Estuaire du Saint-Laurent

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Estuaire du Saint-Laurent
Estuaire du Saint-Laurent à Port-au-Saumon.
Estuaire du Saint-Laurent à Port-au-Saumon.
Caractéristiques
Longueur ?
Bassin ?
Débit moyen 0,6−3 m·s−1 m3/s
Cours
Source fleuve Saint-Laurent
· Localisation Lac Saint-Pierre
· Coordonnées 46° 16′ 17″ N, 72° 38′ 05″ O
Embouchure Golfe du Saint-Laurent
· Localisation Île d'Anticosti
· Coordonnées 49° 40′ 00″ N, 64° 30′ 00″ O
Géographie
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent, Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Mauricie et Centre-du-Québec

L'estuaire du Saint-Laurent est un plan d'eau de la province du Québec au Canada.

Situation[modifier | modifier le code]

L'estuaire du Saint-Laurent est situé en aval du fleuve Saint-Laurent et en amont du golfe du Saint-Laurent. Il désigne l'endroit où se mélangent les eaux douces et salées entre le fleuve et le golfe. L'estuaire du Saint-Laurent débute au lac Saint-Pierre[1]. Il est divisé en trois sections : l'estuaire fluvial du Lac Saint-Pierre à l'Île d'Orléans, l'estuaire moyen jusqu'au Saguenay et l'estuaire maritime jusqu'à l'Île d'Anticosti. La proclamation royale de 1763 définit une ligne partant de la rivière Saint-Jean en passant par la pointe ouest de l'île d'Anticosti, jusqu'au cap des Rosiers[2], qui délimite la fin du fleuve et le commencement du golfe[3]. Il s'agit du plus grand estuaire au monde[4].

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

L’estuaire du Saint-Laurent est caractérisé par un front salin situé à la pointe Est de l’île d’Orléans. La zone de contact entre l’eau douce et l’eau salée correspond à une région de forte concentrations de matière en suspensions à l’origine d’une zone de turbidité maximale d’une longueur variant de 70 à 120 km, en fonction du courant du fleuve[5]. Cette zone de turbidité maximale est située entre l’île d’Orléans, où la salinité est supérieure à 0 PSU, et l’île aux Coudres, où la salinité est inférieure à 10 PSU. Les mécanismes de circulation estuarienne associés à ce milieu en font un site privilégié de production primaire et secondaire qui abrite de nombreux sites d’alevinage des poissons. La forte turbidité du milieu procure un refuge contre les prédateurs tandis que les larves sont maintenues dans des conditions optimales de température et de salinité[6],[7],[8]. Les variations importantes de salinité et turbidité entrainent une grande diversité des conditions physicochimiques et des communautés planctoniques sur le fleuve. 

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Depuis 2002, le ministère des Forêts, Faune et Parcs du Québec a entrepris la réintroduction du bar rayé (Morone saxatilis) à partir de larves, juvéniles et reproducteurs issus de la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick. Bien qu'il s'agisse d'un projet d'ensemencement d'une nouvelle population de bars dans l'estuaire, le bar rayé était déjà présent au début du siècle dernier. La disparition de la population ancestrale de bar rayé dans les années 60 s'explique par les trop fortes pressions d'exploitation et la destruction de son habitat à cause de la construction de la voie maritime du Saint-Laurent. Depuis 2013, le Ministère des Forêts, Faunes et Parcs a mis en place un suivi annuel des jeunes de l'année permettant de suivre le rétablissement de la nouvelle population. Le bar rayé est un poisson qui se déplace en banc, ce qui explique ces fréquentes mentions par les pêcheurs et la fausse idée que l'espèce serait très abondante dans le fleuve. La population de bar rayé du Saint-Laurent a été désigné «en voie de disparition» par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada et il demeure interdit de le pêcher dans l'estuaire du Saint-Laurent[9].

Le béluga est une espèce emblématique de l'estuaire, mais bien d'autres espèces y sont présentes. Dans un esprit de sciences citoyennes, et de travail collaboratif, un recensement des poissons de l'estuaire est en cours, avec un guide d'identification téléchargeable[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 0303-carte.jpg », sur Développement durable, Environnement et Parc, (consulté le 27 novembre 2008)
  2. « Cap des Rosiers », sur Commission de toponymie du Québec (consulté le 7 mars 2018)
  3. « Fleuve Saint-Laurent », sur Encyclopédie canadienne (consulté le 7 mars 2018)
  4. Anne Rossignol, L'estuaire maritime et le golfe du Saint-Laurent : carnet d'océanographie, Rimouski, INRS-Océanologie, , 64 p. (ISBN 2-9805922-0-X, OCLC 49155809)
  5. Silverberg, N., & B. Sundby. 1979. Observations in the turbidity maximum of the St. Lawrence estuary. Canadian Journal of Earth Sciences 16(4), 939-950.
  6. Sirois, P., & J.J. Dodson. 2000. Critical periods and growth-dependent survival of larvae of an estuarine fish, the rainbow smelt Osmerus mordaxMarine Ecology Progress Series 203: 233-245.
  7. North, E.W., & ED. Houde. 2001. Retention of white perch and striped bass larvae: biological-physical interactions in Chesapeake Bay estuarine turbidity maximum. Estuaries and Coasts 24(5):756-769.
  8. Winkler, G., J.J. Dodson, N. Bertrand, D. Thivierge & W.F. Vincent. 2003. Trophic coupling across the St. Lawrence River estuarine transition zone. Marine Ecology Progress Series 251:59-73.
  9. COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bar rayé (Morone saxatilis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xx + 86 p. Page consultée le 23 novembre 2017.
  10. C. Nozères, D. Archambault, P.-M.Chouinard, J. Gauthier, R. Miller, E. Parent, P. Schwab, L. Savard & J.-D. Dutil, Guide d’identification des poissons marins de l’estuaire et du nord du golfe du Saint- Laurent et protocoles suivis pour leur échantillonnage lors des relevés par chalut entre 2004 et 2008, Direction régionale des Sciences ; Pêches et Océans Canada.

Voir aussi[modifier | modifier le code]