Eugène Jean de Bremaecker
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(à 83 ans) Ixelles |
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| Distinction | Chevalier de la Légion d'Honneur (1/9/1937) France |

Eugène Jean de Bremaecker, né à Bruxelles le et mort à Ixelles le , est un sculpteur statuaire et médailleur belge.
Élève de Victor Rousseau et de Julien Dillens, il est l'auteur d'œuvres nombreuses tant en Belgique qu'à l'étranger.
Biographie
[modifier | modifier le code]Né le [1], il a des débuts précoces si l’on en croit ses dires : « À cinq ans, j’étais déjà sculpteur en herbe ! Je modelais Dieu sait comment ! Malgré ces dispositions de mon jeune âge, mon père voulut que j’entre à l’Académie de Saint-Josse pour y faire l’ornementation. J’y entrai […] et au bout d’un mois j’y faisais de la sculpture ! J’allais ensuite à l’Académie de Bruxelles sur les conseils du maître Dillens. C’était en 1900. L’année suivante, j’étais reçu au Salon de Bruxelles. »[2].
Il est élève de Victor Rousseau puis de Julien Dillens, mais il étudie aussi par lui-même d’autres grands maîtres, il explique : « Mais, lorsqu’on sort de l’Académie, que sait-on ? Tout au plus l’orthographe ! […] Il faut apprendre le métier. L’étude des anciens et des modernes s’impose d’elle-même. Je me suis consacré à leur étude. J’ai aimé Carpeaux surtout, le plus beau des sculpteurs. J’ai passé des heures, des semaines, des mois au Louvre, à tel point que les gardiens me désignait entre eux de la jolie appellation de Le Maniaque. Peu à peu, je me suis fait une conviction, j’ai travaillé »[2].
Outre son activité artistique, il s’intéresse très tôt à la photographie. À peine âgé d’une douzaine d’années, il prend des photos sur la plage de Heyst du roi Léopold II qui s'adresse à lui pour l’encourager dans cette voie.[réf. nécessaire] Il réalise de nombreuses photographies pendant la Première Guerre mondiale[3]. Il travaille aussi à l’amélioration de la télégraphie sans fil, notamment avec Marconi à Broomfield en 1912[réf. nécessaire].

Dès le début de sa carrière artistique, il devient le sculpteur attitré de la famille royale belge et des grandes personnalités belges. Son œuvre ne comporte ainsi pas moins de deux cent cinquante bustes. Dès 1903, il reçoit une commande de l’État belge, d’une statue de 5,50 m pour l’exposition de Saint-Louis aux États-Unis. Il sculpte aussi le buste officiel du roi Albert Ier au musée BELvue à Bruxelles.
Entre-deux-guerres
[modifier | modifier le code]Ses œuvres portent en bonne partie sur la thématique patriotique liée à la Première Guerre mondiale, notamment pour les monuments aux morts tout en continuant à travailler pour la famille royale belge. On lui doit à Bruxelles, le buste du monument du général Dossin, à l’abbaye de la Cambre et les monuments aux morts à Lobbes, à Ypres, Nieuport, Bruxelles, Charleroi, etc. Il sculpte les bustes du prince Léopold, futur roi Léopold III (en 1922), de la Reine Astrid et celui du prince Charles, comte de Flandre. Il produit également le bas-relief monumental, La Reine Élisabeth de Belgique soignant un blessé, pour le monument du roi Albert Ier à Nieuport. Il a, en outre, la commande d’un bas-relief qui est aussi frappé en médaille émanant du le Fond Reine-Élisabeth pour l’Assistance Médicale aux Indigènes du Congo belge. Il réalise le buste du cardinal Mercier commandé par l’archevêché de Malines, de Camille Huysmans, homme d’État belge, avec qui il entretient une correspondance, ou encore du bourgmestre de Bruxelles, d'Adolphe Max, de Maurice Maeterlinck et du baron Victor Horta.
Sculpteur officiel, on trouve également ses sculptures au musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren) : Esclave ainsi qu'au musée royal de l'Armée et de l'Histoire militaire avec les bas-reliefs des généraux, au monument aux gendarmes tués en service commandé, mémorial Puccini, ou encore dans les églises comme une Vierge en bois (grandeur nature) à l'église de l'abbaye de la Cambre et l'église de la Faisanderie (à Stockel). Il gardera toujours d'excellentes relations avec l'archevêché de Malines qui joua un rôle important dans ces commandes.
