Eugène Paz

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Eugène Paz
Description de l'image Eugène Paz.jpg.
Naissance
Bordeaux
Décès (à 65 ans)
Paris
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
professeur au lycée Condorcet et à l'école normale d'Auteuil
Activité principale
Autres activités
journaliste

Eugène Paz, né à Bordeaux le et mort à Paris le , est un humaniste et journaliste français, professeur au lycée Condorcet et à l'école normale d'Auteuil[1] et premier président-fondateur de l'Union des sociétés de gymnastique de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Bordeaux d'un père instituteur, Eugène Paz fait ses études au Collège royal de cette ville avant de monter à Paris où il enseigne au lycée Condorcet[2] tout en collaborant à divers journaux. Atteint d'une maladie nerveuse, il parvient à la surmonter par la pratique de la gymnastique et de l'hydrothérapie chez Hyppolite Triat un des pères du culturisme[3].

Le Grand gymnase[modifier | modifier le code]

Le grand gymnase

En 1859, il fonde la première société de gymnastique parisienne : Les Amis de la gymnastique. Il publie en 1865 La santé de l'esprit et du corps par la Gymnastique à la Librairie du petit journal et ouvre à Paris un établissement privé où il est dispense au public une gymnastique civile, dégagée de toute finalité militaire : le Grand gymnase, situé au 40 rue des Martyrs [4]. La leçon de gymnastique s'y déroule en deux parties successives : une gymnastique de plancher ou de pied ferme[2] inspirée de la gymnastique suédoise de Pehr Henrik Ling pendant laquelle les exercices d'assouplissements et de développement sont réalisés sans engins et à l'ensemble par les participants puis un travail plus individuel avec appareils, haltères, barres etc. conforme à la méthode de Francisco Amoros[5]. La lutte y prend aussi un temps un aspect important car Eugène Paz y organise des assauts afin d’assurer la promotion de l'établissement. Le jury est composé de très doctes membres du Jockey Club ou de sportifs renommés[5].

Cette branche consacrée au spectacle est cependant rigoureusement réglementée et elle connaît vite le succès populaire ; cependant Paz y renonce dès que sa renommée commence à s'établir[6] afin de pas dénaturer le caractère de son établissement qu'il souhaite consacrer pleinement à la gymnastique médicale et hygiéniste. Il affirme alors son hostilité à la gymnastique acrobatique et demande l'abandon des appareils dangereux : tremplin, trapèze [2]... En 1867, il contribue en tant qu'expert à la mission d'étude sur la gymnastique en Belgique et dans les pays germanophones initiée par Victor Duruy[7] et placée sous la présidence du docteur Hillairet[8]. Publié le 15 février 1868 le rapport Hillairet recense aussi les enseignants de gymnastique en France. Ce véritable constat de carence entraine un décret de Victor Duruy qui institue le 12 mars 1869 un certificat d'aptitude à l'enseignement de la gymnastique (CAEG)[9]. Enthousiasmé par ce qu'il a découvert en Allemagne dans le cadre de cette mission, Paz publie une revue Le moniteur de gymnastique en 1868 puis un ouvrage chez Hachette en 1870 La gymnastique raisonnée, moyen infaillible de prolonger l'existence et de prévenir les maladies, ouvrage qui connaît alors de nombreuses rééditions[10].

L'Union des sociétés de gymnastique de France[modifier | modifier le code]

Le désastre de 1870 inscrit la gymnastique parmi les priorités nationales, mobilisant au-delà de la seule sphère politique : dès 1872, l'École normale militaire de gymnastique de Joinville s'ouvre à toute la Nation et devient École de gymnastique et d'escrime. Paz participe activement à ce mouvement et, confirmé dans ses convictions, fonde l'Union des sociétés de gymnastique de France (USGF) dès le 28 septembre 1873[11]. Deux ans plus tard, lorsque Paz cède la présidence, celle-ci regroupe déjà 250 associations et 1 100 à la veille de la Grande guerre. Bientôt chaque instituteur doit y faire un stage de trois mois à l'École de Joinville à l'occasion de son service militaire. Cette obligation prend tout son sens avec la création des bataillons scolaires en 1881[12] qui ne tardent à bénéficier de leur propre inspecteur général, Pierre Joseph Jeanningros. Lors de son congrès de 1881 la Ligue de l’enseignement de Jean Macé soutient la démarche[3] et la loi du 28 mars 1882 instaure l'obligation de la gymnastique et des exercices militaires à l’école primaire. Et dès le 18 mai la cause de la gymnastique reçoit le soutien de la Ligue des patriotes fondée par Paul Déroulède, Armand Goupil et Henri Martin[13].

