Estéron

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l'Estéron
L'Estéron.
L'Estéron.
Caractéristiques
Longueur 66,6 km [1]
Bassin 451 km2
Bassin collecteur le Var
Débit moyen 6,96 m3/s (Le Broc) [2]
Régime pluvial méridional
Cours
Source à l'est de la Crête du Teillon (1 893 m)
· Localisation Soleilhas
· Altitude 1 600 m
· Coordonnées 43° 51′ 28″ N, 6° 36′ 24″ E
Confluence le Var
· Localisation Saint-Martin-du-Var
· Altitude 106 m
· Coordonnées 43° 48′ 55″ N, 7° 11′ 06″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Rioulan, Rieu, Riou, Latti
· Rive droite Gironde, Bouyon
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes
Arrondissements Castellane, Grasse, Nice
Cantons Castellane, Grasse-1 Vence, Nice-3, Tourrette-Levens
Régions traversées Provence-Alpes-Côte d'Azur

Sources : SANDRE:« Y64-0400 », Géoportail, Banque Hydro

L'Estéron est une rivière française, second plus important affluent — en rive droite — du Var après la Tinée. Il coule dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence et des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si la présence de l'homme est attestée dès le Paléolithique sur les bord du Var (Carros), elle l'est pour la vallée du Néolithique à l'Age du Fer : outils de pierre polie à Sigale, objets de bronze à Roquestéron, oppidum laténien à Gilette[3], onomastique pré-latine (Sigale, Cuébris, Bézaudun, etc.). Parmi les peuplades ligures ou celto-ligures mentionnées sur le Trophée des Alpes et voisines des Eguituri, les Suetri (et des Gallitae à Gilette[4]), « atroces et bandits » selon Florus, peuvent avoir peuplé la basse-vallée et les Velauni à Aiglun et Sigale[3]. Mais la situation géographique de ces peuples demeure hypothétique.

L'Estéron a été choisi en 1760 comme frontière entre le royaume de France et le Comté de Nice, entre Aiglun et Le Broc, par le traité de Turin.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette rivière encaissée semble apparenté à celui du massif montagneux de l'Estérel (pré-latin ester - escarpé, se tenir debout[5], latin sterilis ou tribu des Sueltiri), en Provence également, ainsi qu'à l'Estergebirge (en) (en) en Bavière (pré-celtique ester) et à la base * ezter - "gorge" des toponymes basques Ezterenzubi, Ezterengibel (Morvan, Dict. étymol. basque, Internet/Lexilogos), Esteribar en Navarre. L'origine onomastique pourrait ainsi être pré-indo-européenne.

Il a été néanmoins remarqué que le nom Estero n'apparaît qu'au XIVe siècle, les mentions antérieures (Staro fluvius[6],[7], pagus Staroni[8] et Roca-Staroni[9], Roccha de Sterono, Rocca Steronis) usant des radicaux *star- *ster- ; l'étymologie en découlerait donc (TRENTA, 1995) : *stā-/stare - se tenir fermement/hérissé ; *ster - étendre, répandre ; *(s)terə- : puissant, rigide ; *(s)ter- : excréments, eau sale[10]. Néanmoins, Raymond Féraud en idiome provençal mentionne à Roquestéron « Esteron » ou « Estaron » dès la fin du XIIIe siècle[3].

Précédemment avaient été proposées des racines fondées sur les peuplades celto-ligures Eguisteros/Éguitures (LAPEYRE, 1971) ou Suetri/Sueltiri (RAYBAUT, s.d.) ; le latin hasta - lance (BOURRIER, 1979) ; le radical est - pierre, rocher (L.A.S. Raoul Blanchard[11], 1991)[12].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le confluent de l'Estéron et du Var.

L'Estéron naît sur le territoire de la commune de Soleilhas dans le département des Alpes-de-Haute-Provence à six ou sept kilomètres à l'est-nord-est de Castellane, à l'est de la Crête du Teillon (1 893 m), à 1 600 m d'altitude, et prend presque d'emblée la direction de l'est. Il franchit rapidement la limite avec le département des Alpes-Maritimes[13].

De 66,6 km de long[1], il traverse et longe successivement vingt communes (voir liste ci-dessous).

Son confluent avec le Var est au niveau des communes du Broc, de Gilette et de Saint-Martin-du-Var, une vingtaine de kilomètres en amont de Nice, à 106 m d'altitude.

Communes traversées[modifier | modifier le code]

L'Estéron entre Roquestéron et Roquestéron-Grasse.

Dans les deux départements des Alpes-de-Haute-Provence et des Alpes-Maritimes, l'Estéron traverse vingt communes[1] :

Soit en termes de cantons, l'Estéron prend source dans le canton de Castellane, traverse les canton de Grasse-1 canton de Vence, canton de Nice-3 conflue dans le canton de Tourrette-Levens, le tout dans les arrondissement de Castellane, arrondissement de Grasse, et arrondissement de Nice.

