EuropaCity

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EuropaCity
Image illustrative de l'article EuropaCity
Logotype d'EuropaCity
Description
Aménageur Alliages et Territoires (Auchan),
Wanda Group
Site web http://www.europacity.com/
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Localité Gonesse
Périmètre

EuropaCity est un projet immobilier regroupant des loisirs, des équipements culturels, des commerces, des hôtels et restaurants ainsi qu'un parc urbain et une ferme urbaine, qui pourrait voir le jour en 2024 sur le territoire du « Triangle de Gonesse », dans la commune de Gonesse dans le Val-d'Oise, le long de l'autoroute A1, entre l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle et l'aéroport de Paris-Le Bourget, à la limite de la Seine-Saint-Denis.

Projet structurant du Grand Paris, EuropaCity serait desservi par le Grand Paris Express (ligne 17 du métro de Paris), avec la station Triangle de Gonesse, et par les transports routiers collectifs du « barreau de Gonesse » reliant le RER D au RER B. La société responsable de ce projet est Alliages et Territoires[1], filiale d'Immochan, filiale du groupe Auchan, associé au groupe chinois Wanda.

EuropaCity constitue un investissement entièrement privé de 3,1 milliards d'euros, dans le cadre d'une opération portée par Grand Paris Aménagement. Selon l'analyse d'un expert indépendant, le projet pourrait générer la création de plus de 10 000 emplois directs.

La pertinence et la dimension du projet sont contestées depuis l'origine, notamment quant à son impact environnemental et l'urbanisation de terres agricoles qu'il implique.

Historique du projet[modifier | modifier le code]

2012-2014 : consultation d'architectes, labellisation « Grand Paris », appui des pouvoirs publics[modifier | modifier le code]

Le , les quatre cabinets d'architectes consultés (Valode et Pistre, Manuelle Gautrand, Bjarke Ingels (BIG) et Snøhetta)[2] présentent aux membres du comité de pilotage les premières esquisses de leurs projets architecturaux.

Le , EuropaCity se voit remettre le label Grand Paris par Maurice Leroy, ministre de la Ville chargé du Grand Paris et Patrick Braouezec, président de Paris Métropole[3].

Lors du Marché international des professionnels de l'immobilier de Cannes (du 6 au ), les quatre équipes proposent des maquettes de leur projet. Le lauréat de cette consultation internationale d'architectes est désigné[4] au printemps 2013 après la remise d'un avis consultatif du comité de pilotage et la décision du maître d'ouvrage[5] ; il s’agit de l’agence Bjarke Ingels Group (BIG) qui est choisie pour concevoir le schéma directeur du projet en association avec Scau, Setec, Transsolar, Base et Michel Forgue. Le calendrier est alors une fin de conception du schéma directeur pour octobre 2014, un début des travaux pour 2019 et la réalisation des premiers emplacements pour 2021 et 2022[6].

En décembre 2014, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, déclare :

« Avec la création prévue de 11 500 emplois directs non délocalisables […], EuropaCity est un projet majeur. Il structurera notre territoire et contribuera à sa vitalité économique. Ce n'est pas un hasard si ce projet recueille une majorité d'opinions favorables[7]. »

Le , EuropaCity annonce trois partenariats d'études avec la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées, Universcience et le musée de l'Air et de l'Espace pour élaborer l'offre de son pôle culturel[8].

Le 16 février 2016, la CCI Paris - Île-de-France s'associe au développement du projet EuropaCity[9]. Elle contribuera, dans le cadre d’une convention de 3 ans, à la mise en place d’un dispositif de formation, à la réalisation d’une expertise sur la prospective commerciale et à l’insertion économique du projet au niveau local, en faveur de la création d’emplois.

2016-2017 : accord Immochan-Wanda Group, lancement du débat public[modifier | modifier le code]

Le 26 février 2016, Immochan et le groupe chinois Wanda Group annoncent avoir conclu un contrat d'investissement pour réaliser ensemble EuropaCity[10]. Wanda Group contribuera au financement du projet et apportera son expertise et son savoir-faire, en termes de loisirs, d’hôtellerie et de divertissement.

Le maître d'ouvrage d'EuropaCity a saisi la Commission nationale du débat public pour lancer un débat autour du projet. Dans une démarche de transparence et de démocratie participative, le débat vise à informer et à faire participer les habitants du territoire à l'élaboration du projet. Ce débat public autour du projet a lieu du 15 mars au 30 juin 2016[11].

