Emmy Lynn

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Emmy Lynn
Nom de naissance Emily Leigh
Naissance
Barcelone (Espagne)
Nationalité Française
Décès (à 88 ans)
Paris
Profession Actrice
Films notables Mater Dolorosa (1917)
La Dixième Symphonie (1918)

Emmy Lynn (nom de scène d'Emily Leigh) est une actrice française, née le à Barcelone (Espagne) et morte le à Paris (France).

Parcours[modifier | modifier le code]

Louis Delluc écrit qu'elle a « tourné beaucoup de films avant qu'on sût qu'elle était photogénique », notamment sous la direction de Maurice Tourneur et Émile Chautard, avant la guerre de 1914. 

Sa carrière s'est principalement déroulée pendant la période du cinéma muet. Elle a joué dans deux films importants d'Abel Gance (Mater Dolorosa, 1917; La dixième symphonie, 1918), et dans des films d'Henry Roussell (La faute d'Odette Maréchal, 1919 ; Visages voilés, âmes closes, 1924), dans lesquels elle souffrait, élégante, racée et dramatique.

Le cinéma parlant lui offre le rôle, entre autres, de l'héroïne de L'enfant de l'amour (Marcel L'Herbier, 1930) et de la comtesse éplorée des Deux orphelines (Maurice Tourneur, 1933).

Sa carrière ralentit et son nom disparaît des magazines au début des années 1930 (son dernier film date de 1942, où elle apparaît en mondaine distinguée dans Le lit à colonnes de Roland Tual). Mariée en 1932 à l'héritier de la famille Peignot, Emmy Lynn semble l'avoir également assagi, lui dont le nom évoquait pourtant à Georges Bataille « les orgies parisiennes (…) dont on m'avait parlé bien des fois » (La vie de Laure). L'ancien mari de sa fille décrit ainsi l'emprise d'Emmy Lynn sur son mari :

Il est certain que mon ex-beau-père a organisé chez lui des parties carrées, mais seulement jusqu'en 1932. Cette année-là, il a épousé l'actrice Emmy Line (sic) qui lui a mis le grappin dessus parce qu'elle voulait s'embourgeoiser. Aussi je vous le dis: en 1932, il n'a pu coucher avec Dora, parce qu'il était en train de changer de vie et voulait devenir respectable[1].

Sa fille, Gladys Lynn-Gautier[modifier | modifier le code]

Le 22 septembre 1922 naît Florence Lynn (1922-2002) de son union avec Henri Roussel (partenaire de plateau de 1915 à 1923, il ne reconnaît pas sa fille[2]). Après un baccalauréat au lycée Jules-Ferry et une licence de droit, elle travaille aux Éditions Gallimard. En 1937, elle devient comédienne, contre l'avis de sa mère[2]: elle joue à Paris dans L'écurie Watson (1937) [3]; puis elle fréquente le Rideau gris de Louis Ducreux et André Roussin, à Marseille ; elle revient à Paris où elle joue à l'Odéon La critique de l'école des femmes (1943); la même année, elle tourne au cinéma avec Jacques Feyder (Une femme disparaît, 1943)[4].

Mais, en 1946, Florence Lynn se marie, sous le prénom de Gladys, avec le journaliste Jean-Jacques Gautier[5] et lui sacrifie sa carrière[6]. Le roman posthume de son mari (Il faut que je parle à quelqu'un, 2003, longue et « navrante » plainte contre l'amour contrarié) révèle que leur histoire conjugale a été bouleversée en 1958 par la relation passionnée de son mari avec la comédienne Annie Ducaux (Wanda dans le livre, tandis que Gladys est dénommée Pauline). Gladys Lynn-Gautier préserve le manuscrit, même après la mort de son mari, et laisse sa filleule Martine Pascal le publier après sa propre mort[7].

Avis critiques[modifier | modifier le code]

  • « Quant à Emmy Lynn, son physique ingrat et déjà marqué ne la dessert nullement et son interprétation du rôle de Fanny, difficile s'il en fut, est très juste et ne mérite que louanges. » (André de Masini, « La vierge folle, de Luitz-Morat »,  La Revue de l'écran, 5 janvier 1929, p. 6)
  • « Mme Emmy Lynn, depuis si longtemps éloignée de l'écran, fournit là une composition magistrale, élégamment pathétique de la tête aux pieds. » (Jacques Faneuse, « Le vertige, de M. L'herbier », La Pensée française, août 1926, p. 23)
  • « Dans cette pièce jouée avec un art et une finesse incomparables, la grande artiste qu'est Mademoiselle Emmy Lynn incarne si bien son rôle que l'émotion étreint le cœur de tous les spectateurs. » (Le Tamatave, 27 mai 1922, à propos de Celles qui restent au logis, 1915)
  • « Les principaux rôles sont excellemment tenus. Et je dois louer Mlle Emmy Lynn, puérile, fantasque et sauvagement passionnée, indéfinissable à souhait dans le personnage étrange et complexe qu'est la folle marquesita. » (Henri Galoy, « La marquesita », Le Courrier français, 18 février 1909, p. 9)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1908 : La beauté du diable, de Jules Mary et Émile Rochard
  • 1909 : La marquesita de Robert d'Humières, d'après le roman de Jean-Louis Talon

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alicia Dujovne Ortiz, Dora Maar, prisonnière du regard, Paris, Grasset, , chapitre 1
  2. a et b Martine Pascal, « Préface », dans Jean-Jacques Gautier, Il faut que je parle à quelqu'un, Paris, Plon, , 152 p., p. 15
  3. « Florence Lynn a brillamment débuté au Théâtre Saint-Georges », Paris-Soir,‎ , p. 11
  4. « La fille d'Emmy Lynn débute à l'écran », Comœdia,‎ , p. 5
  5. Gisèle Casadesus, Jeu de l'amour et du théâtre, Paris, Philippe Rey éditeur,
  6. « Gautier », sur annie.david2.free.fr
  7. Olivier Delcroix, « Le grand amour secret de Jean-Jacques Gautier », Le Figaro littéraire, no 18320,‎ , p. 2

Lien externe[modifier | modifier le code]