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Equisetum

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Equisetum (Prêle) est un genre de plantes de la sous-classe des Équisétidés (Equisetidae), les prêles. Toutes les prêles actuelles sont classées dans ce genre et forment la famille des Équisétacées (Equisetaceaee), issue de la seule lignée survivante de ce groupe très diversifié pendant le Carbonifère.

Ce sont toutes des espèces herbacées, alors que d'autres familles de prêles aujourd'hui éteintes étaient composées d'espèces arborescentes.

Étymologie

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Equisetum arvense, planche florale.

Le mot prêle est la contraction de asprele qui dérive du latin asper [rude, rugueux] en rapport avec la propriété abrasive de ces plantes riches en silice. Equisetum vient du latin equus [cheval] et seta [soie, crin]. Les Prêles étaient autrefois connues sous le nom de « Queue-de-cheval ».

Description

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Cycle de vie

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ff : tige avec strobile ; ss : sporange ; s1 : spore mâle ; s2 spore femelle ; pm : prothalle mâle ; pf ; prothalle femelle ; sz : anthérozoïde ; ce : embryon.

Comme chez toutes les ptéridophytes le cycle de vie des fougères est marqué par l'alternance[4] :

  • d'une génération d'organismes diploïdes et asexués, les sporophytes qui produisent après la méiose dans les sporanges des cellules haploïdes, les spores ; ce sont les prêles telles que nous les connaissons ; les sporanges sont regroupés en strobiles ;
    Strobiles.
  • et d'une génération d'organismes discrets fugaces, haploïdes et sexués, les gamétophytes ou prothalles dont les éléments femelles ou oosphères donnent après fécondation des embryons diploïdes qui se développeront en sporophytes de la génération suivante.

Les prêles sont des plantes herbacées vivaces, rhizomateuses, qui ont une tige nettement articulée, des microphylles écailleuses en verticille au niveau des nœuds. C'est aussi sur ces nœuds que viennent s'insérer les rameaux des espèces ramifiées. Les tiges sont cannelées et présentent un épiderme siliceux. L'anatomie des tiges est complexe et montre un cordon de canaux carinaux entourant l'espace interne du chaume.

Spores de prêles.

Les prêles sont hétérosporées mais dotées d'une isosporie apparente. Selon les espèces, on observe soit des tiges fertiles particulières peu chlorophylliennes portant des strobiles à leur sommet, soit le développement de strobiles à l'extrémité des tiges végétatives. La multiplication végétative se réalise par fragmentation du rhizome; elle est généralement importante[5].

L'identification des Equisetum demande le plus souvent l'examen à la loupe des cavités de la tige. On devra donc, soit sectionner la tige à l'état frais sur le terrain et noter le croquis de la section, soit ramollir après coup un fragment de tige dans l'eau très chaude, et sectionner[6].

Gamétophyte

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Les gamétophytes ou prothalles issus des spores sont haploïdes mâles ou femelles. Les spores germent quand elles atteignent une sol humide et forment au bout d'un mois des prothalles discrets (quelques mm), fugaces et aériens. Ils sont composés de lobes laciniés irréguliers. Les prothalles femelles portent les oosphères. Les prothalles mâles légèrement plus petits portent les anthéridies ; chaque anthéridie produit 256 anthérozoïdes pluriciliés (équivalents des spermatozoïdes chez les animaux). Les anthérozoïdes se déplacent pour féconder l'oosphère, la réussite de cette phase nécessite une humidité importante. Un nouveau sporophyte diploïde naît alors sur le prothalle femelle[4].

Conséquences sur la reproduction

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Le sporophyte présente un mode de reproduction-multiplication asexué (ou agame) par spores tandis que celui des gamétophytes est sexué et aboutit à une fécondation[4].

Les spores possèdent des structures hydroscopiques (élatères) ; elles se dilatent et se contractent au contact de l’eau. Les élatères ont probablement pour fonction d’aider à la dispersion dans l’environnement. Les spores des Equisetum ont une vie de courte durée, mais elles ont une capacité de germination très rapide. En effet, elles peuvent germer en moins de 24 heures après avoir été relâchées. Leur longévité dépend de l’humidité de l’environnement, mais leur durée maximale de germination va de 5 à 17 jours. Si elles dépassent cette durée, elles perdent leur capacité de germination. Il existe cependant certaines conditions où une spore peut conserver sa capacité germinatrice jusqu’à un intervalle de deux ans ou même plus longtemps, lorsqu’elle est conservée à température très froide.

