Essai de métaphysique

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Essai de métaphysique
Auteur Henri de Boulainvilliers
Pays Drapeau de la France France
Genre Philosophie
Date de parution XVIIIe siècle

L'Essai de métaphysique est un écrit philosophique écrit par Henri de Boulainvilliers au début du XVIIIe siècle. Cet écrit a permis de populariser les thèses de Baruch Spinoza à travers l'Europe.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le texte est composé d'un avertissement et de deux parties.

Avertissement[modifier | modifier le code]

Dans cet Avertissement, Boulainvilliers prétend avoir « fidèlement expliqué la Doctrine » de Baruch Spinoza[1].

Première partie : De l'Être en général et en particulier[modifier | modifier le code]

Deuxième partie : Des Passions[modifier | modifier le code]

Troisième partie[modifier | modifier le code]

Contrairement à la version imprimée, tous les manuscrits comprenant l'Avertissement font mention des « trois traités suivants » et Boulainvilliers avertit à deux reprises qu'il y aura trois sections dans son analyse : la deuxième partie traite des « affections » et la troisième partie « de la puissance que l'on suppose être en moi pour les gouverner » (p.139 du MS 2235 de la bibliothèque de l'Arsenal)[N 1]. Boulainvilliers a visiblement abandonné ce travail[N 2], ainsi, les lecteurs francophones n'ont pas pu saisir toute la portée du système de Spinoza puisque celui-ci est tronqué de sa théorie du bonheur[2].

Écriture[modifier | modifier le code]

Boulainvilliers écrit vraisemblablement cet ouvrage entre 1704 et 1722, période durant laquelle il lit le Traité théologico-politique (dont il écrit un commentaire en 1695) et les Opera posthuma de Spinoza.

Par ailleurs, plusieurs commentaires de contemporains de Boulainvilliers suggèrent qu'il a revu son texte à plusieurs reprises : Nicolas Fréret dans une lettre et Nicolas Lenglet Du Fresnoy dans son « Avertissement » à la Réfutation des erreurs de Benoît de Spinoza[3].

Selon Geraldine Sheridan, il y a deux archétypes du texte : un archétype A et un archétype B.

Manuscrits[modifier | modifier le code]

En 1738, plus de 20 copies sont recensées[4],[source insuffisante]. En 1837, John Cochran met en vente un manuscrit de l'écrit de Boulainvillers en deux volumes pour 2 livres, 12 sous et 6 deniers[5]. Selon Geneviève Artigas-Menant, la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Victor de Paris possédait une copie de la première partie de l'Essai de métaphysique : il s'agit de la neuvième pièce d'un « recueil de sermons et instructions sur différents sujets »[N 3],[6]. La copie de la bibliothèque municipale d'Arras qui appartenait au fonds Abvielle a brûlé en 1915[7]. En 1960, Spink évoque 15 copies[8] (deux de ces copies s'avèreront être des attributions erronées). Ainsi, en 1982, Paul Vernière évoque le fait qu'il subsiste 13 copies de l'écrit de Boulainvilliers[9]. En 1997, Geraldine Sheridan évoque l'existence de 21 copies dont aucune ne paraît être de la main de Boulainvilliers[2].

Actuellement, 24 copies manuscrites de l'Essai de métaphysique sont répertoriées :

