Eric Porter

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Eric Porter
Description de cette image, également commentée ci-après

Eric Porter dans Le Mangeur de citrouilles (1964)

Nom de naissance Eric Richard Porter
Naissance
Shepherd's Bush, Londres, Royaume-Uni
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Décès (à 67 ans)
Londres, Royaume-Uni
Profession acteur
Films notables Le Peuple des abîmes
Nicolas et Alexandra
Les Dix Derniers Jours d'Hitler

Eric Richard Porter est un acteur britannique né le à Londres, dans le quartier de Shepherd's Bush, et décédé le d'un cancer à l'âge de 67 ans dans la même ville. Il fit principalement carrière au théâtre (le théâtre classique avait sa préférence) et à la télévision britannique.

Eric Porter - original drawing with graphite and charcoal by Marie Gallicher, 2013

Biographie[modifier | modifier le code]

Eric Porter était le fils de Richard John Porter, un poinçonneur de tickets dans les bus londoniens, qui le destinait à une profession dans le domaine du génie électrique. Aussi, après ses études au Wimbledon Technical College, un établissement tenu par les jésuites, il travailla à l'âge de 16 ans, chez Marconi's Wireless Telegraph Company[1] à Carshalton – dans la banlieue de Londres où il habitait – à la soudure des postes de radio, plus précisément au service de l'inspection du matériel, préalable aux tests. Il était très apprécié là-bas. Notamment, durant la pause de midi, il régalait ses collègues de travail avec des sketches comiques et des imitations désopilantes. Les personnes qui l'ont connu disaient de lui qu'il sortait du lot car la plupart ne possédaient ni son instruction, ni son éducation[réf. souhaitée].

Il souhaitait faire son chemin dans l'univers du théâtre. Quoique sa candidature fut rejetée par la Royal Academy of Dramatic Art, il réussit, sur la recommandation d'un organisateur de spectacles scolaires qui l'avait remarqué, à obtenir un entretien avec le directeur du Shakespeare Memorial Theatre (future Royal Shakespeare Company dont il fut membre pendant un demi-siècle) qui lui confia un rôle de figurant dans La Nuit des rois (Twelfth night, or what you will). En effet, il fit ses débuts professionnels sur scène, dès sa dix-septième année, au Arts Theatre de Cambridge en février 1945.

Désormais, hormis deux ans à partir de 1946 dans la Royal Air Force où il servit comme mécanicien, il consacra sa vie au métier d'acteur.

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Eric Porter dans le rôle du duc de Buckingham dans Richard III de Shakespeare, à la Royal Shakespeare company en 1961.

Au fil des années, il acquit une solide formation théâtrale classique et la maîtrise des interprétations de rôles de composition dramatiques. Sa maturité précoce lui permit dès le début de la trentaine d'accéder, grâce à la brillance de son jeu[réf. souhaitée], à des personnages beaucoup plus âgés avec un minimum d'artifices, chose rare[réf. souhaitée].

Dès les années 1950, il a joué, entre autres, à l’Old Vic, puis dans les années 1960 et 1970 à la Royal Shakespeare Company à Stratford-upon-Avon, où il incarna rapidement des premiers rôles. Tour à tour Volpone, Macbeth, Bolingbroke (dans Richard II), duc de Buckingham (dans Richard III), Henry IV, roi Lear, capitaine Crochet (dans Peter Pan), Oncle Vania, Becket, Eric Porter servit avec grandeur et dignité[non neutre] la plupart des grands rôles du répertoire théâtral international sur plusieurs décennies. Il participa à de très nombreuses tournées, qui l'amenèrent même à jouer à Broadway. En 1959, reconnu par ses pairs, il reçut un prix d'interprétation théâtrale pour John Rosmer dans Rosmersholm d'Ibsen.