Spores d'Equisetum avec leurs élatères (microscopie).

Les environnements perturbés sont optimaux pour que les spores germent. Ceci explique que dans la plupart des espèces du genre Equisetum, la capacité à se reproduire de façon sexuée est relativement faible[5]. Certaines espèces de ce genre possèdent une capacité remarquable de se reproduire de façon végétative. Cette capacité leur permet de compenser la relative inefficacité de la reproduction sexuée en produisant des rhizomes pour rapidement coloniser un environnement perturbé. Ces plantes produisent des réseaux de rhizomes extensifs et profonds, ce qui leur permet d’atteindre des sources d’eau profondes, et aussi, de survivre à des incendies et de recoloniser les sites incendiés très rapidement[5].

Répartition

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Les Equisetum sont naturellement dispersés à travers le monde entier, à l’exception de l’Australie, la Nouvelle-Zélande et des îles de l’océan Indien, de l’océan Pacifique Central et des îles de l’océan Atlantique Sud. Elles vont croître dans des environnements humides, tels que les fossés, les terres humides, les forêts humides et en bordures des routes (lorsque l’apport en eau souterraine est disponible en quantité suffisante)[5].

Equisetum hyemale, épi sporifère (strobile).

Habitat et écologie

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Adaptations aux sols saturés en eau

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Dans un sol saturé en eau, les conditions sont habituellement anoxiques. Les plantes doivent donc posséder des adaptations morphologiques et physiologiques pour faciliter le transport de l’oxygène provenant de l’atmosphère vers les organes souterrains de la plante. Chez beaucoup de plantes de terres humides, des structures spécialisées permettent le transport de l’oxygène (O2) et du dioxyde de carbone (CO2) d’une partie de la plante à une autre. Chez les Equisetum des terres humides, les rhizomes et les racines possèdent de larges canaux, dont la fonction possible est celle de faciliter le transport de l’oxygène[5].

Importance du silicium

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Une autre remarquable caractéristique des membres du genre Equisetum est leur capacité d’intégrer le silicium et de l’accumuler dans leurs tissus. Cette accumulation confère une certaine rigidité et stabilité à la plante. Plusieurs recherches indiquent que la silice peut procurer une protection contre les champignons pathogènes et contre les attaques des insectes[5].

Un mécanisme inconnu chez les plantes pourrait également utiliser le titane pour stimuler la production d'hydrates de carbone et encourager la croissance. Cela pourrait expliquer pourquoi la plupart des plantes contiennent environ 1 partie par million (ppm) de titane, les plantes alimentaires en contiennent environ 2 ppm, et la prêle et l'ortie en contiennent jusqu'à 80 ppm[7].

Liste des espèces

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Selon Plants of the World online (POWO) (19 avril 2021)[2] :

Parmi ces taxons, il y a dix espèces présentes en France, neuf en Suisse, et sept en Belgique ainsi qu'un hybride présent dans ces trois pays.

Observations

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Equisetum fluviatile.

En 2013, les déplacements aléatoires de spores d'Equisetum sont observés par le Laboratoire interdisciplinaire de physique[8] et décrits comme des sauts de puces en fonction de l'humidité ambiante[9].

Utilisations

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En hiver…
…au printemps.

La prêle était autrefois utilisée fraîche pour récurer les casseroles ou séchée comme abrasif fin pour poncer finement des pièces d'ébénisterie ou de métal. Cette action de ponçage avait pour verbe : prêler. Cette utilisation ne persiste qu'auprès de certains musiciens qui utilisent encore la prêle pour poncer finement les anches en roseau de leurs instruments à vent (hautbois, clarinettes…). Ces propriétés abrasives viennent de la forte teneur en silice de la plante.

Alimentaire

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En tisane, la prêle s'utilise en mélange de façon à cacher son amertume.

Les jeunes pousses coupées en morceaux de diverses espèces (E. arvense, E. hyemale et E. telmateia) étaient mangées crues (en salade...) ou cuites, au moins depuis l’Antiquité romaine[10].

Les tiges fertiles (sans chlorophylle, les premières à pousser), étaient en Pologne mangées chez la prêle géante et la prêle des champs[10].