  • Angoulême, bibliothèque municipale : MS 29[10] : cette copie fait partie d'une collection reliée aux armes des Crussol, or Bonne-Marie-Joséphine Bernard de Boulainviller (arrière petite-fille de Boulainvilliers du côté Bernard de Rieux) a épousé Henri-Charles-Emmanuel vicomte de Crussol. Cette copie professionnelle a peut-être son origine dans la famille Boulainvilliers.
  • Auxerre, bibliothèque municipale : MSS 235-236[10]
  • Auxerre, bibliothèque municipale : MS 237 (première partie seulement)[10]
  • Besançon, bibliothèque municipale : MS 418 (Lire en ligne)[10]
  • Chaumont, bibliothèque municipale : MS 185[10]
  • Dresden, Sächsische Landesbibliothek, MS N 68 : cette copie aurait été acquise par Jacob Friedrich Reimmann (grand connaisseur d'œuvres défendues et historien de l'athéisme). Une note manuscrite en latin datée de 1724[N 4], probablement de sa main, donne une version de la description qu'il a publiée en 1725 dans son Historia universalis atheismi et atheorum falso et merito suspectorum, un extrait de cette note omis dans l'ouvrage imprimé indique que Boulainvilliers « a défendu de manière audacieuse les mystères du Maître [Spinoza] et n'a pas caché la signification des conclusions qui s'ensuivaient » (Reimmann a peut-être supprimé cet extrait dans le but de ne pas attirer plus d'attention qu'il ne le souhaitait sur l'écrit de Boulainvilliers)[N 5].
  • Czech Republic, Krivoklat Castle, MS I d 9 : il s'agirait d'une copie du manuscrit de Dresde : les deux notes de la version de Dresde se retrouvent dans cette copie. De plus, le filigrane d'un papetier en Bohême suggère une date de réalisation postérieure à 1768 (soit bien après l'impression de la Réfutation en 1731). L'ex-libris identifie le bibliophile Johann Christian Gottfried Jahn : il possédait une bibliothèque de livres prohibés à Dresde dont il a publié le catalogue en 1755-1757 (dans ce catalogue, la Réfutation apparaît)[N 6]. Ce manuscrit a ensuite été acquis par la famille Fürstenberg à Prague : leur ex-libris est collé sur les plats. Il appartient toujours à leur collection.
  • La Flèche, Prytanée Militaire, MS 6[11] : il s'agit probablement d'une saisie révolutionnaire car ce manuscrit ne figure pas à l'inventaire de 1776 et la reliure n'est pas de type scolaire.
  • Laon, bibliothèque municipale : MS 514[10]
  • Madrid, biblioteca nacional : MS 9788
  • Montréal, McGill : MS 1
  • François Moureau, Collection Privée
  • Paris, Arsenal, MS 2235[10] : cette copie appartenait au marquis René-Louis d'Argenson, ami de Boulainvilliers. L'exemplaire de l'Arsenal provient de la bibliothèque d'Antoine-René d'Argenson, fils de René-Louis d'Argenson. Selon Geraldine Sheridan, cette copie présente le texte le plus correct[12].
  • Paris, Arsenal, MS 2236[10] : cet exemplaire a appartenu à Samuel Bernard (la trace de ses armes est présente sur la couverture de l'ouvrage : les armes ne sont plus présentes sur l'exemplaire). Il s'agit du travail d'un copiste professionnel : il ne s'agit donc pas d'une copie réalisée par le secrétaire de Boulainvilliers à l'usage du comte. Elle comporte beaucoup d'erreurs, ce qui tend à appuyer l'hypothèse d'une copie "commerciale" que Samuel Bernard aurait pu acheter dans les ateliers clandestins.
  • Paris, BNF, MS 9111 (Lire en ligne)[10]
  • Paris, BNF, MS 12242 (Lire en ligne) - 12243 (Lire en ligne)[10]
  • Paris, bibliothèque Mazarine, MS 3558 (anciennement MS 1515) : dans cette copie, il n'y a ni d'avertissement ni de seconde partie.
  • Paris, bibliothèque Mazarine, MS 3560[13] (anciennement MS 1514) : 68 feuillets ; le filigrane de la page est parfois une armoirie, parfois le nom du fabricant de papier (mais sans régularité dans l’alternance). D’après Filigranes et autres caractéristiques des papiers fabriqués en France aux XVIIe et XVIIIe siècles de Gaudriault, il s'agirait de l'armoirie de Bourgogne : le dessin est très proche du n° 74 figurant sur la planche n° 13, chap. 7. Le nom du fabricant quant à lui est P. FLACHON et E. FLACHON.
  • Toulouse, bibliothèque municipale, MS 757
  • Troyes, bibliothèque municipale, MS 2820[10]
  • Valencienne, bibliothèque municipale, MS 295[10] : cette copie est celle du prince Alexandre-Emmanuel de Croÿ-Solre (1676-1723), cousin collatéral de Boulainvilliers, il partageait ses goûts pour l’œuvre de Spinoza et l'astrologie[14],[15]
  • Viena, Österreichische Nationalbiblothek, MS 10399 (Hohendorf. Q. 10) : ce manuscrit vient de la collection du baron Georg Wilhelm Hohendorf (vers 1670-1719).
  • Wittenberg, Evangelisches Predigerseminar, MS 29
  • Collection privée (évoquée dans La Lettre clandestine n°29, 2021)[7]

