Ermengarde d'Anjou (morte en 1146)

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Ermengarde d'Anjou
Ermengarde d'Anjou, représentation imaginaire, début XIXe siècle
Ermengarde d'Anjou, représentation imaginaire, début XIXe siècle
Titre
Duchesse consort de Bretagne
Prédécesseur Constance de Normandie
Successeur Maud FitzRoy
Duchesse consort d'Aquitaine
Prédécesseur Hildegarde de Bourgogne
Successeur Philippe de Toulouse
Biographie
Dynastie Maison d'Ingelger
Date de naissance vers 1068
Lieu de naissance Angers
Date de décès
Père Foulques IV d'Anjou
Mère Hildegarde de Beaugency
Conjoint Guillaume IX d'Aquitaine
Alain IV de Bretagne
Enfants Conan III de Bretagne Red crown.png
Geoffroi le Roux
Agnès (ou Havoise)

Ermengarde d'Anjou née vers 1068 à Angers[réf. nécessaire] et morte le 1er juin 1146 est la fille de Foulques IV d'Anjou le Réchin, comte d'Anjou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Foulques Réchin cède sa fille au comte de Poitiers, Guillaume IX d'Aquitaine. Le prince des troubadours dont on connaît l'attrait pour les douces compagnies féminines et les tentations volages, ne supporte pas sa hargne et son aigreur. Il la répudie.

Sceau d'Alain IV de Bretagne, selon Dom Hyacinthe Morice (1742).

Ermengarde rentre, humiliée et acariâtre, en Anjou. Son père cherche à la remarier promptement et elle échoit à Alain IV de Bretagne, duc de Bretagne et comte de Nantes. Après quelques décennies de vie commune, elle réclame l'annulation des noces et veut l'abandonner pour aller vivre à l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d'Arbrissel et Bertrade de Montfort. Parfaitement libre de se déplacer, elle les y rejoint et s'y installe. Mais les évêques refusent de prendre en considération ses propos, et Robert d'Abrissel doit lui-même la rendre à son mari, le duc de Bretagne.

Devenue veuve en 1119, elle va témoigner en concile de Reims cette même année en défaveur de son premier époux, l'accusant en public de bigamie et décrivant sa vie lascive.

Femme de caractère impossible, Ermengarde a su constamment se regimber et affirmer son autorité. Elle ne laisse pourtant à l'historien, qui ne connaît que quelques bribes ténues de sa vie, l'image d'une bonne mère et d'une femme mûre de grande vaillance comme il en a existé dans ces dures époques. Pourtant, retravaillée par l'historiographie religieuse, soucieuse d'expurger les faits trop saillants, les attitudes trop tranchées, l'image de la princesse Ermengarde, portée au pinacle par les chroniqueurs pour sa participation et sa présence à Fontevrault, s'auréole d'une touche de sainteté. Bienheureuse catholique, elle est fêtée le 1er juin.

Historiographie religieuse[modifier | modifier le code]

Ermengarde d'Anjou, in Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne: Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, composée sur les auteurs et les titres originaux, ornée des divers Monumens, & enrichie d'un Catalogue Historique des Evêques de Bretagne, & d'un nouveau supplément de Preuves, par Dom Charles Taillandier (Paris, Delaguette, 1750-1756).

Ermengarde est une princesse d'Anjou qui a été duchesse consort de Bretagne et la protectrice de l'abbaye de Fontevraud.

Ermengarde d'Anjou naît à Angers en 1072 du mariage de Foulque IV le Réchin et d'Hildegarde de Beaugency. Ayant perdu sa mère assez tôt, elle reçoit une éducation très soignée et se montre pieuse et soucieuse de réformation religieuse, en particulier pour lutter contre l'appropriation de biens d’Église par les laïcs.

En premières noces, elle épouse en 1089 le jeune comte-duc et poète, Guillaume IX le Troubadour, mais celui-ci la répudie trois ans plus tard, pour épouser Philippa de Toulouse. Ce mariage n'est mentionné que par Guillaume de Tyr, et par aucun autre auteur contemporain, aussi est-il mis en doute. De plus ces deux prétendus époux étaient cousins germains, la mère de Guillaume IX était Hildegarde de Bourgogne, une demi-sœur utérine de Foulque IV le Réchin.

Son père la marie en 1093 avec le duc de Bretagne, Alain IV Fergent, probablement pour sceller une alliance contre la Normandie, alors dirigée par Robert Courteheuse. En 1096, son époux étant parti en Palestine pour faire la première croisade, elle assume avec autorité la garde du duché jusqu'en 1101.

Se plaisant peu à Rennes et dans l’Ouest du duché, elle préfère Nantes ou la région de Saumur et, séduite par le rayonnement de Robert d'Arbrissel, elle favorise l'expansion de l'abbaye de Fontevraud dans laquelle elle se retire deux fois comme simple moniale.

Après la mort de son mari en 1119, elle revient en Bretagne soutenir le nouveau duc, son jeune fils Conan III.

Admiratrice de saint Bernard de Clairvaux, elle favorise la création d’abbayes cisterciennes. En 1117, à près de 50 ans, elle accompagne son fils à la deuxième croisade. Elle retourne en Palestine dix ans plus tard et certains historiens pensent qu'elle a pu finir sa vie à Jérusalem comme moniale du couvent de sainte Anne.

Les nécrologies de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon et de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers mentionnent cependant un décès en 1146 à Redon, où était enterré son mari.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son union entre 1090 et 1095 avec Alain IV de Bretagne sont nés trois enfants :

  1. Conan III, duc de Bretagne ;
  2. Geoffroi le Roux mort à Jérusalem en 1116 ;
  3. Agnès (ou Havoise) épouse vers 1110 de Baudouin VII de Flandre le fils de Robert II de Flandre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Amy Livingstone, « Extraordinairement ordinaire : Ermengarde de Bretagne, femmes de l’aristocratie et pouvoir en France au Moyen-Âge, v. 1090-1135 », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, vol. 121, no 1,‎ , p. 7-25 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]