Étienne-Martin

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Étienne-Martin
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Naissance
Décès
(à 82 ans)
Paris
Nom de naissance
Étienne Martin
Nationalité
Drapeau de la France
Activité
Formation
Maître
Élève
James Benenson
Mouvement
Œuvres réputées
Demeure IV
La Demeure 10
signature d'Étienne-Martin

signature

Étienne Martin, dit Étienne-Martin, (1913-1995) est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le à Loriol dans la Drôme, Étienne-Martin suit de 1929 à 1933 les cours de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon où il rencontre en 1929 Jean Bertholle. En 1930 il fait la connaissance de Marcel Michaud. Il vient à Paris en 1934, travaillant dans l'atelier de Charles Malfray à l'Académie Ranson où il se lie avec les peintres Roger Bissière, Jean Le Moal, Alfred Manessier, Zelman, Véra Pagava et le sculpteur François Stahly. Il fait avec eux partie du groupe Témoignage, animé à Lyon par Marcel Michaud à partir de 1936, qui expose à Paris en 1938 et 1939. En 1936, Étienne-Martin épouse l'artiste céramiste Annie Talboutier (1914-1988).

Sous l'impulsion de Léon Reymond, rencontré à Paris, proche de Marcel Duchamp et André Breton, ainsi qu'initiateur d'artistes tels que Louis Thomas et César Geoffray, Etienne-Martin lit René Guénon. Celui-ci l'ouvre à l'ésotérisme et aux doctrines orientales et extrême-orientales, que l'auteur désigne comme "sciences sacrées". En 1937, la formation d'Etienne-Martin n'est guère freinée par la contrainte du service militaire qu'il effectue à Strasbourg ; il lit de nombreux livres, de Breton, Guénon, et d'autres auteurs qu'il mentionne dans ses lettres à Michaud. C'est pour l'artiste le début d'une quête métaphysique, guidée par les textes traditionnels, la symbolique ancienne et le taoïsme, tout en marquant une rupture profonde avec la pensée occidentale[1].

Cette idéologie nouvelle se manifeste dès 1939 dans l'œuvre Nuit, anciennement appelée Femme assise et créée en 1935. Ce premier thème de la nuit, récurrent dans l'œuvre d'Etienne-Martin, gagne à être vu comme un mysticisme qui ouvre au rêve, à l'univers suprasensible des doctrines orientales et ésotériques, plus que comme la métaphore du temps de préparation à la guerre.

Mobilisé, Étienne-Martin est prisonnier en Allemagne et libéré en 1941. Il séjourne en 1942 à Oppède avec Stahly et Zelman dans la communauté animée par l'architecte Bernard Zehrfuss puis en 1943-1944 à Dieulefit (Drôme) où il se lie avec l'écrivain Henri-Pierre Roché[2]. Il s'installe ensuite à Mortagne-au-Perche en Normandie. De retour à Paris en 1947 il vit chez Roché, rencontre Brancusi et Gurdjieff, dont il fréquente la mouvance durant une dizaine d'années, pratiquant des exercices spirituels, avec référence à l'Orient et au taoïsme.

En 1952, Étienne-Martin conçoit un projet d'église pour le quartier de Bron-Parilly près de Lyon. Jamais réalisée, cette commande qu'il doit à Marcel Michaud, est connue par quelques croquis (Lyon, musée des beaux-arts, Fonds Marcel Michaud) et trois maquettes (collection particulière)[3]. Conçu en pleine querelle de l'art sacré, le projet est contemporain de la construction de la Chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp par Le Corbusier. Étienne-Martin commence en 1954 la série des Demeures qui l'ont rendu célèbre et reçoit en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il est professeur de 1968 à 1983 à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris pour la sculpture monumentale. Il est élu en 1971 à l'Académie des beaux-arts.

En 1984, une exposition de l'ensemble de ses Demeures est présentée au Centre Pompidou à Paris. Une exposition lui est consacré en 1996 à la Fondation de Coubertin (Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Yvelines). De nouveau, en 2010 (juin à septembre), une exposition est présentée au Centre Pompidou[4], hommage rendu à l'artiste à travers la présentation d'un ensemble de quinze sculptures, des dessins, des carnets personnels et des photographies de son atelier. Elle a ensuite été montrée à Vannes au musée de la Cohue (juin 2011 - septembre 2011) dans le cadre du programme « centre Georges Pompidou hors-les-murs ». D'octobre 2011 à janvier 2012, la première rétrospective de l'artiste est présentée à travers une exposition est présentée au musée des beaux-arts de Lyon[5].