Les manuscrits de la BNF, MS 3558 de Mazarine, MS 237 d'Auxerre et MS 514 de Laon nomment Boulainvilliers dans le titre. Contrairement aux manuscrits MS 2236 de l'Arsenal, MS 235-236 d'Auxerre, MS 29 d'Angoulême, MS 2820 de Troyes et MS 295 de Valenciennes qui nomment l'auteur avec les initiales M.L.C.D.C.D.B. (i.e. Monsieur Le Comte De Charles De Boulainvilliers)[10].

En 1997, Sheridan évoque trois groupes de manuscrits affiliés[16] :

  • Le groupe auquel appartient le manuscrit MS 2236 de l'Arsenal et qui porte la mention : « copié sur l'original de l'auteur au mois d'aoust 1712 ».
  • Le groupe qui porte la mention : « copié sur l'original de l'auteur au mois d'aoust 1714 » : cette mention est peut-être une erreur de copiste ou mentionne un texte modifié par Boulainvilliers.
  • Le groupe des copies du manuscrit du baron Hohendorf.

Les manuscrits de l'Arsenal montrent que déjà dans les cercles les plus proches de Boulainvilliers, la Vie de Spinosa de Colerus et l'Esprit de Spinoza étaient unis à l'Essai de métaphysique pour former une espèce de corpus spinozarum[16].

Dans le Catalogue des ouvrages de M. le Comte de Boulainvilliers, fait par lui-même[N 7], Boulainvilliers évoque une « Exposition de Spinosa » qui désignerait selon Renée Simon l'Essai de métaphysique.

Publication[modifier | modifier le code]

Avant sa publication, de nombreuses copies de l'ouvrage de Boulainvilliers circulent et sont vendues très chères par les libraires. Nicolas Fréret nous informe du fait qu'« un homme fort connu dans le public par sa qualité de libraire d'épée » a vendu des copies de cet ouvrage. Le 20 janvier 1725, un lieutenant de police écrit au duc de Bourbon pour l'informer de l'arrestation de Bonnet, Le Coulteux et Lépine qui copiaient et distribuaient les écrits de Boulainvilliers[10].

L'ouvrage est publié publié en 1731 à Bruxelles (éditeur : François Foppens) par Nicolas Lenglet Du Fresnoy sous le titre Réfutation des erreurs de Benoît de Spinoza avec les réfutations de Fénelon et Lamy[10]. Concernant cette publication, Mathieu Marais écrit dans une lettre à Jean Bouhier datée du 4 mai 1732[N 8] : « Pour le Spinoza de M. de Boulainvilliers, je l'ai vu manuscrit et c'est une étrange idée d'avoir voulu éclaircir ce que cet athée avait tenu obscur. Le titre de la Réfutation ne trompera personne, dès que cela est répandu. »[17]

Le succès de cette publication fut « prodigieux » selon Paul Vernière : en effet, sur 79 catalogues de bibliothèques privées (établis entre 1731 et 1789), le recueil est retrouvé 25 fois[N 9],[9].

La Réfutation est évoquée en 1806 dans le Dictionnaire critique, littéraire et bibliographique des principaux livres condamnés au feu, supprimés ou censurés de Gabriel Peignot : en effet, cet ouvrage a fait l'objet d'une suppression[18] à tel point que Guillaume-François Debure note en 1768 que les éditions imprimées sont devenues presque aussi rares que les copies manuscrites[19].

