En passant par la Lorraine

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En passant par la Lorraine ou En revenant de la Lorraine est une chanson populaire française. Elle est particulièrement chantée par les enfants.

Historique[modifier | modifier le code]

Selon l’Histoire de la chanson française, la mélodie et les paroles de la chanson évoquant la Lorraine sont originaires de Bretagne et remontent au XVIe siècle[1]. En revenant de la Lorraine est imprimé pour la première fois en 1535[2]. Roland de Lassus l'aurait mise en musique au XVIe siècle[3]. Un texte remarquablement comparable, sur une mélodie bien plus élaborée de la main de Jacques Arcadelt, se trouve imprimé chez Pierre Attaignant, sous le titre Margot labourez les vignes.

C’est en 1885, sous la Troisième République, que cette chanson a été modifiée de façon significative pour être mise au service du gouvernement qui voulait que l’école publique dispose d’un répertoire de chansons à connotation patriotique. À la suite d’une audition, sous la direction de Julien Tiersot, avec le concours de jeunes artistes, l’original En revenant de Rennes (ou En passant par la fontaine[4]) fut détourné en En passant par la Lorraine pour rappeler la région perdue contre la Prusse en 1871[1].

Certains ont avancé qu'Adolphe Orain s’en serait inspiré pour créer une chanson mettant en scène Anne de Bretagne : les Sabots d’Anne de Bretagne, mais il s'en est défendu en disant qu'il l'avait collectée dans la campagne de Haute-Bretagne, mais a convenu de l’avoir modifiée[5]. Le chansonnier Xavier Privas a écrit une parodie guerrière d’En passant par la Lorraine, intitulée Croquemitaine. Cette version fait de l’empereur d’Allemagne Guillaume II une nouvelle incarnation du personnage maléfique Croque-mitaine[6].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Momo, le petit garçon arabe dans La Vie devant soi (1975) de Romain Gary, se met à siffler cette chanson. Georges Brassens s'inspire de cette chanson pour écrire les Sabots d'Hélène (1954). En 2014, le groupe franco-allemand Mannijo reprend cette chanson en y incluant des paroles du titre les Sabots d'Hélène[7].

Le double sens de « Vilaine »[modifier | modifier le code]

Le sens du vers « Je ne suis pas si vilaine avec mes sabots… » repose un jeu de mot permis par la polysémie du terme « vilaine » : « paysanne » ou « laide ».

Paroles d'une version de la chanson[modifier | modifier le code]

En passant par la Lorraine,
Avec mes sabots,
En passant par la Lorraine,
Avec mes sabots,
Rencontrai trois capitaines,
Avec mes sabots,
Dondaine, oh ! Oh ! Oh !
Avec mes sabots.


Rencontrai trois capitaines,
Avec mes sabots,
Rencontrai trois capitaines,
Avec mes sabots,
Ils m'ont appelée : Vilaine !
Avec mes sabots,
Dondaine, oh ! Oh ! Oh !
Avec mes sabots.

Ils m'ont appelée : Vilaine !
Avec mes sabots…

Je ne suis pas si vilaine,
Avec mes sabots…

Puisque le fils du roi m'aime,
Avec mes sabots…

Il m'a donné pour étrenne,
Avec mes sabots…

Un bouquet de marjolaine,
Avec mes sabots…

Je l'ai planté sur la plaine,
Avec mes sabots…

S'il fleurit, je serai reine,
Avec mes sabots…

S'il y meurt, je perds ma peine,
Avec mes sabots,
Dondaine, oh ! Oh ! Oh !
Avec mes sabots.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Claude Duneton et Emmanuelle Bigot, Histoire de la chanson française, Paris, Seuil, 1998, (ISBN 978-2-02017-286-8), 1099 p., p. 914.
  2. Georges Dottin, La Chanson française de la Renaissance, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 126 p., (ISBN 9782130381365), p. 17.
  3. Conrad Laforte, Survivances médiévales dans la chanson folklorique : poétique de la chanson en laisse, Presses de l'Université Laval, 300 p. (ISBN 978-2-76376-928-8, lire en ligne), p. 137.
  4. L'Événement du jeudi, nos 733 à 739, p. 76, 1998.
  5. Didier Le Fur, Anne de Bretagne, Paris, Guénégaud, 2000, 223 p., (ISBN 978-2-85023-103-2), p. 191.
  6. « Une comptine pour tuer Guillaume II », sur France Info.
  7. discogs.com