Ernest Jouin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jouin.
Ernest Jouin
Description de cette image, également commentée ci-après
Ernest Jouin, prêtre français (1844-1932)
Naissance
Angers
Décès
Paris
Nationalité Flag of France.svg Français
Profession

Mgr Ernest Jouin, né le 21 décembre 1844 à Angers et mort le 27 juin 1932 à Paris, est un prêtre catholique, journaliste et auteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un artisan ébéniste de l'Anjou, Ernest Jouin est successivement vicaire à Brézé, à Angers puis à Saint Etienne-du-Mont (Paris). Il devient ensuite chapelain de Sainte Geneviève, toujours à Paris, puis devient en juillet 1882 curé de Joinville-le-Pont (alors dans le département de la Seine, aujourd’hui dans celui du Val-de-Marne). Il reste à ce poste jusqu’en 1886 et y connaît « ses premiers démêlés avec la franc-maçonnerie »[1]. Puis il devient vicaire à Saint Augustin et curé de Saint Médard (Paris). Jouin fut élevé le 23 mars 1918 à la dignité de prélat romain, en qualité de prélat domestique puis de protonotaire apostolique[2]. Il fut un ami d'Arthur Preuss.

En 1902, Ernest Jouin, curé de Saint-Augustin à Paris, faisait représenter La Passion au « Nouveau Théâtre »[3].

En 1907, l'abbé Jouin est poursuivi devant le Tribunal correctionnel pour infraction à la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État pour avoir distribué le 9 décembre 1906 dans son église, une brochure imprimée contenant l'annonce d'une messe de deuil pour le mercredi suivant[4].

Un conspirationniste[modifier | modifier le code]

Parallèlement à la publication de travaux historiques, Mgr Jouin a écrit de nombreux ouvrages antimaçonniques et antisémites ; il a également fondé la Revue internationale des sociétés secrètes en 1912, organe ayant pour objectif notamment de faire la lumière sur le « péril maçonnique ». Dénonciateur de supposés complots ourdis par des sociétés secrètes et des forces occultes, Jouin fut un spécialiste de l'ésotérisme, de l'occultisme et de la franc-maçonnerie (collection spéciale RISS « Rose » et il a fait paraître plusieurs bibliographies à ce sujet).

Catholique traditionaliste, Mgr Jouin exerça une influence considérable sur la littérature conspirationniste de l'époque (d'ailleurs, certains auteurs complotistes s'en revendiquent encore aujourd'hui), et d'autant plus qu'il reçut la bénédiction du pape lui-même pour la profondeur de ses travaux[citation nécessaire]. Il s'inscrit dans la lignée de dénonciateurs du complot tels l'abbé Barruel et certains penseurs de la contre-révolution.

Il est l'auteur de la célèbre thèse de complot selon laquelle Léon XIII a résisté à une tentative d'infiltration maçonnique au Vatican, longtemps avant l'affaire de la loge P2 mais après l'affaire de la Haute-Vente.

En 1932, quelques mois après la mort du fondateur de la Ligue franc-catholique, ses membres ont constitué un groupe dénommé Cercle Ernest Jouin.

Thèses[modifier | modifier le code]

En 1912[réf. incomplète], dans la revue internationale des sociétés secrètes, Jouin affirma que la mort de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche lors de l'attentat de Sarajevo était prévue par les loges de francs-maçons[5]. De plus, il laissa entendre que Nedeljko Čabrinović, Casimirović et Milan Ciganović avaient de solides liens avec la franc-maçonnerie.

Analyses[modifier | modifier le code]

Émile Poulat l'a décrit ainsi[réf. insuffisante] : “Personnalité marquante et unanimement respectée, dont l’œuvre et l’action ont été louées et encouragées par Benoît XV et Pie XI, qui le nommèrent l’un prélat domestique et l’autre protonotaire apostolique, dont les funérailles furent présidées par le cardinal Verdier et la biographie préfacée par Dom Cabrol, et dont on a pu proposer à Rome en 1957 la cause de béatification[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Livres traduits
  • Traduction du livre de Jacob Brafmann, Les Sources de l'impérialisme juif: Le Qahal, (Paris, 1925)[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sauvêtre, Vie de Mgr Jouin. reprint, Editions Saint-Rémi, Cadillac , 1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-France James : Ésotérisme, occultisme, franc-maçonnerie et christianisme aux XIXe et XXe siècles: explorations bio-bibliographiques, Volume 2 de Ésotérisme et christianisme: autour de René Guénon, Éditeur Fernand Lanore, 2008.
  2. Michèle Mat-Hasquin, éd., in Problèmes d’histoire du Christianisme, Volume 11, Editions de l’Université de Bruxelles, 1982.
  3. Albert Reyval, L'église et le théâtre : essai historique, Bloud & Gay, 1924.
  4. Gazette des Tribunaux, Audience du 11 avril 1907.
  5. Revue internationale des sociétés secrètes, 8, avenue Portalis. Paris, 15 septembre 1912[réf. incomplète], pp. 787-88.
  6. Rotary et scoutisme : deux acteurs du complot mondial, par Jean-Jacques Gauthé, 19 novembre 2007.
  7. Birthing The Phoenix Vol. IV By Gyeorgos Ceres Hatonn, p.7.