Éditions contemporaines[modifier | modifier le code]

En 1973, Renée Simon publie une édition de l'Essai de métaphysique dans les Œuvres Philosophiques de Henry de Boulainviller[20].

Selon Geraldine Sheridan, l'Essai de métaphysique mérite une nouvelle édition pour différentes raisons[21] :

  • Du fait de la valeur du texte lui-même et du rayonnement qu'il a eu dans l'Europe des Lumières[21].
  • Car les deux éditions existantes (celle de 1731 et celle de 1973) n'ont aucun apparat critique et n'ont pas éclairci le rapport entre les manuscrits et le texte publié : une partie de l'intérêt que cet écrit présente est liée à la circulation et à la dissémination de celui-ci, à son rapport avec les autres textes spinozistes de Boulainvilliers et à sa place dans la tradition manuscrite clandestine[21].

Geraldine Sheridan prépare une édition critique de l'Essai de métaphysique. Dans son travail d'édition, elle utilise trois méthodes[22] :

  • Une recherche historique en partant des données sur les manuscrits du cabinet de travail de Boulainvilliers et de leur devenir au moment de sa mort[22]. En effet, selon Sheridan, l'hypothèse la plus convaincante est celle de Harold A. Ellis : d'après les catalogues de vente de la famille Bernard, Samuel Bernard aurait acquis une grande collection de manuscrits des œuvres de Boulainvilliers ou lui ayant appartenus[23].
  • Une analyse systématique des manuscrits restants (reliures, papiers, écritures, provenances, dates indiquées)[22].
  • Une approche textuelle avec la collation des textes[22].

Elle évoque le fait que son travail a été retardé par la difficulté d'obtention de microfilms des manuscrits dans certaines bibliothèques publiques de France[24].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Boulainvilliers est, après Pierre Bayle, le plus actif artisan de la diffusion du spinozisme en France[25].

Les « implants » extra-spinozistes[modifier | modifier le code]

Selon Jean Deprun, l'Essai de métaphysique enlève au spinozisme son couronnement mystique[26] et lui incorpore des « implants » extra-spinozistes[27] avec lesquels s'affirment le droit d'une lecture créatrice[26] :

  • L'implant cartésien[27] : il s'agit du réemploi du cogito et de l'exemple du « morceau de cire » à deux reprises[28].
    • Cogito : « Telle est la première de nos connaissances qui consiste dans la conviction que nous avons de notre existence. Connaissance accompagnée de sentiment, rendue certaine par l'axiome commun : Je pense, donc je suis, ou je suis pensant, contre lequel je ne crois pas que l'on puisse raisonnablement former d'incident, sous le prétexte de la forme de l'argumentation qui y est contenue, parce que son sujet est une notion indubitable. »[29] : il s'agit d'un cogito « ouvert » qui débouche immédiatement sur la connaissance d'autrui et sur la connaissance des corps[26].
    • Morceau de cire : Boulainvilliers évoque la permanence et l'identité de la cire pour faire comprendre le rapport du mode à la substance dans les ordres de l'étendue et de le pensée[N 10].
  • L'implant malebranchiste est plus directement lexical[27] : la première partie de l'Essai de métaphysique s'intitule De l'Être en général et en particulier : l'« Être en général » désigne plusieurs fois le Dieu-Substance dans l'écrit[30]. Le corps du texte utilise des désignations semblables comme « L'Être abstrait et général »[31], « l'Être absolument général »[32], « l'Être absolu et général »[33], « l'Être universel »[34], « l'Être infini et universel »[35], et « l'Être suprême » (à trois reprises[36]).
    • Dans le Traité théologico-politique (Chapitre XIV), Spinoza utilise à deux reprises la désignation « Être suprême » (« Ens supremum »[N 11]) qui figure également chez Malebranche : dans les états I-II de l'ouvrage De la recherche de la vérité[37] et dans les Entretiens métaphysiques (II, §II)[38]. Par ailleurs, Boulainvilliers, ayant été formé au collège de Juilly, a pu être influencé par les écrits de Pierre de Bérulle [30] : le terme « Être suprême » figure à vingt reprises dans l’œuvre de Bérulle (il y a neuf occurrences dans les Grandeurs de Jésus)[26],[N 12]. Les autres désignations sus-citées ne sont pas utilisées par Spinoza mais seulement par Malebranche[30].
    • Pour l'« Être en général », Boulainvilliers a pu le trouver dans De la recherche de la vérité (III, II, VIII, §1[39] et IV, XI, §2[40]), les Conversations chrétiennes (III) et les Entretiens métaphysiques (II, §4)[26].
    • Pour l'« Être universel », Boulainvilliers a pu le trouver dans le Xe Éclaircissement[41],[26].
  • L'implant lockiste[30].

