Espérance de vie corrigée de l'incapacité

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L'espérance de vie corrigée de l'incapacité (EVCI) est un mode d'évaluation mesurant l'espérance de vie en bonne santé.

Il a été retenu par l'OMS[1] parmi ses cinq axes et outils d'évaluation des systèmes de santé[2]. Il sert à mesurer le « niveau de santé général » (les autres indicateurs étant la distribution de la santé dans la population, le degré de réactivité du système, la distribution de cette réactivité, et la répartition de la contribution financière)[1].
En anglais, elle est nommée Disability Adjusted Life Years (DALY).

Modalités de calcul[modifier | modifier le code]

Elle est estimée sur la base de la morbidité de différents groupes de population (ou la sévérité de diverses maladies). La méthodologie[3].

Les statisticiens s'appuient sur des enquêtes spéciales de santé ainsi que sur diverses bases de données provenant par exemple du recensement, de l'’État civil ou encore des handicaps acquis et limitations d’'activités.

Trois principaux paramètres sont à prendre en compte pour calculer un indicateur de santé plus juste, tel que le recommande l'OMS; la durée de vie en bonne santé, la durée de vie avec handicap, et le nombre d'année de vie perdues en cas de mort précoce par rapport à l'espérance de vie attendue

Éléments chiffrés[modifier | modifier le code]

En comparaison des valeurs basées sur l'espérance de vie humaine, le classement des pays diffère.
Ainsi, en 2000, les États-Unis n’arrivaient qu’en 24e position[4], derrière la France (3e), l’Espagne (5e), l’Italie (6e), la Grèce (7e) et le Royaume-Uni (14e).

En comparaison, les États-Unis étaient classés 6e en se basant sur l'espérance de vie humaine, et la valeur dépassait 80 ans pour le Japon.

Influences environnementales et du niveau de vie[modifier | modifier le code]

Sans surprise, elle est basse dans les pays les plus pauvres (moins de 40 ans pour 32 pays, la plupart étant africains) mais s'élève à 74,5 ans pour le Japon qui réalise la meilleure performance.

Les migrants peuvent aussi selon les cas gagner des années de vie ou en perdre dans leur "nouveau pays". Ainsi, une étude canadienne montre « que les immigrants, et plus particulièrement ceux en provenance de pays «non européens», ont une plus grande espérance de vie et vivent un plus grand nombre d'années sans incapacité ou dépendance que les personnes nées au Canada (...) Il est probable que la longévité et la bonne santé des immigrants soient liées à l'effet de la «sélection d'immigrants en bonne santé» »[5] (dans ce pays, des années 1950 à 1995, les immigrants comptent pour environ 16 % de la population totale. Ils ont contribué à près de 26 % de la croissance démographique du pays G. Picot et J. Myles, Transferts sociaux, variations dans la structure familiale et faible revenu chez les enfants, Direction des études analytiques, (Document de recherche no 82), Statistique Canada, Ottawa, 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b T Lernout, Trois générations de schémas régionaux d'organisation sanitaire en quinze années : bilan et perspectives - Santé publique, 2008 avec cairn.info, 10.3917/spub.076.0499.
  2. Organisation Mondiale de la Santé. Rapport sur la santé dans le monde 2000, pour un système de santé plus performant. OMS, Genève (Suisse), 2000.
  3. Mathers, C., Sadana, R., Salomon, J., Murray, C., Lopez, A. (2000) Estimates of DALE for 191 countries: methods and results, OMS (World Health Organisation), W.P. n°16, Juin 2000
  4. Les Etats-Unis en 24e position, Le Monde diplomatique, mai 2001.
  5. Jiajian Chen, Russell Wilkins et Edward Ng (1996), Espérance de santé selon le statut d'immigrant, 1986 et 1991 ; Statistiques Canada, Rapports sur la santé, hiver 1996, vol.8, n°3 (publications.gc.ca)