En mars 2017, EuropaCity rejoint Cap digital, le pôle de compétitivité et de transformation numérique, pour mettre l'accent sur l'innovation digitale[12]. EuropaCity lance une phase de concertation post-débat public avec les habitants du territoire, sous l'égide de la Commission nationale du débat public.

À l'été 2017, les autorités chinoises ordonnent aux principales banques du pays de ne plus accorder de prêts au groupe qui avait continué à multiplier les investissements à l'étranger dans un contexte d'inquiétude sur l'endettement chinois. Cette décision génère des questions quant à la poursuite de l'implication du groupe dans EuropaCity[13]. Cela ne devrait cependant pas remettre en question la participation du groupe Wanda dans EuropaCity. En effet, le contrat intervenu en février 2016 entre Immochan et Wanda a été validé et approuvé par les autorités chinoises en septembre 2016.[réf. nécessaire] Contrairement à d'autres investissements de Wanda hors de Chine, EuropaCity est un partenariat avec un grand groupe français, Auchan, lui-même présent en Chine avec des partenaires chinois.

2017-2018 : difficultés liées à l'impact environnemental, reconfiguration du projet[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de l'enquête publique, un avis défavorable est rendu par le commissaire enquêteur sur la révision du plan local d'urbanisme de Gonesse et sur le projet d'urbanisation de 300 hectares de terrain (dont 80 par EuropaCity). Le commissaire fait état « des impacts environnementaux négatifs importants à très importants [en particulier s’agissant de la consommation massive de] terres agricoles fertiles les plus proches de la capitale (…) favorables à l’autosuffisance alimentaire et aux circuits courts » et souligne notamment aussi les conséquences de l’imperméabilisation des sols et des atteintes à la biodiversité[14]. Bien que ce rapport n'a qu'une valeur consultative, celui-ci s'ajoute aux autres avis négatifs de l’Autorité environnementale (sur le PLU de Gonesse et la ZAC), la Commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) et à l'opposition de la chambre d’agriculture régionale[15].

Le conseil municipal de Gonesse vote le une révision du PLU ayant pour effet de rendre constructibles des projets à vocation commerciale sur les 300 hectares de terres agricoles du Triangle de Gonesse (sur 700 hectares au total) qui étaient inscrites au schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF)[16]; permettant ainsi la création d’une zone d'aménagement concerté (ZAC), mais le Collectif pour le Triangle de Gonesse annonce le dépôt prochain d'un recours[17].

Fin août 2017, le ministre chargé de l'environnement, Nicolas Hulot, se montre lui aussi réticent : « Si on continue à consommer avec une telle gourmandise nos terres agricoles, à un moment se posera la question de notre souveraineté alimentaire […]. Les terres agricoles doivent rester des terres rares qu’il faut protéger[15]. ». Quelques semaines plus tard, le ministre évoque une réflexion sur une taxation de l'artificialisation des sols[18], qui permettrait également financer la préservation de la biodiversité. Il en appelle aux élus locaux et leur « capacité à discerner, dans l’artificialisation des sols, ce qui est nécessaire de ce qui est superflu (…) en partant du principe que les sols nus, et a fortiori les terres agricoles, doivent être considérés comme des terres rares[19] ».

Le , les équipes d'EuropaCity présentent le nouveau plan de masse et les évolutions du projet lors d'une conférence de presse au sein de leurs locaux, en présence de Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse, et de Thierry Lajoie, président-directeur général de Grand Paris Aménagement[20].

Des doutes sont exprimés en octobre 2017 sur la réalisation de la future Ligne 17 du métro de Paris devant desservir le triangle de Gonesse, et essentielle au projet EuropaCity, en raison de surcoûts possibles sur d'autres lignes et alors que le projet CDG Express semble lui sur les rails[21]. En novembre 2017, un collectif se crée pour soutenir l'urbanisation du triangle de Gonesse[22].

Le , le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par des associations, annule l'arrêté préfectoral de création de la ZAC « Triangle de Gonesse », en raison de l'insuffisance de l'étude d'impact sur les questions environnementales, notamment quant aux émissions de CO2 que l'aménagement induirait[23].