L'influence du Court traité[modifier | modifier le code]

Selon Geraldine Sheridan, l'Essai de métaphysique est aussi bien influencé par le Court Traité de Dieu, de l'homme et de la béatitude (premier jet du « système » de Spinoza) que par l’Éthique : cela tend à expliquer pourquoi l’Éthique n'est pas mentionné dans le titre de l'ouvrage de Boulainvilliers[23]. La mise en cause par Gianluca Mori[42] de l'attribution à Boulainvilliers de la traduction de l'Éthique publiée en 1907 par Colonna d'Istria[N 13] (sur un manuscrit de Lyon) impose de réexaminer l'importance presque exclusive donnée à l'Éthique dans la lecture de l'Essai de métaphysique. D'autant que dans les Extraits de lectures de M. le comte de Boulainviller avec des réflexions, on trouve l'Abrégé ou courte exposition de l'opinion de Spinoza touchant la divinité, l'esprit humain et les fondements de la morale dans lequel il y a des traces du Court traité de Spinoza, on trouve également d'autres passages de ces Extraits de lectures qui se réfèrent à Spinoza et qui pourrait témoigner de la lecture du Court traité[2].

Geraldine Sheridan ajoute par ailleurs qu'« il reste du travail à faire sur le corpus des œuvres "spinozistes" de Boulainviller. »[21]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dans un souci de respect de l'historiographie, la bibliographie suivante est présentée par ordre chronologique :

  • Gustave Lanson, « Origine et premières manifestations de l'esprit philosophique dans la littérature française de 1675 à 1748 », Revue des cours et conférences, no 16,‎ 1907-1908, p. 245-249
  • Ira Owen Wade, The Clandestine Organisation and Diffusion of Philosophic ideas in France from 1700 to 1750, Princeton, Princeton U.P., , p. 116-123
  • Renée Simon, Henry de Boulainviller, historien, politique, philosophe, astrologue, 1658-1722, Paris, Boivin, s.d. [1940 ou 1941 ou 1942], p. 494-510
  • Paul Vernière, Spinoza et la pensée française avant la Révolution, Paris, PUF, , 2e éd. (1re éd. 1954), p. 315-322 et 373-375
  • John S. Spink, French Free-Thought from Gassendi To Voltaire, London, Athlone Press, , p. 267-272
  • Henry de Boulainviller, Œuvres philosophiques, édition par Renée Simon, t. I, La Haye, M. Nijhoff, coll. « Archives internationales d'histoire des idées » (no 58),
  • Silvia Berti, « La Vie et l’esprit de Spinosa (1719) e la prima traduzione francese dell’Ethica », Rivista storica italiana, no 98,‎ , p. 5-46
  • Jean Deprun, Spinoza au XVIIIe siècle, Paris, Méridiens Klincksieck, , « Boulainviller et Spinoza : Note sur l'Essai de métaphysique dans les principes de B... de Sp... », p. 29-32
  • Miguel Benitez, « Un spinozisme suspect : À propos du Dieu de Boulainvilliers », Dix-huitième siècle, no 24,‎ , p. 17-28 (lire en ligne)
  • Stefano Brogi, Il cerchio dell'universo : Libertinismo, spinozismo et filosofia della natura in Boulainvilliers, Florence, Olschki, coll. « Biblioteca di storia della scienza » (no 35), , 320 p., p. 137-202
  • Roberto Festa, Heterodoxy, Spinozism, and Free Thought in Early-Eighteenth-Century Europe, Dordrecht, Kluwer Academic Publishers, coll. « International Archives of the History of Ideas » (no 148), , « An eighteenth-century interpretation of the Ethica: Henry de Boulainvilliers’s Essai de métaphysique », p. 307-332
  • Geraldine Sheridan, Disguised and Overt Spinozism around 1700, Leiden, E. J. Brill, , « Aux origines de l'Essai de métaphysique du comte de Boulainviller: le Korte Verhandeling », p. 321-332
  • Geraldine Sheridan, Transactions of the Ninth International Congress on the Enlightenment, vol. II : Münster : 23-29 July 1995, Oxford, Voltaire Foundation, coll. « Studies on Voltaire and the eighteenth century » (no 347), , p. 777-780
  • Geraldine Sheridan, Entrer en communication de l'âge classique aux Lumières, Paris, Classiques Garnier, coll. « Les Méditerranées » (no 6), , 348 p., « La circulation européenne de l'Essai de métaphysique de Boulainvilliers », p. 241-260