Perfectionniste et d’une rare abnégation[réf. souhaitée] vis-à-vis des personnages qu’il interpréta, il a voulu moderniser en 1968 l'incarnation du Roi Lear en jouant « pratiquement à la lettre » dans la scène de la folie où ce dernier est censé se dévêtir et renoncer au peu qui lui reste, indication scénique restée purement symbolique durant plusieurs siècles. Il a ouvert ainsi une nouvelle voie dans la compréhension du personnage, largement acceptée après quelques gros titres dans la presse et suivie[réf. souhaitée].

La télévision[modifier | modifier le code]

Il apparaît dès 1959 à la télévision dans de nombreux feuilletons et séries dont, en 1967, La Dynastie des Forsyte (The Forsyte saga), chef-d’œuvre de la BBC tiré de l'œuvre de John Galsworthy et comportant 26 épisodes de 50 min, qui lui offrit une célébrité, cette fois internationale, que son immense talent méritait[non neutre] mais qui n'a apparemment pas duré en dehors des pays anglophones. Il personnifie Soames Forsyte, avoué torturé dont le sens de la propriété n’exclut pas une profonde sensibilité passionnelle cachée sous un aspect conformiste et glacial. L'interprétation d'Eric Porter s'est révélée très intense, véhiculant entre autres aspects, un côté charnel jusqu'alors implicite dans le roman, choquant certains téléspectateurs et transformant cette série en phénomène de société sur la question - débattue devant le Parlement anglais après la diffusion du feuilleton et encore jamais abordée à la télévision à cette époque - de savoir si la notion de viol entre époux est recevable. À la suite de cela, sa célébrité s'entachant « d'infamie », Eric Porter dut quelquefois composer avec des téléspectateurs qui le prenaient à partie (certains fans de Nyree Dawn Porter, l'actrice qui jouait le rôle d'Irene Forsyte, lui avaient même proposé de « tuer Soames ») ou des téléspectatrices extatiques qui se précipitaient sur lui afin de le toucher, l'assimilant presque toujours à Soames Forsyte dans les différents pays où il se rendait. Un prix d'interprétation en 1967 acheva de transformer ce rôle en référence phare de sa carrière pour la postérité.

Eric Porter grimé en Soames Forsyte vieilli lors d'une interview sur le tournage de La Dynastie des Forsyte en 1967.

À noter parmi plusieurs productions télévisées : Cyrano de Bergerac (1968) où il interpréta le rôle-titre, Separate tables (1970), Anna Karenine (1977), Why they don’t ask Evans ? (1980) d'après Agatha Christie, Churchill and the Generals (1981), Oliver Twist (1985), la saison I de la série Sherlock Holmes (The adventures of Sherlock Holmes, 1985) où il campa, dans La Ligue des rouquins (The red-headed league) et surtout Le Problème final (The final problem), un professeur Moriarty complètement diabolique et ophidien.

Il joua également dans les pièces de théâtre de Shakespeare réalisées pour la télévision par la BBC (Jules César, Hamlet, Macbeth). En outre, il a présenté et commenté en 1974 plusieurs documentaires télévisés sur la Seconde Guerre mondiale (The world at war) ainsi que The Shetland experience en 1977 sur la préservation de l'environnement des îles Shetland par une compagnie pétrolière.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Son cursus cinématographique débuta en 1964 avec La Chute de l'empire romain (The fall of the roman empire) d’Anthony Mann, où il figure un sénateur très virulent et ambitieux ; les réalisateurs de péplums américains recherchaient les acteurs britanniques pour apporter de la classe aux personnages nobles. Anthony Mann le présenta dans le making of du film Les Héros de Télémark comme : « Eric Porter, l'un des meilleurs acteurs classiques d'Angleterre ».

Il tourna quinze films :

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dessin de Eric Porter (DR Pritchard) dans le film La Fille de Jack l'Éventreur.

