Eugène Maës

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Eugène Maës
EugèneMaës.jpg
Eugène Maës sous le maillot du Red Star
Biographie
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance
Lieu Paris
Décès (à 54 ans)
Lieu Ellrich Drapeau de l'Allemagne
Taille 1,88 m
Poste Attaquant
Parcours amateur
Saisons Club
1905-1910 Drapeau : France Patronage Olier
1910-1914 Drapeau : France Red Star AC
1919-1930 Drapeau : France SM Caen
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe 0M.0(B.)
1911-1913 Drapeau : France France 11 (15)
1 Matchs de championnat uniquement.
2 Matchs officiels.

Eugène Maës, né le 15 septembre 1890 à Paris 11e et mort en camp de concentration à Ellrich (Allemagne) le 30 mars 1945[1], est un footballeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'apprentissage du football[modifier | modifier le code]

Maës découvre le football en 1902 dans le jardin du Luxembourg à Paris avec ses amis[2]. Il rejoint en 1905 le Patronage Olier, un patronage paroissial parisien de la rue d'Assas affilié à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF), où il occupe déjà le poste d'avant centre[2].

Avec son club il remporte en 1908 le Championnat de France de football des patronages puis la deuxième édition du Trophée de France (qui fait alors office de finale nationale inter-fédération), le 3 mai 1908, face au champion parisien de la FCAF, la Société municipale de Puteaux. En finale, Maës marquant le troisième et dernier but de son équipe (3-0)[3].

Champion de Paris en 1910, le Patronage Olier remporte un nouveau titre de champion de France FGSPF, en s'imposant en finale face aux Bons Gars de Bordeaux (11-0), puis de nouveau le Trophée de France, le face au Club Athlétique de Vitry. Maës ouvre cette fois le score (2-0).

L'arrivée au Red Star et l'équipe de France[modifier | modifier le code]

Maës est recruté par le Red Star Amical Club, l'un des meilleurs clubs français du moment, alors qu'il a 19 ans[4]. Aidé par sa taille (il mesure 1,80 m), il est particulièrement réputé pour son jeu de tête grâce auquel il marque de très nombreux buts[5],[6]. Avec son club, il est finaliste malheureux du championnat de la Ligue de Football Association en 1911, le remporte en 1912, puis termine à la deuxième place en 1913 et 1914. Avec son équipe, il perd la finale du Trophée de France en 1912 face à l'Étoile des Deux Lacs[7], au cours de laquelle il marque le seul but de son équipe (1-3).

Jeune prodige d'une génération disloquée par la Première Guerre mondiale, Maës est le premier grand buteur de l'équipe de France[8]. En à peine plus de deux ans de carrière internationale, et onze sélections, Maës inscrit 15 buts. Il est opéré en janvier 1914 des adducteurs, ce qui lui fait manquer les matchs internationaux de 1914, mais est victime d'une grave blessure au combat lors de la Grande Guerre. Sa carrière de footballeur de haut niveau se termine à 24 ans. Son jour de gloire en Bleu remonte au 17 mars 1912 à Turin contre l'Italie où, après être arrivé à cinq heures du matin à la faveur d'une permission, il réussit un triplé qui permet aux Français de s'imposer pour la première fois en Italie (4-3)[9]. Le buteur du Red Star inscrit également un quintuplé face au Luxembourg en 1913 (8-0), exploit que seul Thadée Cisowski rééditera sous le maillot bleu face à la Belgique en 1956[8].

Il reçoit la médaille d'or de la fédération française de football en 1933 au titre d'ancien joueur[10].

La reconversion à Caen[modifier | modifier le code]

Maës est blessé en août 1914 et effectue sa convalescence à Caen[11]. Il y rencontre sa future épouse, Yvonne Bertheaux[4]. Il joue au Stade Malherbe dès la reprise des compétitions en 1919 et jusqu'en 1930. Par son talent et son expérience, il s'impose très vite comme le capitaine de l'équipe, tenant lieu d'entraîneur à une époque où ce poste n'existe pas[12]. C'est lui qui invente le « cri de guerre du Stade Malherbe » au milieu des années 1920[13] :

« Rik - Rik - Rik - Di -Dik - La hioup - La hioup - La hé - aki - aka - kaï - kaa - SMC - SMC

Hip - Hip - Hip - Hourra
Hip - Hip - Hip - Hourra
Hip - Hip - Hip - Hourra

Non, non, non, non, l'Stade Malherbe n'est pas mort (bis)
Car il gagne encore (bis)[14]. »

Parallèlement à sa carrière de footballeur, il reprend une école de natation sur les bords de l'Orne, tenue par son beau-père[4], le lido en 1924. Il pratiquait lui-même le plongeon et était professeur de natation[15]. Il transforme l'école en un dancing en 1928 très prisé des Caennais[4].