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sheridan se réfère à ce manuscrit car il présente selon elle le texte le plus correct. La deuxième mention de la troisième partie se trouve à la p.82 du manuscrit : « Je ne distinguerai point ici les idées par rapport à la sensibilité et aux affections du sujet pensant. Ce sera l'objet de la seconde partie de ce traité, ni par rapport aux jugements qu'elles contiennent, qui feront la matière de la troisième ».
  2. On ne connait pas la raison de cet abandon.
  3. Selon le catalogue de la bibliothèque l'abbaye de Saint-Victor conservé à la Bibliothèque Mazarine (côte : MS 4202) : ce recueil est l'ouvrage n°1369 des ouvrages en prose in 4°.
  4. Voici la note latine : « Hoc etiam reliquit opus ineditum adhuc, et ea ratione elucubratum, ut bubitare queas, an unquam fuerit ex Spinosae discipulis qui Magistri mysteria vel accuratius intellexerit, vel argutius explanarit et audacius defenderit et conclusionum inde fluentium sententiam minus dissimularit »
  5. Dans la version imprimée, la fin de la note manuscrite n'est pas reportée , c'est-à-dire : « et audacius defenderit et conclusionum inde fluentium sententiam minus dissimularit »
  6. Il est possible qu'il ait lui-même fait faire cette copie.
  7. MS 7464 à la Bibliothèque de l'Arsenal.
  8. Mathieu Marais évoquait déjà la publication de l'Essai de Métaphysique dans une lettre à Jean Bouhier datée du 1er mai 1732. Dans celle-ci, il indique qu'il vit à Paris un manuscrit de l'ouvrage plusieurs années auparavant.
  9. Parmi les possesseurs, il y a : des militaires ; des parlementaires ; des théologiens ; des financiers.
  10. Boulainvilliers ne le savait peut-être pas mais cet usage dépasse le cadre de la Seconde Méditation et prend son origine dans un discours tenu par Pythagore dans le XVe livre des Métamorphoses d'Ovide. D'ailleurs, Descartes a pu déjà emprunter l'image de la cire à Ovide en ôtant sa comparaison à l'âme. Ainsi, Boulainvilliers, consciemment ou non, rend à ce paradigme son extension primitive que Descartes lui avait ôtée : « Et, comme la cire molle se prête au modelage de figures nouvelles, ne reste jamais ce qu'elle était et ne conserve pas toujours les mêmes formes, sans cesser cependant d'être identique à elle-même, ainsi, l'âme (...) est toujours la même, mais passe successivement dans des formes diverses. » (Ovide, Métamorphoses, XV, 169-172).
  11. Saint-Glain traduit ce terme par « Être souverain » dans sa traduction publiée en 1678.
  12. Le terme « Être suprême » n'a aucune connotation déiste au XVIIe siècle. Il prend cette connotation vers le milieu du XVIIIe siècle : voir Déisme : Deux conceptions de l'Être suprême et du déisme au XVIIIe siècle
  13. François Colonna d'Istria (1864-1925) est professeur de philosophie au lycée Carnot (Paris) de 1904 à 1911, avant de rejoindre le lycée Louis-le-Grand (Source : Revue de métaphysique et de morale, 1926, supplément du n°1, p.16).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Benitez 1992, p. 17.