Il est inhumé à Paris dans la 13e division du cimetière du Père-Lachaise. Sa seconde épouse, née Marie-Thérèse Le Balch en 1915, est morte le 24 juin 2014 à Ivry-sur-Seine.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

En Belgique 
Aux États-Unis 
En France 
  • Amiens, près de l'église Saint-Leu : Demeure 4, 1961
  • Clermont-Ferrand, place du 1er mai : Demeure XX - les terrasses de la terre et de l'air, 1989
  • Musée des beaux-arts de Dijon : Tête aux mains, 1950-1951, bronze
  • Musée de Grenoble :
    • La Nuit ouvrante, 1948, bronze
    • Le Collier de la nuit
    • Les Eaux souterraines du désir, 1985, matériaux divers
  • Musée des beaux-arts de Lyon :
    • Le Cerbère, 1977, châtaignier, achat du musée en 1985
    • Piétà, 1945, tilleul, acquis en 2008
  • Noyal-sur-Vilaine, L'Athanor, musée et parc d'Etienne-Martin, domaine du Bois Orcan :
    • Demeure XVI, 1980
    • La Corne, 1989
    • Les Fantômes, 1984
    • L'Echelle, 1991
    • Demeure IV, 1961
    • Demeure III, 1960
    • La Nuit Nina, 1951
    • La Nuit Ouvrante, 1948
    • La Tête aux mains, 1951-1989
    • Demeure I, 1954-1958
    • Demeure II, 1958-1959
    • Demeure Miroir, 1977
    • La Ribambelle, 1969
    • L'Un, l'Autre, 1985
    • Les Fantômes, 1984
    • Le Reliquaire, 1978
    • La Faille, 1990
    • Chorus, 1986
    • La Ruine, 1983
    • Le Fil du Temps, 1978
    • Fleur de Terre, 1981
    • La Tour, 1975
    • La Demeure IX - Opéra, 1964-1966
    • Fleur Machine, 1983
    • La XXI Lame de Tarot, 1969
    • Rencontre, 1984
    • L'Univers Maternel, 1981-83
    • Le Couple, 1983
    • La Tour des Noces, 1985
    • La Mariée, 1985
  • Paris, 22 œuvres au Musée d'art moderne de la ville de Paris, salle 11, Donation Étienne-Martin:, dont :
    • Le Nœud (1938)
    • La Nuit Nina (1951)
    • Tête d’Alma (1954)
    • Les Demeures, reconstitution mentale de sa maison d’enfance, dont on suit l’élaboration avec :
      • Demeure II (1958-1959)
      • Petite Demeure X (1965)
      • Le Fil du temps (1978)
      • Celle qui veille (1980)
    • Jeux et Racines, où l’arbre dicte la forme :
      • Le Petit canard (1951-1953)
      • Le Bec (1964)
      • Le Rhinocéros et L’Amandier (1969)
    • Matériaux de récupération et polychromie :
      • Le Clin d’œil (1970)
      • Main rouge (1986)
    • Grands bois de la fin de sa vie :
      • La Corne (1989)
      • L’échelle (1991)
  • Paris, 44 œuvres au musée national d'art moderne:, dont :
    • Nuit ouvrante, bois, 1945-1955
    • Grand couple, bois, 1946
    • L'idole des ramoneurs, métaux oxydés et bois, 1946
    • La Julie, bois peint, 1951
    • Le Manteau, tissus, cordes, passementeries, cuir, toile de bâche et métal, 1962
    • Abécédaire, bois et fer, 1967
    • Mur miroir, bois peint et caoutchouc, 1979
    • Double trèfle, bois, 1985
    • Ecce homo, bois et chaînes d'acier, 1993
  • Paris, jardin des Tuileries : Personnage III, 1967
  • Paris, parc de Bercy : Demeure X, 1968
  • Paris, quai Saint-Bernard, musée de la sculpture en plein air : Demeure I (1954-58)
  • Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Fondation de Coubertin : Trois Personnages, 1967
  • Rennes, Frac Bretagne : Abécédaire et autres lieux, 1967
Aux Pays-Bas
En Suisse 

Élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Catalogues[modifier | modifier le code]