David Lebon, directeur du développement d’Europacity a indiqué que cela n'indiquait pas la fin du projet.[24]

Contenu du projet[modifier | modifier le code]

Projet initial (2013)[modifier | modifier le code]

Quatre équipes d'architectes se sont disputés la conception de cette immense opération. Il y avait deux agences françaises : Valode et Pistre, qui a réalisé notamment le stade Pierre-Mauroy en périphérie de Lille, et Manuelle Gautrand Architecture connue pour le Citroën C42 sur l'avenue des Champs-Élysées. Deux agences étrangères étaient également en lice : le très médiatique danois BIG et le norvégien Snøhetta, auteur de l'opéra d'Oslo.

  • Le projet des français Valode et Pistre[25] se veut être un grand nuage qui couvre le site avec des porosités pour faire mieux aérer le complexe commercial. Les architectes ont cherché à faire « Une organisation matricielle, posée comme sur un plateau de cinéma, qui garantit l'imbrication des commerces, des loisirs et de la culture avec les univers thématiques européens qui se structurent le long des espaces de promenade de la rivière ».
  • Le projet de la parisienne Manuelle Gautrand[26] se distingue par sa sensualité. Elle a dessiné sept grands cercles qui s'enveloppent entre-eux, rappelant ainsi que la nature n'est pas constituée de lignes droites, mais bien de courbes organiques.
  • Le projet des norvégiens Snøhetta[27] consiste en une grande plaque de champs qui se décolle pour laisser apparaitre le centre commercial. La particularité de ce projet résidait dans sa volonté à conserver des terres agricoles et à mettre en avant le travail des agriculteurs.
  • Le projet de BIG[28], qui est le lauréat, prend la forme d'une grand anneau qui s'incline devant l'aéroport de Paris-Le Bourget. Cet anneau s'étire pour reprendre les formes triangulaires du site. Une grande place nommée « Place de l'Europe » est au cœur du projet, c'est de cette place que l'ensemble des grandes allées s'échappe.

Contenu de l'offre[modifier | modifier le code]

Le site ouvrirait en 2024[29] et proposerait à terme[30] :

  • 150 000 m2 de surfaces de loisirs dont un parc à thèmes, un parc aquatique, ou un parc des neiges et un parc d'aventure ;
  • 50 000 m2 de surfaces culturelles dont une salle circulaire pouvant accueillir un cirque permanent, une salle de spectacles, une grande halle d'expositions, un espace culturel à destination du jeune public, un centre culturel dédié au cinéma ;
  • 2 700 chambres d'hôtels ;
  • 230 000 m2 de surfaces commerciales ;
  • 10 hectares de parc urbain ;
  • 100 000 m2 d'espaces en plein air à usage public ;
  • 7 hectares de ferme urbaine ;
  • 20 000 m2 de restaurants ;
  • 20 000 m2 pour les congrès et séminaires.

Par ailleurs, EuropaCity affirme s'être fixé dix objectifs principaux destinés à améliorer la qualité de vie, regroupés sous l'appellation « Living City[31] ».

Deuxième version du projet (2017)[modifier | modifier le code]

À la suite des critiques formulées (cf. infra) et du débat public, BIG, avec la participation du bureau d'architecture espagnole L35, a revu le plan directeur d'EuropaCity. Le nouveau projet « EuropaCity 2.0[32] » est dévoilé le 27 septembre 2017 et se présente comme « une évolution profonde (…) pour qu’EuropaCity ressemble vraiment à un quartier. »[20] Désormais conçu comme un ensemble urbain, à l'image d'un quartier ouvert sur son environnement et notamment le futur développement de la ZAC du Triangle de Gonesse, il donne lieu à de nouveaux concours internationaux d'architecture, lancés en juillet 2017 pour la réalisation de huit bâtiments différents abritant des activités de loisirs, culturelles et des hôtels.

Impact socio-économique du projet[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Dans sa phase de réalisation, le projet générerait 3 500 emplois à l'année sur une période de quatre ans et demi, selon Arnaud Degorre, expert nommé par la CNDP[33] pour établir une note d'analyse des estimations d'emplois liés au projet en juin 2016.

Dans cette même note, l'expert estime le nombre d'emploi directs créés en phase d'activité à 10 115 dont les promoteurs estiment que « 75% seront accessibles, après une formation, aux jeunes du territoire » dans un secteur où le chômage des jeunes atteindrait selon eux 35%[34].

Les emplois indirects induits par l'activité économique générée par le projet sont estimés à 8 à 10 000 sur la France entière par l'expert. Un quart pourrait l'être en proximité géographique d'EuropaCity.

