Erika Lust

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Erika Lust
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Erika Lust en 2012
Nom de naissance Erika Hallqvist
Naissance (42-43 ans)
Stockholm
Nationalité Drapeau de la Suède Suédoise
Profession Productrice, réalisatrice, scénariste et écrivain
Site internet erikalust.com

Erika Hallqvist, dite Erika Lust, née en 1977 à Stockholm, est une réalisatrice, scénariste, productrice pornographique et écrivaine suédoise. Elle est l'une des pionnières de la pornographie féministe. Elle vit et travaille à Barcelone.

Biographie[modifier | modifier le code]

Erika Hallqvist est née en 1977[1] d'une mère travaillant dans les assurances et d'un père évoluant dans le domaine de l'informatique. Sa sœur, Frida, est professeure de fitness[2]. Elle est mariée à Pablo Dobner, qui est aussi son associé[2].

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Erika Lust étudie les sciences politiques à l’université de Lund en Suède et se spécialise en droits humains et féminisme. Après avoir obtenu son diplôme en 2000, elle déménage à Barcelone où elle étudie l'espagnol.

Afin de se former à la production, Erika Lust doit produire un court-métrage, The Good Girl, ce qui la mène à se rendre compte de son intérêt pour les films graphiques ayant pour thème la sexualité féminine[3]. Cette première œuvre suit les expériences sexuelles d’une jeune Espagnole traitées avec humour[4].

Elle travaille dans plusieurs théâtres, puis elle fonde sa propre compagnie de production, Lust Films, spécialisée dans la pornographie féministe où l'on retrouve en majorité des directrices féminines telles que Sophie Bramly, Ovidie et Jacky St. James (en). Elle travaille en tant que scénariste, réalisatrice et productrice, mais également comme écrivaine[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Son premier projet, un court-métrage intitulé The Good Girl (en), qu’elle dirige et écrit, est tourné en 2004, peu de temps après la fondation de sa propre entreprise Lust Films. Il a été publié sous licence Creative Commons[6].

Ce court-métrage fait plus tard partie du film Five Hot Stories For Her, composé de cinq courts-métrages pornographiques, et récompensé par plusieurs prix internationaux, notamment celui du meilleur scénario au Festival international du film érotique en 2007 à Barcelone (FICEB Award), celui du meilleur film de l'année par le Feminist Porn Award de Toronto en 2008 et également récompensé aux Venus-Eroticline-Award en 2007 à Berlin. Five Hot Stories For Her reçoit les honneurs au CineKink Festival de New York en 2008.

Erika Lust tourne le documentaire expérimental Barcelona Sex Project, récompensé au Venus Festival de Berlin et projeté au CineKink de New York et au X-Rated d’Amsterdam l'année suivante.

En 2010, elle sort le film Life Love Lust.

Erika Lust réalise aussi deux autres courts-métrages, Handcuffs en 2009, qui reçoit à son tour plusieurs récompenses, et Love Me Like You Hate Me en 2010, qui inspire ensuite l'écriture du livre homonyme en collaboration avec Venus O'Hara. Ces deux créations tournent autour des thèmes du fétichisme et du BDSM.

Son livre Good Porn est publié en 2009 par Seal Press. Good Porn se veut un guide dédié aux femmes dénouant les énigmes de l'industrie pornographique et relatant la variété de styles et d'options qui sont à portée de main. Le livre d'Erika Lust cherche à briser les stéréotypes pornographiques en permettant un discours féministe et contemporain sur la question.

En 2013, Erika Lust annonce un nouveau projet de courts métrages pornographiques participatifs entre les abonnés du site officiel xconfessions et la productrice elle-même. Générant plus de 120 000 membres actifs en 2015[7], Erika Lust choisit chaque mois deux confessions rédigées par les membres pour en faire de courts films érotiques accessibles sur son site internet.

Un de ses films est sélectionné par le personnage principal de l'épisode Crocodile de la série Black Mirror en 2017[8].

Pornographie féministe et éthique de travail[modifier | modifier le code]

Erika Lust propose un univers pornographique principalement dédié aux femmes en concentrant les scénarios et les images sur le plaisir féminin[2]. Avec une esthétique indie et un format visuel de haute qualité graphique, le cinéma adulte moderne et contemporain d'Erika Lust porte une attention particulière aux détails scénaristiques visibles tels que les lieux de tournage ou l'apparence des actrices et des acteurs. Les corps mis en scène sont diversifiés et vont parfois à l'encontre des idéaux physiques que l'on retrouve dans la pornographie conventionnelle.

Son éthique de travail s'exprime notamment par le refus d'engager toutes actrices et tout acteurs de moins de 23 ans[9]. L'équipe de travail d'Erika Lust est composée d'une majorité de femmes, y compris les postes de réalisation technique et les postes chargés des rôles décisionnels et/ou artistiques[9], prônant ainsi le female gaze à l'inverse du point de vue masculin dominant dans la pornographie courante.

Erika Lust encourage le port du préservatif selon les préférences et l'aisance des performeuses et des performeurs et appuie la pratique d'une sexualité saine et sécuritaire, tel qu'il l'est mentionné à l'ouverture de ses films et de ses courts métrages.

Son entreprise, Lust Productions, a ses bureaux à Barcelone et emploie 17 personnes en 2018[4].

