Estelle Youssouffa
| Estelle Youssouffa | |
Estelle Youssouffa en 2022. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Députée française | |
| En fonction depuis le (4 ans et 21 jours) |
|
| Élection | 19 juin 2022 |
| Réélection | 30 juin 2024 |
| Circonscription | 1re de Mayotte |
| Législature | XVIe et XVIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | LIOT |
| Prédécesseur | Ramlati Ali |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Châtenay-Malabry (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | UDI (depuis 2022) |
| Diplômée de | IUT de Tours Université du Québec |
| Profession | Journaliste |
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Estelle Youssouffa, née le à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), est une journaliste, militante et femme politique française. Depuis 2022, elle est députée de la première circonscription de Mayotte.
Situation personnelle
[modifier | modifier le code]Estelle Youssouffa est née le à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) d’un père militaire d’origine comorienne et mahoraise[1] et d’une mère métropolitaine infirmière. Elle est scolarisée à Mayotte jusqu’à son baccalauréat qu'elle obtient au lycée de Mamoudzou[2][source insuffisante].
Elle intègre ensuite l'Institut universitaire de technologie de Tours, où elle est formée au métier de journaliste, puis poursuit ses études à l'Université du Québec à Montréal en sciences politiques[réf. nécessaire].
Elle devient journaliste et animatrice de télévision[3], travaillant pour LCI, Al Jazeera English ou encore BFM TV[4].
Plus tard, elle intervient comme chargé d'enseignement auprès de l'Institut pratique du journalisme de l'université Paris-Dauphine et comme chercheuse à l'Université du Québec à Montréal en « questions militaires et Stratégiques »[réf. nécessaire].
Débuts en politique
[modifier | modifier le code]Collectif des citoyens de Mayotte
[modifier | modifier le code]En 2019, elle se fait connaître à l'occasion du mouvement social mahorais, en prenant la tête d'une des branches du Collectif des citoyens de Mayotte[5], un collectif contre l'insécurité liée à l'immigration comorienne et favorable à la poursuite de la départementalisation[6]. Constitué en association loi de 1901, elle en devient la présidente[7],[8].
Dans une interview donnée en 2018[9], elle revendique un durcissement dans les relations franco-comoriennes, dénonce une « colonisation » de l'île par les Comores, qui revendiquent Mayotte depuis 1975 ; un engagement plus important de l'État français sur l'île tant dans les investissements que dans les politiques nationales[10]. Ces éléments d'argumentation sont régulièrement repris, comme dans une lettre ouverte au Premier ministre Jean Castex datée de ou dans la presse quotidienne française[11],[6].
Perturbation d'un discours présidentiel
[modifier | modifier le code]En 2019, à l'occasion d'une visite du président Emmanuel Macron à Mayotte, elle et son frère Christophe sont interpellés par les forces de l’ordre et poursuivis pour actes de rébellion après avoir perturbé un discours présidentiel[12]. Ils sont finalement relaxés le [13].
Députée de Mayotte
[modifier | modifier le code]Élections législatives de 2022
[modifier | modifier le code]Elle annonce en vouloir se présenter aux élections législatives françaises de 2022 dans la première circonscription de Mayotte contre la députée sortante du groupe LREM Ramlati Ali[14],[15]. Elle se présente « sans étiquette »[15] en mettant en avant un programme essentiellement axé sur la lutte contre l'immigration comorienne[16], le refus de la coopération avec les Comores[17] et le développement des infrastructures de l'île[16].
Durant la campagne, elle se présente comme une « mercenaire au service de Mayotte », se proclamant héritière des sorodas[14]. Elle est surnommée « députée poutou mgowa » (« piment oiseau »)[16] par TVMafoubouni (club humoristique populaire de Bandraboua), lequel surnom est resté.
En ballotage contre Théophane Narayanin au second tour de cette élection, elle remporte le scrutin avec 66,6 % des voix exprimées, contre 33,4 % (malgré 50,5 % d'abstention), où elle arrive en tête dans six des sept communes de la circonscription[16].
