Eugénie Servières

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Eugénie Servières
Inès de Castro se jetant avec ses enfants aux pieds d'Alphonse IV roi.jpg

Inès de Castro se jetant avec ses enfants aux pieds d'Alphonse IV roi de Portugal, pour obtenir la grâce de don Pedro, son mari. 1335,
Salon de 1822, Musée du château de Versailles.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Eugénie-Honorée-Marguerite Charen
Nationalité
Activité
Maître

Eugénie Servières née Eugénie Honorée Marguerite Charen en 1786[1] et décédée le 20 mars 1855 à Paris (10e)[2], est une artiste peintre française.

Elle est une des représentantes de la peinture de style troubadour.

Biographie[modifier | modifier le code]

Épouse du dramaturge Joseph Servières[3], elle se spécialise dans la peinture de genre et est récompensée par deux médailles d'or aux Salons de 1808 et 1817[4].

Belle-fille et élève de Guillaume Guillon Lethière[5], le directeur de l’Académie de Rome de 1807 à 1816[6], elle expose régulièrement aux différents Salons, depuis 1808, un assez grand nombre de tableaux remarquables par le choix des sujets et le charme de l'exécution. Elle peint, entre autres, Agar dans le désert, Lancelot du lac et Geneviève, Louis XVIII et Mlle de Lafayette, Alain Chartier et Marguerite d'Écosse, Valentine de Milan, Marie-Stuart, Desdemona chantant la romance du Saule, Blanche de Castille délivrant les prisonniers de Châtenay[7].

Elle connaît une grande renommée sous l'Empire et la consécration quand l'empereur Napoléon Ier lui achète au Salon de 1812 son tableau la Chrétienne Mathilde convertissant Malek Adhel à la demande de l'impératrice Marie-Louise pour sa collection personnelle[8], les tableaux de style troubadour connaissant alors une grande vogue[9]. Ce tableau fut par la suite gravé par Marie-Pauline Soyer, la fille de Landon. Au Salon des artistes français de 1822, elle expose Inès de Castro, avec ses enfants, aux pieds d'Alphonse IV, roi du Portugal, pour obtenir la grâce de Don Pedro, son mari. 1335, conservé au château de Versailles[10].

Ayant eu une production relativement confidentielle, très peu des tableaux d’Eugénie Servières sont actuellement référencés. Plusieurs élèves sont sortis de son atelier.

Œuvres exposées au Salon[modifier | modifier le code]

  • Salon de 1806 :
  • Salon de 1808[11] :
    • Agar dans le désert (no 552).
    • Portrait d'une dame et de son enfant (no 553).
  • Salon de 1812[12] :
    • La chrétienne Mathilde obtenant la conversion de Malek-Adhel en répondant à son amour (no 845)[13]. Localisation actuelle inconnue.
    • Etude d'après un mendiant de Rome (no 846)
    • Portrait d'une jeune personne (no 847).
  • Salon de 1814 :
  • Salon de 1817[16] :
    • Louis XIII et Mademoiselle de La Fayette (no 694)[17] d'après un roman de Mme de Genlis[18].
    • Marguerite d'Écosse et Alain Chartier (no 695).
  • Salon de 1819[19] :
    • Blanche de Castille, mère de saint Louis, délivrant les prisonniers enfermés dans les cachots du chapitre de Châtenay, près Paris (no 1030)[20], huile sur toile, 141 x 109 cm, Libourne, musée des beaux-arts.
  • Salon de 1822[21] :
    • Inès de Castro et ses enfants se jetant aux pieds du roi Alphonse pour obtenir la grâce de l'infant don Pedro, son époux (no 1190). Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
    • Valentine de Milan (no 1191). Ancienne collection de la duchesse de Berry[22]. Localisation actuelle inconnue.
    • Marie-Stuart sur le vaisseau qui la conduit en Ecosse (no 1192).
    • Malek-Adhel attendant Mathilde au rendez-vous qu'elle lui a donné dans le tombeau de Josselin de Montmorency (no 1193). Localisation actuelle inconnue.
    • Portrait de M. S*** (no 1194)[23].
  • Salon de 1824[24] :
    • Scène du 4e acte de l'Othello de Shakespeare (no 1569). Tableau connu également sous la désignation Desdémona chantant la romance du Saule[25].
    • Portrait de femme (no 1570).
  • Salon de 1833[26] :
    • Portrait de Mlle Caroline Paillet (no 2186)[27]
    • Portrait de Mme Lethière (no 2187)[28].

