Escalade en forêt de Fontainebleau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Escalade dans le parcours orange au 91.1.

Le site d'escalade de Fontainebleau, communément désigné par Bleau par les grimpeurs (ou Font en anglais) est un site naturel d'escalade, situé dans la forêt de Fontainebleau en France et aux alentours, composé de centaines de blocs de grès. Ce site est réputé internationalement pour le bloc, discipline d'escalade sur des rochers d'une faible hauteur ne nécessitant en général pas de corde pour l'assurance.

Situation[modifier | modifier le code]

Les secteurs d'escalade se répartissent dans toute la forêt autour de Fontainebleau. Beaucoup de secteurs sont en dehors de la forêt de Fontainebleau proprement dite : les rochers du Duc (Beauvais Champcueil, 44 km de Paris), Buthiers (Malesherbes), la Dame Jouanne et L'Éléphant (Larchant, 71 km de Paris), parfois sur des terrains communaux ou privés : Videlles, Boigneville, le Puiselet.

Quelques massifs sont accessibles en train (le rocher Canon à Bois-le-Roi, Le Calvaire, Le mont Ussy, les rochers d'Avon à Fontainebleau-Avon, le Restant du Long Rocher à Bourron-Marlotte, le Petit-Bois, le Gréau à Nemours) ou en RER (La Troche à Orsay, Chamarande, Maisse, Boigneville, Malesherbes).

Le site du rocher canon est à 30 minutes de marche de la gare de Bois-le-Roi. Pour y accéder en sortant de la gare il suffit aux visiteurs de prendre le chemin des coureurs puis une fois dans la forêt de continuer toujours tout droit.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1874, le Club alpin français (CAF) est fondé à Paris, certains membres commencent à s'intéresser aux blocs de Fontainebleau.

En 1908, dans le secteur du Bas Cuvier, Jacques Wehrlin franchit à l'aide de chaussures à clous une fissure qui porte aujourd'hui son nom (coté comme degré 3 de nos jours).

En 1910, le groupe des rochassiers prend forme, qui compte des grimpeurs ayant marqué leur temps, tels Wherlin ou les frères Lépiney. Le groupe se bat pour faire reconnaître l'utilité de l'escalade en forêt de Fontainebleau comme terrain d'entraînement auprès des hautes instances cafistes.

En 1914, le degré 4 est atteint par Jacques de Lépiney à la fissure de la Prestat (à l'aide d'espadrilles à tiges montantes).

Fondé en 1924 le groupe de Bleau (GDB) compte les meilleurs alpinistes parisiens de l'époque. Ils gagnaient en technique sur les blocs de Fontainebleau, avant d'attaquer les falaises de la Seine, de l'Yonne, de la Suisse normande. Le groupe comptait Pierre Allain, Bobi Arsandaux, les frères Léninger ou Authenac, rejoint très vite par des figures marquantes de l'escalade de cette époque comme Pierre Chevalier (inventeur en 1943 de la corde d'escalade en nylon) et Henri Brenot (inventeur du singe, un bloqueur ancêtre du jumar, dans les années 1930).

L'illustre Pierre Allain était aussi fort en bloc qu'en montagne (son nom se retrouve sur des itinéraires prestigieux au Mont Blanc, dans l'Oisans ou encore en Italie, notamment dans le Mercantour, au Corno Stella). En 1934, il ouvre « l'Angle Allain » au Cuvier Rempart (coté 5+, cette voie était à l'époque le premier 6 de la forêt) et invente le chausson d'escalade l'année suivante. Après la Seconde Guerre mondiale, il eut pour « disciples » des hommes qui allaient marquer l'histoire de l'alpinisme : Jean Couzy, René Ferlet, Guy Poulet, Guido Magnone, Jacques Poincenot, Auguste Fix.

En 1945, Maurice Martin fait l'inventaire des blocs du Bas Cuvier, soit le premier topo d'escalade.

Un peu plus tard, se distinguèrent Robert Paragot et Lucien Bérardini. René Desmaison, fréquenta également la forêt, ayant une demeure non loin de Larchant. L'enchainement du circuit Mauve de la Dame Jouanne en moins d'une heure demeure une de ses performances marquantes.

Les massifs à la mode sont alors le Cuvier (les rochers les plus durs), la Dame Jouanne (les rochers les plus hauts), Malesherbes, Chamarande, Le Vaudoué (rochers des Trois Pignons aujourd'hui propriété privée).

