Errare humanum est, perseverare diabolicum

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« Errare humanum est, perseverare diabolicum » est une locution latine qui signifie « L'erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique ».

La citation est parfois attribuée à Sénèque mais n'est pas attestée[N 1]. D'autres auteurs ont déjà émis une idée similaire avant Sénèque: Tite-Live avec « Venia dignus error is humanus » (« Chaque erreur humaine mérite le pardon »)[1] et Cicéron avec « is Cuiusvis errare: insipientis nullius nisi, in errore perseverare »(« C'est le propre de l'homme de se tromper ; seul l'insensé persiste dans son erreur. »)[2]. Cicéron, érudit en grec ancien faisait peut être allusion à la pièce perdue d'Euripide Hippolyte écrite quatre siècles auparavant[3].

Trois siècles plus tard saint Augustin dans ses Sermons (164, 14): Humanum fuit errare, diabolicum est per animositatem in errore manere. (L'erreur est humaine, mais persister dans l’erreur par arrogance, c’est diabolique)[4].

Elle existait déjà sous la plume de Ménandre, auteur grec du IVe siècle av. JC : « peccare idem bis, haud viri sapientis est » : « Commettre deux fois la même faute, ce n’est pas le fait d’un homme sage. »[réf. nécessaire]

Sens développé[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’une maxime philosophique par laquelle on cherche à expliquer et à excuser une faute, que ce soit une bévue, une faute morale, un égarement, une imperfection, une faute matérielle, une erreur d'inattention, etc. Le sens de la maxime dans la bouche de saint Augustin prend bien sûr davantage la connotation de « faute morale ».[réf. nécessaire]

La nature humaine n'étant pas parfaite, le propre de l'homme est de commettre des erreurs, car il n'est pas omniscient. Cependant, d'après la maxime, cela ne doit excuser la négligence, l'erreur est une occasion à saisir pour essayer de s'améliorer, car nous sommes des êtres perfectibles, elle devient alors un outil intéressant de perfectionnement de soi. La deuxième partie nous prévient: celui qui s'entête dans ses erreurs, sans essayer de se corriger est par contre inexcusable. ça peut l'entraîner sur la voie du péché ou d'encore plus d'erreurs. La faute morale étant dans le fait de ne pas apprendre de ses erreurs, plus que dans l'erreur initiale elle-même.[réf. nécessaire]

Pour mieux en saisir le sens, on peut la rapprocher de cette citation de John Powell : « La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement. »[réf. nécessaire]

Autres versions[modifier | modifier le code]

On retrouve des formes semblables chez des auteurs antérieurs et postérieurs tels que :

  • Confucius « L'homme sage apprend de ses erreurs,. L'homme plus sage encore apprend des erreurs des autres. »
  • Alexander Pope « Se tromper est humain, pardonner est divin. »

D’autres formulations existent encore :

  • « Errare humanum est, perseverare autem diabolicum » ;
  • « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum ».
  • La locution est parfois limitée à sa seule première partie : « Errare humanum est », équivalent au proverbe « Tout le monde peut se tromper ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Errare humanum est, perseverare autem diabolicum, et tertia non datur »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Storie, VIII, 35
  2. Philippicae XII, ii, 5
  3. Euripides (428 BCE [2003 CE]) Medea and other plays, Penguin Group, London, p.153, l.615 (trans.Davie, J.)
  4. Sancti Aurelii Augustini Opera, vol. IV, p. 412

Article connexe[modifier | modifier le code]