  • Groupe Témoignage, 1936-1943, Musée des Beaux-Arts, Lyon, 1976.
  • Les Demeures, Centre Pompidou, 1984 (98 p.) (ISBN 2858502471) .
  • Marcel Michaud, Lyon, 1933-1958, Stylclair, Groupe Témoignage, Galerie Folklore, texte de Bernard Gavoty, Espace Lyonnais d'Art Contemporain, Lyon, 1989 (76 p.) (ISBN 2906709271)
  • Étienne-Martin, la donation L'Oréal, musée d'art moderne de la Ville de Paris, exposition permanente. Auteurs : Gérard Audinet, Sabrina Dubbeld, Claire Maingon, Paul-Louis Rinuy, 2008.
  • Montparnasse années 30 - Bissière, Le Moal, Manessier, Étienne-Martin, Stahly… Éclosions à l’Académie Ranson, Rambouillet, Palais du roi de Rome, Éditions Snoeck, 2010 (ISBN 978-90-5349-796-8). Auteurs : Alexandra Charvier, Sabrina Dubbeld, Lydia Harambourg, Claire Maingon, Scarlett Reliquet
  • Étienne-Martin, la collection du musée national d'art moderne, Paris, centre Georges Pompidou, 23 juin 2010 - 13 septembre 2010. Auteurs (par ordre alphabétique) : Jean-Paul Ameline, Sabrina Dubbeld, Fabien Faure, Doïna Lemny.
  • L'Atelier d'Étienne-Martin, 22 octobre 2011 - 23 janvier 2012, sous la direction de Sylvie Ramond et de Pierre Wat, Lyon, musée des Beaux-Arts, Paris, Éd. Hazan, 2011, 304 p. Auteurs (par ordre alphabétique) : Jacques Beauffet, Sabrina Dubbeld [1]
  • Le Poids du monde. Marcel Michaud (1898-1958), sous la direction de Laurence Berthon, Sylvie Ramond et de Jean-Christophe Stuccilli (dir.), Lyon, musée des Beaux-Arts, 22 octobre 2011-23 janvier 2012, Lyon, Éd. Fages, 2011, 320 p. (ISBN 9782849752517) [2]

Articles[modifier | modifier le code]

  • François-René Martin, « Chasuble, maison, armure, pelure, peau ? Sur les usages et les significations du Manteau d'Étienne Martin architecte », Sculptures, no 1, septembre 2014, p. 19-25 (ISBN 9791024001852)
  • Jean-Christophe Stuccilli, « Étienne Martin architecte. À propos du projet de l'église de la Trinité de Bron-Parilly », Sculptures, no 1, septembre 2014, p. 57-65 (ISBN 9791024001852)

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Ionel Jianou, Gérard Xuriguera, Aube Lardera, La Sculpture moderne en France, Paris, Arted Éditions d'Art, 1982.
  • Alain Vollerin, Le groupe témoignage de Lyon, 1936-1940, Lyon, Editions Mémoire des Arts, coll. « Groupes et mouvements », (ISBN 978-2-912-54416-2, OCLC 48870554).

Mémoires universitaires inédits[modifier | modifier le code]

  • Sabrina Dubbeld, Penser / Classer : le cas du sculpteur français Étienne-Martin, mémoire de master I en histoire de l'art contemporain à l'université Paris X-Nanterre sous la direction de Thierry Dufrêne, 2008, 766 p.
  • Sabrina Dubbeld, Étienne-Martin : un sculpteur parmi les architectes (aux côtés de Bernard Zehrfuss, Jean Le Couteur, François Stahly, etc.), mémoire de master II en histoire de l'art contemporain à l'université Paris X-Nanterre sous la direction de Thierry Dufrêne, 2009, 1271 p.
  • Stéphanie Jamet, Le thème de la Nuit dans l'œuvre d'Étienne-Martin, mémoire maîtrise d'histoire de l'art contemporain à l'université Sorbonne Paris IV sous la direction de Serge Lemoine, 1995

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Étienne-Martin, entretien avec René Deroudille, Mémoire des Arts, Lyon, 1988 (45 minutes).
  • Étienne-Martin, entretien avec Michel Ragon, Mémoire des Arts, Lyon, 1994 (40,30 minutes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Beauffet, Aux origines de l'œuvre, la tradition, "L'atelier d'Etienne Martin", 2011, p. 21-27
  2. http://www.editions-hazan.fr/ouvrage/409088/l-atelier-d-etienne-martin-collectif
  3. Jean-Christophe Stuccilli, « Étienne Martin architecte. À propos du projet de l'église de la Trinité de Bron-Parilly », Sculptures, no 1, septembre 2014, p. 57-65, (ISBN 9791024001852)
  4. http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/0EA268D1AEE26741C12576B900531160?OpenDocument&sessionM=2.2.2&L=1
  5. http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/expositions-musee/sculpture-20e/etienne-martin

Liens externes[modifier | modifier le code]