Les massifs des Trois Pignons ainsi que ceux de Malesherbes ont bien failli être privatisés, l'action du Comité de défense des sites et rochers d'escalade (COSIROC), association née en 1962) a été déterminante dans l'arrêt de ce processus.

En 1969 et 1970, Pierre Nédélec, avec d'autres passionnés, balise un parcours de randonnée qui fait le tour du massif des Trois Pignons, le futur parcours des 25 bosses qui, avec un dénivelé de 800 m, permet désormais d'offrir un terrain d'entraînement aux longues marches d'approche montagnardes.

Les années 1975-1985 ont vu se distinguer moults grimpeurs passionnés, c'était encore pour certains l'occasion de s’entraîner (et parfois de tester le matériel[réf. nécessaire]) avant les expéditions en montagne. À l'époque, le Bas Cuvier et la Dame Jouanne était toujours les fiefs, mais l'on découvrait de nouvelles voies également au Rocher St Germain, au Rocher Canon, à Appremont, dans les Trois Pignons. Ils ont laissé leur empreinte et parfois leurs noms sur ces rochers : Adelet, Amiot, Ardouin, Caltier, Canteras, Cellier, Cousin, Divaret, Fort, Lepage, Michel Libert, Didier Mignot, Alain Michaud, Perrin, Tetard, Michel Dufranc, Patrick Cordier, Robert Mizrahi, Jérôme Jean-Charles, Thierry Bienvenu, Pierre Richard, Jacky Godoffe, Jo Monchaussé, Jean-Pierre Bouvier, les frères Le Menestrel, Catherine Destivelle.

Les années 1985-2015 consacre l'activité sportive en tant que pratiquée pour elle-même et non plus comme subalterne à l'alpinisme ou à la falaise. On vient de partout dans le monde pour pratiquer le bloc à Fontainebleau.

De par ses particularités géologiques et sa proximité de Paris, le massif de Fontainebleau occupe une place de choix dans l'histoire de l'escalade et de l'alpinisme en France.

Quelques voies mythiques[modifier | modifier le code]

  • L'arête de Larchant sur l'angle sud-ouest de la Dame Jouanne. Côté 3+, mais 12 mètres d'escalade et 15 mètres. de dénivelé. Première réalisation sans corde en 1914 par Jacques De Lépiney. C'est un passage majeur du légendaire circuit Mauve, tracé en 1958 par Maurice Martin, portant le no 52.
  • La fissure de la Prestat, le premier 4e degré, est ouvert en 1914 par Jacques De Lépiney chaussé d'espadrilles à tiges montantes, les ancêtres des chaussons d'escalade. La rupture d'une plaque a rabaissé le niveau du passage à 3sup.
  • La Fissure des Alpinistes à Apremont ouverte par Pierre Allain en 1933 ou 34. C'est le premier 5 de Fontainebleau.
  • L'Angle Allain est ouvert en 1934 par Pierre Allain au Cuvier Rempart. C'est le premier réel 6e degré de la forêt, depuis lors coté 5+, mais qui vaut bien des 6a modernes. C'est à l'époque un vrai bond en avant dans la difficulté. Il donna des ailes à son auteur, qui effectua l'an suivant avec les frères Léninger, la très convoitée Face Nord des Drus, comportant la fameuse fissure Allain, première longueur en 6a des Alpes françaises (les Alpes italiennes ayant été les premières à inaugurer le 6e degré).
  • La Marie Rose est ouverte au Cuvier par René Ferlet en 1946, à la barbe de Pierre Allain premier répétiteur. C'est le premier 6a « officiel », cotée 6b à l'ouverture et dans le tout premier topo du Cuvier ; il sert encore d'étalon.
  • La Stalingrad , à gauche de la Prestat au Cuvier, ouverte en 1950, tout comme le Carré d'As, au Cuvier Rempart. Hauts passages, ils sont respectivement les premiers 6b et 6c. Encore de nos jours, très peu osent s'engager dans le Carré d'As, même avec un crash pad, qui ne servirait d'ailleurs pas à grand chose vu la hauteur et la mauvaise réception.
Le Bas Cuvier
  • La Joker est ouverte par Robert Paragot en 1953, cotée 7a actuellement, elle fut cotée 6h avant la création du 7e degré.
  • L'Abattoir, le premier 7a de la forêt, est ouvert par Michel Libert au Bas Cuvier en 1960.
  • Carnage, le premier 7b de la forêt est ouvert par Jérôme Jean-Charles en 1977 toujours au Bas Cuvier.
  • En 1983, le premier 7c, l'Abbé Résina, est ouvert au Cuvier par Pierre Richard.
  • 1984, plusieurs voies majeures sont réalisées. Au Cuvier, Jean Michel Gosselin ouvre la Super Prestat, une haute dalle en 7b+. Jacky Godoffe ouvre, au Cuvier Rempart, Big Boss un surplomb en 7b+ et surtout C'était Demain, le premier 8a de la forêt.
  • en 1993 Philippe Le Denmat ouvre Enigma, premier 8b de la forêt et Jacky Godoffe Fatman, un toit au Cuvier Rempart qui restera longtemps la référence de cette difficulté (toit dont les prises ont malheureusement été volontairement détruites).
  • The Big Island 8c surplomb sur plats ouvert en 2010 par Vincent Pochon

