Enfant indigo

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La couleur indigo, ici représentée sur le 6e chakra, est associée dans le New Age à une responsabilité spirituelle à l'égard du monde.

Enfant indigo est une expression issue de la pensée New Age et plus spécifiquement portée par le kryonisme de Lee Carroll, pseudo-scientifique et occultiste. Elle désigne une catégorie nouvelle et imaginaire d'enfants « surhumains » qui seraient apparus pour sauver le monde. Ces « enfants du 3ème millénaire »[1] seraient caractérisés notamment par des troubles du comportement ou du développement censées découler d'un environnement qui serait inadapté à leur supposé haut potentiel[2].

Selon le GEMPPI, qui considère notamment que les enfants exposés aux croyances de leurs parents sont à risque d'endoctrinement, « les adeptes de Kryeon n’ont d’autres objets de culte et de superstition que leurs enfants, qui se trouvent revêtus de super-pouvoirs magiques bénéfiques en cas d’obéissance, maléfiques en cas de rejet, dès lors que les guides patentés de l’église kryeoniste les déclarent Indigo ». Il s'agit selon eux d'une technique d'exploitation des croyants unique en son genre[3].

Le concept d'enfant indigo, proposé comme diagnostic pseudo scientifique à des enfants autistes ou hyperactifs par exemple, conduit à suspecter des dérives sectaires[4]. Le GEMPPI souligne, références à l'appui, que selon Lee Carroll et Jan Tober dans Les Enfants Indigo (Éditions Ariane 1999), les caractéristiques générales des enfants indigo selon les kryeonistes sont asociaux, égoïstes, perturbateurs, tyrans, prétentieux, caractériels, tueurs[3].

Histoire ; origines et principe[modifier | modifier le code]

Le concept était en gestation depuis les années 1970[2].

Il se formalise dans les années 1990 dans certains pays anglophones et depuis 1999 dans les pays francophones[2] avec Nancy Ann Tappe qui se présente comme voyante, « médium » et « synesthète »[5] et qui affirmait observer des « auras » de différentes couleurs autour de certaines personnes, dont la couleur indigo[6] dans son ouvrage Understanding Your Life Through Color en 1982. La couleur indigo serait associée à des personnes ayant un destin de leader spirituel. L'idée a été reprise et popularisée par le livre The Indigo Children (Les Enfants indigo : Enfants du 3e millénaire), écrit en 1999 par les Américains Jan Tober et Lee Carroll, puis par Doreen_Virtue (en) avec son livre Aimer et prendre soin des enfants indigo (2002). Certains auteurs notent que cette couleur et notion peuvent renvoyer à celle des avatars bleus (silhouette d'un corps androgyne, glabre, élancé et bleu) qui s'est développée dans certains milieux de la cyber-culture, des bandes dessinées et de la culture pop américaine et européenne, dans la décennie 90[7].

Selon une étude commandée par la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou sur le sujet « Enquête de réception : le cas de l'ésotérisme », la notion d'enfant indigo est un « exemple parfait d'invention moderne d'un thème ésotérique » (p. 177). Deux « écrivains-thérapeutes » tels que le New Age en a beaucoup mis en avant : Lee Carroll et Jan Tober ont publié en 1999 un ouvrage intitulé Les Enfants indigo, enfants du troisième millénaire ; A partir de ce texte, l'idée qu'il existe des « enfants indigo », présentés comme « mutants » (thème très présent aussi dans la bande dessinée et repris par le cinéma). Ces enfants seraient nés depuis les années 1990, rebelles et doués ce capacités nouvelles, introduits dans le monde pour une « grande transition planétaire ».

Des parents ont cru que leurs enfants était « indigo ». Des adolescents se sont eux-mêmes décrits comme indigos.

En 2002, Carroll et Tober publient un second livre : – Célébration des enfants indigo qui réuni des témoignages, récits et anecdotes transmis par les lecteurs du premier livre. Des dizaines d'ouvrages sur le sujet ont, depuis, été publiés en Amérique du Nord et une dizaine en français. L'auteur associe avec raison ce courant ésotérique à l'inquiétude des parents et des éducateurs face aux enfants « difficiles », comme on le voit par exemple avec les discours sur les enfants dits « hyperactifs ».

Les associations et organismes de lutte contre les sectes dénoncent rapidement les dangers induits par ce concept notamment en termes sociopsychopathologiques infanto-juvéniles alors que ces références pénètrent le champ culturel, avec des effets sur la santé mentale[2].


« Malgré les retombées médiatiques des campagnes d’information engagées pour prévenir médecins et particuliers des dangers de ce groupe prônant l’idéologie d’une race nouvelle à venir, Kryeon continue à promouvoir activement le thème des enfants indigo, enfants à l’ADN différent qui doivent faire l’objet d’une éducation particulière et qui, pour certains d’entre eux, auraient même des pouvoirs de guérison [...]. Le groupe investit actuellement aussi le créneau des femmes enceintes (idée de la « génération indigo » en gestation) et propose une surenchère dans l’exploitation du thème des enfants indigos en passant actuellement au concept de l’enfant « cristal », décrété encore plus extraordinaire que les précédents[8]. »

— Jean-Marie Abgrall (médecin criminologue et spécialiste des sectes)

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Position rationnelle[modifier | modifier le code]

Cette catégorisation n'a aucune base scientifique, et repose sur des croyances occultistes.

Parmi les critiques faites à l'idée d'« enfant indigo » :

  • d'être le fonds de commerce d'une secte[9] ;
  • d'être non scientifique[10] ;
  • de séduire les parents d'enfants en difficulté en leur présentant leur situation sous un angle favorable[11] ;
  • Selon certaines analyses, l'enfant dit « Indigo » pourrait culpabiliser des parents qui se sentent incapables de soutenir le destin particulier de leurs enfants[12] ;
  • d'être un plan politique pour créer ou infiltrer des écoles « spéciales »[13] ;
  • de déifier des enfants et de déprécier les parents[14] ;
  • de servir de publicité à des écoles « prétendument spécialisées » privées, à prix exorbitant.