Au niveau européen, il réalise la médaille du roi Édouard VIII d'Angleterre. À Paris, ses œuvres sont présentes à l'Institut de France (buste du cardinal Mercier), à l'Opéra Félia Litvine, à l'hôtel-Dieu de Paris (buste de la Reine Astrid), ou encore à l'hôpital Saint-Louis (bas-relief du Dr Levy).
Ses créations les plus originales concernent ses statues et ses statuettes de danseuses telles que Vers la Joie ou La Danseuse aux cymbales. Elles lui vaudront une commande de l'État français pour le musée du Jeu de Paume (aujourd'hui collections du Centre Georges Pompidou). La présentation des danseuses statues, statuettes ou bas-reliefs suscita immédiatement l'enthousiasme des critiques mais aussi de tous ces contemporains. Il rend ainsi hommage à « l'éternel féminin » qui sera d'ailleurs, le titre d'une de ses œuvres. Rompant avec le modèle de femmes aux formes graciles et tourmentées du XIXe siècle, il préfère les lignes fluides, la grâce pure des corps à la limite entre le réel et l'imaginaire.
Après la Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]En 1952, il réalise le groupe Peleas et Mélisande (inspiré de la scène du puits), aujourd’hui à l'hôtel de ville de Schaerbeek.
Après avoir eu des ateliers en région parisienne (Neuilly, rue Jacques Dulud) et à Bruxelles (avenue Longchamp, aujourd'hui avenue Winston Churchill), il passe les dernières années de sa vie à Schaerbeek où il avait son atelier.
Il meurt le à l’hôpital d’Ixelles.
Sélection d'œuvres
[modifier | modifier le code]Les lieux où les œuvres sont localisées, sont sauf avis contraire, ceux où elles ont été placées après leur exécution.
- En France
- Paris :
- palais Mazarin, buste du cardinal Mercier à l'Institut de France ;
- danseuse, œuvre achetée en 1922 par le musée du Jeu de Paume, aujourd'hui au Centre Georges Pompidou ;
- musée de l'Opéra (Paris) : haut-relief de Félia Litvinne ;
- Paris, Hôtel Dieu : buste de la Reine Astrid de Belgique ;
- Paris, Hôpital Saint-Louis : bas-relief du Docteur Auseiberg.
- En Belgique
- Bruxelles :
- monument À la Gendarmerie (Ixelles), trois statues de 2,10 m ;
- monument au général Dossin dans le parc de l'abbaye de la Cambre ;
- mémorial - buste en marbre de Puccini, au Théâtre royal de la Monnaie ;
- monument Cauderlier au cimetière d'Ixelles ;
- Vierge à l'Enfant en bois à l'abbaye de la Cambre, dans le chœur de l'église de La Cambre ;
- Vierge à l'Enfant en pierre dans le chœur de l'église de la Faisanderie à Stockel ;
- deux statues en bois : l'architecte et le maçon dans le hall d'entrée du douze rue de l'Étuve (visible de l'extérieur).
- Buste de Fernand Demets, bourgmestre d'Anderlecht et gouverneur de la Province de Barbant, hôtel communal d'Anderlecht.
- Buste d'Henri Jaspar au Palais de Justice de Bruxelles.
- En Flandre :
- au Musée royal de l’Afrique centrale (néerlandais : Koninklijk Museum voor Midden-Afrika): Esclave, œuvre en ivoire ;
- bustes en marbre du roi Albert 1er et de la reine Élisabeth exécuté pour le Palais de la Province d'Anvers[pas clair]Provincie paleis Antwerpen[4].
Revue de presse
[modifier | modifier le code]En Belgique, le Journal d'Anvers du , sous le titre Nos sculpteurs Eugène de Bremaecker écrit :
« Si le sculpteur n'a pas toujours la tâche facile, il a tout au moins - lorsqu'il possède à fond son métier - la grande satisfaction de produire une œuvre que l'on apprécie et que l'on admire. […] L'œuvre d'Eugène de Bremaecker est de qui s'impose en silence, et que l'on apprécie avec émotion. »

Parlant des salons de Paris le le Neptune d'Anvers dit :
« Le buste du cardinal Mercier est une des meilleures productions d'Eugène de Bremaecker ; le torse est drapé à la façon pittoresque des effigies du dix-septième siècle français, […] qui met en évidence la vie que respire le masque osseux et volontaire du prélat ascétique. ».