Activités à l'Assemblée nationale
[modifier | modifier le code]Le , elle rejoint Olivier Serva et d'autres députés ultramarins pour tenter de constituer un groupe parlementaire « Ultramarins, territoires, insularités, liberté, égalité et solidarités » à l'Assemblée nationale[18],[19]. Toutefois, n'étant pas assez nombreux, ils rejoignent le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT)[20], pour lequel elle siège à la commission des Affaires étrangères[19]. De même, avec six autres députés, elle est nommée vice-présidente de la délégation aux outre-mer de l'Assemblée nationale[21].
Élections législatives de 2024
[modifier | modifier le code]Dans le cadre des élections législatives anticipées de 2024, Estelle Youssouffa est candidate à sa réélection dans la 1re circonscription de Mayotte, étant classée divers droite. Elle l'emporte dès le premier tour avec 79,48 % des voix et est ainsi la députée la mieux élue de France[22],[23].
Elle siège de nouveau dans le groupe LIOT.
Prises de position
[modifier | modifier le code]En 2019, dans une entrevue accordée au journal Libération[24], elle appelle à ce que la France « envoie aux Comores des fusiliers-commandos pour dynamiter les usines qui fabriquent les Kwassa kwassa » utilisés par des Comoriens pour rallier illégalement[25] les côtes de l’île[24].
En , elle soutient activement l'Opération Wuambushu menée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui viserait à « rétablir l'ordre républicain » sur l'île, se traduisant par l'expulsion de ressortissants comoriens et des destructions de bidonvilles[26].
Ses positions sont critiquées pour être soutenues par le parti d'extrême droite Rassemblement national mais auquel elle se défend d'être rattachée[27].
Elle défend l'initiative du gouvernement en faveur de nouvelles mesures d'exception à Mayotte : suspension du droit du sol et une politique discriminatoire à l'encontre des Comoriens présents sur l'île[28]. Au micro de la chaîne CNews, en , elle critique les instituteurs de l'île, soit « victimes des bourreaux qu’ils ont naïvement contribué à protéger », soit « qui vien[nen]t se faire de l’humanitaire à coup de primes à Mayotte plutôt que d’aller le faire en Afrique »[29].
Le , à la suite du passage du cyclone Chido, elle envoie un courrier au Premier ministre, également rendu public sur son site Internet, dans lequel elle demande l'application de « mesures dérogatoires immédiates d’une durée de 5 ans », dont la suspension de la scolarisation obligatoire pour les élèves étrangers[30].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Qui est Estelle Youssouffa, nouvelle députée de Mayotte? », sur Al Comorya, (consulté le ) : « son père […] est né d’une mère mahoraise et d’un père grand comorien. »
- ↑ « Estelle Youssouffa: Journaliste Mahoraise consultante en affaires internationales », sur Union des jeunes actifs mahorais (version du sur Internet Archive)
- ↑ « Estelle Youssouffa » (consulté le )
- ↑ « Estelle Youssoupha, « mercenaire » de Mayotte, élue députée », sur 20 Minutes, (consulté le )
- ↑ « Refondation du Collectif des Citoyens de Mayotte », sur lejournaldemayotte.yt (consulté le )
- 1 2 Bruno Minas, « Estelle Youssouffa : «Ce texte est mort et enterré, tant mieux, il n’y avait rien dedans» »
, sur Mayotte La Première, (consulté le ) - ↑ « Estelle Youssoufa critique les parlementaires et la préfecture de Mayotte », Kwezi TV, (lire en ligne)
- ↑ « Emmanuel Macron arrive à Mayotte, l'immigration au programme », Le Point, (consulté le )
- ↑ « Entretien avec Estelle Youssouffa », May People,
