Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient - EuroPalestine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Euro-Palestine)
Aller à : navigation, rechercher

CAPJPO-EuroPalestine, anciennement CAPJPO (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient), est une association militant pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Elle a été fondée par une ancienne journaliste à l’Agence France Presse, fondatrice de l’Agence de Presse Médicale Internationale, Olivia Zémor début 2002, au moment de la Seconde Intifada, à la suite d'appels lancés dans la presse et signés de nombreuses personnalités françaises et étrangères.

Euro-Palestine[modifier | modifier le code]

En 2004, pour se préparer à une participation aux élections européennes, l'association alors nommée « CAPJPO » crée « Euro-Palestine » avec d'autres représentants d'associations, mouvement avec qui elles finissent par fusionner un an plus tard pour prendre finalement l'appellation de « CAPJPO-EuroPalestine ». Par ailleurs l'association quitte le Collectif National Palestine à la suite de désaccords avec celui-ci ; elle a cessé de participer à ses réunions dès fin 2003, en raison de l'inaction de ce collectif.

Élections européennes de juin 2004[modifier | modifier le code]

Euro-Palestine présente une liste aux élections européennes de juin 2004 avec à sa tête le Professeur Christophe Oberlin, spécialiste de chirurgie réparatrice, effectuant des missions dans la bande de Gaza, Olivia Zémor, présidente de CAPJPO, ou encore l'humoriste Dieudonné. Cette liste est soutenue par Alain Soral[1].

Dieudonné quitte cependant le mouvement en octobre à la suite de divergences politiques, notamment après le soutien qu'il apporte à Alain Soral.

L'existence de cette liste électorale est contestée par certaines associations dans le milieu pro-palestinien en France, comme l'Association France-Palestine Solidarité (AFPS), ainsi que par des partis comme celui des Verts. La représentante de l'OLP en France Leïla Shahid appelle à ne pas voter pour cette liste lors des élections européennes.

La liste Euro-Palestine obtient un score de 1,83 % en Île-de-France. Elle obtient des résultats dépassant les 5 % dans plusieurs villes (dont 10,75 % à Garges-lès-Gonesse)[2].

Législatives 2007[modifier | modifier le code]

Quelques candidats se présentent aux législatives de 2007[3].

Charte du mouvement[modifier | modifier le code]

Le mouvement se dote d'une charte fin 2004 et s'inscrit davantage dans la forme associative en organisant un concert pour la Palestine le 6 novembre 2004 à Paris qui réunit près de 15 000 personnes.

Lors de sa fusion, les éléments de la charte d'Euro-Palestine sont devenus partie intégrante de celle de l'association CAPJPO-EuroPalestine, à savoir les exigences concernant, selon les termes de ce texte :

  • Application de l'ensemble des principes des Conventions de Genève de 1949 et des résolutions des Nations unies, dont l'article qui explicite la nécessité d'une solution juste pour les réfugiés sous l'intitulé du droit au retour, impliquant la reconnaissance par Israël de sa part de responsabilité dans la catastrophe de 1948;
  • Égalité en droit des citoyens en Israël et en Palestine, sans distinction d'origine ;
  • Envoi d'une force de protection internationale du peuple palestinien ;
  • Implication de la France, l'une des nations historiquement responsables de la crise, dans la résolution du conflit ;
  • Sanctions contre Israël tant que cet État bafouera le droit.

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Condamnation de La Paix Maintenant pour diffamation envers CAPJPO-EuroPalestine[modifier | modifier le code]

Dans un article du 25 mars 2003 intitulé « La CAPJPO ou la mythomanie portée au délire », l'association française La paix maintenant remet en cause le compte-rendu d'une manifestation tenu par la CAPJPO et selon lequel « un groupe de jeunes juifs a agressé deux jeunes femmes portant des keffieh qu'ils ont insultées, avant de s’enfuir devant les dizaines de manifestants venus à leur secours ». L'auteur rapporte qu'au contraire, sur base de documents vidéos, des manifestants sortis du cortège de la CAPJPO « ont en fait violemment agressé un jeune juif, porteur de kippa, qu'ils ont poursuivi jusqu'au local de son mouvement, l'Hachomer Hatzaïr » et « que certains manifestants "pacifistes" de la CAPJPO allaient défiler armés de barres de fer ».