The Porn Conversation[modifier | modifier le code]

The Porn Conversation est une plateforme conçue par Erika Lust et son mari Pablo Dobner en 2017 afin d'offrir aux parents la possibilité de parler pornographie avec leurs jeunes enfants et/ou leurs adolescents[10],[11]. L'intention est d'informer les mineurs à la réalité de l'univers pornographique menant ainsi à un regard plus éclairé sur les représentations visuelles de rapports sexuels. La plateforme propose une série d'ambassadrices et d'ambassadeurs professionnels qu'il est possible de contacter au besoin.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Five Hot Stories For Her
  • 2008 : Barcelona Sex Project
  • 2010 : Life Love Lust
  • 2011 : Room 33
  • 2011 : Cabaret Desire

Courts métrages[modifier | modifier le code]

XConfessions[modifier | modifier le code]

La série de courts métrages XConfessions suit un concept participatif entre le public et la productrice. Erika Lust choisit chaque mois deux confessions de fantasmes rédigées par les membres de son site pour en faire de courts films érotiques accessibles sur son site internet[4]. Les courts métrages, de la même façon que les œuvres filmiques d'Erika Lust, sont payants et peuvent être achetés individuellement ou sous forme de compilation thématique ou stylistique. Cette façon de faire s'inscrit dans la lutte et dans l'organisation pay for your porn. Ces productions sont d'abord diffusées sous forme de volumes regroupant chacun dix courts-métrages d'une vingtaine de minutes.

  • 2013 : XConfessions Vol. 1 : Hold me so tight it hurts, Sit down, shut up and watch, I fucking love Ikea, Let's make a porno, Sadistic trainer, A Blowjob is always a great last-minute gift idea!, Obsessed, I pegged my boyfriend, My first time eating oysters and pussy et I ama verry badx secvretary.
  • 2014 : XConfessions Vol. 2 : Do you find my feet suckable?, Hunt me, Catch me, Eat me, Before the guests arrive, The Couchsurfer, Manual del placer, Dude looks like a lady, We know you are watching, The art of spanking, Motherfucker et Meet me in the stockroom.
  • 2014 : XConfessions Vol. 3
  • 2015 : XConfessions Vol. 4
  • 2015 : XConfessions Vol. 5
  • 2016 : XConfessions Vol. 6
  • 2016 : XConfessions Vol. 7
  • 2016 : XConfessions Vol. 8
  • 2017 : XConfessions Vol. 9
  • 2017 : XConfessions Vol. 10
  • 2017 : XConfessions Vol. 11
  • 2017 : XConfessions Vol. 12
  • 2018 : XConfessions Vol. 13
  • 2018 : XConfessions Vol. 14
  • 2018 : XConfessions Vol. 15
  • 2018 : XConfessions Vol. 16

Publications[modifier | modifier le code]

  • 2009 : X: a Woman's Guide to Good Porn
  • 2010 : Erotic Bible to Europe
  • 2010 : Love Me Like You Hate Me
  • 2011 : Six Female Voices avec Antia Pagant
  • 2013 : La Canción de Nora
  • 2013 : Let's Make a Porno

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • (en) Hot Girls Wanted: Turned On. Épisode 1 : Les Femmes aux commandes, de Netflix (prod.) et de Jill Bauer, Ronna Gradus et Rashida Jones (réal.), 2017, 42 min [voir en ligne]. Docu-série dont le premier épisode est consacré à Erika Lust ainsi qu'à Suze et Holly Randall[13].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Erika Lust, réalisatrice porno et féministe », sur Les Inrocks, (consulté le 24 avril 2020)
  2. a b et c (en) Tracy Clark-Flory, « Erika Lust Says She Has an 'Ethical' Alternative to 'Mass-Produced' Porn », Jezebel,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2018)
  3. Elvire von Bardeleben, « Un apéro avec Erika Lust : « Je veux rendre la sexualité féminine positive » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2018)
  4. a b et c « Erika Lust, la reine du porno féministe », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 24 avril 2020)
  5. « Erika Lust », sur IMDb (consulté le 24 avril 2020)
  6. Angela Watercutter, « Erika Lust: The Porn Director on a Mission to Get More Women Behind the Camera », Wired,‎ (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le 24 avril 2020)
  7. (en-US) Lauren Wissot, « Crowdsourcing Erotica: Erika Lust’s XConfessions », sur Filmmaker Magazine (consulté le 24 avril 2020)
  8. Florian Ques, « Toutes les références cachées dans la saison 4 de Black Mirror, épisode par épisode », sur biiinge.konbini.com, Konbini Biiinge, (consulté le 24 avril 2020)
  9. a et b (en) Nadja Sayej, « Erika Lust is fighting to prove porn can be a feminist enterprise », sur Newsweek, (consulté le 24 avril 2020)
  10. Alice Claux, « Et si le porno féministe mettait fin à la guerre des sexes ? », sur Technikart, (consulté le 24 avril 2020)
  11. « Pornographie: "L'État doit bloquer les sites illégaux" », sur lexpress.fr, (consulté le 24 avril 2020)
  12. (de) « Die Gewinner des eLine Award 2008 », sur German-Adult-News.com (consulté le 24 avril 2020)
  13. Delphine Rivet, « Hot Girls Wanted: Turned On, le docu-série qui nous pousse à regarder le porno droit dans les yeux », sur biiinge.konbini.com, Konbini Biiinge, (consulté le 24 avril 2020)