Par ailleurs, le projet, par la concurrence qu'il constituera, détruirait 2 000 à 2 700 emplois.

En hypothèse basse, le bilan global en créations nettes d'emplois de l'expert est donc de 15 300 emplois, dont 10 115 directs et 6 300 (directs et indirects) pourvus par les actifs du territoire.

Transport[modifier | modifier le code]

Les promoteurs du projet estiment qu'il a de façon déterminante relancer le projet de la ligne 17 du métro, qui réduirait sensiblement les temps de trajets entre le territoire et les zones d'emplois de l'aéroport de Roissy et de La Défense[34]. Cependant, le gouvernement a reporté en février 2018 l'achèvement de cette nouvelle ligne en 2027 (liaison Triangle de Gonesse-Le Bourget) et 2030 (liaison Roissy-Triangle de Gonesse). Cette liaison est fondamentale pour le projet dont les promoteurs prévoient que 81% des visiteurs s'y rendraient via la ligne 17[35].

Objectif d'exemplarité environnementale[modifier | modifier le code]

Selon les porteurs de projet, EuropaCity sera un site exemplaire sur le plan environnemental[36].

Le cahier des charges du site intègre la nécessité de respecter l’environnement, mais aussi de l’enrichir avec la volonté de créer un nouveau modèle architecturo-environnemental. L’exemplarité environnementale a été retenue comme un indicateur de la performance du site.

Énergies[modifier | modifier le code]

Les porteurs d'EuropaCity veulent en faire un écosystème urbain emblématique de la transition écologique. Les énergies renouvelables seront largement utilisées avec un parc photovoltaïque de 14 hectares, une chaufferie biomasse et des dispositifs de stockage électrique. Le site sera équipé de smart grid pour synchroniser les besoins et les ressources en énergies. L’objectif du projet vise à atteindre « zéro gaspillage » en énergie.

Eau, déchets[modifier | modifier le code]

Les eaux pluviales des toitures non accessibles seront récupérées pour alimenter les chasses d’eau des sanitaires, premier gisement d’économie d’eau potable identifié sur EuropaCity. Une station d’épuration sera construite sur le site pour limiter au maximum la consommation d’eau nouvelle. Les déchets seront collectés et triés dès l’usager, ils seront traités grâce à de nouvelles synergies avec les acteurs du territoire. Partout, les nouvelles technologies seront mises au service de la préservation et l’optimisation des ressources.

Mobilité[modifier | modifier le code]

EuropaCity sera également acteur d’une mobilité plus durable et plus responsable. Plus de 50 % des déplacements seront réalisés en transports collectifs. Le nombre de places de parking a délibérément été réduit et les équipements pourront accueillir les véhicules électriques. À l’intérieur du site, la mobilité interne se fera sans voiture, à émission zéro. Enfin, un système logistique interne permettra d’optimiser et de limiter le nombre de trajets des transporteurs.

Biodiversité[modifier | modifier le code]

EuropaCity s’engage à installer puis pérenniser une biodiversité locale et diversifié. Le site actuel présente une faible naturalité et la biodiversité y a été détruite. Grâce à la continuité du parc paysager de 10 hectares, des toits végétalisés (prairies, maraîchages) et des haies bocagères, le site pourra créer les conditions d’une nouvelle biodiversité plus riche.

Ferme urbaine[modifier | modifier le code]

Enfin, le projet intègre une ferme urbaine de 7 hectares qui aspire à devenir un pôle d’excellence de l’agriculture de demain, un hub des AgriTech. Elle regroupera des exploitants, des chercheurs, des startups et des PME de l’agroalimentaire au service des méthodes agricoles de demain, biologiques et centrées sur la richesse du vivant. De nouvelles techniques y seront expérimentées : aquaponie, hydroponie, agroforesterie… La ferme urbaine sera multi-pédagogique et s’intégrera à des dispositifs de formation pérennes centrés sur les nouvelles pratiques agricoles.

Critiques, controverses[modifier | modifier le code]

Architecture, urbanisme[modifier | modifier le code]

L'architecture mais aussi sa dimension urbaine compte tenu de sa surface sont décriées par nombres d'architectes et d'urbanistes[37], ils reprochent principalement l'absence de liens poreux avec le tissu urbain voisin, en l'occurrence l'ancienne usine PSA d'Aulnay-sous-Bois et aussi sur l'absence totale de logement sur cette vaste étendue de territoire.

