Ervin Szabó

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ervin Szabó
Szabó Ervin.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Slanica (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 41 ans)
BudapestVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Szabó ErvinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Schlesinger Sámuel ÁrminVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Ervin Szabó, né Sámuel Ármin Schlesinger le à Szlanica (de) et mort le à Budapest, est un intellectuel marxiste libertaire[1] hongrois, chercheur en sciences sociales, bibliothécaire et directeur de bibliothèque, connu également pour son engagement anarcho-syndicaliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et débuts[modifier | modifier le code]

Il appartient par sa mère à la famille Pollacsek, une famille hongroise d'origine juive.

Il est le cousin germain de l'économiste Karl Polanyi (1886-1964) et du chimiste et penseur libéral Michael Polanyi (1891-1976), nés Pollacsek.

De 1911 à 1918, il est le directeur de la Bibliothèque municipale de Budapest[2].

Il a donné son nom à la Bibliothèque métropolitaine Ervin Szabó à Budapest.

Syndicaliste libertaire[modifier | modifier le code]

Ervin Szabó, est le principal théoricien du syndicalisme libertaire. Évoluant d’une position strictement sociale-démocrate, il s'oppose aux éléments réformistes dans les syndicats. Il fonde le Groupe de Propagande Syndicaliste. L'appel à la création de syndicats indépendants de la social-démocratie trouve peu d’échos parmi les travailleurs. Le cœur du groupe, quelques travailleurs autodidactes, restent avec Szabo et sont l’un des noyaux des groupes révolutionnaires durant les dernières années de la Première Guerre mondiale. Leurs positions sans compromis sur l’action directe, l’antimilitarisme et l’anti-étatisme aboutissent finalement à ce que les nouvelles forces oppositionnelles se rassemblent autour d’eux en réprobation contre la guerre et le système qui a produit son déclenchement. Des jeunes gens comme Ilona Duczyńska, Ottó Korvin et Imre Sallai (ce dernier sera pendu par le régime pro-fasciste de Miklós Horthy en 1932), des artistes engagés comme Lajos Kassák et les « idéalistes éthiques » autour de Georges Lukács et Béla Balázs se rassemblent autour d’eux[3].

La mort prématurée de Szabó, le , est suivie de funérailles qui rassemblent beaucoup de monde. Les travailleurs de Budapest stoppent le travail quelques minutes à sa mémoire. Cet épisode est considéré comme le premier acte de la révolution hongroise de 1918.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Selon l'intellectuel Achille Dauphin-Meunier : « Ervin Szabó [...] fut le théoricien du syndicalisme libertaire. Traducteur des œuvres de Marx, il comprit la nocivité des tendances politiciennes et de la philosophie matérialiste du sociologue allemand. Ne s’intéressant qu’à l’organisation économique, il voulut inculquer au mouvement syndical une inclinaison anarchiste, le goût de la violence méthodique. Il s’adonna surtout à l’éducation idéaliste des ouvriers auxquels il apprit à lutter en vue d’obtenir non seulement une amélioration de leur sort, mais la maîtrise totale de la production et de la répartition des richesses, Szabó s’opposait aux prédicants réformistes du syndicalisme. Il leur reprochait de s’en tenir à la lettre du Capital, d’être opportunistes et parlementaires. Il les blâmait d’obéir aveuglément aux décisions socialistes et de se désintéresser des questions sociales, de réclamer le suffrage universel et de ne pas s’indigner des exactions patronales. [...] Ses disciples, les anarcho-syndicalistes, entrèrent tous dans le parti communiste. Ce furent eux qui réclamèrent, dans les relations commerciales à l’intérieur du pays, la disparition du numéraire capitaliste sous ses divers aspects. Ils voulaient simplement que dans la période post-révolutionnaire, chaque travailleur pût obtenir dans les magasins de vente les objets nécessaires à son entretien sur la seule présentation de la carte syndicale. Ils espéraient, par ce moyen, contraindre les bourgeois à apprendre un métier utile, à se confondre avec le prolétariat organisé, et en même temps, retirer aux ouvriers leur aveugle confiance dans la puissance acquisitive et productrice de l’argent. »[4]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nick Heath, 1890-1924 : l'anarchisme en Hongrie, Libcom, traduction en français.
  • Achille Dauphin-Meunier, La Commune hongroise et les anarchistes, - , Librairie internationale, Paris, 1926, texte intégral.
  • Phil Casoar, Eszter Balázs, Les héros de Budapest, Les Arènes, 2006.
  • János Jemnitz, « La correspondance d'Ervin Szabó avec les socialistes et les syndicalistes de France (1904-1912), in Le Mouvement social, no 52, juillet-, p. 111-119 texte intégral
  • (en) András Bozóki, Miklós Sükösd, Anarchism in Hungary, Center for Hungarian studies, Publications of the Institute of Habsburg history, 366 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Libcom : notice biographique.
  2. Ervin Szabó sur data.bnf.fr
  3. (en) Nick Heath, 1890-1924: Anarchism in Hungary, Libcom, texte intégral.
  4. Achille Dauphin-Meunier, La Commune hongroise et les anarchistes, 21 mars 1919 - 7 août 1919, Librairie internationale, Paris, 1926, texte intégral.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]