Le journal de Bruges et de la province n'était certes pas avare de compliments quand Pierre Huybrechts disait dans son édition du 25-26 mars 1928 : « On s'incline avec respect devant ce talent génial et l'art comprend pourquoi de Bremaecker a mérité les faveurs des grands de la terre, et jouit d'une réputation mondiale. ».
On peut signaler qu'Eugène de Bremaecker aura régulièrement l'honneur des colonnes dans des journaux comme La Dernière Heure, La Nation belge ou Le Soir pour la Belgique, et Le Temps ou Le Petit Parisien par exemple, pour la France.
La France sera attentive à ses créations, dans le Journal de la Seine le , on peut lire sous la plume d'Albert Parenty :
« Au Salon Annuel qui se tient au Grand Palais, la section sculpture est particulièrement bien représentée cette année. De nombreux statuaires […] ont envoyé des œuvres dignes d'attention […] M. de Bremaecker, Neuilly, Malice, jolie tête et Par un beau matin, joli buste ».
On peut lire aussi, le , dans Homme libre un article de René Barotte, sous le titre Les grands artistes modernes Eugène-Jean de Bremaecker statuaire :

Danse folle
« Il y a quelques jours, j'ai rendu visite à Eugène de Bremaecker, sculpteur bien connu qui partage son activité créatrice entre ses ateliers de Neuilly et de Bruxelles. De ses compatriotes, nos grands amis les Belges, de Bremaecker possède la placidité apparente, au moins pour ceux qui le connaissant peu, l'entretiennent d'un sujet de la vie courante. Mais dès que vous lui parlez de son art aussitôt qu'il a senti en vous un ami spirituel, son visage s'épanouit, son regard prend un éclat particulier, la fougue l'emporte, il devient lyrique sans jamais se départir de la limpidité de langage dont il use pour vous exposer une esthétique puissante et lumineuse. Tandis que, joignant le geste à la parole, travaillant le bloc du doigt comme de l'ébauchoir pour lui donner vie il me révélait les secrets de son art, rapides les heures s'écoulèrent, trop vite il me fallut partir… à regret certes, mais heureux d'avoir rencontré un artiste (il en est peu à notre époque!) dont le talent était à la hauteur de la pensée… ».
Ce n’est pas seulement dans la presse de Belgique et de France que l’on parle de son œuvre ainsi, dans le New York Herald du , sous le titre Art Paris Notes dans un article signé par George Bal :
« - An exposition was opened on Friday at Trotti Galleris, place Vendôme, of the works of Eugène de Bremaecker, a Belgian sculptor, who, by numerous busts of well-know persons and and by his imaginative figures, proves that he is an artist, of greattalent. I noted at once bust of Prince Léopold of Belgium and those of Cardinal Mercier, Baron Gaiffier d’Hestoy, Belgian Ambassador in Paris, and many other political personalities which indicate wath a great knowledge of the art of portraiture their author possesses. As for the varied works of this artist they are those of Amfortas from “Parsifal”, full of an expression of human grieso intense and profound. This important figure was executed from sittings by M. Rouard, of the opéra. I noticed also an interesting “Salomé”, in bronze and “Méditation”, a figure of an adolescent in plaster as being among the most important of interesting exposition. »
La même année, le , Eugène J. de Bremaecker faisait la couverture du Figaro Artistique avec le buste du Cardinal Mercier offert à l'Institut de France à l'occasion de la réception de S. M. le Roi Albert 1er de Belgique, le .
Hommages et distinctions
[modifier | modifier le code]En 1938, il est nommé membre agréé de la Royal Society of Arts de Londres.
Les distinctions suivantes lui ont été décernées pour sa participation à la Première Guerre mondiale :
- Médaille commémorative de la guerre 1914 - 1918 (remise à tous les soldats mobilisés ou engagés volontaires).
- Médaille du Volontaire de guerre combattant, réservée aux volontaires ayant combattu.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « centrepompidou.fr/cpv/resource… »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- Interview de la Dernière Heure, 2 août 1927.
- ↑ Sauvegardée au cegesoma
- ↑ Provincie paleis Antwerpen
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Centre Pompidou
- Ressources relatives aux beaux-arts :