Difficultés, signalétique et cotations des circuits[modifier | modifier le code]

Le système de cotation utilise un chiffre, une lettre (a, b ou c) et parfois le signe + ou − (exemples : 3−, 4+, 6a+). Les cotations bloc sont plus dures qu’en falaise du fait de la brièveté des passages. La hauteur du bloc, l'exposition (le danger en cas de chute) pouvant néanmoins influencer la cotation.

Une des particularité de l'escalade à Fontainebleau est l'existence de parcours, ou circuits.

départ d'un parcours jaune

Un parcours complet était censé à l'origine correspondre à la difficulté d'une course d'alpinisme en montagne. Ils répondent aujourd'hui à la volonté d'offrir une sélection de voies de difficultés homogènes pouvant s'enchaîner. Le premier parcours fut créé en 1947 par Fred Bernick. Pour la plupart des circuits (sauf raison historique) la couleur définit la difficulté globale du parcours ou circuit :

Difficultés des circuits
Couleur Cotation Signification Niveau des voies
Blanc E Enfant E1-E3+
Caramel F Facile, premiers pas 1-2
Jaune PD Peu difficile, débutant 2-3
Orange AD Assez difficile, grimpeur moyen 3-4
Bleu D Difficile, grimpeur confirmé 4-5
Rouge TD Très difficile, grimpeur très confirmé 5-6
Noir/Blanc ED Extrêmement difficile, excellent grimpeur 6-7
(Aucun circuit) ABO Abominablement difficile, haut niveau 7-8

blanc (E, enfant), caramel (F, facile), jaune (PD, peu difficile), orange (AD, assez difficile), bleu (D, difficile), rouge (TD, très difficile), noir ou blanc (ED, extrêmement difficile), qui peut être augmentée d’un + ou diminuée d’un (PD−, TD+).

Les circuits « enfants » sont peints en blanc et cotés différemment : E− pour les enfants de 4 à 8 ans, E de 7 à 12 ans, E+ pour les préadolescents. Un chiffre de 1 à 3 désigne quant à lui le niveau du circuit : niveau 1 circuit recommandé pour une première séance, niveau 2 circuit un peu plus difficile, niveau 3 circuit exigeant plus de technique et de maîtrise de la prise de risque. Exemples E3, E1+, etc.

L'escalade hors circuits est bien sûr toujours possible et largement pratiquée.

Quelques massifs réputés de Fontainebleau[modifier | modifier le code]

Au nord-ouest de Fontainebleau[modifier | modifier le code]

  • Yvelines : Dampierre Maincourt , La Troche Orsay
  • Essonne : Chamarande , Beauvais (Grands Avaux) , La Padôle

Forêt des trois pignons[modifier | modifier le code]

  • Est : Corne-Biche, R. de Milly, Drei Zinnen, Rocher de la Reine, Bois Rond, Canche aux Merciers, Rocher du Télégraphe
  • Ouest : 95.2, Gros Sablons, Rocher des Potêts, Jean des Vignes, La Ségognole, Roche aux Sabots, Pignon 91.1, Cul de Chien
  • Sud : Rocher Guichot, R. de la Cathédrale, Vallée de la Mée - Potala, Grande Montagne, Rocher Fin, Rocher du Général, Diplodocus, J.A. Martin

En forêt domaniale de Fontainebleau[modifier | modifier le code]

  • Rocher Canon, Rocher Saint Germain, Mont Ussy, Mont Aigu, Rocher d'Avon
  • Apremont, Franchard,
  • Le Restant du Long Rocher, Rocher des Demoiselles

Au sud de Fontainebleau[modifier | modifier le code]

  • Malesherbes : Buthiers
  • Larchant, Nemours : l'Éléphant, la Dame Jouanne, le Puiselet, Saint-Pierre-lès-Nemours le Petit-Bois, Rocher Gréau, Vallon Cassepot

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]