Eugène Guérard

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Eugène Guérard
Biographie
Naissance
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Nationalité

Eugène Guérard, né le à Colombes (Seine), mort le à Pau (Basses-Pyrénées); syndicaliste français. Il était le secrétaire du Syndicat national des chemins de fer et 4e Secrétaire général de la CGT (21 avril-26 novembre 1901).

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugène Guérard est un pionnier du syndicalisme des cheminots en France. Mais son évolution personnelle illustre la difficulté et l'artificialité à tracer une ligne de partage entre les syndicalistes révolutionnaires et les syndicalistes dits "réformistes". De ce fait celui qui est en 1901, pendant six mois, secrétaire général de la CGT est peu présent dans l'historiographie[1]
Dans le monde des chemins de fer, Eugène Guérard était comptable au service matériel et traction de la Compagnie du Nord, où il travaillait depuis 1881[2]. Lorsque se crée, en août 1890 le Syndicat national des Chemins de fer, il en est élu le secrétaire général. Il était alors défenseur de la grève générale. Mais en 1898, une grève "générale" des chemins de fer est proclamée. Elle n'est guère suivie (moins de ...200 grévistes) et entraîne plusieurs révocations. C'est semble-t-il en analysant cet échec que le secrétaire général évolue vers une pratique syndicale qui prenne en compte toutes les instances de concertation possible, et qui analyse les rapports de force quand bien même les "braillards"[3] hurleraient-ils. Cette position n'était pas le seul fait du secrétaire général des cheminots, mais de par la force par son Syndicat qui en 1909 compterait 50 000 adhérents.

La rupture de 1909[modifier | modifier le code]

À la suite de violentes attaques ad hominem, Victor Griffuelhes démissionne du secrétariat de la CGT. Son remplaçant, Louis Niel a eu la même évolution qu'Eugène Guérard. Lorqu'éclate en mai 1909 une des grèves aux PTT les plus mémorables, les postiers grévistes[4], peu assurés d'une victoire font appel de l'aide d'autres corporations. Deux mois plus tôt Guérard avait imprudemment déclaré au cours d'un meeting, que les cheminots marcheraient à leurs côtés. Or le 20e congrès annuel des cheminots se tient en mai 1909. Majoritairement par 628 voix contre 424 voix, l'instance cheminote décide d'attendre. La CGT où certains voient la Grève générale se profiler en décide autrement, contre l'avis de son secrétaire général... C'est l'échec, puis la démission de Louis Niel. Avec lui et d'autres militants Guérard fonde un journal syndicaliste défendant les thèses réformistes, L'action ouvrière. Mis en cause[5] par les "révolutionnaires", il démissionne en décembre 1909 de son poste de secrétaire du syndicat des chemins de fer et s'éloigne du mouvement syndical[6]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La notice "Eugène Guérard" dans le Maitron, volume 12, p.342-343, est incontournable. Par contre l'ouvrage Batailles du rail, paru aux éditions Messidor en 1986 et censé être une histoire du syndicalisme des cheminots passe pratiquement sous silence celui qui a été un des plus durables dirigeants syndicaux cheminots d'avant 1914.
  2. DBMOF, biographie "Eugène Guérard".
  3. Termes utilisé au cours des débats de Congrès.
  4. Cf Christian Henrisey, Postiers en grèves, 1906-1909, CE PTT-sud-est, 1995.
  5. Joseph Jacquet, Les cheminots dans l'histoire sociale de la France, éditions sociales, Paris 1967. Pages 62-63. L'auteur reprend des accusations soulevées par les "révolutionnaires" : Guérard et un rédacteur du journal fédéral auraient perçu des fonds de la part de l'Union catholique des chemins de fer. C'est peut-être vrai, mais le rôle de l'historien est de vérifier si possible les accusations.
  6. Voir aussi, Christian Chevandier, Cheminots en grève, 1848-2001, éd. Maisonneuve & Larose, Paris, 2002.