Bassin versant[modifier | modifier le code]

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

Affluents[modifier | modifier le code]

L'Estéron a quarante-et-un affluents référencés[1] :

  • le ravin du Riou (rg[note 1]), 4,1 km sur la seule commune de Soleilhas.
  • le ruisseau de la Faye,
  • le vallon de Saint-Pierre,
  • le vallon de la Loubré,
  • le vallon de baratus,
  • le vallon de Combe Fée,
  • le vallon de l'Ubac,
  • le vallon de Praconi,
  • le vallon du Suyet,
  • le vallon du Plan,
  • le vallon de la Tullière,
  • le vallon de la Lavanche,
  • le vallon des Cougourdières,
  • le vallon de la Villette,
  • le Riou (rg), 8,1 km
  • le vallon d'Adom,
  • le vallon de la Faulée
  • la Gironde (rd), 13 km
  • le vallon de la Roche Clave,
  • le Vallon de Végay (rd), 2,8 km
  • le vallon de Saint-Joseph,
  • le Rioulan (rg), 11,7 km sur sept communes avec six affluents.
  • le vallon du Pont,
  • le vallon de la Chabrière,
  • le Rieu (rg), 6,8 km
  • le vallon des Graves,
  • le vallon de la Villette,
  • le vallon de Lauviera,
  • le vallon de la Bouisse,
  • le vallon de Vaisselet,
  • le ravin de Caïne,
  • le ravin de Vuefort,
  • le vallon de la Pégière,
  • le Riou (rg), 7,9 km sur deux communes avec cinq affluents.
  • le ruisseau de Saint-Pierre,
  • le ruisseau de Clavarlina,
  • le vallon des Roubines,
  • le ravin du Ray,
  • Le Moul (rd), 3,7 km
  • le Bouyon (rd), 15,4 km sur quatre communes avec quatre affluents
  • Le Latti (rg), 7 km sur quatre communes avec un seul affluent.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

L'Estéron au Broc[modifier | modifier le code]

L'Estéron est une rivière assez abondante toute l'année. Son débit a été observé sur une période de 97 ans (1911-2007), au Broc, tout près de son confluent avec le Var[2]. Le bassin versant de la rivière y est de 451 km2, c'est-à-dire sa quasi-totalité.

Le module de la rivière au Broc est de 6,96 m3/s[2].

L'Estéron présente des fluctuations saisonnières typiques du régime pluvial méditerranéen. On y distingue en effet deux périodes de crue liées aux équinoxes. Les hautes eaux d'automne portent le débit mensuel moyen à un niveau situé à 10,1 m3/s, en novembre et sont suivies d'une très légère baisse de débit à 8,84 m3/s en janvier. Suit alors une deuxième montée du débit aboutissant à un second sommet en mars (10,3 m3/s) et avril (9,34 m3/s). Dès lors s'amorce une décrue régulière qui mène aux basses eaux d'été de juillet à septembre inclus, avec l'étiage au mois d'août (moyenne mensuelle de 2,16 m3/s), ce qui est encore assez costaud en Provence. Au total, les oscillations saisonnières sont relativement peu importantes. Cependant les fluctuations de débit peuvent être beaucoup plus prononcées sur de courtes périodes.

Étiage ou basses eaux[modifier | modifier le code]

Le VCN3 peut chuter jusque 0,82 m3/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est toujours pas trop sévère.

Crues[modifier | modifier le code]

Les crues peuvent être très importantes pour une petite rivière à bassin réduit[14]. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 160 et 270 m3/s. Le QIX 10 est de 340 m3/s et le QIX 20 de 400 m3/s. Le QIX 50 atteint 490 m3/s.

Le débit instantané maximal enregistré a été de 464 m3/s le 20 décembre 1997. En comparant cette valeur avec l'échelle des QIX de la rivière, il apparaît que cette crue était plus importante que vicennale, sans doute d'ordre d'une quarantaine d'années, et donc relativement rare.

Lame d'eau et débit spécifique[modifier | modifier le code]

Au total, l'Estéron est une rivière abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 488 millimètres annuellement (contre 746 mm/an pour la Tinée), ce qui est élevé, valant nettement plus que la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, mais inférieur à la lame de la totalité du bassin du Var (553 millimètres par an). Le débit spécifique (ou Qsp) de la rivière atteint 15,4 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. rd pour rive droite et rg pour rive gauche

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sandre, « Fiche cours d'eau - Rivière l'Esteron (Y64-0400) » (consulté le 5 août 2013)
  2. a, b et c Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - L'Estéron au Broc (Y6434010) » (consulté le 12 avril 2014)
  3. a, b et c Michel Bourrier, Gilette, les oliviers de la République, éditions Serre, , 317 p. (ISBN 2-86410-086-X)
  4. Charles-Athanase Walckenaer, Géographie ancienne historique et comparée des Gaules cisalpine et transalpine, (lire en ligne)
    page 41
  5. « Histoire du lexique français »
  6. Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, Annuaire des Alpes-Maritimes, Nice, (lire en ligne), p.89
  7. Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques, (lire en ligne), p. 83
  8. « Remarques sur quelques textes gallo-romains des Alpes-Maritimes qui portent des noms géographiques », Revue archéologique,‎ (lire en ligne)
  9. « Les chartes du Val d'Estéron à la B.N. »
  10. « Dictionnaire d'Indo-européen »
  11. « Laboratoire d'analyse spatiale »
  12. E. Trenta, Roquestéron de 1914 à 1945, U.F.R Lettres Nice ; E. Lapeyre, Lueurs sur l'ancienne Roque, s.l. dact. ; P. Raybaut, Notes d'histoire du val d'Estéron, s.l. ; M. Bourrier, L'Estéron, Préalpes de Grasse et son architecture, D.D.A Nice ; Roquestéron, Roquestéron-Grasse, communes du Moyen-Pays des Alpes-Maritimes, U.F.R espaces et cultures, Nice.
  13. Géoportail - IGN, « Géoportail » (consulté le 10 octobre 2016)
  14. « RDBRMC - Serveur de données hydrométriques en temps réel du bassin Rhône Méditerranée », sur www.rdbrmc.com (consulté le 12 avril 2014)