Ensemencement planétaire

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L'ensemencement planétaire ou panspermie dirigée est une hypothèse selon laquelle les premiers germes de la vie sur la terre seraient provenus de micro-organismes ayant dérivé dans l'espace. Selon cette hypothèse, lorsqu’une planète est stérile, mais dont les caractéristiques physicochimiques sont favorables à la vie, il est théoriquement possible de l’ensemencer, c’est-à-dire d’apporter des organismes vivants, avec une chaîne alimentaire complète, pour y apporter durablement la vie.

Cette thèse est notamment défendue par des courants créationnistes transformistes et déistes[1].

Des chercheurs ont aussi proposé une terraformation d'autres planètes, ou la création d'une biosphère différente, par panspermie plus ou moins dirigées[2] sur d'autres planètes pour qu'elles puissent un jour accueillir des humains et/ou que soit envisagé l'envoi - à partir de la terre - d'espèces vivantes susceptibles de coloniser d'autres planètes.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'humanité se questionne depuis longtemps sur l'origine de la vie[3], et l'hypothèse de possibles transferts d'éléments minéraux, de germes de vie voire d'organismes vivants d'une planète à une autre, via des comètes[4] et/ou météorites par exemple[5] est débattue depuis plus d'un siècle au moins[6], et notamment dans le cadre de l'astrobiologie et de l'exobiologie. En science Svante Arrhenius (1859–1927) est l'un des promoteurs de cette idées[7],[8], Darwin a contribué à l'affiner[9] et la science fiction l'a largement traitée. D'autres la juge encore peu crédible[10] ou invitent à en peser les enjeux éthiques[11] et questions nouvelles[12].

Conditions nécessaires[modifier | modifier le code]

Pour la vie, telle que nous la connaissons, il faut de l’eau, de la lumière, des nutriments, une température douce. Cette liste est controversée, car il existe des organismes extrêmophiles. De plus, il est possible d’adapter par évolution contrôlée des organismes initialement peu adaptés.

La liste des organismes envisagés pour un premier ensemencement est composée d’êtres vivants frustes, donc simples : lichens, mousses, planctons... mais une fois cette première liste installée, il est possible d’envisager des organismes plus complexes, donc plus fragiles.

Buts[modifier | modifier le code]

Un but souvent évoqué, dont par la science-fiction est de faciliter la colonisation spatiale, l'établissement durable de l'humanité sur d’autres planètes. Mais (voir ci-dessous) il peut aussi s'agir d'un simple moyen d'aider la vie à s'épanouir et poursuivre d'autres formes d'évolution ailleurs.

Ensemencement d'autres planètes par l'Homme[modifier | modifier le code]

Jusqu'ici il n'a pas été jugé bienvenu par les missions spatiales, et les engins spatiaux de type atterrisseurs sont au contraire désinfectés avant leur départ, par précaution.

Cependant, la science fiction a aussi préparé les esprits à la terraformation d'autres planètes. Ainsi, en Août 2016, Claudius Gros (physicien théoricien de l'Université Goethe de Francfort) a publié un essai en astrophysique et sciences spatiales où il décrit un projet Genesis d'envoi de sondes intelligentes vers des mondes actuellement sans vie pour les ensemencer avec des microbes[13]. Ces sondes pourraient par exemple être poussées par des voiles solaires comme celles de la mission Starshot envisagée vers Alpha Centauri pour y rechercher d'éventuelles traces de vie. Des microbes ensemenceurs pourraient selon lui peut-être s'implanter ailleurs, et évoluer vers des organismes multicellulaires, et, peut-être par la suite, vers des organismes de type fongiques, végétaux et animaux[13].

