Enquête sur un scandale d'État
| Réalisation | Thierry de Peretti |
|---|---|
| Scénario |
Thierry de Peretti Jeanne Aptekman |
| Acteurs principaux |
Roschdy Zem Pio Marmaï Vincent Lindon Julie Moulier |
| Sociétés de production | Les Films Velvet |
| Pays de production |
|
| Genre | Thriller policier |
| Durée | 123 minutes |
| Sortie | 2021 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Enquête sur un scandale d'État est un film français réalisé par Thierry de Peretti et sorti en 2021. Le scénario est inspiré par le livre L'Infiltré d'Hubert Avoine lui-même et Emmanuel Fansten basé sur l'affaire François Thierry[1],[2].
Synopsis
[modifier | modifier le code]En octobre 2015, la douane saisit plusieurs tonnes de cannabis à Paris. Hubert Antoine[a] (joué par Roschdy Zem) est un ancien agent infiltré de la brigade des stupéfiants. Il contacte immédiatement Stéphane Vilner (Pio Marmaï), jeune journaliste de Libération, qui lui révèle avoir des preuve qui mettent en cause Jacques Billard (Vincent Lindon), un homme haut placé de la police française. Le journaliste est d'abord méfiant, mais entreprend ensuite une enquête qui va le mener dans les coulisses de la République.
Fiche technique
[modifier | modifier le code]- Titre original : Enquête sur un scandale d'État
- Réalisation : Thierry de Peretti
- Scénario : Thierry de Peretti et Jeanne Aptekman, d'après L'Infiltré d'Hubert Avoine et Emmanuel Fansten[3]
- Photographie : Claire Mathon
- Costumes : Rachèle Raoult
- Décors : Thomas Baquéni et Marion Pagès Gonzalo
- Son : Philippe Welsh, Martin Boissau, Sylvain Malbrant, Raphaël Mouterde et Stéphane Thiébaut
- Montage : Marion Monnier et Lila Desiles
- Production : Les Films Velvet
- SOFICA : Cinémage 14, Indéfilms 8
- Distribution : Pyramide
- Budget : 4,5 millions d'euros
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Format : couleur — 1,33:1
- Genre : thriller, policier
- Durée : 123 minutes
- Dates de sortie :
- France : (Festival international du film indépendant de Bordeaux)[4]
- France : (sortie nationale)[5]
Distribution
[modifier | modifier le code]- Roschdy Zem : Hubert Antoine
- Pio Marmaï : Stéphane Vilner
- Vincent Lindon : Jacques Billard
- Julie Moulier : Julie Mondoloni
- Alexis Manenti : Alexis Novinard
- Mylène Jampanoï : Mylène Antoine
- Lucie Gallo : Lucie Grimaldi
- Valeria Bruni Tedeschi : la procureure de la République
- Marilyne Canto : la juge au procès en diffamation
- Bruno Raffaelli : l'avocat de Jacques Billard
- Valérie Dashwood, Serge Dupuy, Lara Guirao, Nicolas Moreau, Dorothée Sebbagh et Grégoire Tachnakian : membres de l'équipe de rédaction de Libération
- Sofian Khammes : le réalisateur équipe TV
Production
[modifier | modifier le code]Genèse
[modifier | modifier le code]Le projet trouve son origine dans la lecture de l'ouvrage L'Infiltré, coécrit par le journaliste de Libération Emmanuel Fansten et son informateur Hubert Avoine[6],[7]. Initialement, un producteur de télévision a proposé à Thierry de Peretti d'adapter ce récit sous la forme d'une série de six épisodes. Bien que captivé par le sujet, le cinéaste a décliné le format sériel, le jugeant trop éloigné de ses aspirations artistiques du moment. C'est sa rencontre avec les deux auteurs qui a scellé sa volonté de porter cette affaire à l'écran : il a été fasciné par la nature de leur relation, l'obsession commune pour l'enquête et la théâtralité de leurs échanges[7]. Le film s'inspire de l'affaire François Thierry, ancien patron de la lutte antidrogue, dont les méthodes consistaient à favoriser l'entrée de cargaisons massives de stupéfiants sur le territoire pour réaliser des saisies médiatiques[6].
