Eugène Brouillard

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Eugène Brouillard
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Lyon
Nationalité
Activité
Formation
Mouvement
Influencé par

Eugène Brouillard, né à Lyon le [1] et mort dans la même ville le [2], est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugène Brouillard est un peintre lyonnais, essentiellement paysagiste autodidacte.

Issu de l’immigration économique venue du Nord, handicapé très jeune par une coxalgie, il restera un marginal, peu enclin à se fondre dans un mouvement reconnu ou une école[réf. nécessaire]. Adolescent, il doit rejoindre le monde du travail. Parallèlement, il profite des cours du soir pour étudier le dessin de dentelles. Il se forme au métier de dessinandier qui assurera sa subsistance et son indépendance toute sa vie, et marquera aussi profondément sa peinture.

Il est d’abord inspiré par les peintres Corot, Puvis de Chavannes et les nabis, puis de François Vernay et François-Auguste Ravier sur le plan local, ou encore Paul Signac, les Fauves et Théodore Rivière.

Il participe à la création du Salon d'automne de Lyon en 1906[3] dont les statuts s’inspirent de ceux du Salon d’automne parisien (1903) et du Salon des indépendants. Il expose pour la première fois dans un Salon en 1890, poursuit par quelques envois sporadiques qui s’intensifieront à partir de 1903, pour ne plus s’arrêter jusqu’à sa mort.

Eugène Brouillard était ami d'autres peintres de l'école lyonnaise comme Francisque Pomat et Bruno Guillermin, et d'écrivains comme Pierre Aguétant, dont il illustra des poèmes.

Plaque commémorative sur la façade de l'immeuble du no 21-23 rue d'Auterlitz à Lyon.

Le style[modifier | modifier le code]

1890-1903 Apprentissage et exploration[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Eugène Brouillard n’a que peu de moyens : il dessine beaucoup et peint peu. Progressivement, à la fin de cette période d’apprentissage pendant laquelle il acquiert une solide technique et invente très rapidement un style, il produit quelques œuvres très fraîches et empreintes de sensualité.

1903-1917 : l’expressionnisme passionné[modifier | modifier le code]

À partir de 1903, année charnière, il expose régulièrement des œuvres de plus en plus personnelles et de plus en plus nombreuses. On le découvre alors tachiste, parfois fauve, passionnément expressionniste, que ce soit par la touche, par le trait ou la couleur.

Brouillard explore de nombreuses techniques, essentiellement sur carton, parfois sur toile. Il aime les brosses larges et le couteau, la matière épaisse qu’il n’hésite pas à caresser d’un pinceau minuscule et léger pour ajouter des détails expressifs. Il rehausse ses dessins, à la craie, au pastel, à la gouache, à l’huile, notamment de 1907 à 1912.

1918-1929 : l’élan décoratif[modifier | modifier le code]

Brouillard se tourne en partie vers une peinture plus sereine. Bien qu’il privilégie le décor, il affine encore sa vision expressionniste au service des changements saisonniers où affleurent les sentiments intériorisés. Sa ville l’occupera aussi, dont il veut restituer la beauté et les meurtrissures.

Parallèlement, il se rappelle l’œuvre de Rivière à laquelle il semble à nouveau se rallier pour de nouveaux paysages. Sa peinture se rapproche des techniques de reprographie.

1930-1939 : le stylisme décoratif[modifier | modifier le code]

Son dessin devient narratif. À partir de la fin des années 1920, il dessinera parfois par-dessus sa peinture, au fin trait noir à l’encre de Chine.

1939-1945 : l’expressionnisme simplifié[modifier | modifier le code]

C’est à cette période, durant les dernières années de sa vie, qu’apparaissent des œuvres nerveuses, inventives et originales.

