Eudaf Hen

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Eudaf Hen selon les généalogies ou Octavius selon Geoffroy de Monmouth est un roi semi-légendaire de Bretagne insulaire. Le roi fictif au nom latin Octavius semble se confondre avec Eudaf Hen, c'est-à-dire Eudaf le Vieux, personnage central des généalogies galloises.

Octavius selon Geoffroy de Monmouth[modifier | modifier le code]

Selon Geoffroy de Monmouth Constantin Ier, est devenu le « roi des Bretons » après la mort de son père Constance Chlore. Lorsqu'il est proclamé empereur romain à York il doit quitter la Bretagne insulaire qu'il confie à des proconsuls. Octavius, duc des Gewissae, se rebelle contre la domination romaine, massacre les proconsuls et se proclame roi. Constantin répond en envoyant trois légions en Bretagne sous le commandement de son grand-oncle Trahern, le frère du défunt roi Coel Hen et oncle de sa mère Hélene. Trahern débarque à « Kaerperis » qu'il enlève en deux jours. Octave rassemble ses forces pour combattre les légions romaines. Octave attaque Trahern non loin de Winchester et est victorieux. Trahern s'enfuit en Alba c'est-à-dire en Écosse qu'il dévaste, Octavious le poursuit. Ils se rencontrent dans le Westmorland, et Octavius vaincu est obligé de revenir en Bretagne. Trahern se proclame roi, tandis qu'Octave recherche l'aide du Gunbert « roi de Norvège ». En Bretagne insulaire, les partisans d'Octave tendent une embuscade à Trahern et le tue près de Londres, permettant à Octavius de revenir Une fois sur place il disperse les forces romaines et reprend le trône de la Bretagne, et acquiert une telle quantité d'or et d'argent qu'il ne craignait personne. Il règne jusqu'à l'époque de Gratien et de Valentinien II[1].

Accabler par l'âge et voulant assurer l'avenir de son peuple Octavius demande à ses conseillers qui il devait placer sur le trône. Certains préconisaient de marie sa fille avec un noble romain d'autre de choisir son neveu Conan Mériadec. Finalement, Caradoc, duc de Cornouailles, suggère à Octavius de faire épouser sa fille unique Helen au nouvel empereur romain, Maximianus c'est-à-dire Magnus Maximus,qui était le fils de Joelinus oncle de Constantin Ier, unissant ainsi la couronne de Bretagne à l'empire romain. Octave donne son accord, et Mauric fils de Caradoc est envoyé à Rome avec la proposition de mariage. C'est alors que Conan Mériadec un neveu d'Octavius, s'oppose à l'union et attaque Maximien lorsqu'il arrive en Bretagne. Caradoc restaure la paix et Octavius abdique le trône en faveur de Maximianus et Conan Mériadec reçoit ensuite la Petite Bretagne[2]. Si l'on prend en compte les indications chronologiques de Geoffroy de Monmouth Octavius usurpe le trône vers 306/308 et meurt vers 380/390 soit un règne de 70/80 ans !

Eudaf Hen[modifier | modifier le code]

Outam Hen ou en moyen gallois Eudaf ou Eudav Hen est issu du vieux celtique Owitanos c'est-à-dire torse de dragon (de owiw serpent/dragon & tamos tronc/torse). il appartient à une lignée du peuple cornovien de la seconde moitié du IVe siècle[3] Dans la tradition galloise, il contrôlait le sud et le centre du Pays de Galles dans la période 350-380. Commandant du Limes contre les Saxons (comes litus Saxonicus) il aurait épousé une fille de Carausius dont au moins quatre enfants: une fille nommé Helena ou Elen épouse de Magnus Maximus, leur fille Severa est réputée être l'épouse de Vortigern, Erbin roi de Gwent et Cynan qui devient roi de Domnonée insulaire et dont le fils est le célèbre Conan Mériadec qui est le neveu d'Octavius selon Geoffroy de Monmouth[4].

Vita de Saint Gurthiern[modifier | modifier le code]

Cette Vita utilise une orthographe archaïque de son nom, Eudaf Hen est connu comme Outham Senis c'est-à-dire Outham « le Vieux », dans une généalogie issue de la Vita de Saint Gurthiern, incluse dans le Cartulaire de Quimperlé compilé au XIe siècle [5].

