Equus quagga quagga

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Equus quagga, Equus burchellii quagga • Quagga, Couagga

Le Quagga ou couagga (selon les classifications : Equus quagga quagga ou Equus burchellii quagga ou parfois encore Equus quagga) était une sous-espèce de zèbre d'Afrique du Sud, beige, rayé seulement sur l'encolure et l'avant du corps. Mis en concurrence avec le bétail domestique des paysans, il fut exterminé au XIXe siècle par les Boers, colons d'origine néerlandaise implantés en Afrique du Sud. La viande des quaggas était largement consommée et leur peau tannée pour la confection de sacs. Les dernières photos d'un quagga vivant sont celles d'une femelle photographiée en 1870 au zoo de Londres[1]. Le dernier quagga sauvage fut abattu en 1878 et la sous-espèce s'éteignit définitivement le , au zoo d'Amsterdam[2]. Il n'en reste aujourd'hui que quelques peaux, des crânes, 23 spécimens empaillés et de rares photographies conservées dans des collections. Un spécimen naturalisé, conservé au Museum d'Histoire Naturelle de Paris, fut offert en 1784 à Louis XVI. Il vécut en captivité jusqu'en 1798, la Convention ayant transféré la ménagerie royale au Jardin des plantes[3].

Equus quagga quagga est considéré comme éteint par l'UICN.

En raison des divers synonymes, il ne faut pas confondre cette sous-espèce disparue avec Equus quagga, dont l'épithète spécifique reprend le même nom, mais qui désigne l'ensemble des Zèbres des plaines ou Zèbres de Burchell[4].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Quagga en captivité

Le quagga était à l'origine classé comme une espèce distincte, Equus quagga, en 1778. Durant les cinquante ans qui suivirent, de nombreux autres zèbres furent décrits par les naturalistes et les explorateurs. Du fait des nombreuses variations de la robe des différents zèbres (il n'y en a pas deux identiques), les taxinomistes furent tentés d'identifier de très nombreuses espèces, sans trouver de moyens simples de repérer lesquelles étaient de véritables espèces et lesquelles des sous-espèces seulement, et lesquelles enfin n'étaient que des variants. Il a fallu attendre les recherches génétiques récentes menées par le Smithsonian Institute pour montrer que le quagga n'était pas une espèce séparée, mais un rameau issu (il y a de 120 000 à 290 000 ans) de celle du zèbre des plaines, Equus burchellii, elle-même extrêmement sujette aux variations. Ces recherches suggèrent donc de le renommer Equus burchellii quagga[5].

Quagga femelle photographiée en 1870 au zoo de Londres

Il ne faut pas confondre le quagga avec une éventuelle sous-espèce proche de celle-ci, dénommée Equus quagga burchellii ou Equus burchellii burchellii. Cette dernière avait la croupe presque exempte de dessins. Elle peuplait le sud du Botswana et l'état d'Orange. L'extension de la colonisation entraîna son massacre et, en 1910, elle avait disparu à l'état sauvage. Le dernier spécimen mourut en 1911 au zoo de Hambourg. Cependant, selon une nouvelle classification proposée par les Anglais C. P. Groves et H. B. Bell en 2004[6] et basée sur des observations traditionnelles, ce zèbre serait en fait une simple population de Zèbre de Burchell, ou zèbre des plaines commun, qui aurait disparu d'une région donnée.

Le Quagga conservé au Natural History Museum de Londres.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le Quagga vivait dans les régions les plus sèches d'Afrique australe, dans les plaines herbeuses. La limite nord de son habitat semble avoir été le fleuve Orange à l'ouest et la rivière du Vaal à l'est. Au sud-est, la limite devait être le fleuve Grand Kei.

Restauration de l'espèce[modifier | modifier le code]

(en) Reportage sur l'élevage sélectif des zèbres en vue d'obtenir des animaux contemporains semblables au « quagga ».

