Ernst vom Rath

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vom Rath.
Ernst vom Rath
Ernst-vom-Rath.jpg

Ernst vom Rath.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 29 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Membre de
Corps Palatia Bonn (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ernst Eduard vom Rath, né à Francfort-sur-le-Main le et mort le , est un diplomate allemand dont l'assassinat à Paris par le jeune juif polonais Herschel Grynszpan a servi en Allemagne de prétexte à la nuit de violence contre les juifs, la Nuit de Cristal.

Études et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Ernst vom Rath, dont le père était attaché au préfet de Cologne, appartenait à une vieille famille aristocratique prussienne[1]. Après des études secondaires à l'école de Breslau il étudie le droit à l'université de Bonn, de Munich et pour finir à Königsberg. En 1932, après l'obtention de sa licence de droit, il est admis comme stagiaire au Tribunal du Bailliage de Zinter près de Königsberg. Il fait un autre stage au Tribunal de Première Instance de Berlin. En 1934 il entre comme attaché au ministère des Affaires étrangères à Berlin. En 1935, il réussit le concours d'entrée dans la carrière diplomatique. Il passera un an comme secrétaire personnel de l'ambassadeur Roland Köster, son oncle. Ayant adhéré au Parti national-socialiste (NSDAP) par opportunisme politique, il était mal noté par ses supérieurs du ministère des Affaires étrangères pour avoir osé critiquer les persécutions raciales et l’attitude anti-cléricale du nazisme[1].

Il retournera six mois à Berlin puis il est affecté au consulat général d'Allemagne à Calcutta d'où il repartira pour raisons de santé[2]. Une fois rétabli, il est affecté en à l'ambassade d'Allemagne en France située dans l’hôtel de Beauharnais, sis 78 rue de Lille en qualité de 3° secrétaire[3].

L’assassinat[modifier | modifier le code]

Le 7 vers 9 h 35, Herschel Grynszpan, séjournant à Paris chez son oncle, réussit à entrer dans le bureau de vom Rath à l'ambassade et tire 5 balles avec un revolver de calibre 6.35  ; deux coups l’atteignent. La raison invoquée par Grynszpan est la vengeance, après que sa famille ait été maltraitée par les nazis et expulsée en Pologne. Dans un deuxième temps, lors de son procès il avancera un autre argument, celui d'une liaison avec vom Rath, qui fait toujours débat aujourd'hui.

Le secrétaire vom Rath est emmené à la clinique de l'Alma, sise 166 rue de l’Université, à une rue de l'ambassade. Hitler décide d'envoyer son médecin personnel Karl Brandt et le professeur munichois Georg Magnus à son chevet et élève le secrétaire au rang de conseiller d'ambassade.
Dans la matinée du 8, ils examinent minutieusement le malade et publient le bulletin de santé suivant :

« L'état de Monsieur le Conseiller d'Ambassade vom Rath est jugé sérieux en raison de la blessure à l'entrée de l'estomac.
La perte de sang considérable due à l'éclatement de la rate est compensée par des transfusions. L'excellent traitement chirurgical et médical dispensé par le professeur Baumgartner de Paris permet d'entrevoir un espoir pour l'avenir. »

Le 9 novembre vers 15 heures vom Rath sombre dans le coma ; un peu plus tard un communiqué de l'ambassade est publié :

« M. vom Rath, qui avait été nommé par le Führer Conseiller d'ambassade, a succombé à 16 h 30 aux blessures reçues au cours de l'attentat du 7 novembre. »

Trois jours plus tard, une cérémonie funéraire a lieu au temple luthérien de la rue Blanche. La cérémonie allemande se déroule à la Rheinhalle de Düsseldorf. La salle est entièrement décorée de draperies noires avec des drapeaux nazis. La cérémonie se déroule en présence d'Hitler et des hauts dignitaires nazis. Ribbentrop fera l’éloge funèbre.

La mort de vom Rath sera utilisée à des fins de propagande antisémite et sera le prétexte à une nuit de violence contre les juifs allemands, appelée la nuit de Cristal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Pierre Alali, Haim Musicant, 1987.
  2. Les quatre coups de la Nuit de Cristal, de Corinne Chaponnière, éditions Albin Michel, septembre 2015.
  3. F. Kersaudy, Göring, p. 260.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Des Hommes libres, histoires extraordinaires de l'histoire de la Licra- Bernard Lacache, 1987, Jean-Pierre Allali, Haim Musicant, Éditions Bibliophane
  • La Nuit de Cristal de Rita Thalmann et Emmanuel Feinermann,  éd. Robert Laffont 1972
  • L’Histoire no 274 p. 18-19
  • Livrez-nous Grynszpan !, France, 2007, un film documentaire de 76 minutes écrit par Joël Calmettes et Robert Badinter, réalisé par Joël Calmettes, diffusé par France 2 et Arte (notamment le , dans le cadre des Mercredis de l'Histoire, et dans la nuit du 3 au 4 novembre 2008, rediffusé sur Arte le 9 novembre 2011), visualisable en ligne [1]
  • Les quatre coups de la Nuit de cristal. Paris, 7 novembre. L'affaire Grynszpan-vom Rath, de Corinne Chaponnière, éditions Albin Michel, septembre 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]