Ce texte retrace l'ascendance de Saint Gurthiern jusqu'à la figure de l'ancêtre mythique Beli (Beli Mawr) fils de Outham fils de Maximianus (Maximus) fils de Constance le fils de Constantin le fils de Hélène « qui a porté la Croix du Christ ». Outham est reputé être le père d'une autre fils, Kenan (Conan Meriadec), fondateur du royaume de Petit Bretagne.Les preuves suggèrent que les sources de la vita sont issues du Pays de Galles. Le compilateur de texte, un certain Gurheden, précise que sa source était un « Aidan fils de Iuthael », alors que le nom Iuthael est un nom brittonique connu dans Pays de Galles et en Bretagne, le gaélique Aidan n'est pas attesté en Bretagne, mais il est bien connu au Pays de Galles. En outre, la généalogie de Gurthiern correspond fortement à la descendance attribuée ailleurs par les Gallois à saint Cadoc, suggérant en outre une origine galloise [6].

Le Songe de Macsen Wledig[modifier | modifier le code]

Bien que le conte « Breudwyt Macsen Wledic » (c'est-à-dire: Le songe de Macsen Wledig) inclus dans les Mabinogion soit connu par un manuscrit plus tardif que la version de Geoffroy de Monmouth, les deux récits sont si différents que les chercheurs conviennent le « Songe » ne peut pas être fondée uniquement sur la version de Geoffroy. Il semble également mieux s'accorder mieux avec des détails des triades galloises et il reflète peut-être une tradition plus ancienne.

Macsen Wledig, empereur de Rome[7], fatigué après une chasse épuisante s'endort et rêve. Il se voit suivant les fleuves et traversant la mer jusqu'à une île où il découvre une belle jeune fille dans une magnifique forteresse. Il envoie immédiatement ses hommes sur toute la terre à la recherche de son songe. Avec beaucoup de difficultés, ses envoyés trouvent la jeune fille dans un riche château au Pays de Galles, Segontium (Caernarfon), et ils lui proposent de la conduire à l'empereur. Tout ce que trouvent les envoyés est exactement comme dans son rêve, y compris la présence des jeunes frères de la fille Cynan (Conan Meriadec) et Gadeon, ainsi que son père, le roi Eudaf Hen, fils de Caradawc (Caradog ap Bran). La jeune fille, dont le nom est Elen Llwyddawc, accepte de l'épouser mais s'il vient jusqu'à elle. Macsen sans tarder se met en route. Comme Elen est vierge, il doit donner à son père la souveraineté sur l'île de Bretagne et le commandement de trois châteaux qu'il construit pour son épouse: Caernarfon, Caerfyrddyn, Caer Llion. En l'absence de Macsen, un usurpateur s'empare du pouvoir à Rome ce qui lui interdit de revenir. Avec l'aide des hommes de la Bretagne insulaire dirigés par les frères d'Elen, Cynan et Gadeon, Macsen marche à travers la Gaule et l'Italie et reprend Rome. Par reconnaissance envers ses alliés brittoniques, Macsen les récompense avec une partie de la Gaule qui devient la Bretagne qu'il leur donne et où Cynan devient roi[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des rois de Bretagne, traduit et commenté par Laurence Mathey-Maille, Édition Les belles lettres, coll. « La roue à livres », Paris, 2004, (ISBN 2-251-33917-5) Chapitre 80 p. 117-119.
  2. Histoire des rois de Bretagne, Op.cit. p. 119 & sv.
  3. Alain J. Raude La Naissance des nations brittoniques -de 367 à 410- (ISBN 9782915915259), éditions Lanel LN Ploudalmézeau 2009 p. 135.
  4. (en) Mike Ashley British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) « Octavius or Eudaf '(Eudav) » (p. 718 et table no 1 p. 67
  5. Léon Fleuriot Les origines de la Bretagne Payot Paris 1980, (ISBN 2228127108)] p. 278-279
  6. (en) John T. Koch Celtic Culture: A Historical Encyclopedia (5 vols., Santa Barbara and Oxford: ABC-Clio, 2006), (ISBN 1851094407), 2006, p. 474 .
  7. création littéraire formée avec plusieurs personnages historiques dont l'usurpateur Magnus Maximus, Maxence adversaire de Constantin Ier, le père de ce dernier Constance Chlore époux d'une certaine Hélène, Magnence usurpateur en 350.
  8. Jean Markale L'épopée celtique en Bretagne, Payot Paris 1975 « Le Songe de Macsen  » (ISBN 2228317411) p. 226-228

Sources[modifier | modifier le code]