Enfouissement vivant

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L'inhumation précipitée d'Antoine Wiertz (1854)

Indépendamment des ensevelissements provoqués par des accidents ou des cataclysmes, des personnes peuvent être involontairement inhumées vivantes suite à une tragique erreur de diagnostique de leur décès. C'est aussi une méthode d'exécution particulièrement cruelle qui a été pratiquée de tous temps.

Inhumation involontaire de personnes vivantes[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage sur les vampires rédigé en 1751, Dom Augustin Calmet affirme : « On pourrait multiplier à l'infini les exemples de personnes enterrées toutes vivantes et d'autres qui sont revenues comme on les portait au tombeau, ou qui ont été tirées du tombeau par des cas fortuits. ». A l'appui de ses dires il cite plusieurs exemples de personnes revenues à la vie alors qu'elles étaient considérées comme mortes et traitées comme telles. Un des cas clairement attesté est celui de François de Civille. Certains exemples relèvent de la légende ou de la calomnie, tel l'empereur byzantin Zénon mort en 491 ou Jean Duns Scot mort en 1308 dont on a prétendu qu'en ouvrant leur tombeaux avait constaté qu'ils s'étaient dévoré les bras.

Il faut dire que jusqu'au XIXe siècle inclus, le constat du décès d'un individu était fait de façon sommaire. Nombre de présumés morts n'étaient en fait qu'en léthargie ou plongé dans un coma passager[1]. La conservation des corps étant problématique, les inhumations étaient fréquemment pratiquées dès le lendemain du décès. En période d'épidémie, les inhumations devenaient quasiment immédiates pour prévenir la contagion. La peur de se retrouver enterré vif (Taphophobie) se généralise, entretenue par des récits d'épouvante rédigés par des romanciers tels qu'Edgar Allan Poe et par la relation de cas réels rapportés par les journaux[2]. Certains médecins ne sont pas en manque, contribuant à conforter l'idée que cette dramatique erreur est fréquente.

Méthode d'exécution[modifier | modifier le code]

la photo noir et blanc montre des soldats en uniforme de l'armée japonaise contraignant des hommes aux mains liées dans le dos à descendre dans une fosse.
Chinois enterrés vivants lors du massacre de Nankin.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie grecque, selon les versions, Zeus aurait envoyé les centaures pour qu'ils enterrent Cénée vivant.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans la Rome Antique, les vestales étaient enterrées vivantes en cas de relations sexuelles, un crime qualifié d'incestus. Un des exemples les plus connus est celui de la mère de rémus et Romulus.

Moyen-âge[modifier | modifier le code]

Au bas Moyen Âge les femmes pouvaient être enterrées vives pour des motifs comme le brigandage[3]. Selon la Gesta Hungarorum, Géza, Grand-Prince des Hongrois qui favorisa la conversion de son peuple au christianisme, fit enterrer vivant le chef des Petchenègues Thonuzoba, qui refusait de se convertir. En 1402, à Sivas, Tamerlan fait enterrer vivants 4 000 guerriers arméniens et écraser sous les sabots de ses chevaux tous les enfants de la cité.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Lors de la Guerre sino-japonaise (1937-1945) des civils étaient enterrés vivants par les soldats japonais. Par les Einsatzgruppen en Russie pour économiser des munitions. Ils faisaient creuser une fosse par les personnes allant être exécutées, ils les faisaient descendre dans celle-ci et ils faisaient reboucher la fosse par d'autres personnes non condamnées[réf. nécessaire].

Indépendamment des crimes de guerre, la méthode est parfois utilisée lors de règlements de comptes ou d’assassinats crapuleux ou passionnels [5].

Expérimentation volontaire[modifier | modifier le code]

Il arrive parfois que des individus se risquent à tenter l'expérience d'être enterré vivant quelques heures dans un cercueil avec l'aide d'assistants ou d'amis. L'aventure n'est pas sans risques : en 2011 un Russe de 35 ans est mort asphyxié à la suite d'une pluie violente ayant obstrué les tuyaux de ventilation[4]. Il en va de même pour les performances de certains artistes ou illusionnistes. Si l'action est parfois plus spectaculaire que réellement risquée, tel l'enfermement dans une cavité souterraine relativement spacieuse et convenablement aérée[5]. Il en va autrement lorsque le moindre incident peut conduire au drame. Ce fut le cas pour Joseph W. Burrus, un prestidigitateur amateur de 32 ans qui mourut asphixié le 30 octobre 1990 lorsque la caisse en plastique dans laquelle il s'était fait enfermer enchainé s'est écrasée sous le poids du béton qui la recouvrait[6].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Théatre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • L'Enterré vivant, film d'horreur de Roger Corman (1962) dans lequel un chercheur médical londonien est obsédé par l'idée d'être enterré vivant.
  • Kill Bill 2, film de Quentin Tarantino (2004) dans lequel l'héroïne, enterrée vivante, utilise une technique de kung-fu pour briser son cercueil avec sa main.
  • Buried, film de Rodrigo Cortés (2010) dans lequel un jeune entrepreneur américain est enterré vivant en Irak dans une boîte en bois avec un téléphone à moitié déchargé et un briquet.

Peinture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claudio Milanesi, Mort apparente, mort imparfaite : Médecine et mentalités au XVIIIe siècle, Collection : Bibliothèque scientifique, Payot, (1991) (ISBN 978-2228882934)
  2. [1]
  3. Femmes dans la guerre (XIVe-XVe siècles): un rôle caché par les sources ?
  4. [2]
  5. [3]
  6. [4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]