On aurait autrefois mangé le rhizome charnu d’E. fluviatile (dans presque toute l’Europe selon l'ethnobotaniste François Couplan, qui ajoute que des Amérindiens consommaient en Alaska des tubercules au goût de noix de coco, de la taille d’une noix, se formant, à un mètre de profondeur environ sur les racines de la prêle géante (E. telmateia)[10].

Au Japon, les tiges stériles, que l'on ramasse jusqu'au milieu de l'été, se cuisent à la vapeur puis sont sautées à l'huile, avec une sauce de soja ou de sésame écrasé. Elles sont aussi conservées dans le vinaigre[10].

En agriculture biologique

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En décoction (aussi appelée purin), la prêle a un effet préventif et curatif sur plusieurs maladies cryptogamiques : cloque du pêcher, mildiou, monilia, oïdiums, tavelures, rouille, maladie des taches noires sur le rosier, botrytis, etc.

Elle s'utilise en pulvérisation, diluée à 20 %, d'une décoction réalisée en portant à ébullition 10 litres d'eau contenant 1 kg de tiges finement coupées. Cette décoction est prête après avoir laissé le mélange refroidir pendant au moins 12 heures.

La prêle est indicatrice d'eau affleurante.

Médicinale

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Equisetum myriochaetum dans les serres du jardin jungle

Les tiges stériles sont utilisées comme diurétique, hémostatique, reminéralisant et antirhumatismal.

La prêle est riche en sels minéraux utiles pour la santé, et en silice qui est bienfaisante pour la peau[11]. Sous sa forme galénique SIPF, elle est conseillée pour renforcer les phanères[12].

Le 6e jour du mois de thermidor du calendrier républicain / révolutionnaire français est dénommé jour de la prêle[13], généralement chaque du calendrier grégorien.

Notes et références

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  1. a et b Tropicos.org. Missouri Botanical Garden., consulté le 19 avril 2021.
  2. a b et c POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le 19 avril 2021.
  3. POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le 2 août 2023.
  4. a b et c Université de Louvain, « Cycles de développement des Ptéridophytes », sur Biologie végétale (consulté le )
  5. a b c d e et f (en) Chad Husby, « Biology and Functional Ecology of Equisetum with Emphasis on the Giant Horsetails », The Botanical Review, vol. 79, no 2,‎ , p. 147–177 (ISSN 1874-9372, DOI 10.1007/s12229-012-9113-4, lire en ligne, consulté le ).
  6. « 00. 03. EQUISETUM Linné PRÊLE, clef des espèces. », sur www.florelaurentienne.com (consulté le ).
  7. John Emsley, Nature's Building Blocks: An A-Z Guide to the Elements, Oxford, England, UK, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-850340-8, lire en ligne Inscription nécessaire), « Titanium ».
  8. (it) « Le incredibili passeggiate delle spore degli equiseti che camminano e saltano (Video) », sur www.greenreport.it, (consulté le ).
  9. « Des spores de fougères sautent comme des puces », sur www.lefigaro.fr, (consulté le ).
  10. a b c et d François Couplan, Le régal végétal: plantes sauvages comestibles, Editions Ellebore, (ISBN 978-2-86985-184-9, lire en ligne).
  11. R. H. Monceaux, « Le silicium - étude biologique et pharmacologique », Produits pharmaceutiques, vol. 15, no 3,‎ , p. 99-108.
  12. (pt) Maria Pia Ferraz, Ana Catarina Pereíra, María Ascenção Lopes et Maria Helena Fernandes, « Equisetum arvense - avaliação das possibilidades de aplicação na regeneração óssea », Revista da Faculdade de Ciências da Saúde, Porto,‎ , p. 136-145.
  13. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 29.

Articles connexes

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Bibliographie

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  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Equisetidae » (voir la liste des auteurs).
  • Husby, C. (2013). Biology and functional ecology of equisetum with emphasis on the giant horsetails.Botanical Review, 79(2), 147-177.
  • Mémoires d'un herboriste, Didier Lanterborn, équinoxe (ISBN 2-84135-423-7)
  • Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, François Couplan Eva Styner, Les guides du naturaliste, Dealachaux et Niestlé (ISBN 2-603-00952-4)

Références taxonomiques

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Equisetaceae

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Liens externes

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