Interviewé par le journal Science, il précise que seules des planètes sans vie devraient être ensemencées (ce qui peut être vérifié par la sonde, par exemple grâce à la spectrométrie, et il décrit deux stratégies possibles : une intelligence embarquée pourrait créer par génie génétique et déposer sur d'autres planètes des microbes pré-adaptés aux conditions locales ou planétaire de vie[13] (ex : organismes extrêmophiles pour des planètes chaudes, froides, acides, radioactives...). Seconde solution : un même groupe de microbes pourrait être déposé sur de nombreuses planètes, susceptibles d'évoluer ensuite en s'adaptant par sélection naturelle aux ressources et contraintes locales, en veillant à les déposer sur des planètes ou ils ont initialement des chances de survie. Une combinaison de ces deux possibilités est également possible. Des microcapsules de quelques millimètres de long suffiraient selon lui, pouvant introduire une vie photosynthétiques afin de produire une atmosphère riche en oxygène où d'autres formes de vie, dont des formes de type animale qui pourraient ensuite se développer. La sonde pourrait demeurer en orbite et préparer des organismes eucaryotes (multicellulaires) confiés à l'évolution, potentiellement pour des millions d'années[13]. Selon l'auteur 50 à 100 ans suffiraient à préparer une telle mission, à condition d'aussi recueillir d'ici-là plus de données sur les exoplanètes les plus proches[13].

L'humanité pourrait disparaître bien avant qu'une vie intelligente n'apparaisse sur ces planètes, et la question de savoir si les humains peuvent, veulent ou doivent jouer un rôle actif dans le cosmos, plutôt que l'observer prudemment ou passivement est également une question éthique ; selon l'auteur « nous devrions donner à la vie des chances de se développer, même si on n'en voit jamais le résultat ». Genesis serait aussi un héritage[13].

Culture[modifier | modifier le code]

C'est un thème qui est souvent abordé par la science-fiction une fois que cela est terminé. Rarement les nombreuses difficultés sont abordées.

Critiques[modifier | modifier le code]

Certains considèrent cela comme du colonialisme biologique, ou de la pollution, de la contamination[14]. La simple arrivée d’une sonde mal stérilisée risque d’ensemencer accidentellement, par contamination, la planète en question[15].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Henry Madison Morris, Creation and the modern Christian, Master Books Publishers, , p. 175
  2. Crick F.H & Orgel L.E (1973) Directed panspermia. Icarus, 19(3), 341-346.
  3. Tirard, S. (1996). Les Travaux sur l'origine de la vie de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1970 (Doctoral dissertation, Paris VII (Denis Diderot)).
  4. Hoyle, F & Wickramasinghe C (1981) [Hoyle, F., & Wickramasinghe, C. (1981). Comets-a vehicle for panspermia. In Comets and the Origin of Life (p. 227-239). Springer Netherlands.Comets-a vehicle for panspermia]. In Comets and the Origin of Life (p. 227-239). Springer Netherlands.
  5. Gounelle, M. (2009). Météorites et origine de la vie. Que sais-je?, (3859), 117-123.
  6. Becquerel, P. (1910). La Panspermie Interastrale devant les faits. Ed. de la Revue politique et littéraire (Revue bleue) et de la Revue scientifique.
  7. Haglund, D. (1967). Svante Arrhenius and the panspermia hypothesis. Lychnos: Lärdomshistoriska samfundets årsbok= annual of the Swedish History of Science Society, 77.
  8. Pearce F (2001) Scientists speculate on what the Swedish scientist Svante Arrhenius would have worked on today. AMBIO: A Journal of the Human Environment, 30(3), 150-156 (résumé)
  9. Demets R (2012) Darwin's Contribution to the Development of the Panspermia Theory. Astrobiology, 12(10), 946-950.
  10. Wainwright M & Alshammari F (2010. The Forgotten History of Panspermia and Theories of Life From Space. Journal of Cosmology, 7, 1771-1776.
  11. Arnould J (2010). Purposeful Panspermia: The Other Conquest of Space ? Ethical Considerations. Journal of Cosmology, 7(6), 1726-30.
  12. Klyce B (2001) Panspermia asks new questions. In Photonics West aout 2001-LASE (p. 11-14). International Society for Optics and Photonics.
  13. a, b, c, d, e et f Boddy,Jessica (2016) Q&A: Should we seed life on alien worlds ? in People & Events ; Plants & Animals Space ; DOI: 10.1126/science.aah7285
  14. Mautner, M.; Matloff, G. L. (1979). "A technical and ethical evaluation of seeding nearby solar systems". J. British Interplanetary Soc. 32: 419–423.
  15. http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/astronomie/d/mars-prevention-contre-une-contamination_712/