Escadron de reconnaissance 2/33 Savoie

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Escadron de reconnaissance 2/33 Savoie/Escadron de drones 2/33
Image illustrative de l’article Escadron de reconnaissance 2/33 Savoie

Création /[1]
Dissolution
Pays Drapeau de la France France
Branche Roundel of France.svg Armée de l'air
Rôle Reconnaissance
Composée de 3 escadrilles (SAL 6, BR 11 et C 53)
Garnison BA 118 Mont-de-Marsan
Ancienne dénomination ERT 2/33 Savoie
Équipement Mirage F1CR/B

L'escadron de reconnaissance 2/33 Savoie fut, jusqu'en 2014, le dernier des escadrons de l'Armée de l'air française équipé de chasseurs de reconnaissance Mirage F1CR sur la base aérienne 118 Mont-de-Marsan. Ses avions ont porté jusqu'à 2011 un code en 112-xx, et portèrent ensuite un code en 118-xx. L'escadron a été dissous le [2]. Un escadron de drones reprend ses traditions en .

Historique[modifier | modifier le code]

Mirage IIIR conservé aux couleurs du 2/33 Savoie.
Mirage F1CR de l'escadrille BR 11 porteur d'une décoration spéciale célébrant les 100 ans de la reconnaissance en 2013. Il est équipé d'un bidon « irakien » de 2 200 litres (Bagdad ayant été le premier utilisateur de ces réservoirs supplémentaires) doté de fausses fenêtres pour représenter une nacelle de reconnaissance[3].

En , le Groupe d'Observation II/33 est créé au sein de la en 33e escadre d'observation. Ce groupe possède alors deux escadrilles qui sont l'escadrille n° 3 (la « Hache », ex-SAL 33) et l'escadrille n° 4 (la « Mouette »). Stationné à Nancy de 1930 à 1939, le Groupe de Reconnaissance II/33 devient son appellation en 1933 et il adopte comme insigne, dès son départ pour Rouvres, la croix de Lorraine chargée de l'insigne de ses escadrilles.

En 1939, la 33e escadre de reconnaissance est dissoute, dissolution suivie un an plus tard par celle du Groupe de Reconnaissance I/33, seul le GR II/33 subsistant et participant aux combats de la Seconde Guerre mondiale après son repli en Afrique Française du Nord le .

Prenant le nom de Savoie, le , il s'équipe dès la fin de cette même année de Hawker Hurricane puis, en , de Vickers-Supermarine Spitfire Mark V. Après avoir participé à la campagne de Tunisie, l'escadrille débarque en Italie en et lutte aux côtés du 11th TAC/R Squadron américain avant de gagner la France où son échelon volant se pose le , à Ramatuelle. Ses actions d'éclat lui valent deux citations à l'ordre de l'Armée aérienne avec attribution de la croix de guerre avec palme. Le , elle se trouve à Dijon où elle est transformée sur Spitfire Mark IX.

Le , la 2e escadrille du Groupe devient Groupe de Reconnaissance 2/33 Savoie, alors que la 1re escadrille devient GR 1/33 Belfort. Ces deux groupes sont subordonnés à la 33e escadre de reconnaissance. Le début de la fin pour les Spitfire du Groupe commence le avec l'arrivée d'un North-American F-6 Mustang. Cette nouvelle monture va remplacer petit à petit les Spitfire, dont les derniers exemplaires sont reversés le .

A partir de 1954, le groupe prend le nom d'Escadron de Reconnaissance Tactique 2/33 Savoie, s'équipant de Republic F-84F dans les années cinquante. A partir de 1957, il stationne en R.F.A. à Lahr-Hugsweier puis rejoint Strasbourg en 1960. La transformation sur Mirage IIIR 1965, deux ans après celle de l'Escadron de Reconnaissance 3/33 Moselle.

En 1983, le Mirage F1CR apparaît à Strasbourg où l'escadron stationne avant de s'installer à Reims le .

L'escadron a participé à un grand nombre d'opérations aériennes avec ses Mirage F1 :

  • l'opération Épervier menée au Tchad de 1987 à 1992, de 1997 à 2010 et de 2012 à 2013 (reconnaissance aérienne et conduite d'un dispositif d'assaut)
  • l'opération Daguet effectuée en Arabie saoudite d' à (missions de bombardement et de reconnaissance dans le golfe Persique)
  • l'opération Godoriat menée à Djibouti en
  • l'opération Aconit effectuée de à (missions de surveillance opérées depuis la base aérienne d'Incirlik en Turquie)
  • l'opération Turquoise conduite en juillet et au profit du Rwanda
  • l'opération Crécerelle menée en ex-Yougoslavie de à (missions de reconnaissance régulières sur la Bosnie-Herzégovine effectuées depuis la base aérienne d'Istrana en Italie)
  • l'opération Salamandre conduite en ex-Yougoslavie de à
  • les opérations Almandin I et II menées en République Centrafricaine (missions effectuées à la suite des mutineries militaires de Bangui de 1996 et 1997)
  • l'opération Trident menée d'avril à au-dessus de l'ex-Yougoslavie et du Kosovo (missions de reconnaissance effectuées dans le cadre de la campagne aérienne conduite par les forces de l'O.T.A.N. contre la Yougoslavie)
  • l'opération Alysse en Arabie saoudite par un déploiement permanent de trois Mirage F1 CR mis en œuvre sur la base aérienne d'Al Kharj en 1996
  • l’opération Serval en 2013 au Mali
  • l’opération Baltic,nquatre Mirages F1-CR ont conduit des missions d’assistance et de police du ciel dans l’espace aérienndes trois états Baltes : Lituanie, Lettonie et Estonie de mai à .