L'USGF est d'abord un organisme de réflexion où Paz s'entoure des plus hautes personnalités scientifiques, politiques, littéraires et médiatiques du moment : Émile Zola, Paul Féval, Victor Duruy, Jules Simon, Paul Deroulède, Félix Faure, Etienne Marey, Paul Bert, Edmond About qui dit de lui : « si Paz avait eu le bonheur de vivre sous une république grecque, on n'aurait pas trouvé que les plus grands honneurs fussent trop grands pour lui[14] ». Friand de l'organisation de grandes fêtes fédérales mobilisant les plus hautes autorités de l'Etat à partir de 1880, Paz reste très réservé à l'égard de la compétition sportive stricto sensu, comme d'ailleurs le bureau européen présidé par le Belge Cupérus. Aussi un seul gymnaste français participe au tournoi de gymnastique des jeux olympiques d'Athènes. Mais en 1900, lors de ceux de Paris, la gymnastique, avant-garde pacifique de la patrie en armes selon Jules Ferry, est avec le cyclisme le sport le plus populaire. Il revient donc à l'USGF d'inaugurer le nouveau vélodrome de Vincennes les 3 et 4 juin par sa fête fédérale qui mobilise plus de 8 000 gymnastes venus de toute la France. Dans la foulée, le concours international organisé les 29 et 30 juillet dans le cadre de l'exposition universelle et remporté par Gustave Sandras connait un engouement des gymnastes français qui relèguent le premier étranger, un Suisse, à la 18e place. Et le 2 septembre le concours de l'Association des sociétés de gymnastique de la Seine clôture les festivités gymniques. Paz meurt le 1er janvier 1901 alors que l'USGF entre dans l'ère sportive.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La santé du corps et de l'esprit par la gymnastique (1865)
  • La gymnastique obligatoire (1868)
  • Etude et traduction de "De arte gymnastica" (1870)
  • Les hommes forts de tous les temps
  • La gymnastique raisonnée, moyen infaillible de prolonger l'existence et de prévenir les maladies (1870)
  • La gymnastique raisonnée (1876)
  • Franches causeries (1879)
  • Histoire de la gymnastique (1886)[2]
  • Paz publie en 1869 une revue mensuelle Le moniteur de gymnastique scolaire, hygiénique et médicale et en 1878 la Revue des sports. Il contribue par ailleurs régulièrement au Petit journal, au Journal de Paris, au National et au Soleil.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Eugène Paz est chevalier de la Légion d'honneur

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Latte 1948, p. 23
  2. a, b, c et d Jean Zorro 2002, p. 33
  3. a et b Jean Latte 1948, p. 24
  4. http://www.savatestory.com/article.php?sid=134&mode=thread&order=0&thold=0
  5. a et b http://www.fflutte.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&Mcenter=static&TypeListe=histoire_courant_gymnastiques.html
  6. http://lavieremoise.free.fr/galerie/oeuvre.php?id_img=1189
  7. Jean Latte 1948, p. 25
  8. http://www.europa.clio-online.de/site/lang__de/ItemID__264/mid__12198/40208769/Default.aspx.
  9. ce diplôme, que la III° République rend bientôt obligatoire pour enseigner la gymnastique dans les lycées et collèges, est l'ancêtre de l'actuel Certificat d'aptitude au professorat d'éducation physique et sportive (CAPEPS)
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k220771t
  11. http://www.ffgym.com/ffgym/ffg/histoire
  12. Aristide Rey, "Les bataillons scolaires et la Révolution française", in La Revue pédagogique, n° 11, 1882, II, p. 555
  13. http://www.le-temps-des-instituteurs.fr/doc-bataillon-scolaire.html
  14. Claude Piard 2001, p. 102

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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