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Erik Boulatov

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Erik Boulatov
Erik Boulatov en 2006.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Erik Vladimirovitch Boulatov
Nationalités
Formation
Institut d'État académique des Beaux-Arts Sourikov (en)
Institut supérieur d'arts et techniques de Léningrad (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Autres informations
Membre de
Académie des arts de Saxe (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Non-conformistes, conceptualistes moscovites
Influencé par
Distinctions

Erik Vladimirovitch Boulatov (en russe : Эрик Владимирович Булатов), né le à Sverdlovsk (RSFSR, URSS) et mort le à Paris (France)[1],[2], est un artiste non conformiste soviétique puis russe.

Les œuvres d'Erik Boulatov figurent dans de grandes collections publiques et privées d’Europe, de Russie et des États-Unis. En 2008, il devient membre honoraire de l’Académie russe des beaux-arts.

Son père est un officiel du Parti communiste, mort pendant la Seconde Guerre mondiale à Pskov. Sa mère quitte la Pologne à l’âge de 15 ans pour soutenir la révolution russe de 1917.

Erik Boulatov étudie la peinture à l’École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou. Il est diplômé en 1958. Il commence à travailler comme illustrateur de livres pour enfants, avec son ami et collaborateur Oleg Vassiliev. Il remporte de nombreux prix pour son travail. Les deux artistes sont fortement influencés par Robert Falk et Vladimir Favorski, deux artistes de l’avant-garde russe du début du XXe siècle[3].

Le groupe du boulevard Sretenski

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Dans les années 1960, Erik Boulatov forme le groupe du boulevard Sretenski avec Ilya Kabakov, Édouard Steinberg, Oleg Vassiliev, Vladimir Yankilevsky et Viktor Pivovarov. Le nom du groupe vient de celui du quartier où ils résident, lui-même tiré du nom d’un historien et critique tchèque Jindřich Chalupecký (1910–1990). Les membres du groupe se rencontrent fréquemment chez Kabakov pour discuter et présenter leur travail, choses qui leur sont interdites dans les milieux « officiels ». Ce groupe était plus une association d'artistes partageant les mêmes idées qu’une école d’artistes aux styles similaires [4].

À travers le groupe du boulevard Sretenski, Erik Boulatov devient un membre éminent des conceptualistes moscovites. Ce groupe, lié idéologiquement plutôt que stylistiquement, est à la base de l'« École moscovite » d'art contemporain russe tel qu'il est connu aujourd'hui.

Erik Boulatov est représenté par la galerie Arndt à Berlin et la galerie Skopia à Genève. En , Vladimir Semenikhine fit don du tableau Slava KPSS de Boulatov, estimé à plus d'1,5 million d'euros[5], au centre Pompidou qui l'a intégré dans sa collection permanente.

Mozart, 1991.

« Les peintures de Boulatov sont de grandes images colorées et réalistes représentant des paysages, des ciels, des milieux urbains et des personnes. Beaucoup sont peintes sur ou partiellement masquées par des mots ou des phrases ironiques. Les ciels bleus métaphoriquement riches et poétiques sont recouverts par des textes en russe pouvant être traduits par : « Gloire à l’URSS » ou « Marque déposée », les paysages verts et luxuriants par « Ne pas s’appuyer dessus » ou « Attention ! ».

Les œuvres d'Erik Boulatov englobent un vaste choix de sujets à l’image de sa perception du rôle du Gouvernement dans le contrôle de toutes choses. Boulatov symbolise le Gouvernement à travers son utilisation du langage comme instrument de commande et de contrôle, du fondement de la loi écrite et de contraintes, qu'il peint ensuite sur chaque arbre et chaque rocher. C’est dans ce sens que les peintures de Boulatov peuvent prendre un caractère plus universel et populiste. L’accent mis uniquement sur les aspects publics et extérieurs de la vie — la rue, la campagne, la télévision étatique — renforce l'idée que les pensées et les sentiments sont (encore) propres à chacun. Le psychologique et l’émotionnel sont au-delà des limites des mots, de la langue et de la loi. »[6]

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Vie privée

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Erik Boulatov s'est marié trois fois.

  • Sa première épouse, Irina Chimonovna Loukachevitch (1930-2019), était artiste et costumière chez Mosfilm. Leur fils, Vladimir Erikovitch Boulatov (né en 1960), est docteur en sciences géographiques et dirige le département de cartographie du Musée historique de Moscou.
  • Sa deuxième épouse, Svetlana Georgievna Leviatova, avec laquelle il a eu un fils, Alexeï Erikovitch Boulatov (né en 1962), est professeur à l'Institut international d'économie et de finance de la Haute École d'économie de Moscou.
  • Sa troisième épouse, Natalia Sergueïevna Godzina (née en 1943), critique de ballet et veuve du poète et critique d'avant-garde Mikhaïl Sokovnine (1938-1975), a épousé Boulatov en 1978 et est restée à ses côtés jusqu'à son décès.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Erik Bulatov » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. « Erik Boulatov, figure majeure de l’avant-garde russe, est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Joséphine Bindé, « Erik Boulatov, pionnier du conceptualisme russe qui défia le régime soviétique, est mort à 92 ans à Paris », sur Beaux Arts, (consulté le )
  3. (ru) Наталья Сысоева, « L'artiste qui a disséqué la réalité: mémoires d'Eric Boulatov », Daily afisha (consulté le )
  4. Olga Shikhireva, Jean-Claude Marcadé, Maurice Tuchman, Alexander Borovsky. Abstraction in Russia. Catalog of exhibitions in the State Russian Museum / Anna Laks. — Sankt-Petersburg: Palace Editions, 2001. — 814 p. — (Musée d'État Russe (almanach)). — (ISBN 5933320595). Pp. 73-77
  5. (en) « Erik Bulatov | ZRIMO art foundation », sur zrimo.org (consulté le )
  6. (en-US) The Renaissance Society at the University of Chicago : Erik Bulatov

Bibliographie

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Liens externes

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