaces de loisirs dont un parc à thèmes, un parc aquatique, ou un parc des neiges et un parc d'aventure ;
  • 50 000 m2 de surfaces culturelles dont une salle circulaire pouvant accueillir un cirque permanent, une salle de spectacles, une grande halle d'expositions, un espace culturel à destination du jeune public ;
  • 2 700 chambres d'hôtels ;
  • 230 000 m2 de surfaces commerciales ;
  • 10 hectares de parc urbain ;
  • 100 000 m2 d'espaces à usage public ;
  • 7 hectares de ferme urbaine ;
  • 20 000 m2 de restaurants ;
  • 20 000 m2 pour les congrès et séminaires.

Par ailleurs, EuropaCity affirme s'être fixé dix objectifs principaux destinés à améliorer la qualité de vie, regroupés sous l'appellation « Living City[21] ».

Controverses[modifier | modifier le code]

En mars 2011, le Collectif pour le Triangle de Gonesse s'est constitué en réaction à l'annonce du projet EuropaCity, considéré comme un exemple criant de GPI, « Grand Projet Inutile »[22]. Il regroupe aujourd'hui une quinzaine d'associations, dont quatre départementales — Les Amis de la Terre Val-d'Oise, Environnement 93, MNLE 93 et Val-d'Oise Environnement — et a reçu le soutien de FNE Île-de-France.

Le groupe Auchan a été nommé au prix Pinocchio du développement durable pour l'année 2012 dans la catégorie « plus vert que vert », prix décerné chaque année par l'association Les Amis de la Terre, en partenariat avec le Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID) et l'association Peuples solidaires pour dénoncer publiquement le double discours écologique. 36 % des internautes ont voté pour Auchan, plaçant l'enseigne au 2e rang derrière Lesieur. Le principal reproche fait au projet est le coût écologique, notamment l'occupation de 80 hectares de terres agricoles fertiles, dans une région dont l'autonomie alimentaire est déjà inférieure à 10 %[22]. D'après Les Amis de la Terre - France, c'est l'équivalent de 740 tonnes de blé qui seront ainsi perdues annuellement, soit environ 0,0005 % de la production européenne[23], et 10 % de la consommation d'Île-de-France[réf. souhaitée].

En avril 2015, quatre-vingt-trois personnalités signent dans Mediapart une tribune intitulée Europacity ou le passage en force des pouvoirs publics, dénonçant l'absurdité de ce projet et l'absence de consultation démocratique[24]. Ce projet, décrit comme « un nouveau temple du consumérisme alors que la région est déjà saturée d'hypermarchés »[22], est selon Eric Conan « contraire à tous [les] engagements [des élus locaux] de la COP21, tenue au Bourget, à 2 km du site. […] Cette bétonisation climatisée et ses 60 millions de déplacements annuels infirment toutes leurs promesses sur le bilan carbone. Et surtout, ils renient leurs belles promesses sur l'agriculture »[22].

L'opposition à ce projet prend de l'ampleur avec des manifestations en mai 2017, en considérant l'aspect symbolique de l'artificialisation des sols dans une région déjà très fortement touchée[25].

Le 27 juin 2017, Mediapart publie un nouvel article dénonçant la revente des terrains par les pouvoirs publics 500 fois plus chers que l'indemnisation d'éviction que toucheront les fermiers du triangle de Gonesse[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Commission nationale du débat public, « Projet EuropaCity - débat public en préparation », sur www.debatpublic.fr (consulté le 13 octobre 2015)
  2. « Europa City : quatre grandes signatures internationales en lice », sur Batiactu, (consulté le 4 janvier 2014).
  3. « Europa City reçoit le label Grand Paris », sur VOnews, (consulté le 4 janvier 2014).
  4. Kévin Poireau, « Europa City a son architecte ! », sur actuarchi.com, (consulté le 30 juillet 2016).
  5. « À quoi ressemblera Europa City ? », sur Le Parisien, (consulté le 4 janvier 2014).
  6. Nathalie Moutarde, « BIG voit grand pour Europa City », sur Le Moniteur, (consulté le 30 juillet 2016).
  7. « Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, dans Le Journal du Dimanche du 21 décembre 2014, sur le projet Europacity, un futur pôle urbain regroupant des loisirs, des équipements culturels et des commerces à Gonesse dans le Val-d'Oise. », sur vie-publique.fr, (consulté le 23 mai 2016).
  8. « EuropaCity annonce 3 partenariats d’étude pour créer la nouvelle destination des loisirs du Grand Paris » [PDF], sur europacity.com, (consulté le 13 avril 2016).
  9. « La CCI Paris Ile-de-France apporte son expertise à EuropaCity » [PDF], sur europacity.com, (consulté le 15 mars 2016).
  10. « Immochan et Wanda s'associent pour développer EuropaCity, la future destination des loisirs du Grand Paris » [PDF], sur europacity.com, (consulté le 15 mars 2016)
  11. Frédéric Schaeffer, « Pékin prêt à couper les financements de Wanda », sur Les Échos, (consulté le 21 juillet 2017)
  12. Jean-Pierre Reymond, « EuropaCity, un débat qui s’annonce houleux », sur gpmetropole.fr, (consulté le 15 mars 2016)
  13. « EuropaCity adhère à Cap Digital pour placer l’innovation digitale au cœur du projet », sur businessimmo.com, (consulté le 31 mars 2017)
  14. Kévin Poireau, « Europa City par Valode & Pistre », sur actuarchi.com, (consulté le 30 juillet 2016)
  15. Kévin Poireau, « Europa City par Manuelle Gautrand Architecture », sur actuarchi.com, (consulté le 30 juillet 2016)
  16. Kévin Poireau, « Europa City par Snøhetta », sur actuarchi.com, (consulté le 30 juillet 2016)
  17. Kévin Poireau, « Europa City par BIG », sur actuarchi.com, (consulté le 30 juillet 2016)
  18. Christophe Leray, « Europacity : des pays d’Oz en carton-pâte », sur Libération, (consulté le 30 juillet 2016)
  19. « EuropaCity au cœur d’un pôle structurant du Grand Paris : le Grand Roissy - EuropaCity », sur EuropaCity, (consulté le 13 octobre 2015).
  20. « EuropaCity : une destination de loisirs stratégique pour le Grand Paris », sur EuropaCity, (consulté le 13 octobre 2015).
  21. « EuropaCity créé la « Living City ® » », sur EuropaCity (consulté le 4 avril 2016).
  22. a, b, c et d Jean-Luc Porquet, « "Faire foule ensemble" », Le Canard Enchaîné, no 4980,‎ , p. 5.
  23. Franck Stassi, « La production européenne de blé s'apprécierait de 7 % en 2013/2014 », sur L'Usine nouvelle, (consulté le 2 avril 2016)
  24. Les invités de Mediapart, « Europacity ou le passage en force des pouvoirs publics », sur Mediapart, (consulté le 22 janvier 2016)
  25. Ian Dalipagic, Jérôme Fourcade et Samy Archimède, « Ces ultimes terres agricoles qui résistent encore à la bétonisation du « grand Paris » », sur Basta !, (consulté le 23 mai 2017)
  26. Jade Lindgaard, « Vertigineuse partie de Monopoly sur le triangle de Gonesse », sur Mediapart, (consulté le 27 juin 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]