Emprunt Giscard

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L'emprunt Giscard d'Estaing est un emprunt national émis par l'État français en 1973 au taux d'intérêt de 7 %, alors que Valéry Giscard d'Estaing est ministre de l'Économie et des Finances.

L'emprunt[modifier | modifier le code]

L'emprunt Giscard est donc mis en place à la suite du premier choc pétrolier afin de compenser les pertes de recettes budgétaires causées par la baisse de la TVA[1] ; afin d'obtenir et de rassurer les souscripteurs, il est indexé sur le poids d'or de l'ECU et celui du franc, ou à défaut, sur le cours de l'or[2], comme l'avait été l'emprunt Pinay (1952-1958). Ce choix paraissait a priori judicieux car, alors, le cours de l'or ne grimpait pas plus vite que l'inflation, et parfois moins certaines années, tandis que le nom « or » continuait d’inspirer confiance aux épargnants.

En 1976, les accords de la Jamaïque, confirmant officiellement l'abandon du rôle légal international de l'or renversent complètement cette situation. Le franc, comme les autres monnaies n'est plus rattachée à l'or. Seul l'emprunt Giscard reste indexé sur le cours du lingot d'or.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Cet emprunt a la réputation d'avoir été particulièrement coûteux pour les finances publiques[3] : pour 6,5 milliards de francs emprunté pour 15 ans, l'État dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs.

L'écart s'explique d'abord par la dévaluation du franc entre 1973 et 1988 : sa valeur a été divisé par 3,5 en 15 ans[4]. Cela n'aurait pas eu d'incidence si l'emprunt avait été émis en francs mais ayant été émis en dollars US la dévaluation du franc eut un impact : le taux de change passa d'environ 4,40 francs pour en dollar en 1973 à un taux de 6,20 francs en 1988 avec un pic de conversion à plus de 10 francs au début de 1985.

Le second facteur est l'effet normal d'un emprunt à 7 % sur 15 ans : dans ces conditions, in fine c'est 1,62 francs qu'il faut rendre à la fin du prêt pour chaque franc emprunté[5].

Le dernier facteur, de loin le moindre et pourtant le plus populaire et le plus fréquemment avancé et dénoncé, est la hausse du cours de l'or. La crise mondiale pousse les investisseurs à se tourner vers l'or plutôt que vers des actifs plus risqués (bourses, entreprises). En réalité, cette hausse n'était importante qu'en monnaie courante, mais la monnaie était alors fortement érodée par une inflation importante, dans tous les pays. En monnaie constante (dollar 1992), l'once d'or passe de moins de 40 dollars en 1973 à 500 dollars en 1988 (moyennes annuelles)[6]. La hausse du cours de l'or n'explique donc qu'environ 20 % du coût de l'emprunt. Mauvais point pour Giscard d'Estaing, le record de valeur de l'or est atteint en 1980, et reste encore particulièrement élevé en 1981, à la veille de l'élection, laissant présager un coût particulièrement élevé pour le remboursement de l'emprunt, ce que ses adversaires ne manquent pas d'exploiter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]