Écriture
[modifier | modifier le code]Le scénario est le fruit d'une collaboration entre Thierry de Peretti et Jeanne Aptekman[6]. Pour construire le récit, ils ont puisé dans une matière hétéroclite composée de rapports d'auditions, de procès-verbaux, de témoignages et de longues sessions d'entretiens avec Fansten et Avoine[7]. Le réalisateur a choisi de romancer les noms des protagonistes — Hubert Avoine devenant Hubert Antoine et Emmanuel Fansten, Stéphane Vilner — afin de préserver une dimension fictionnelle et d'explorer l'opacité des personnages plutôt que de livrer un simple biopic[8]. Le scénario a évolué de manière organique durant la production ; ainsi, la scène finale du procès a été écrite et intégrée en plein tournage pour faire écho au véritable procès en diffamation intenté par Jacques Billard contre Libération, qui se déroulait au même moment[9]. L'objectif était de rendre compte de la complexité du réel sans céder aux facilités du suspense artificiel ou du sensationnalisme[10].
Attribution des rôles
[modifier | modifier le code]La distribution est dominée par le trio composé de Roschdy Zem, Pio Marmaï et Vincent Lindon[6]. Roschdy Zem incarne l'informateur mystérieux Hubert Antoine, un rôle choisi par le cinéaste pour la capacité de l'acteur à incarner une forme d'opacité existentielle[8],[11]. Pio Marmaï interprète le jeune journaliste Stéphane Vilner, tandis que Vincent Lindon prête ses traits au haut gradé Jacques Billard[8],[11]. Thierry de Peretti a tenu à ce que le « chœur » des journalistes de Libération soit exclusivement composé d'acteurs professionnels, tels qu'Alexis Manenti, Julie Moulier ou Arnaud Churin, afin que la fiction occupe chaque recoin du cadre[7]. Plusieurs interprètes, dont Valeria Bruni-Tedeschi et Cédric Appietto sont des collaborateurs réguliers du metteur en scène au théâtre ou au cinéma[7]. Par ailleurs, Roschdy Zem et Vincent Lindon se connaissaient bien pour avoir déjà partagé l'affiche de plusieurs films par le passé, notamment Fred et Ma petite entreprise[7].
Tournage
[modifier | modifier le code]Le tournage s'est déroulé entre Paris, Marseille et la Costa del Sol en Espagne[7]. Pour l'image, Thierry de Peretti a renouvelé sa collaboration avec la directrice de la photographie Claire Mathon[6],[7]. Le choix esthétique majeur du film réside dans l'utilisation du format 1.33:1 (presque carré), privilégié pour inciter le spectateur à « percer l’image des yeux » et pour contredire une approche purement naturaliste[7],[12]. La mise en scène privilégie les plans larges, les focales longues et les mouvements de caméra fluides, refusant systématiquement la caméra à l'épaule pour maintenir une certaine distance critique[7]. Une partie significative du film a été tournée au sein même de la rédaction de Libération. L'équipe a dû s'intégrer discrètement au flux réel du journal, les journalistes passant dans le champ n'étant pas des figurants mais les véritables employés du quotidien en pleine activité[7].
Accueil
[modifier | modifier le code]Box-office
[modifier | modifier le code]Pour son premier jour d'exploitation en France, le film se classe 4e du classement avec 18 036 entrées, dont 6 347 en avant-première, pour 194 copies. Il se place juste derrière Moonfall (25 074) et devant Marry Me (7 002 entrées)[13]. Au bout d'une semaine d'exploitation, le long-métrage se place à la 7e place du box-office français avec 101 542 entrées, devant Tous en scène 2 (100 714) et derrière Spider-Man: No Way Home (135 634)[14].
| Pays ou région | Box-office | Date d'arrêt du box-office | Nombre de semaines |
|---|---|---|---|
| 223 904 entrées[15] | 10 | ||
| 1 601 934 $ | - | - |
Critiques
[modifier | modifier le code]| Site | Note |
|---|---|
| Allociné |
| Périodique | Note |
|---|---|
| Dernières Nouvelles d'Alsace | |
| Le Parisien | |
| Ouest-France | |
| La Croix | |
| Les Inrockuptibles | |
| Le Journal du dimanche | |
| Critikat |
En France, le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 4,1/5 pour 29 critiques[5]. Pour les spectateurs et spectatrices, la moyenne atteint les 2,8/5 pour 564 notes et 120 critiques[5].