En , à la suite de la mise en sommeil de l'escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen, le Savoie perçoit des Mirage F1CT qui seront retirés le .

En , l'escadron déménage définitivement à Mont-de-Marsan. Les derniers Mirage F1CR et F1B sont retirés du service actif le [4] et effectuent leur dernier vol à l'occasion de la cérémonie du . L'escadron de reconnaissance 2/33 Savoie est mis en sommeil le [2].

Lors de sa dissolution, l'escadron comptait 22 membres, qui furent réaffectés ainsi : un transfert vers l'escadron de reconnaissance 1/33 Belfort, sept transferts dans un escadron de chasse, sept entrées en état-major, et sept affectations à l'instruction. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Antoine de Saint-Exupéry a été pilote de reconnaissance dans cet escadron.

Fanion[modifier | modifier le code]

Le fanion de l’escadron, de forme rectangulaire et monté sur hampe, a été homologué sous le n° A-392.

L’avers du fanion reproduit l’insigne de l’escadron, homologué le sous le numéro A-1248. Son revers mentionne le nom de l’unité – escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie » – et cite les théâtres d'opérations suivants : Belgique 14-18, Allemagne, Tunisie 1943, Italie, Sardaigne 1944, Corse, France, Allemagne 1945, Koweït 1991.

Quatre décorations sont épinglées sur le fanion de l’escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie ». Pour la Grande Guerre : une citation à l’ordre du corps aérien, d’où l’attribution de la croix de guerre 1914-1918 avec étoile de vermeil. Pour la Seconde Guerre mondiale : attribution de la croix de guerre 1939-1945 avec palme et attribution de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre (avec olive 1939-1945) par décision no 17 en date du . En , l’escadron a été cité à l’ordre de la division aérienne et s’est vu attribuer la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec étoile d’argent pour les opérations effectuées en République fédérale de Yougoslavie. Finalement, la Croix de la valeur militaire avec étoile d'argent lui a été attribuée pour son action lors de l'Opération Serval juste avant la dissolution officielle de l'escadron.

Insigne[modifier | modifier le code]

La définition héraldique de l’insigne de l’escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie », homologué le sous le numéro A-1248, est la suivante : « Croix de Lorraine d’azur bordée d’or, chargée en cœur d’une cocotte en papier de gueules, accompagnée en chef d’un étendard de candide bordé d’azur foncé, chargé de l’inscription C 53 en lettres capitales de sable et emmanché de même, et en pointe d’un besant de candide bordé d’azur foncé, à une mouette en vol brochante. »

La croix de Lorraine rappelle l’ancienne appartenance de l’escadron à la 33e escadre de reconnaissance. L’insigne d’escadron est chargé des trois insignes d’escadrille qui composent l’escadron : la mouette de l’escadrille SAL 6 pour la première escadrille, la cocotte de l’escadrille BR 11 pour la deuxième escadrille et le fanion de l’escadrille C 53 pour la troisième escadrille.

Désignations successives[modifier | modifier le code]

Depuis sa création à la fin de la seconde guerre mondiale, l'escadron Savoie a porté les désignations suivantes :

  • Groupe d'Observation II/33 : de 1932 à 1933
  • Groupe de Reconnaissance II/33 : de 1933 au
  • Groupe de Reconnaissance II/33 Savoie : du au
  • Escadron de Reconnaissance Tactique 2/33 Savoie : du au
  • Escadron de Reconnaissance 2/33 Savoie : du au

Le 2/33 Savoie a fait partie de la 33e escadre de reconnaissance entre le et le .

Escadrilles[modifier | modifier le code]

Un F1B et un F1CR lors d'un meeting le 4 juillet 2014.
  • SAL 6 « Mouette rhénane » : du au
  • BR 11 « Cocotte de gueules » : du au
  • C 53 « Fanion » : du au

Bases[modifier | modifier le code]

  • Nancy-Azelot le
  • Colmar le
  • Fribourg en Brisgau : de à
  • Cognac : de à
  • Lahr : à
  • Strasbourg Entzheim : de au
  • Reims : de au
  • Mont-de-Marsan : transfert entre le et le jusqu'au

Appareils[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.air-cosmos.com/article/la-33e-escadre-de-surveillance-de-reconnaissance-et-dattaque-sagrandit-23811
  2. a et b « Mont-de-Marsan : les unités chasse à l’honneur sur la BA 118 », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le ) : « Le 24 juillet 2014 [...] les traditions de l’escadron de reconnaissance (ER) 2/33 « Savoie » ont été mises en sommeil ».
  3. Frédéric Lert, « La Cocotte a cent ans ! », sur www.aerobuzz.fr, (consulté le ).
  4. « Cérémonie de retrait du Mirage F1 et 100 ans de la 1ère mission de reconnaissance (Dossier de presse) » [PDF], sur www.defense.gouv.fr, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]