Enceinte fortifiée

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En archéologie, une enceinte (ou enceinte fortifiée) est un ouvrage de castramétation ancien, souvent protohistorique. Elle est constituée d'un plateau mis en défense par des circonvallations, c’est-à-dire par un ouvrage de terre, composé de fossés et de talus pour des palissades, rarement des murailles. La plupart du temps un fossé en fait le tour. Il arrive que le système soit plus complexe.

Ce genre de fortification est très répandu. En France il peut porter le nom de camp ou redoute, et est généralement identifié à tort à un « camp romain », pouvant même porter le nom de « camp de César ».

L'enceinte fortifiée se distingue de l'oppidum par l'importance. Elle dépasse rarement deux hectares et ne comporte pas de traces d'habitat.

Typologie[modifier | modifier le code]

Le type d'enceinte le plus simple et le plus ancien est constitué par un éperon barré, c’est-à-dire une chaîne de collines interrompue par un fossé profond qui barre la crête, afin de mettre en défense le sommet d'une croupe suffisamment abrupte.

Les enceintes fortifiées les plus courantes sont facilement identifiables par un plateau entouré d'un fossé (voir illustration). Les fossés sont destinés à contenir des obstacles, comme un hérisson de broussaille, et jamais de l'eau.

Enfin plusieurs enceintes primitives ont été ultérieurement aménagées et comportent des retranchements successifs. Dans certains cas, elles ont été complétées au Moyen Âge par une motte castrale.

Le terme d'enceinte s'applique aussi, depuis le Moyen Âge à l'architecture militaire et correspond à une place emmuraillée.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les enceintes primitives sont considérées comme protohistoriques et peuvent généralement dater de l'âge du fer. Jules César, dans la Guerre des Gaules, cite : « Ils commencent [les Aquitains], à l'exemple du peuple romain, par prendre leurs positions, par fortifier leur camp, par nous intercepter les vivres. » (Livre III).

Vestiges subaquatiques de l'enceinte fortifiée de l'Estey à l'est du lac de Sanguinet, à - 7 m de la surface.

Des fouilles au fond du lac de Sanguinet ont révélé une petite enceinte montrant encore les restes d'une double palissade, une forte à l'extérieur, une autre plus modeste à l'intérieur destinée au bétail, ménageant ainsi une sorte de chemin de ronde. Adossé à la partie nord de la palissade, vers le centre du lac actuel, un modeste habitat temporaire dont on trouve des traces par la densité des tessons, montre que l'enceinte n'était pas le village. Un amas de racines au centre de l'ouvrage laisse supposer que l'aire était couverte de feuillus. Cette enceinte ayant été noyée lors d'une montée subite des eaux, il a été possible de dater l'ouvrage aux alentours de – 500, un riche contexte archéologique permet d'affirmer que cette fortification appartient au peuple aquitain des Boiates, du village de Losa. Une voie romaine passera près de cet endroit, on en voit encore les vestiges au fond du lac.

Dans certaines régions, comme le pays d'Orthez, la densité de ces enceintes est remarquable, une par commune actuelle environ. Ces enceintes semblent être des refuges temporaires pour les communautés pastorales, plutôt que comme des villages permanents. Pour la majorité d'entre elles, leur état de conservation montre qu'elles ont été entretenues au cours des siècles. L'importance des terrassements indique que les travaux ne peuvent se justifier que par une communauté conséquente.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Maurin. — 3000 ans sous les eaux (Gaïa Éditions, 1998).