Ernst Gräfenberg

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Ernst Gräfenberg
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Ernst Gräfenberg, né le à Adelebsen près de Göttingen, décédé le à New York, était un médecin et un chercheur. Il est connu surtout pour ses travaux en gynécologie ; c'est d'après son nom que Frank Addiego invente le terme de point G en 1981[1], même si les travaux de Gräfenberg ne portaient pas sur la stimulation vaginale mais uréthrale[2].

Gynécologue allemand, il fut officier sanitaire pendant la première guerre mondiale, et espérait se spécialiser dans les métastases, comme il voulait aussi mieux comprendre la reproduction, et en particulier l’ovulation. Mais en découvrant de quelle épouvantable façon les femmes avortaient, il a changé d’orientation et cherché sans relâche des moyens pour elles de choisir librement d’être mères ou non. Son premier apport majeur dans la vie des femmes, avant le Point G, fut d’avoir inventé l’ancêtre du stérilet. La seconde guerre mondiale arrivant, il n’était hélas pas question que le gouvernement allemand soit réceptif à l’objet, qui ne rentrait guère dans l’idéologie de l’époque. En 1933, le gynécologue juif fut contraint de quitter son poste à l’hôpital de Berlin-Britz. Il fut arrêté en 1937 et resta dans les camps nazis jusqu’en 1940, libéré par la très exceptionnelle infirmière américaine Margaret Sanger et sa volonté de fer. Il arriva à New-York, l’anneau contraceptif dans ses bagages. L’Amérique puritaine n’était pas prête à faire mieux que l’Allemagne, au nom d’un souci démographique et de la toute relative liberté accordées aux femmes. Le gynécologue hors pair ouvre un cabinet et continue inlassablement à être à leur l’écoute et entend interrogations et plaintes sur leurs insuffisances orgasmiques. Un jour qu’une patiente ne cessait de se lamenter, il lui conseilla - sans s’embarrasser de plus de forme - d’essayer avec un autre partenaire que le sien. Elle claqua la porte, choquée. Ce qui ne l’empêcha de rappeler le médecin pour pour dire joyeusement que finalement il avait raison. Dès 1950, il notait que 80% des femmes n’arrivaient pas à atteindre l’orgasme avec leur partenaire, mais que « le manque d’orgasme et la frigidité sont deux choses séparées. (…) Une femme qui ressent uniquement l’orgasme clitoridien, n’est pas frigide et elle est parfois même plus active sexuellement parce qu’elle est en chasse d’un partenaire masculin qui l’aidera à remplir ses rêves et désirs les plus érotiques ». Au bout de quarante ans d’exercice, les propos du gynécologue arrivaient à des conclusions diamétralement opposées à celles de Freud : pour lui, l’orgasme clitoridien n’est pas un orgasme infantile, le sexe féminin n’est pas un continent noir, la femme est au contraire toute de voluptés et son corps entier est érogène. « D’innombrables points hétérogènes sont répartis sur tout le corps, d’où la satisfaction peut éclore, il y en a tellement que nous pourrions presque dire qu’il n’y a aucune partie du corps féminin qui ne donne pas de réponse sexuelle. A une condition seulement : si le partenaire sait trouver ces zones érogènes ».


Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Addiego, F; Belzer, EG; Comolli, J; Moger, W; Perry, JD; Whipple, B., « Female ejaculation: a case study. », Journal of Sex Research, vol. 17, no 1,‎ , p. 13–21 (DOI 10.1080/00224498109551094)
  2. (en) Ernest Gräfenberg, « The role of urethra in female orgasm », International Journal of Sexology, vol. 3, no 3,‎ , p. 145–148 (lire en ligne)