Eugène Dondicol

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Eugène Dondicol
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Partis politiques

Eugène Dondicol naît à Bordeaux en 1874. En 1920, il devient membre du Comité directeur du PC et va y demeurer deux années. Il meurt en 1933. Exclu du PC, il était devenu, en 1925, membre du Comité central de l'Union socialiste-communiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dondicol est l'un des premiers militants du socialisme à Bordeaux et dans la Gironde. En 1893, il adhère au Parti ouvrier français (POF). Il est délégué au congrès d'Épernay, en 1899, d'Ivry, en 1900. À partir du congrès de la salle Japy à Paris, en 1899, les divisions gagnent la Fédération girondine, que Dondicol représente, notamment, au congrès international des organisations socialistes, à Paris, en 1900. Il en rend compte devant l'Agglomération bordelaise du POF. Il s'agit d'approuver ou non le retrait du POF du congrès de Wagram. Dondicol condamne ce retrait et travaille à constituer une Fédération socialiste autonome rompant avec le POF. C'est ainsi qu'il devient le secrétaire de l'Agglomération socialiste bordelaise, indépendante du POF. Deux ans plus tard, cette Fédération bordelaise adhère au PSF et, l'année suivante, à la veille du congrès de la Fédération girondine du POF, à l'Alhambra de Bordeaux, Dondicol soutient une controverse avec des dirigeants nationaux du POF.

En 1900, il avait été élu conseiller municipal de Bordeaux. Quatre ans plus tard, il est battu sur une liste de coalition du PSF et des radicaux. Contraint de quitter Bordeaux, il se rend à Lille et devient rédacteur au Réveil du Nord.

Trois ans plus tard, de retour à Bordeaux, il s'inscrit dans une démarche unitaire. En 1905, il est délégué au congrès de fusion de la salle du Globe, à Paris. Puis, quelques semaines plus tard, le congrès constitutif de la Fédération socialiste SFIO de Limoges le nomme à sa commission exécutive. Dondicol participe à la vie nationale du Parti socialiste. En 1907, il est délégué au congrès de Nancy. Il y préconise, afin de réaliser une condition d'entente avec la CGT, l'adhésion au principe de la grève générale. L'année suivante, au congrès de Toulouse, il se préoccupe de la conquête des masses paysannes. À celui de 1909, à Saint-Étienne, il souhaite le désistement pour les radicaux au second tour des élections. Il est encore présent à Nîmes, en 1910, à Saint-Quentin, en 1911, et à Lyon, en 1912, où il regrette l'attitude de deux députés SFIO à la Chambre vis-à-vis de la CGT. En 1906, il a été candidat aux élections législatives à Bordeaux et en 1910 au conseil d'arrondissement dans un canton de la même ville. En 1919, il est élu au conseil municipal de Bordeaux sur une liste de RP.

Mobilisé en 1914, il a été blessé dans la Somme en 1916. Il est alors devenu comptable à la Fédération nationale des Cheminots et s'est fixé à Paris.

En 1919, il est aussi candidat aux législatives dans la 2e circonscription de la Seine. Il n'est pas élu. En revanche, au congrès socialiste de Strasbourg, il est élu suppléant au Conseil d'administration de L'Humanité.

Ce quotidien, en octobre 1920, le qualifie de "secrétaire du Comité minoritaire des syndicats de la Seine". Quelques mois plus tôt, il avait été réélu à la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine, sur la liste des partisans de la reconstruction de l'Internationale. Mais, six mois plus tard, il quitte ce courant pour se rallier au Comité de la IIIe Internationale. La Fédération de la Seine le délègue au congrès de Tours, à l'issue duquel il entre au Comité directeur du PC. Dans les jours qui suivent, avec Ludovic-Oscar Frossard, le secrétaire général du parti, il rencontre les dirigeants socialistes pour discuter du devenir de l'Humanité et des biens du Parti socialiste.

En 1921, au congrès de Marseille du PC, Dondicol est réélu au Comité directeur, qui, peu après, le désigne à la commission chargée d'élaborer les textes du prochain congrès national, à Paris. À ce congrès, il signe également le rapport financier.

Pour le représentant de l'Internationale en France, en décembre 1922 Dondicol rejoint les "Résistants" à l'Internationale communiste (IC). Il ajoute que Dondicol est parvenu à entrer au Comité d'action contre l'occupation de la Ruhr par le biais de la CGTU. Quelques jours plus tôt, l'Humanité avait annoncé que Dondicol faisait partie des militants désignés pour remplacer les dirigeants de la CGTU incarcérés. Une petite semaine plus tard, le quotidien communiste annonce que Dondicol, comme signataire du Comité de défense communiste, est exclu. Dans une correspondance avec l'Internationale, Marcel Cachin, emprisonné à la Santé, indique l'enjeu de l'élection de Dondicol à la place de Monmousseau. De son côté, l'Internationale considère que cette élection de Dondicol au poste de secrétaire général de la CGTU constituerait "le plus grave danger" et ajoute que tout doit être fait pour empêcher "la bande à Frossard" "d'approcher la CGTU".

Dondicol va militer au Parti communiste unitaire qui regroupe les "Résistants" à l'IC. Cette organisation ne tarde pas à fusionner avec une première dissidence du Parti communiste, l'Union fédérative des travailleurs socialistes révolutionnaires de France. En 1923, se tient, à Boulogne, le congrès d'unification de ces deux organisations pour donner naissance à l'Union socialiste-communiste, dont l'organe est l'Egalité .

Cette Union connaît une crise dès 1924. Frossard la quitte pour rejoindre la SFIO. Dondicol, lui, y demeure. En mai, lors des élections législatives, il figure sur la liste d'Union socialiste et ouvrière du troisième secteur de la Seine. Y figurent, notamment, des socialistes SFIO. En revanche, ceux qui se réclament du Parti communiste n'y sont pas présents. Dondicol, au soir de l'élection, arrive au septième rang des candidats de la liste.

Un article publié dans l'Appel à la mort de Dondicol indique, qu'une fois exclu du Parti communiste, il se serait consacré à la défense des mutilés et victimes de guerre à Paris et aurait été secrétaire d'une grande association d'anciens combattants (sans doute, l'Association républicaine des anciens combattants). En tout cas, il est certain que Dondicol a appartenu à l'Union socialiste-communiste, s'exprimant dans son bulletin Bulletin de l'Union socialiste-communiste. En 1925, Dondicol devient même membre du Comité central de l'Union socialiste-communiste.

Mais, dès l'année suivante, son nom n'apparaît plus dans l'organe de l'Union. En 1931, le commissaire spécial de Bordeaux signale qu'il a été rayé du Carnet B. En fait, Dondicol s'est retiré à Langon. Selon l'Appel, il approuve l'attitude de ceux qui ne veulent pas séparer République et socialisme et que l'on retrouve, alors, au Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès.

Source[modifier | modifier le code]

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Les Editions de l'Atelier, 1997.