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

  • Prière pour les marins, 1818.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Médaille d'or au Salon de 1808.
  • Médaille d'or au salon de 1817.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l’école française au XIXe siècle : Peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale‬, Paris, Madame Vergne, 1831‬, 710 p. (lire en ligne), p. 632.
  • Théodore Guédy, Nouveau dictionnaire des peintres anciens et contemporains, Paris, Deplanche, 285 p. (lire en ligne), p. 115.
  • Adolphe Siret, Dictionnaire historique des peintres de toutes les écoles, Bruxelles, Périchon, , 540 p. (lire en ligne), p. 520.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les date et lieu exacts de sa naissance sont inconnus et non documentés.
  2. Archives en ligne de la Ville de Paris,état-civil reconstitué, fiche n° 42/51 [1]
  3. dont elle aura au moins un fils, Joseph Anatole, né le 1er octobre 1817 à Paris (10ème) qui deviendra percepteur des contributions directes. Voir l'acte de son mariage le 23 février 1854 à Autun sur le site des Archives départementales de Saöne-et-Loire (vue 11/68) [2] L'acte précise qu'Eugénie Servières est rentière et qu'elle habite le palais de l'Institut.
  4. Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l’école française au XIXe siècle : Peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale‬, Paris, Madame Vergne, 1831‬, 710 p. (lire en ligne), p. 632.
  5. Théodore Guédy, Nouveau dictionnaire des peintres anciens et contemporains, Paris, Deplanche, 285 p. (lire en ligne), p. 115.
  6. Frédéric de Clarac, Musée de sculpture antique et moderne, t. 1, Paris, Imprimerie Royale, 1841, p. 536.
  7. Adolphe Siret, Dictionnaire historique des peintres de toutes les écoles, Bruxelles, Périchon, , 540 p. (lire en ligne), p. 520.
  8. Maryse Violin-Savalle, Images croisées de la femme romantique à travers la littérature et la peinture, en France de 1765 à 1833 : esquisse, genèse et développement d’une typologie imaginaire, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 1998, 698 p., (ISBN 978-2-28400-456-1), p. 351.
  9. François Pupil, Le Style troubadour ou la Nostalgie du bon vieux temps, Nancy, PUN, 1985, 558 p., (ISBN 978-2-86480-173-3), p. 278.
  10. « Notice no 000PE012356 », base Joconde, ministère français de la Culture
  11. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Napoléon le 14 octobre 1808, p.84 [3] disponible sur Gallica.
  12. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Napoléon le 1er novembre 1812, p. 92 [4] disponible sur Gallica.
  13. Tableau reproduit en gravure par Marie-Pauline Soyer dans les Annales du Musée et de l'école des Beaux-Arts. Salon de 1812 de Charles Paul Landon, Paris, 1812, planche 64, p. 87 [5] disponible sur Gallica.
  14. Tableau reproduit en gravure par Marie-Pauline Soyer dans les Annales du Musée et de l'Ecole des Beaux-Arts. Salon de 1814 de Charles Paul Landon, Paris, 1817, planche 43, p. 62 [6] disponible sur Gallica.
  15. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au musée Royal des Arts le 1er novembre 1814, p. 87 [7] disponible sur Gallica.
  16. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Royal des Arts le 24 avril 1817, p. 80 [8] disponible sur Gallica.
  17. Tableau reproduit en gravure par Charles Normand dans les Annales du Musée et de l'école moderne des Beaux-Arts. Salon de 1817 de Charles Paul Landon, Paris, 1817, planche 16, p. 29 [9] disponible sur Gallica.
  18. Annales du Musée et de l'Ecole moderne des Beaux-Arts. Salon de 1817, Paris, Pillet aîné, 1931, p. 29 [10] disponible sur Gallica.
  19. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Royal des Arts le 25 août 1819, p. 115 [11] disponible sur Gallica.
  20. lnv. D.82.1071
  21. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Royal des Arts le 24 avril 1822, pp. 133-134 [12] disponible sur Gallica.
  22. Annales de la littérature et des arts, 1822, pp. 351-352 [13] disponible sur Gallica.
  23. Il s'agissait d'un portrait de son mari selon les Annales de la Littérature et des Arts de 1808, p. 8 [14] disponible sur Gallica.
  24. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Royal des Arts le 25 août 1824, pp. 169-170 [15] disponible sur Gallica.
  25. Biographie nouvelle des contemporains, Paris, 1825, p. 125 [16].
  26. Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Musée Royal le 1er mars 1833, p. 160 [17] disponible sur Gallica.
  27. Journal des artistes et des amateurs, 21 avril 1833, p. 227 [18] disponible sur Gallica. Caroline Paillet (1815-1861) était la fille d'un expert des musées nationaux. Epouse d'Alphonse Mennechet de Barival, elle fut une pianiste célèbre en son temps.
  28. Journal des artistes et des amateurs, 31 mars 1833, p. 225 [19] disponible sur Gallica. Il s'agit sans doute de la mère d'Eugénie Servières.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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