Esfandiar

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Esfandiar se battant contre des loups (vers 1370).

Esfandiar (en persan : اسفندیار / Esfandiyâr) est un héros légendaire persan.

Il est le fils et l'héritier du roi Kayanian (en) Goshtasp (en moyen perse : Wishtasp, de l'avestique Vishtaspa) et le frère de l'immortel Pashotan (en moyen perse : Peshotan, de l'avestique Peshotanu). Esfandiar est plus connu à travers l'histoire tragique d'une bataille avec Rostam, décrite dans le Livre des Rois de Ferdowsi. C'est l'un des plus longs épisodes du Livre des Rois. Comme Rostam, il triomphe d'une série de sept épreuves.

Étymologie et surnoms[modifier | modifier le code]

Le nom d'Esfandiar, en persan persan : اسفندیار, est également traduit par Sepandiār, Sepandiyar, Esfandyar, Isfandiar, Isfandiyar ou Esfandiar, selon les versions. Par certaines occasions, il est qualifié de tahamtan, ce qui signifie « corps d'éléphant », une épithète également attribué à Rostam exclusivament[1].

Sept exploits[modifier | modifier le code]

Rostam et Esfandiyar.

Comme Rostam, Esfandiar est l'image même du héros iranien, et passe par 7 épreuves (Haft Kha ̄n) qui le voient triompher sur ses ennemis et des difficultés naturelles. Ces épreuves comportent l'abattage d'un (ou de plusieurs) loup, puis de plusieurs lions, la victoire sur un dragon, la victoire sur une sorcière maléfique, celle sur un Simorgh (accompagné de ses petits dans certaines versions), la traversée d'une tempête de trois jours, enfin la traversée d'un désert, au terme de laquelle Esfandiyār parvient à entrer dans la citadelle ennemie, déguisé en marchand[1].

Le meurtre du Simurgh constitue un motif qui distingue clairement Esfandiar de Rostam, pour lequel il est un oiseau protecteur, et pourrait représenter une attaque contre le point de vue religieux Sistân, pour lequel le Simorgh représente une créature bienveillante et protectrice[1].

Influences[modifier | modifier le code]

Il y a peut-être eu contamination entre les histoires de Rostam et celles d'Esfandiar[2].

Esfandiyar est présenté comme un héros du Zoroastrisme, plutôt que de l'Islam[3].

Analyses[modifier | modifier le code]

La principale source écrite concernant Esfandiar est le Livre des Rois[4]. Considéré comme un épisode majeur du Livre des Rois et comme l'un des chefs-d'œuvre d'écriture de Ferdowsi, le combat entre Rostam et Esfandiar a fait l'objet de nombreux commentaires par des chercheurs et essayistes[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Saghi Gazerani, The Sistani Cycle of Epics and Iran’s National History : On the Margins of Historiography, Leiden, BRILL, coll. « Studies in Persian Cultural History », , 250 p. (ISBN 978-90-04-28296-4 et 90-04-28296-3, lire en ligne), p. 106-107.
  2. Vladimir Minorsky, Iranica : Twenty Articles, vol. 775 des Publications de l'Université de Téhéran, Université de Téhéran, , 332 p., p. 113.
  3. (en) Richard Foltz, Religions of Iran : From Prehistory to the Present, Londres, Oneworld Publications, , 368 p. (ISBN 978-1-78074-309-7 et 1-78074-309-2, lire en ligne), p. 54-55.
  4. Ferdowsî et Khaleghi-Motlagh 1997, p. 76-438.
  5. Encyclopaedia iranica.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Ferdowsî et Khaleghi-Motlagh 1997] (fa) Ferdowsî et Djalal Khaleghi-Motlagh, The Shahnameh, vol. 5, New York, Bibliotheca Persica, , 585 p. (ISBN 1568590490 et 9781568590493, OCLC 174175431), p. 76-438
  • (en-US) [Mahamedi 1982] Hamid Mahamedi, « The Story of Rostam and Esfandiyār in an Iranian Dialect », Journal of the American Oriental Society, vol. 102, no 3,‎ (ISSN 0003-0279, DOI 10.2307/602297)

Liens externes[modifier | modifier le code]