« Coût écologique »[modifier | modifier le code]

En mars 2011, le Collectif pour le Triangle de Gonesse s'est constitué en réaction à l'annonce du projet EuropaCity, considéré comme un exemple criant de GPI, « grand projet inutile »[38]. Il regroupe aujourd'hui une quinzaine d'associations, dont quatre départementales — Les Amis de la Terre Val-d'Oise, Environnement 93, Mouvement national de lutte pour l'environnement (MNLE), 93 et Val-d'Oise Environnement — et a reçu le soutien de FNE Île-de-France.

Le groupe Auchan a été nommé au prix Pinocchio du développement durable pour l'année 2012 dans la catégorie « plus vert que vert », prix décerné chaque année par l'association Les Amis de la Terre, en partenariat avec le Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID) et l'association Peuples solidaires pour dénoncer publiquement le double discours écologique. 36 % des internautes ont voté pour attribuer ce prix à Auchan, plaçant l'enseigne au 2e rang derrière Lesieur. Le principal reproche fait au projet est le coût écologique, notamment l'occupation de 80 hectares de terres agricoles fertiles, dans une région dont l'autonomie alimentaire est déjà inférieure à 10 %[38]. D'après Les Amis de la Terre - France, c'est l'équivalent de 740 tonnes de blé qui seront ainsi perdues annuellement, soit environ 0,0005 % de la production européenne[39].

L'opposition à ce projet prend de l'ampleur avec des manifestations en mai 2017, en considérant l'aspect symbolique de l'artificialisation des sols dans une région déjà très fortement touchée[40].

Le journal Libération publie, le 30 novembre 2017, une lettre ouverte « contre la folie EuropaCity », signée par de nombreuses personnalités politiques, militantes et engagées, parmi lesquelles se trouvent José Bové, Naomi Klein, Christiane Lambert (présidente de la FNSEA), Corinne Lepageetc.[41]

Le , Benoît Chang, directeur général d'EuropaCity, répond par une tribune « EuropaCity : sortir de l'hypocrisie et de la caricature »[34] dans les colonnes de Libération dans laquelle il défend « un projet touristique, créateur d'emploi, respectueux de la transition écologique » et accuse les auteurs de la lettre ouverte d'u« ne enfilade de contre-vérités, beaucoup de mauvaise foi et un zeste de démagogie.»

Philosophie « consumériste » du projet[modifier | modifier le code]

En avril 2015, quatre-vingt-trois personnalités signent dans Mediapart une tribune intitulée « Europacity ou le passage en force des pouvoirs publics », dénonçant l'absurdité de ce projet et l'absence de consultation démocratique[42]. Ce projet, décrit comme « un nouveau temple du consumérisme alors que la région est déjà saturée d'hypermarchés »[38], est selon l'essayiste Éric Conan, auteur de plusieurs ouvrage sur le Régime de Vichy et proche de Jean-Pierre Chevènement, « contraire à tous [les] engagements [des élus locaux] de la COP21, tenue au Bourget, à 2 km du site. […] Cette bétonisation climatisée et ses 60 millions de déplacements annuels infirment toutes leurs promesses sur le bilan carbone. Et surtout, ils renient leurs belles promesses sur l'agriculture »[38].

Projet « Les paysans du par ici » du groupement Carma[modifier | modifier le code]

Le projet qui ne se présente pas alternatif mais différent « Les paysans du par ici » du groupement Carma (Coopération pour une ambition rurale, métropolitaine et agricole) entend protéger les terres agricoles du Triangle de Gonesse en y installant un pôle de recherche et de formation à l'agriculture innovante, du maraîchage et de la production céréalière couplés à des activités de transformation et de commercialisation des produits, ainsi qu'une unité de méthanisation. Constitué pour répondre à l'appel à projets « Inventons la métropole du Grand Paris » lancé par la MGP et la Société du Grand Paris, il reçoit le trophée Convergences 2017, qui récompense des projets portés par une entité solidaire en partenariat avec une entité publique et/ou une entité privée, ayant pour but un fort impact social et/ou environnemental et ayant un caractère innovant et réplicable[43],[44].