La déportation[modifier | modifier le code]

rue Eugène Maës à Caen.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Eugène Maës est dénoncé par Marie-Clotilde de Combiens[16] pour propos anti-allemands. Son école de natation fait face au château de la Motte qui est le siège local de la Gestapo. « Forte personnalité », il ne supporte pas l'attitude de Marie-Clotilde de Combiens qui est la maîtresse du responsable caennais de la Gestapo et lui fait savoir en personne. Quelques jours après cette déclaration, un agent en civil conseille à Eugène Maës de surveiller son langage vis-à-vis de Mademoiselle de Combiens. Cette dernière aurait alors dit : « Je n'ai qu'un mot à dire pour faire arrêter Maës »[16]. L'arrestation est effectuée le [17]. Sa dénonciatrice s'en vante auprès d'une voisine en août 1943 : « Maës s'en va comme travailleur de force, ça lui fera les pieds et ça lui fermera la gueule »[16]. Déporté, il meurt le au camp de concentration de Dora-Mittelbau à Ellrich.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Statistiques en club[modifier | modifier le code]

Carrière en club
Période Club Championnat Matchs Buts
19071910 Drapeau : France Patronage Olier FGSPF - -
19101911 Drapeau : France Red Star LFA  ?  ?
19111912 Drapeau : France Red Star LFA  ?  ?
19121913 Drapeau : France Red Star LFA  ?  ?
19131914 Drapeau : France Red Star LFA 6 6 (au moins)[18]
19191930 Drapeau : France SM Caen DH Normandie - -

Statistiques en équipe de France[modifier | modifier le code]

Matchs en équipe de France 1911-1913
Date Adversaire Lieu Score Buts marqués
Hongrie Dom. 0-3
Angleterre Dom. 0-3
Italie Dom. 2-2 2[19]
Suisse Ext. 5-2 1[20]
Belgique Ext. 7-1 1[21]
Belgique Dom. 1-1 1[22]
Suisse Dom. 4-1 1[23]
Italie Ext. 3-4 3[24]
Italie Dom. 1-0 1[25]
Belgique Ext. 3-0
Luxembourg Dom. 8-0 5[26]

Il fait également partie de la sélection de la Ligue de Football Association, fédération de football active dans la région parisienne de 1910 à 1919[18].

Palmarès[modifier | modifier le code]

L'équipe du Red Star en 1910. Maës est le quatrième joueur assis en partant de la gauche.

Patronage Olier

Red Star

SM Caen

Notoriété[modifier | modifier le code]

Une rue porte son nom à Caen dans le quartier du stade de Venoix depuis le 29 octobre 1952[28].

À la suite de travaux de restructuration, le stade nautique de Caen porte également son nom depuis mai 2014[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 11/4231/1890, avec mention marginale du décès (consulté le 19 juin 2012)
  2. a et b « Un grand nom du football français : Eugène Maës, avant-centre de l'équipe de France 1911-1914 », Ouest Éclair,‎ (lire en ligne)
  3. François-Xavier Valentin, « Red Star Story : Eugene Maes », sur Site officiel du Red Star,‎
  4. a, b, c et d 100 ans d'Esprit Malherbe, Myths, , « Eugène Maës »
  5. « Galerie des grands joueurs du Red Star, Lettre M », sur allezredstar.com
  6. Didier Braun, « Eugène Maës, le premier grand buteur français » (consulté le 3 décembre 2015)
  7. (en) « France 1892-1919 », RSSSF,‎ (consulté le 3 décembre 2015)
  8. a et b « Eugène Maës, le goleador foudroyé », sur chroniquesbleues.fr,‎ (consulté le 3 décembre 2015)
  9. Eugène Maës, allezredstar.com
  10. « Petits potins caennais », Ouest Éclair, no 13504,‎ (lire en ligne)
  11. « Eugène Maës », Association des anciens joueurs du Red Star (consulté le 3 décembre 2015)
  12. « Echo caennais », Ouest Éclair,‎ (lire en ligne)
  13. Michel Le Néel, Les plus belles pages du Stade Malherbe Caen,
  14. Sur l'air de Saint Éloi n'est pas mort.
  15. « Les régates », Ouest Éclair,‎ (lire en ligne)
  16. a, b et c Lecouturier Yves, 1944, l'épuration en Normandie, Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-5147-1)
  17. Christophe Pecout, Les Chantiers de la Jeunesse et le revitalisation physique et morale de la jeunesse française (1940-1944), éditions L’Harmattan, , 268 p. (ISBN 978-2-296-02578-3)
  18. a et b [PDF] « UNE SAISON DE FOOTBALL SAISON 1913 – 1914 », sur footnostalgie.free.fr (consulté le 3 décembre 2015)
  19. « Feuille du match France-Italie », sur fff.fr
  20. « Feuille du match Suisse-France », sur fff.fr
  21. « Feuille du match Belgique-France », sur fff.fr
  22. « Feuille du match France-Belgique », sur fff.fr
  23. « Feuille de match France-Suisse », sur fff.fr
  24. « Feuille de match Italie-France », sur fff.fr
  25. « Feuille de match France-Italie », sur fff.fr
  26. « Feuille de match France-Luxembourg », sur fff.fr
  27. (en) « France - List of Regional Champions 1919-1932 : Normandie », RSSSF,‎ (consulté le 3 décembre 2015)
  28. « Une rue pour le sportif Eugène-Maës - Caen », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  29. « Caen : Le stade nautique en rénovation s'appellera Eugène Maës », France TV,‎ (consulté le 3 décembre 2015)