Esclarmonde de Foix (dame de L'Isle-Jourdain)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Esclarmonde de Foix.
Esclarmonde de Foix
(dame de L'Isle-Jourdain)
Nom de naissance Esclarmonde de Foix
Alias
La Grande Esclarmonde
Naissance Après 1151
Décès
Pays de résidence Occitanie
Profession
Comtesse
Activité principale
personnalité cathare
Ascendants
Conjoint
Jourdain, comte de l'Isle-Jourdain

Esclarmonde de Foix, née après 1151 et morte en 1215, surnommée La grande Esclarmonde, est une figure du catharisme.

Son nom en occitan Esclarmonda de Fois signifie clarté du monde [1]. Sa biographie est parfois difficile à cerner car plusieurs femmes nobles de l'époque et de la région portent ce prénom rare [2].

Famille[modifier | modifier le code]

Source[1] : Elle est la fille de Roger Bernard Ier, comte de Foix et de Cécile, fille de Raimond Ier Trencavel, vicomte de Carcassonne, de Béziers et d’Albi. Elle est la sœur du comte Raymond-Roger de Foix. En 1175, elle épouse Jourdain de l'Isle-Jourdain seigneur de l'Isle-Jourdain. De leur union naissent 6 enfants :

  • Bernard, l'aîné, l'héritier de la seigneurie
  • Escaronia
  • Obica
  • Jordan
  • Othon-Bernard
  • Philippa

Vie spirituelle[modifier | modifier le code]

Source[1],[2] : Elle devient veuve en octobre 1200. À partir de ce moment, elle se tourne vers l'Église cathare. Elle reçoit le consolament en vue de devenir parfaite des mains de l'évêque Guilhabert de Castres en 1204 à Fanjeaux, avec trois autres grandes dames (Aude de Fanjeaux, Fays de Durfort, Raymonde de Saint-Germain) et en présence de son frère. Dès lors, elle n'a de cesse de mener une fervente propagande en faveur du catharisme.

Elle s'installe à Pamiers. C'est vraisemblablement à elle que l'on doit l'initiative de faire rebâtir la forteresse de Montségur. Elle participe au colloque de Pamiers de 1207 qui faisait suite au « colloque de Montréal » de 1206. C'est le dernier débat contradictoire entre les cathares d'une part et l'Église catholique romaine d'autre part, représentée par Dominique de Guzmán, futur Saint-Dominique et fondateur de l’ordre dominicain ainsi que par Diego, évêque d'Osma).

Son rôle est assez controversé :

  • Pour les catholiques, elle répandit l’hérésie en Ariège et contraignit les habitants à respecter les règles de vie cathare
  • Pour d'autres son impulsion permit d'ouvrir de nombreux hôpitaux, écoles et foyers où furent dispensés l'enseignement cathare (ce qui lui valut son surnom de grande Esclarmonde).

Une tradition qui s'appuie sur un remaniement de la Chanson de la croisade albigeoise lui attribue l'initiative de la reconstruction avant la croisade du Château de Montségur qui lui aurait appartenu en propre [3]

Sexisme[modifier | modifier le code]

Lors du colloque de Pamiers, frère Étienne de la Miséricorde s'opposa à Esclarmonde en ces termes : « Madame, allez filer votre quenouille, il ne vous sied pas de parler en de telles réunions…  ».

Ultérieurement[modifier | modifier le code]

Son prénom se retrouve dans plusieurs poèmes épiques médiévaux, dont un intitulé Esclaramonde par Bertran de Born, et dans le "Parzival" de Wolfram von Eschenbach.

En 1911, est formé un comité pour l’érection d’un monument à la grande Esclarmonde. Une souscription publique est lancée qui reçoit le soutien de nombreuses personnalités. Mais l'église catholique s'y oppose notamment par l'évêque de Pamiers. C'est la Première Guerre mondiale qui met un terme au projet [2].

À sa mémoire, l'Université de Winnipeg crée en 1978 une bourse d'études intitulée Esclarmonde de Foix Memorial Travel Scholarship[4]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://www.chemins-cathares.eu/020202_erection_monument_grande_esclarmonde_foix.php
  2. a, b et c http://regardsdupilat.free.fr/esclarmonde.html
  3. René Nelli, Les Cathares : L'éternel combat, Paris, Grasset, coll. « Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes », , 287 p. p. 244.
  4. https://web.archive.org/web/20060928070637/http://www.uwinnipeg.ca/index/int-rel-res-fund-op2

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone de Coincy-Saint Palais, "Esclarmonde de Foix, princesse cathare", 1957.
  • Michel Roquebert, « L'épopée cathare. 1198-1212: L'invasion ». Toulouse: Privat, 1970.
  • Helene Luise Köppel, "Die Ketzerin vom Montségur", Aufbau-TB-Verlag, Berlin, 2002, (ISBN 3-7466-1869-X)
  • Guillaume de Puylaurens, Chronique, éd. J. Duvernoy, Paris, Éditions CNRS, 1976