Le quagga est la première espèce éteinte dont on a étudié l'ADN : l'ADN des animaux conservés a été extrait en 1984. L' étude génétique a permis d'identifier les gènes responsables de la couleur brune et des rayures atténuées de cet animal. Or on les retrouve également chez certains zèbres des plaines, ce qui prouve qu'il ne s'agissait que d'une sous-espèce[7].

Dès que fut découverte l'extrême parenté entre le quagga et le zèbre, le Quagga Project fut lancé en Afrique du Sud par Reinhold Rau (1932-2006) pour recréer le quagga dans un troupeau de Table Mountain en procédant à un élevage sélectif de zèbres des plaines, dans le but de réintroduire l'espèce dans son milieu naturel. Début 2006, on annonçait que la troisième et la quatrième générations issues de ces croisements ressemblaient beaucoup aux descriptions comme aux spécimens conservés de quagga[8],[9], présentant les mêmes caractéristiques de rayures. Toutefois, l'apparence seule des « quaggas de Rau »[3] ne permet pas de considérer ces animaux comme une véritable re-création de l'espèce.

Pour obtenir une telle recréation, il faudrait recourir à une autre méthode : utiliser l'ADN du quagga pour « corriger » celui de cellules de l'espèce cousine. Cette technologie de génie génétique est beaucoup plus complexe et n'est pas applicable à l'heure actuelle à la désextinction d'espèces.[7]

De plus, certains scientifiques s'interrogent sur l'intérêt de cette désextinction, qui reproduirait un patrimoine génétique sans rien maîtriser de sa composante épigénétique (donc du résultat réel), et ne saurait participer de l'enjeu d'empêcher l'effondrement de la biodiversité[7].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans l'épisode 14 de la saison 3 de la série Elementary, il est fait référence à ce type de projet dans le cadre d'une enquête sur le vol de deux femelles zèbres en gestation. Sherlock Holmes découvre que leurs rejetons ne sont pas des zèbres, mais des quaggas.
  • Dans un article consacré au zèbre d'un album de la série de bande dessinée Rubrique-à-brac, de l'humoriste-dessinateur Gotlib, le professeur Burp explique que l'existence du « Couagga » était due aux freinages trop brutaux des zèbres, qui faisaient basculer leurs rayures sur l'avant du corps. Ayant appris à mieux maîtriser ses freinages, le zèbre ne se transformait plus en couagga, d'où l'extinction de l'espèce. À l'inverse, il se mit à faire des démarrages foudroyants, décalant les rayures vers l'arrière et donnant naissance à l'okapi.
  • Dans le livre de Jean-Paul Dubois, La Succession, il est fait allusion à la mort du dernier quagga dans le zoo d'Amsterdam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Equus quagga quagga
  2. (en) The Quagga Revival
  3. a et b Le Monde avec AFP, « Des scientifiques font revivre le quagga, une espèce de zèbre disparue au XIXe siècle » Accès libre, sur lemonde.fr, (consulté le ).
  4. Attention: proche du Quagga, l'espèce également éteinte Equus quagga burchelli ou Equus burchelli burchelli est aussi appelée «zèbre de Burchell», voir Zèbres : diversité et classification sur Encarta
  5. (en) Mace A. Hack, Rod East et Dan I. Rubenstein, Status and Action Plan for the Plains Zebra (Equus burchellii). IUCN. Lire le document PDF
  6. « C.P.Groves et H.B. Bell, 2004. New investigations on the taxonomy of the zebras genus Equus, subgenus Hippotigris. Mammalian Biology. 69: 182-196. ». Lire en ligne le résumé et acquérir le document PDF
  7. a b et c Pierre Barthélémy, « Le couagga de Louis XVI, un drôle de zèbre », Le Monde,‎ , p. 20
  8. Christopher Munnion, « Le sans-rayures renaît de ses cendres », The Daily Telegraph, Londres, 1997.
  9. (en) Mike Bruton, « “Reinventing” the quagga », Cape Argus, 8 décembre 2011 ; consulté le 2 février 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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