De la classe, cet acteur racé en apporta toujours à des productions cinématographiques assez inégales[non neutre] - il fut plus heureux dans ses choix théâtraux et télévisuels - mais cela ne l'empêcha nullement de ciseler chacune de ses interprétations. Très expressif, il avait, entre autres, le secret des regards subtilement ironiques derrière une impassibilité extrêmement bien élevée[réf. souhaitée]. Il se révéla également très convaincant en homme d'action arrogant, véreux et violent. D'une manière générale, il se montra un acteur très adaptable, capable de jouer des rôles extrêmement différents : roi, évêque martyr, aventurier sur le retour cependant très digne, génie du mal, pirate de comédie enfantine, psychiatre romantique, nazi jubilatoire et hystérique etc.

Souvent jugé supérieur par les critiques théâtraux[Par qui ?] à des monstres sacrés, il n'a pas connu l'étendue de leur célébrité. Il le regrettait mais l'acceptait malgré tout avec philosophie, arguant qu'il avait eu « de la chance » dans ses rôles.

La liste de ses prestations n’est malheureusement pas ici exhaustive : il est difficile d’obtenir tous les éléments sur sa carrière très longue.

L'homme[modifier | modifier le code]

Eric Porter dans le rôle du Dr. Pritchard

L'homme lui-même reste mystérieux. Cependant, dans le making of de La Dynastie des Forsyte, Eric Porter s'est un peu livré en déclarant : « Je pense que j'éprouve, probablement, une certaine difficulté à communiquer « facilement », ce qui, je suppose, est une des raisons pour lesquelles je suis acteur ! J'ai choisi le théâtre comme moyen de communiquer avec les gens alors que je ne peux pas, pleinement, communiquer… à d'autres niveaux. »

Heureux de jouer, il se confiait, en effet, peu sur d'autres sujets afin de préserver une vie privée qu'il estimait lui appartenir en propre. Il la définissait pourtant comme négligeable, une annexe de sa vie professionnelle. Il ne s'est jamais marié. Solitaire, il ne se rendait que rarement à des réceptions. Par ailleurs, Eric Porter, très intellectuel, consacrait beaucoup de temps à la lecture dans des domaines divers : psychologie, archéologie, architecture, astronomie, géologie, géographie. Il aimait également pratiquer la voile.

Peter O'Toole a reconnu début 2007, dans une interview au Los Angeles Times, qu'Eric Porter était l'acteur qui l'avait le plus influencé : « Il était premier rôle à l'Old Vic quand j'étais à Bristol, c'était mon premier emploi. Il jouait Volpone, le roi Lear et Oncle Vania. J'étais sa doublure. C'était un jeune homme de 29 ans. Il avait seulement quelques années de plus que moi mais il avait le feu au ventre. Il avait ces merveilleux yeux noirs, grands et splendides et cette voix curieusement rapide, cette diction ! Et il était absolument impitoyable avec les autres acteurs. Il disait : « On n'en fera jamais une actrice » ou « Vous êtes une imitatrice » à telles actrices mais il m'avait à la bonne ainsi que mon ami Edward Hardwicke. Je jouais Cornwall dans Le Roi Lear. J'avais fait de mon mieux pour apprendre le rôle de Lear mais je n'étais qu'un gosse de 23 ans, j'étais dans la loge avec Edward quand le directeur est venu me dire : « Mr Porter n'est pas là une demi-heure avant le lever de rideau, vous feriez mieux d'aller dans sa loge et de mettre son costume. » Qu'est-ce que j'allais faire ? Lire le rôle ? Imaginez la scène de la tempête avec un enfant lisant un petit livre. J'étais pétrifié. Soudain la porte s'ouvre, il avait eu un accident de voiture mais il n'avait rien, il arrivait juste à temps, ma vie était sauvée. »[2].


Récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « OBITUARY:Eric Porter », sur independent.co.uk,
  2. (en) Susan King, « O'Toole: I win even if I lose the Oscar », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Une biographie complète existe en anglais : Eric Porter - The Life of an Acting Giant (1928-1978) volume 1 et Eric Porter - The Life of An Acting Giant - The Mature Years (1979-1995) volume 2 par Helen Monk.

Liens externes[modifier | modifier le code]