- ↑ « Le Collectif des Citoyens de Mayotte écrit aux ministres sur les Comores »
, sur Kwezi TV, (consulté le ) - ↑ Benjamin König, « Entretien | Outre-mer. « Mayotte subit un traitement systématiquement inégal » », L'Humanité, (lire en ligne
) - ↑ R.G., « Entre 150 et 200 euros requis contre Estelle et Christophe Youssouffa, accusés de rébellion lors de la visite de Macron », sur Mayotte Hebdo,
- ↑ Anne Perzo, « Relaxe pour Estelle Youssouffa et son frère Christophe », sur lejournaldemayotte.yt,
- 1 2 Bruno Minas, « Estelle Youssouffa : « à l’Assemblée Nationale, je serai une mercenaire au service de Mayotte » », sur Mayotte La Première,
- 1 2 N.G., « Estelle Youssouffa élue députée de la première circonscription de Mayotte », sur Mayotte Hebdo,
- 1 2 3 4 « Législatives 2022 : Estelle Youssouffa, élue députée de Mayotte », sur Mayotte La Première (consulté le )
- ↑ Alexis Duclos, « Notre baromètre des idées des candidats du deuxième tour à Mayotte », sur Mayotte Hebdo,
- ↑ « Le député Olivier Serva annonce la création d'un groupe dédié aux problématiques ultramarines à l'Assemblée nationale »
, sur Outre-mer La Première, (consulté le ) - 1 2 « La députée de Mayotte Estelle Youssouffa fait son entrée à l’Assemblée nationale », sur Mayotte La Première (consulté le )
- ↑ « Assemblée nationale : dans quels groupes politiques siègent les élus ultramarins ? », sur Outre-mer La Première (consulté le )
- ↑ Pierre Mouysset, « Les députés de l’île en première ligne pour défendre Mayotte et les outre-mer »
, sur lejournaldemayotte.yt, (consulté le ) - ↑ https://www.lefigaro.fr/elections/legislatives/legislatives-2024-qui-est-le-depute-le-mieux-elu-au-premier-tour-20240701
- ↑ « CARTE. Résultats du 1er tour des législatives 2024 : découvrez les scores des candidats et les députés qualifiés dans votre circonscription », sur Franceinfo, (consulté le )
- 1 2 Laurent Decloitre, « A Mayotte, les collectifs de citoyens très remontés avant l'arrivée d'Emmanuel Macron », Libération, (lire en ligne
) - ↑ AFP, « Un nouveau drame de l’immigration clandestine à Mayotte fait plusieurs morts, dont un enfant », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Opération anti-migrants à Mayotte : "La République doit reconquérir le terrain", affirme la députée LIOT de Mayotte, Estelle Youssouffa », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ « Les gains de bien-être actuel et les ressources nécessaires pour les pérenniser ne sont pas toujours équilibrés », Comment va la vie ?, (ISSN 2308-9695, DOI 10.1787/6949d63b-fr, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « INVITÉE RTL - Fin du droit du sol à Mayotte : "Des bébés papiers, cela ne sera plus possible", dit Estelle Youssouffa », sur RTL, (consulté le )
- ↑ « « L’humanitaire à coup de primes », ces propos d’Estelle Youssouffa qui ne passent pas », sur Mayotte Hebdo, (consulté le )
- ↑ Estelle Youssouffa, « Lettre au Premier ministre »
[PDF], (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la vie publique :
- « Estelle Youssouffa - Son activité de députée à l'Assemblée nationale »
, sur NosDéputés.fr - « Mme Estelle Youssouffa - Mayotte (1re circonscription) »
, sur LCP Assemblée nationale
- Journaliste française du XXIe siècle
- Femme politique française
- Député de la XVIe législature de la Ve République
- Député de la XVIIe législature de la Ve République
- Député de Mayotte
- Personnalité de l'Union des démocrates et indépendants
- Opposition à l'immigration
- Naissance en juillet 1978
- Naissance à Châtenay-Malabry
- Étudiant de l'Université du Québec
- Membre du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires