Et Dieu… créa la femme

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Et Dieu... créa la femme
Titre original Et Dieu... créa la femme
Réalisation Roger Vadim
Scénario Roger Vadim
Raoul Lévy
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 95 minutes
Sortie 1956

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Et Dieu… créa la femme est un film français réalisé par Roger Vadim sorti en 1956.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Juliette, sublime de beauté et de sensualité, fait chavirer les cœurs dans le petit port traditionnel de Saint-Tropez. Trois hommes se disputent l'amour de cette jeune orpheline dont la soif de liberté est très grande et qui redoute les lendemains.

Le film commence par une scène mythique : Éric Caradine (Curd Jürgens), riche entrepreneur quinquagénaire, pénètre dans la courette où Juliette (Brigitte Bardot), allongée nue derrière des draps qui sèchent, prend un bain de soleil. Orpheline recueillie dans une famille d’accueil, elle a la beauté du diable et la réputation de n’être pas farouche. Survient la mère adoptive de Juliette, exaspérée : celle-ci en a par-dessus la tête de cette gamine fantasque, qui ne fiche rien et ne sait qu’aguicher les hommes, tandis que son mari, grand invalide, passe ses journées derrière les volets à la guetter, plus ou moins dénudée.

Pour réaliser une vaste et fructueuse opération immobilière, Caradine a besoin de la cale où les trois frères Tardieu ont un petit atelier de réparation de bateaux. Il profite du passage d’Antoine (Christian Marquand), l’aîné des trois frères, qui travaille à Marseille, pour faire une offre. Mais celui-ci refuse, au grand dam de ses deux jeunes frères, Michel (Jean-Louis Trintignant) et Christian (Georges Poujouly).

Un soir, Juliette, amoureuse d’Antoine et qui doit le rejoindre sur le port, surprend une conversation au cours de laquelle celui-ci livre ce qu’il pense d’elle : pour lui, il s’agit d’une marie-couche-toi-là, d'une fille d’un soir, et rien de plus. Ulcérée, Juliette se rend sur le yacht de Caradine, qui mouille au port. Grand seigneur, Caradine résiste à la tentation, la sermonne un peu et la laisse repartir. Juliette quitte son bateau sous l’oeil courroucé d’Antoine. S’ensuit une explication entre Antoine et Juliette, au terme de laquelle les deux jeunes gens décident qu’ils partiront dès le lendemain vivre ensemble à Marseille. Mais, le lendemain, le car qui doit prendre Juliette au passage ne s’arrête pas, Antoine, rancunier, n’ayant donné aucune instruction au chauffeur. Et Juliette reste plantée avec sa valise sur le bord de la route.

A son retour, sa belle-mère lui signifie que, cette-fois, c’en est trop, qu’elle va partir en pension chez les sœurs jusqu’à ses 21 ans (âge de la majorité à l’époque), à charge pour elles de discipliner cette petite dévergondée. Seul le mariage pourrait la sauver de cet enfermement qui s’annonce. Alors que Juliette ère, désemparée, Michel, le jeune frère d’Antoine, profondément amoureux d’elle, lui propose de l’épouser. D’abord réticente, car elle ne l’aime pas, Juliette finit par se faire à cette idée car c’est le seul moyen pour elle d’échapper à la pension.

La nouvelle de ce projet de mariage est mal accueillie par tous, non seulement par sa mère adoptive mais aussi par sa future belle-mère, qui crie à la mésalliance. Quant à Antoine, il met en garde son jeune frère, mais rien n’y fait.

Après une dernière hésitation avant le « oui » sacramentel, Juliette est mariée. Ce mariage est mémorable : sur le port, en sortant de la messe, le marié est rossé en voulant défendre l’honneur de sa toute nouvelle femme. Emue par son courage, Juliette commence à éprouver pour lui, sinon de l’amour, du moins de la tendresse. De manière surréaliste, les deux familles réunies pour la circonstance prennent le repas de mariage sans les deux tourtereaux, qui festoient à l’étage sur des plateaux que Julienne est venu garnir entre deux orgasmes.

Pendant ce temps, Caradine a trouvé une solution qui arrache son accord à Antoine : au lieu de lui offrir de l’argent, il lui accordera une participation de 30% dans une de ses sociétés. Du coup, Antoine revient s’installer à plein temps à Saint Tropez, au grand désespoir de Juliette, qui l’aime toujours et qui redoute cette proximité quotidienne alors qu’elle essaie d’aimer son mari.

Un jour que Michel est parti à Marseille pour la journée, désœuvrée, Juliette prend un petit bateau d’Antoine, en réparation car le moteur à tendance à chauffer, pour aller faire un tour. Le moteur prend feu non loin du rivage. Alerté, Antoine plonge pour la secourir et l’inévitable arrive, ce qui donne lieu, là encore, à une scène mythique (Bardot, sa jupe collée au corps, sortant de l’eau…).

Dès son retour de Marseille, Michel est informé de son infortune par sa mère. Les deux frères en viennent aux mains. Antoine veut l’empêcher de sortir et de risquer d'aller faire une bêtise, mais Michel l’assomme, se saisit d’un revolver dans un tiroir et part en quête de sa femme.

Pendant ce temps, Juliette, qui traine sans trop savoir quoi faire, finit par entrer dans la boite de nuit de Caradine, d’où provient de la musique. Là, elle se livre, sous l’œil consterné de Caradine, à un mambo lascif et endiablé (troisième scène mythique). Michel arrive et tire sur elle, mais Caradine réussit à faire dévier le coup. Au cours de ce corps à corps, Caradine essuie une balle qui le blesse légèrement. Il demande à Antoine de le conduire en voiture à Nice chez un chirurgien de ses amis qui va panser la plaie. Au cours de route, Caradine intime à Antoine, pour la paix des familles, l’ordre de partir.

Pendant ce temps, Juliette et Michel se retrouvent. Elle ne lui promet rien, mais un avenir possible se dessine…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • Ce film propulse Roger Vadim, Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant et Christian Marquand au rang de stars internationales.
  • Brigitte Bardot devient avec ce film à la fois un mythe et un sex-symbol mondial des années 1960, une star des médias mondiaux, emblème de l'émancipation des femmes, jeune fille à la fois modèle et diablesse, libre provocatrice ingénue et impudique, symbole de la féminité, de la liberté sexuelle, d'une révolution des mœurs latente et de la grande vague existentialiste du couple Jean-Paul Sartre / Simone de Beauvoir qui suit. Des milliers de femmes imiteront alors le style Bardot, copiant au moins ses ballerines, sa robe de Vichy rose et sa coiffure, si ce n'est son attitude face à la sexualité.
  • Ce film déchaîne des cascades de sentiments, autant de passion, d'idolâtrie et de coup de foudre des uns, que d'indignation, de colère ou de haine des autres. C'est la première fois qu'une femme exprime au cinéma son désir à l'égal d'un homme, et utilise son corps pour s'affirmer et conquérir la liberté, en rupture avec les destins de pensionnaire ou de femme mariée alors proposés par la société aux jeunes femmes de cet âge. Par ailleurs, les scènes de nu choquent, et certaines sont censurées en France et en Grande-Bretagne, soit presque un quart du film en France[1]. Aux États-Unis, les défenseurs de la morale tentent de faire interdire le film, et l’archevêque de Lake Placid va même jusqu’à promettre d’excommunier ceux qui iraient le voir. La polémique provoque la curiosité et contribue au succès du film, qui avait pourtant démarré assez timidement en France.
  • Brigitte Bardot achètera La Madrague sur la route des Canebiers à Saint-Tropez en 1958 et contribuera à faire de ce village peu connu un endroit de légende internationale.
  • Le mariage de Roger Vadim et Brigitte Bardot vole en éclats à cause de l'hystérie médiatique qui suit le film.
  • Le film voit la naissance d'une histoire d'amour entre Brigitte Bardot et Jean-Louis Trintignant.
  • Le film est célèbre pour plusieurs raisons : Saint-Tropez, Brigitte Bardot, la danse tam-tam mambo, le scandale, les premiers nus de Bardot qui vont permettre au film de battre des records de recettes, tout particulièrement aux États-Unis.
  • Le film connaitra un remake américain And God Created Woman, toujours réalisé par Roger Vadim.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Lamy « Et Dieu créa les femmes: Brigitte, Françoise, Annabel et les autres », Essais - Documents, Éditions Albin Michel, 2011, (ISBN 9782226237620), 416 pages, en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]