  2. a b et c Sheridan (congrès juillet 1995), p. 778.
  3. Sheridan 2012, p. 249.
  4. « Catalogue - Bibliothèque du Prytanée », sur bibliotheque-du-prytanee.bibli.fr
  5. John Cochran, A Second Catalogue of Manuscripts in Different Languages, , p. 58
  6. Geneviève Artigas-Menant, « La bibliothèque de Saint-Victor et les Lumières », Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, no 17 « La bibliothèque de Saint-Victor et les gens de savoir, XIIe-XVIIIe siècle »,‎ , p. 271-281 (lire en ligne)
  7. a et b « Manuscrit 76 - Philosophie Clandestine », sur philosophie-clandestine.huma-num.fr (consulté le )
  8. Spink 1960, p. 267.
  9. a et b Vernière 1982, p. 374.
  10. a b c d e f g h i j k l m n et o Wade 1938, p. 116.
  11. de Boulainviller 1973, p. XVII.
  12. Sheridan (congrès juillet 1995), p. 780.
  13. Auguste Molinier, Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque Mazarine, vol. III, Paris, Librairie Plon, , p. 129
  14. Sheridan 2012, p. 253.
  15. En 1997, Sheridan note déjà que cet exemplaire « appartenait aux princes de Croÿ ».
  16. a et b Sheridan (congrès juillet 1995), p. 779.
  17. Correspondance littéraire du Président Bouhier, vol. XII : Lettres de Mathieu Marais, Université de Saint-Étienne, , p. 28
  18. Gabriel Peignot, Dictionnaire critique, littéraire et bibliographique des principaux livres condamnés au feu, supprimés ou censurés, t. II (lire en ligne), p. 132-135
  19. Wade 1938, p. 122.
  20. de Boulainviller 1973, p. 83-212.
  21. a b c et d Sheridan (congrès juillet 1995), p. 777.
  22. a b c et d Sheridan (congrès juillet 1995, p. 778.
  23. a et b Sheridan (congrès juillet 1995), p. 777-778.
  24. Sheridan (congrès juillet 1995, p. 780.
  25. Guy Chaussinand-Nogaret, Le citoyen des Lumières, Editions Complexe, , 219 p., p. 21-22
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  30. a b c et d Deprun (congrès décembre 1987), p. 30.
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  33. de Boulainviller 1973, p. 177.
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  35. de Boulainviller 1973, p. 112.
  36. de Boulainviller 1973, p. 99, 103 et 110.
  37. Malebranche, Œuvres complètes, vol. I : De la recherche de la vérité (Livre 1-3), Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », , 582 p., « Préface », p. 9
  38. Malebranche, Œuvres complètes, vol. XII-XIII : Entretiens sur la métaphysique et sur la religion - Entretiens sur la mort, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », , 512 p., p. 51
  39. Malebranche, Œuvres complètes, vol. I : De la recherche de la vérité (livres 1-3), Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », , 582 p., p. 456, 458 et 459
  40. Malebranche, Œuvres complètes, vol. II : De la recherche de la vérité (livres 4-6), Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », , 664 p., p. 95
  41. Malebranche, Œuvres complètes, vol. III, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », , 476 p., p. 148
  42. Gianluca Mori, « Boulainviller a-t-il traduit l'Éthique ? », La Lettre clandestine, no 3,‎ , p. 37-39