Les critiques presse sont très positives. « Passionnant » et « captivant » sont les deux qualificatifs qui ressortent le plus souvent. Les acteurs, leur présence et leur interprétation sont également salués. Parmi les critiques négatives, Le Journal du dimanche évoque un rythme incertain et Critikat un rythme étrangement atone[5].
Selon Jacky Bornet de France Télévision « Entre fiction et documentaire, Enquête sur un scandale d'État interroge sur les dérives de la lutte anti-drogue en France ». « de Peretti filme un thriller réaliste fiévreux, instillant une confusion qui réclame toute l’attention du spectateur ». « L’infiltré dit-il la vérité ? Va-t-il aller jusqu’au bout de ses allégations ? Le journaliste ne cherche-t-il pas à entretenir l'attention de son lectorat ? Le chef des stups ne remplit-il pas ses fonctions en créant un trafic pour mieux le dépister ? »[12].
Distinctions
[modifier | modifier le code]Nominations
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Le personnage de Robert Antoine est directement inspiré d'un autre personnage du même auteur, qui le nomme "Hubert Avoine"
- ↑ Mathieu Macheret, « Enquête sur un scandale d'État : un thriller paranoïaque sur fond de trafic de drogue », sur LeMonde.fr, (consulté le )
- ↑ Ève Kaufmann, « « Enquête sur un scandale d'État » : quelle est l'histoire vraie à l'origine du film ? », sur VanityFair.fr, (consulté le )
- ↑ Robert Laffont, 2017
- ↑ Film d'ouverture
- 1 2 3 4 « Enquête sur un scandale d'État - Allociné », sur Allociné (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Bertrand Mathieux, « Enquête sur un scandale d'État (2022) - Critique du film de Thierry de Peretti », sur Citizen Poulpe, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 [vidéo] « Les secrets de tournage du film Enquête sur un scandale d'état », AlloCine (consulté le )
- 1 2 3 « Enquête sur un scandale d’État : l’ivresse des pouvoirs - Zone Critique », sur zone-critique.com (consulté le )
- ↑ Sacregraal, « Interview – Enquête sur un scandale d’état – Thierry de Peretti - Cin'Ecrans », (consulté le )
- ↑ Bazaart, « Enquête sur un scandale d’état :Rencontre avec Thierry de Peretti - Baz'art : Des films, des livres... », sur Baz'art : Des films, des livres... (consulté le )
- 1 2 Des Nouvelles du Front cinématographique, « « Enquête sur un scandale d'État » de Thierry de Peretti : L'indic à distance », sur Le Rayon Vert, (consulté le )
- 1 2 Jacky Bornet, « Entre fiction et documentaire, "Enquête sur un scandale d'État" interroge sur les dérives de la lutte anti-drogue en France », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ Brigitte Baronnet, « Box-office : Mort sur le Nil navigue en tête du 1er jour France », sur Allociné, (consulté le )
- ↑ Brigitte Baronnet, « Box-office France : Super-héros malgré lui franchit le million et reste en tête », sur Allociné, (consulté le )
- ↑ « Enquête sur un scandale d'État », sur JPbox-office.com
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Vincent Poli, « L'ami de mon indic », Cahiers du cinéma, no 784, , p. 59
- Hubert Avoine, Emmanuel Fansten, L'Infiltré : De la traque du Chapo Guzman au scandale français des stups, Robert Laffont, , 216 p.
- Emmanuel Fansten, Trafics d'État : Enquête sur les dérives de la lutte antidrogue, Robert Laffont, , 198 p.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Film français sorti en 2021
- Film dramatique français
- Thriller (film) français
- Film réalisé par Thierry de Peretti
- Film d'Arte
- Film tourné à Paris
- Film sur le trafic de drogue
- Film sur l'infiltration policière
- Film sur le journalisme
- Adaptation d'une œuvre littéraire au cinéma
- Film français inspiré de faits réels