Ernest Goüin (1881-1967)

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Ernest-Georges Goüin est un industriel et philanthrope français, né à Croissy-sur-Seine le 22 juillet 1881 et mort le 31 janvier 1967 à Neuilly-sur-Seine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ernest II Goüin, assis au centre avec son neveu Henry sur les genoux, entouré de sa famille, sur le perron du palais abbatial de Royaumont.

Fils de Jules Goüin et de Marie-Thérèse Singer, Ernest Goüin intègre l'École nationale supérieure des beaux-arts et devient architecte diplômé par le gouvernement en 1908. Il sert comme capitaine d'infanterie durant la guerre de 1914-1918, son attitude lui valant la Légion d'honneur, la croix de guerre et plusieurs citations.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1922, après le décès de son frère Gaston et alors que son frère Édouard est gravement malade, il entre au conseil d'administration de la Société de construction des Batignolles (SCB), fondée par son grand-père, et en 1926, sous la présidence d'Étienne Thouzellier, il est nommé secrétaire du conseil et directeur du service commercial des travaux publics. Il est élu président-directeur général de la Société de construction des Batignolles de 1931 à 1956 et est président du comité de direction jusqu'au 23 juin 1943.

La Seconde Guerre mondiale marque le début d'une période très difficile pour la SCB. L'avancement allemand l'oblige à interrompre plusieurs chantiers en Europe de l'Est. Durant l'Occupation, plusieurs administrateurs sont déportés (Henry Goüin, Hervé Michel, ...) et plusieurs doivent s'exiler pour éviter la déportation (Pierre David-Weill, le marquis de Solages, ...). La direction des Batignolles est accusée de collaboration à la Libération et Ernest Goüin est arrêté. Grâce à la pression des banques Lazard, Rothschild et Seligmann, actionnaires importants de la société, il est enfin libéré au bout de dix-huit mois[1]. Durant son incarcération, Henry Goüin, Jules Aubrun et Charles Candelier assurèrent simultanément la présidence par intérim.

Sous son impulsion, la SCB réalise en France les barrages de Suresnes, de Pébernat, de Luzech, de la Roucarié, les ouvrages d'entrée et le canal de Donzère-Mondragon, la centrale de Venthon, les aménagements complémentaires du barrage de Tignes, des travaux de tunnels, de quais (quai Bellot, au Havre), la reconstruction de la gare maritime du Havre, l'aéroport de Lille - Lesquin. Elle achève les aménagements de Fessenheim et le barrage de Saint-Pierre-Cognet. En Algérie, elle construit le barrage de Foum-el-Gherza. Dans l'Union française, le chemin de fer Congo-Océan, les aménagements des ports de Tamatave, de Djibouti, de Pointe-Noire, de Douala, la construction du pont du Wouri, l'aérodrome de Maya-Maya (Brazzaville), de nombreuses routes en Oubangui.

À l'étranger, on lui doit notamment les ports de Gdynia et de Wielka Wies (Pologne), le port de Moka (Yémen), celui de Smyrne en Turquie, celui de Guayaquil en Équateur, le bassin pétrolier du port d'Alexandrie, le barrage d'Idfina en Égypte, ceux d'Innishcarra et de Carrigadrohid en Irlande, et de nombreuses et importantes réalisations de ponts, d'aérodromes et de lignes de chemins de fer.

Ernest II Goüin est également président-directeur général des Batignolles-Châtillon, de l'African Batignolles Construction et de Batignolles-Morrison-Knudsen (en), administrateur de la Compagnie française des chemins de fer de l'Indochine et du Yunnan et de plusieurs filiales de la Société de construction des Batignolles au Maroc, en Afrique du Sud, au Brésil, etc.

Il était commandeur de la Légion d'honneur.

Soucieux des classes laborieuses, il est administrateur de diverses sociétés de secours social, dont la Société philanthropique.

Son buste sera réalisé par le sculpteur Jean Osouf[2].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1908 Jeanne Treilhard (1886-1940), fille du comte Jean-Baptiste Treilhard, officier d'infanterie et conseiller général de Seine-et-Oise (petit-fils d'Achille Libéral Treilhard), et de Julie Baroche (petite-fille de Pierre Jules Baroche). Ils auront quatre enfants :

  • Charlie (1909-1938), secrétaire du conseil d'administration et du comité de direction la Société de construction des Batignolles ;
  • Hubert (1913) ;
  • Marie-Laure (1914-1994), mariée en 1936 à François Balsan (1902-1972) ;
  • Jean-Pierre (1918-1969).

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Bergère, L'épuration économique en France à la Libération, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 89.
  2. Laurence Bertrand Dorléac, Histoire de l'art, Paris 1940-1944 : ordre national, traditions et modernités

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Burnel, « La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin », Librairie Droz, 1995, (ISBN 2600000941), (extraits en ligne).
  • Alain Jacquet, Les Goüin, une famille tourangelle de renom, Mémoires de la Société archéologique de Touraine, volume LXXII, , 90 p. (ISBN 978-2-36536-048-7)
  • Pierre Saïd-Mohamed, « Histoire d'une entreprise : la Société de Construction des Batignolles de 1940-1968 », 1991
  • Jean Monville, Xavier Bezançon, « Naître et renaître, une histoire de SPIE », 2004 et 2011
  • Yves Lemoine et Cédric Plont, Christian Dumais-Lvowski (dir.), Les Goüin : destin d'une famille française (XVIIe- XXe siècles), éditions Michel de Maule, 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]