Esteville

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Esteville
Le château (XVIIe siècle).
Le château (XVIIe siècle).
Blason de Esteville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
Canton Bois-Guillaume
Intercommunalité Communauté de communes Inter-Caux-Vexin
Maire
Mandat
Roger Léger
2014-2020
Code postal 76690
Code commune 76247
Démographie
Population
municipale
527 hab. (2014)
Densité 100 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 36′ 24″ nord, 1° 13′ 21″ est
Altitude Min. 156 m – Max. 176 m
Superficie 5,29 km2
Localisation

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Esteville est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Etevilla vers 1185; puis Eteville en 1319; ensuite Esteville en 1362 - 1365; Touffreville Etheville en 1648; Edeville en 1715; Touffreville et son annexe à Edeville en 1738; Esteville en 1757[1],[2].

La prononciation moderne « Esstevil » est basée sur l'adjonction exceptionnelle d’un s graphique après la voyelle e à partir du XIIIe siècle dans certains documents, puis régulièrement dès le milieu du XVIIIe siècle, mais non conforme à la prononciation traditionnelle et à l'étymologie[3]. Edeville, souvent noté vers le XVIIe siècle, reflète l'évolution régulière de la prononciation à partir de la forme originelle Eteville.

Il s'agit d'une formation médiévale en -ville « domaine rural » (appellatif toponymique issu du gallo-roman VILLA « grand domaine rural »). Le premier élément Este- représente vraisemblablement un nom de personne comme dans la plupart des composés en -ville.

Pour expliquer le premier élément Este-, Albert Dauzat, reprenant une suggestion de Hermann Gröhler, et qui ne connaît pas de forme ancienne, émet l'hypothèse d'un *Aestivalis (villa)[4], comprendre « domaine rural utilisé comme lieu d'estivage ». Le mot estival en français est un emprunt médiéval au latin de l'époque impériale aestivālis, de même sens, dérivé du latin classique aestīvus « id. », dérivé de aestās, -ātis « été »[5]. Estival est attesté pour la première fois en français au XIIe siècle. Cette explication est incompatible avec la nature des formes anciennes.

En revanche, d'après les formes anciennes et celles régulièrement attestées jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, François de Beaurepaire propose le nom de personne francique Etto[3] que l'on retrouve dans le toponyme Etting en Lorraine (suivi du suffixe germanique -ing).

Remarque : Esteville se trouvant dans un environnement où les éléments toponymiques anglo-scandinaves sont nombreux (Touffreville[6], Critot, Yquebeuf, Bracquetuit, etc.), il est possible d'y voir le nom de personne féminin vieux danois Etta (vieux norois Ætta), hypocoristique d’Ǣstríðr (cf. Astrid), même si la présence de femme dans l'anthroponymie scandinave en Normandie est très rare (cf. la Haye-Gonnor à 15 km).

L'ancienne paroisse de Touffreville a été rattachée à Esteville, elle est mentionnée sous la forme latinisée Touffrevilla au XIIe siècle. Il s'agit d'un des nombreux Touffreville de Normandie (ex : Touffreville-la-Câble, Torfreivilla en 1218 ; Touffreville-la-Corbeline, Turfretvilla vers 1040 ; etc.). Comme le montrent davantage les formes anciennes d'autres Touffreville, le premier élément est l'anthroponyme scandinave Þórfriðr (Thorfridr) latinisé en Torfridus, Torfredus dans les textes de la Normandie ducale[7]. On le trouve également dans Touffrécales à Fresnoy-Folny (Seine-Maritime, Torfrescalis en 1156) précédé du vieux norois skáli « habitation temporaire, chalet », ainsi que dans le Mesnil-Touffray (Calvados).

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 23 janvier 2015[8])
Roger Léger   Membre du bureau de la CCPNOR (2015 → )
Réélu pour le mandat 2014-2020[9]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 527 habitants, en diminution de -0,19 % par rapport à 2009 (Seine-Maritime : 0,48 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
222 320 212 199 299 353 358 360 338
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
337 304 297 270 315 312 289 246 253
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
245 245 244 239 215 216 244 297 278
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014
252 261 320 428 378 376 529 519 527
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Firmin. Il ne reste presque rien de l'ancienne église placée sous le patronage du seigneur de Grainville. L'église actuelle, anciennement dédiée à sainte Clotilde, date du début du XVIIe siècle. Elle est alors la chapelle du château voisin et dépend de Touffreville. À partir de 1870, l'édifice subit de profondes transformations dues à l'architecte Georges Simon[14].
  • L'église Saint-Sulpice (de l'ancienne commune de Touffreville). L'église, bâtie probablement au XIIIe siècle, est reconstruite au XVIe siècle, comme l'atteste une dédicace datée du 10 mai 1589. Elle est restaurée dans les années 1950, à la suite des bombardements en 1944, mais elle est amputée de sa partie ouest. Elle possède un retable du XVIe siècle en bois sculpté. Ce retable figure la passion du Christ. Il comprend sept groupes ornés de figurines en terre cuite dorées, relevées de couleur rouge, et surmontés de riches dais gothiques. De chaque côté, des auvents représentent saint Antoine et le patron de la paroisse saint Sulpice[14].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • L'abbé Pierre y a habité plus de 20 ans et y est enterré depuis le vendredi 26 janvier 2007, aux côtés de 20 de ses compagnons et de sa secrétaire Lucie Coutaz qui l'a secondé durant une grande partie de sa vie. Il avait toujours gardé sa petite chambre dans cette commune ; de ses mains, il avait tout conçu dans cette petite chambre toujours dans l'esprit d'Emmaüs car pour l'abbé Pierre « avec un rien on fait vivre tous quand on s'en donne la peine ». Aujourd'hui sa tombe est devenue un lieu de recueillement, la petite commune d'Esteville compte entre 300 et 500 visiteurs par jour[15]. Un centre du Mouvement Emmaüs, « La Halte d'Esteville », où se trouve la chambre de l'abbé, héberge encore aujourd'hui des jeunes en difficulté.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes d'Esteville

Les armes de la commune d'Esteville se blasonnent ainsi : De gueules au chevron accompagné en chef de deux besants et en pointe d’une tête de daim, le tout d’argent, au chef d’or chargé d’un château de gueules accosté de deux trèfles de sinople.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 74
  3. a et b François de Beaurepaire, op. cit.
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 274a
  5. Site du CNRTL : estival (lire en ligne) [2]
  6. Hameau d'Esteville
  7. François de Beaurepaire, op. cit., p. 156.
  8. « Cérémonie des vœux à Esteville : Réélu en mars 2014 avec un conseil municipal renouvelé, Roger Léger, maire, entouré des élus, a présenté ses vœux, en présence de Pascal Martin, conseiller général, samedi dernier. », Paris Normandie,‎ (lire en ligne).
  9. « Liste des maires élus en 2014 » [PDF], Liste des élus, Préfecture de Seine-Maritime, (consulté le 12 novembre 2015).
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  14. a et b « Esteville », dans Le Patrimoine des communes de la Seine-Maritime, Charenton-le-Pont, Éditions Flohic, coll. « Le Patrimoine des communes de France », , 1389 p. (ISBN 2-84234-017-5)
  15. Esteville, un lieu de mémoire et d'accueil (communiqué de l'association Emmaüs de Paris)