Empire centrafricain

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Empire centrafricain

19761979

Drapeau
Étendard impérial de l'empereur Bokassa
Blason
Armoiries de l'Empire centrafricain

Devise : Unité, Dignité, Travail

Hymne : La Renaissance

Description de cette image, également commentée ci-après

Localisation de l'Empire centrafricain.

Informations générales
Statut Monarchie constitutionnelle (de jure)
Monarchie absolue (de facto)
Capitale Bangui
Langue Français, sango
Monnaie Franc CFA
Histoire et événements
Proclamation de l'Empire par le président à vie Jean-Bedel Bokassa
Sacre de l'empereur Bokassa Ier à Bangui
Débarquement français à Bangui
Abolition de l'Empire et proclamation de la Deuxième République centrafricaine
Empereur
1976-1979 Bokassa Ier
Premier ministre
1976-1978 Ange-Félix Patassé
1978-1979 Henri Maïdou

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Empire centrafricain était le nom de la courte monarchie autocratique qui a remplacé la République centrafricaine et qui, à son tour, a été remplacée par la restauration de la république. L'Empire a été créé quand Jean-Bedel Bokassa, président de la République puis président à vie, s'est proclamé empereur sous le nom de Bokassa Ier le 4 décembre 1976. Bokassa a dépensé l'équivalent de 14 millions d'euros[réf. nécessaire], un quart des revenus annuels du gouvernement du pays, pour la cérémonie de son couronnement. La monarchie a été abolie et la République centrafricaine a été restaurée le 21 septembre 1979, date à laquelle Bokassa a été déposé avec le concours des parachutistes français.

Proclamation de l'Empire[modifier | modifier le code]

L'empereur Bokassa.

En septembre 1976, Bokassa a dissout le gouvernement et le remplaça par le Conseil de la Révolution centrafricaine. Le 4 décembre 1976, au congrès du MESAN, Bokassa établit une nouvelle constitution et instaure la monarchie : l'« Empire centrafricain ». Il annonça sa reconversion au catholicisme et se couronna en tant que « Sa Majesté impériale Bokassa Ier » le 4 décembre 1977.

Son titre complet était Empereur de Centrafrique par la volonté du peuple centrafricain, uni au sein du parti politique national, le MESAN. Son accoutrement, sa cérémonie de couronnement extravagante et son régime étaient largement inspirés de Napoléon Ier qui transforma la République française consulaire, de laquelle il était Premier Consul, en Empire français. La cérémonie de couronnement coûta à son pays selon les estimations environ 20 millions de dollars américains[réf. nécessaire].

Bokassa tenta de justifier ses actes en clamant que créer une monarchie aiderait la Centrafrique à se « distinguer » du reste du continent et à gagner le respect du monde. Le couronnement coûta un quart du budget annuel du pays et toute l'aide de la France cette année-là, et malgré les invitations, aucun dirigeant étranger ne participa à l'évènement. Beaucoup pensaient que Bokassa était fou, et comparèrent son extravagance égotiste avec celle d'un autre dictateur africain excentrique très connu, Idi Amin Dada. Des rumeurs tenaces selon lesquelles il consommait de la chair humaine ont été considérées comme non-prouvées pendant son jugement.

Chute[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du , alors que Bokassa Ier se trouve en Libye dans l'optique d'un rapprochement avec le colonel Kadhafi, le SDECE lance l'Opération Caban. Un commando infiltré du Service Action accueille le Transall du 1er RPIMa commandé par le colonel Briançon-Rouge à l'aéroport de Bangui-Mpoko. Après avoir neutralisé l'aéroport, des renforts atterrissent et le chef des Forces Spéciales contacte le colonel Bernard Degenne basé à N'Djaména, capitale du Tchad pour qu'il envoie ses « barracudas », nom de code pour huit hélicoptères Puma et transports aériens Transall. La prise de Bangui peut débuter. Le lendemain aux alentours de minuit et demi, David Dacko, ministre impérial, annonce officiellement la chute de l'Empire centrafricain et proclame la République[1] dont il en devient le président. Le , l'hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné révèle l'affaire des diamants, ce qui contribuera à la défaite de Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de 1981. Bokassa reviendra sur cette affaire dans un livre[2], au milieu des années 1980 au cours de son exil français. Empereur déchu, Bokassa se réfugie à Abidjan, en Côte d'Ivoire, pendant quatre ans, puis en France, dans son château d'Hardricourt dans les Yvelines, pour finalement retourner à Bangui en octobre 1986, bien qu'il y eût été condamné à mort par contumace. Il sera arrêté et jugé pour trahison, meurtre, cannibalisme et détournement de fonds.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Barthélémy Bokassa et Olivier Keravel, Les Diamants de la trahison, Laffont, 2006 (ISBN 978-2756900742)
  2. Roger Delpey, La Manipulation, Jacques Grancher, , 346 p. (OCLC 7784951)