Le 7 juin 2005, faisant suite à un procès entamé le 19 avril 2005, Fabien Chemla, responsable du site lapaixmaintenant.org de l'association « Les Amis de Shalom Arshav », est condamné au versement de 1 500 euros d'amende, de 1 500 euros de dommages-intérêts pour diffamation, au paiement des frais judiciaires et à la publication du jugement sur le site. Le jugement condamne aussi le site proche-orient.info dans l'affaire[4].

Dans un communiqué du 16 juin 2005, La paix maintenant annonce faire appel de la décision, « le tribunal correctionnel n'ayant pas pris en compte ses arguments »[5]. En mai 2006, la Cour d'Appel de Paris confirme le jugement du Tribunal correctionnel[6].

CAPJPO-EuroPalestine et Oumma déboutées face au philosophe Alain Finkielkraut[modifier | modifier le code]

Le 7 juillet 2008, les deux associations CAPJPO-EuroPalestine et Oumma ont perdu leur procès pour injure qu’elles avaient intenté au philosophe Alain Finkielkraut devant le tribunal correctionnel de Paris. Selon l'AFP, les propos poursuivis remontaient au 11 décembre 2005 : dans l’émission "Qui Vive", diffusée sur Radio RCJ, Alain Finkielkraut avaient soutenu que les militants des deux associations parties civiles n’étaient pas "des gens bien", mais "des gens qui ne veulent pas lâcher la proie juive". Ces associations avaient alors assigné le philosophe en justice, estimant qu’il les avait taxées d’antisémitisme[7].

Mort de soldats français en Afghanistan[modifier | modifier le code]

Le 20 août 2008, à la suite de l'embuscade où 10 soldats français ont été tués en Afghanistan, l'association a déploré que seule la mort de soldats français pouvait éveiller les consciences sur la situation en Afghanistan[8],[9].

Ce communiqué, interprété comme un appel à de nouvelles embuscades, a conduit au dépôt d'une plainte par l'Association de défense des droits des militaires (ADEFDROMIL)[10]. L'ADEFDROMIL ayant finalement renoncé à porter plainte, c'est le ministère de la Défense, qui l'a fait et qui a été débouté.

La 17e chambre correctionnelle de Paris a estimé dans son jugement le 17 septembre 2009, que l'association CAPJPO-Europalestine « n'a pas excédé, en l'espèce, les limites autorisées de la liberté d'expression consacrée par l'article 10 de la Convention européenne des Droits de l'homme et des Libertés fondamentales, d'autant que les propos s'inscrivent dans un débat d'intérêt général sur l'engagement militaire français en Afghanistan et tend à critiquer la politique gouvernementale - ce qui entre manifestement dans le champ du débat démocratique - sans s'attaquer à des personnes, ni même à l'armée en général. »

Procès d'Olivia Zemor[modifier | modifier le code]

En mai 2012, la cour d'appel de Paris a condamné Olivia Zemor, pour la mise en ligne d'une vidéo en juillet 2009, à mille euros d'amende avec sursis pour incitation à la haine ou à la violence, en raison de la nationalité des personnes visées. Elle est aussi condamnée à payer un euro symbolique de dommages et intérêts et 1 500 euros de frais de justice à la Chambre de commerce France-Israël, ainsi qu'au Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme. L'arrêt de la cour d'appel indique : « en choisissant de diffuser ces propos outranciers et notamment l'affirmation selon laquelle acheter un produit en provenance d'Israël équivaut à acheter une balle qui va tuer un enfant palestinien, […] Olivia Zemor a incité à la haine ou à la violence[11]. ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]