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

  • S - D - Les grands arbres; Fusain et encre sur papier bistre; Sbd; Dim; H:32,5 cm × L:38,5 cm (vente du 10 octobre 2011, lot n° 66 accidents sur le papier)
  • Illustrations du livre La vie à Lyon de 1900 à 1937 de Pétrus Sambardier

Peintures[modifier | modifier le code]

  • 1902 - L'Approche de la Tempête renommé Les Furies; HST; Sbg; Dim; H: 97 cm × L:195 cm (vente du 10 octobre 2011, lot n°61)
  • 1920 - Immeubles à la Croix-Rousse, huile sur carton, collection privée
  • 1920 - 18 panneaux pour l'Hôtel de Ville du IIIe arrondissement de Lyon salle des mariages: Le Poème des saisons - Des arbres et des eaux -
  • 1920-1925 ca - Fin de banquet, carton sur panneau, 51 × 75 (vente France, 2010)
  • S - D - Le Gros caillou sous la neige, huile sur carton, collection privée[4]
  • S - D - Les Arbres dorés, HST (vente France, 2010)
  • S - D - Les démlitions; HST; S; Dim; H: × L:
  • S - D - La fuite des populations devant le fléau; HST; S; Dim; H: × L:
  • S - D - Lône du Rhône au soleil levant; HST; S; Dim; H: × L:
  • S - D - Après la pluie; HST; S; Dim; H: × L:
  • S - D - Ouvrier sur le quai; HSCarton; Sbg; Dim; H:39,5 cm × L:25,5 cm (vente Salle Ravier Lyon le 10 octobre 2011, lot n° 197)
  • S - D - Projet pour le grand panneau de la salle du restaurant lyonnais panoram du rhône dans la traversée de Lyon; Détrempe sur Carton; Sbg; Dim; H:16 cm × L:84 cm (vente ludi 10 octobre 2011)

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Une plaque commémorative est posée sur le mur du 21-23 rue d'Auterlitz maison qu'il occupa de nombreuses années, à proximité du Gros Caillou à Lyon

Collections publiques[modifier | modifier le code]

  • Lyon, hôtel de ville du IIIe arrondissement, salle des mariages : 18 panneaux décoratifs, dont Le Poème des saisons et Des arbres et des eaux, 1920
  • Lyon, musée des beaux-arts :
    • Convoitise, huile sur toile, H. 33 cm x L. 41 cm[5]
    • Les Démolitions, huile sur toile, H. 89 cm x L. 146.5 cm[6]
    • Portrait d'un Hollandais, vers 1905, huile sur bois, H. 48 cm x L. 40 cm[7]
    • Printemps au colombier, huile sur carton, H. 52 cm x L. 75 cm, avant 1928[8]
    • L'Approche de la tempête (Les Furies), huile sur toile, H. 97 cm x L. 195 cm, vers 1907
    • Rochers au bords de la mer", huile sur carton, H. 56 cm x L. 38,5 cm[9]

Salons et expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Lerrant, Philippe d'Arcy, Jean-Claude Gauthier, 2002, Eugène Brouillard, 1870-1950 : un maître de l'école Lyonnaise, La Taillanderie, 96 p.
  • Denis Vaginay, Didier Ranc, 2011, Eugène Brouillard Dialogues avec la modernité 1870-1950, Libel, 176 p., 152 illustrations.
  • Alice Cappa, dossier de presse de l'exposition Eugène Brouillard du 13 au 22 décembre 2011, 15 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance des archives municipales numérisées de Lyon no 305 de la page 45/124, cote du registre 2E1054
  2. Acte de décès des archives municipales numérisées de Lyon no 216 de la page 39/131, cote du registre 2E3311
  3. Les catalogues des Salons de 1929 et 1930 portent la référence des 23e et 24e éditions de ce Salon et celui de 1936 de 30e salon, Imprimerie Vaucanson à Lyon.
  4. La Gazette Drouot, 8 avril 2011, p. 116
  5. « Convoitise », notice no 000PE026712, base Joconde, ministère français de la Culture
  6. « Les Démolitions », notice no 000PE026713, base Joconde, ministère français de la Culture
  7. « Portrait d'un Hollandais », notice no 000PE026715, base Joconde, ministère français de la Culture
  8. « Printemps au colombier », notice no 000PE026714, base Joconde, ministère français de la Culture
  9. « Rochers au bords de la mer », notice no 000PE026711, base Joconde, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]