L'expression « enfants indigo » est parfois aussi utilisée pour décrire des enfants surdoués et/ou en échec scolaire, ayant une intelligence et une maturité spirituelle supérieures, (nés autistes, dyslexiques ou hyperactifs), sans les considérer comme leaders ou futurs saveurs du monde. Ces derniers devraient, selon les tenants de l'idée, être éduqués selon de nouveaux critères, adaptés à leur particularité, qui n'est plus alors reconnue comme une maladie ou un handicap, mais présentée comme une mutation[15].

Films[modifier | modifier le code]

  • Hungry Hearts : ce film italien raconte le calvaire d'un enfant que sa mère croit être un « enfant indigo ». Après la naissance, la mère sombre dans la folie. Son amour maternel — son cœur « affamé » — la pousse à adopter pour son fils un régime alimentaire restrictif à base de légumes et d'huile de colza et un mode de vie non conventionnel (elle refuse — entre autres — de consulter un médecin bien que son fils soit dans un état de santé alarmant). Lorsque le père voit son fils dépérir — voire mourir de faim — il fait tout pour le sauver avec l'aide de sa propre mère.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Huguet-Manoukian J (2016) 7. Nathan et «l’effet toupie». In Une pratique de soins précoces pour les enfants en situation de handicap (pp. 69-78). ERES.
  2. a b c et d Évrard R & Le Maléfan P (2010) Une marge de la psychopathologie contemporaine: les «enfants indigo». L'information psychiatrique, 86(5), 413-421
  3. a et b GEMPPI, « KRYEON : Enfants en danger psychologique » (consulté le 7 janvier 2017)
  4. Marie-France, 2007 : « Hyperactifs, dyslexiques, ascolaires, ils sont les premières cibles du mouvement indigo. Cette idéologie à dérive sectaire fait croire aux parents que ces enfants sont des êtres supérieurs descendus sur Terre pour nous sauver. Très inquiétant : en France, les adeptes de ce mouvement se multiplient à grande vitesse. » Revue Marie-France, de mars 2007 (et rapporté sur prévensecte)
  5. The Skeptic's Dictionary, article Indigo Child (lien)
  6. Journal de San Diego Nancy Tappe serait une synesthète qui a développé la capacité à voir les auras
  7. Casilli A (2005) Les avatars bleus. Autour de trois modalités d'emprunt culturel au sein de la cyberculture| Communications, 183-202.
  8. Jean-Marie Abgrall, « Sectes et pseudo-médecines - 2ème partie », sur pseudo-medecines.org.
  9. secte Kryeon et enfants indigo [1]
  10. Are They Here to Save the World ?, New York Times
  11. Norbert Bron, op. cit.
  12. voir Info-sectes association chrétienne
  13. "Il y a du sens politique dans tout cela. Ils s'habillent avec les oripeaux de théories qui les légitiment. Peut-être ont-ils la volonté d'infiltrer ces structures Catherine Picard, Président de l'UNADFI dans Le monde de l'éducation en 2004
  14. Le monde de l'éducation de novembre 2004, par Julie Chupin "Quelle est cette lumière bleu pâle au fond de la classe, lieu d'élection traditionnel du cancre et de l'élève indiscipliné ? Non, vous n'êtes pas victime d'hallucinations, mais simplement en présence d'un enfant indigo, cette nouvelle race de bambins venus changer le monde."
  15. « il n'est pas nouveau que des parents se saisissent ainsi d'un signifiant venant connoter positivement les difficultés de leur enfant » Association Lacanienne, article de 2004 par Norbert Bron

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • L'auteur-compositrice-interprète Soko (Stéphanie Sokolinski) se dit enfant indigo.
  • L'auteur-interprète Willow Smith fait souvent des références aux enfants Indigo dans ses œuvres musicales, en se réappropriant le sens du mot. (Notamment dans sa participation au titre "Wit a Indigo").
  • aura (parapsychologie)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Caroll, Lee & Tober, Jan (1999) Les Enfants indigo : enfants du 3e millénaire, Outremont, Ariane. (ISBN 2-920987-36-4)
  • Caroll L (2002) Célébration des enfants indigo, Outremont, Ariane. (ISBN 2-92098764-X)
  • Chautems J (2015), Être indigo sans avoir le blues, Lausanne, Favre. (ISBN 978-2-8289-1420-2)
  • Chupin J. (2004) Enfants indigo : les nouveaux missionnaires. Article du Monde de l’éducation, publié le 1er novembre. http://appy.ecole.free.fr/articles/20041100d.htm
  • Corcombet M, Denoyer F, Laurent G & Mansour M (2007) Les enfants indigo II. Dossier d’étudiants du cours de zététique et approche scientifique du paranormal. Université Joseph-Fourier de Grenoble.
  • Évrard R & Le Maléfan P (2010) Une marge de la psychopathologie contemporaine: les «enfants indigo». L'information psychiatrique, 86(5), 413-421.
  • Simon S(2006), Enfants indigo, une nouvelle conscience planétaire, Monaco, Alphée. (ISBN 2-75380202-5)
  • Virtue D (2002) Aimer et prendre soin des enfants indigo, Outremont, Ariane. (ISBN 2-92098759-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Kryeon sur prevensectes.com
  • Enfants indigo et secte Kryeon article de GEMPPI, Mouvement associé au CCMM et membre de la FECRIS (Fédération Européenne des Centres de Recherche et d'Information sur le Sectarisme)