Toutefois, par sa dimension modeste, le projet Carma ne constitue pas une alternative complète au projet EuropaCity. Son volet socio-économique qui s'inscrit dans une économie sociale et solidaire, est notamment peu comparable : 1,7 million d’investissements (3,1 milliards d'euros pour EuropaCity), 11 emplois permanents (10 000 pour EuropaCity)[45]. Par ailleurs, la faisabilité économique du projet semble peu étayée. Il n'intègre pas, par exemple, le coût de l'achat des terrains dans son budget.

Revente des terrains par les pouvoirs publics[modifier | modifier le code]

Le , Mediapart publie un nouvel article dénonçant la revente des terrains par les pouvoirs publics 500 fois plus chers que l'indemnisation d'éviction que toucheront les fermiers du Triangle de Gonesse[46]. La plus-value réalisée par l'Etat sur la revente des terrains doit permettre de financer les équipements publics de la zone comme la Gare du Grand Paris Express.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Commission nationale du débat public, « Projet EuropaCity - débat public en préparation », sur www.debatpublic.fr (consulté le 13 octobre 2015)
  2. « Europa City : quatre grandes signatures internationales en lice », sur Batiactu, (consulté le 4 janvier 2014).
  3. « Europa City reçoit le label Grand Paris », sur VOnews, (consulté le 4 janvier 2014).
  4. Kévin Poireau, « Europa City a son architecte ! », sur actuarchi.com, (consulté le 30 juillet 2016).
  5. « À quoi ressemblera Europa City ? », sur Le Parisien, (consulté le 4 janvier 2014).
  6. Nathalie Moutarde, « BIG voit grand pour Europa City », sur Le Moniteur, (consulté le 30 juillet 2016).
  7. « Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, dans Le Journal du Dimanche du 21 décembre 2014, sur le projet Europacity, un futur pôle urbain regroupant des loisirs, des équipements culturels et des commerces à Gonesse dans le Val-d'Oise. », sur vie-publique.fr, (consulté le 23 mai 2016).
  8. « EuropaCity annonce 3 partenariats d’étude pour créer la nouvelle destination des loisirs du Grand Paris » [PDF], sur europacity.com, (consulté le 13 avril 2016).
  9. « La CCI Paris Ile-de-France apporte son expertise à EuropaCity » [PDF], sur europacity.com, (consulté le 15 mars 2016).
  10. « Immochan et Wanda s'associent pour développer EuropaCity, la future destination des loisirs du Grand Paris » [PDF], sur europacity.com, (consulté le 15 mars 2016).
  11. Jean-Pierre Reymond, « EuropaCity, un débat qui s’annonce houleux », sur gpmetropole.fr, (consulté le 15 mars 2016).
  12. « EuropaCity adhère à Cap Digital pour placer l’innovation digitale au cœur du projet », sur businessimmo.com, (consulté le 31 mars 2017).
  13. Frédéric Schaeffer, « Pékin prêt à couper les financements de Wanda », sur Les Échos, (consulté le 25 août 2017).
  14. Rémi Barroux, « Le projet d’EuropaCity, jugé peu compatible avec l’environnement », lemonde.fr, (consulté le 30 août 2017).
  15. a et b Jade Lindgaard, « Le méga-projet EuropaCity se heurte à une nouvelle embûche », mediapart.fr, (consulté le 3 septembre 2017).
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  17. « Le méga-projet EuropaCity se heurte à une nouvelle embûche », leparisien.fr, (consulté le 11 octobre 2017).
  18. Géraldine Woessner, « Bétonne-t-on l’équivalent d’un département tous les trois ans ? », sur Europe 1, (consulté le 24 octobre 2017)
  19. Florent Maillet, « Hulot veut taxer les projets de construction en zones naturelles et agricoles », sur Le Moniteur, (consulté le 24 octobre 2017).
  20. a et b Nathalie Moutarde, « Le « nouvel » EuropaCity, un quartier de ville au cœur du Triangle de Gonesse », sur Le Moniteur, (consulté le 24 octobre 2017)
  21. Grégoire Allix, « Ces lignes déjà menacées du Grand Paris Express », sur Le Monde, (consulté le 11 octobre 2017).
  22. Anne Collin, « Un collectif se lance pour défendre l'urbanisation du triangle de Gonnesse », =leparisien.fr, (consulté le 9 mars 2018).
  23. « Europacity : la justice annule la création de la zone d’aménagement devant accueillir le mégaprojet », sur Le Monde, (consulté le 6 mars 2018).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]