Emmi Pikler

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Emmi Pikler, née le 9 janvier 1902 à Vienne et morte le 6 juin 1984 à Budapest, est une médecin pédiatre hongroise. Elle était de confession juive.

Biographie[modifier | modifier le code]

Au début de sa vie professionnelle, Emmi Pikler travaille en chirurgie. C'est à partir de ses observations qu'elle est amené à une constatation : il y a beaucoup moins d'accidents traumatiques graves chez les enfants de quartiers populaires. En effet, elle remarque que ceux-ci sont beaucoup moins hospitalisés. Au contraire, on trouve beaucoup plus d'enfants citadins hospitalisés. A partir de cette constatation, elle va fonder sa conviction : un enfant qui se déplace librement sans restriction est beaucoup plus prudent, à gérer ses activités, tomber sans risque, alors qu'un enfant limité dans ses mouvements, surprotégé se met plus facilement en danger : il n'a pas la capacité de connaître ses limites. Les enfants sous surveillance n'apprennent pas cette capacité motrice et se mettent plus danger.

Emmi Pikler découvrit ainsi le nourrisson comme étant compétent.

En 1930, Emmi Pikler émigre à Budapest. Cependant, elle est empêchée de travailler à l’hôpital du fait de sa religion juive, elle ouvre donc son cabinet privé. La jeune femme commence à exercer cette pratique sur ses propres enfants et sur sa clientèle privée. Elle partage ses connaissances du bébé avec les parents de son cabinet. Elle conseille ainsi aux parents de laisser une totale liberté aux enfants dans leurs mouvements et une attention particulière à l'épanouissement des capacités innées de leur enfant. C'est le principe de la libre motricité.

Diplômée de la faculté de médecine de Vienne, Emmi Pikler part s'installer à Budapest en 1947, où on lui propose de prendre la direction de la pouponnière de Lóczy, créée pour les orphelins de guerre. Elle met alors en place son approche éducative et médicale innovante, en posant comme principes la libre activité de l’enfant, son bien-être corporel, la qualité du soin et la relation privilégiée avec l’adulte qui s’en occupe, l'adulte référent. Très vite, la formidable réussite de Lóczy connaît une expansion phénoménale.

Aujourd'hui encore, la philosophie d'Emmi Pikler jouit d'un intérêt grandissant.

La pouponnière de Loczy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lóczy.

Cette pouponnière située à Budapest prend en charge des enfants orphelins. Le fonctionnement de cette pouponnière est défini suivant la révolution culturelle d'Emmi Pikler consistant à ne plus raisonner uniquement en termes de diagnostic mais également en termes de soins et de soutien en prenant compte les mal-êtres des enfants. Elle repose sur 2 principes mis en place par Emmi Pikler :

  • La théorie de l'attachement : relation privilégié avec 1 ou plusieurs adultes. Point d'ancrage essentiel et révolutionnaire à l'époque. Avant lorsque les enfants étaient pris en charge, ils n'étaient pas pris en charge singulièrement. Ce fonctionnement d'attribuer à chaque tâche une personne dura jusqu’aux années 1980. Aucune prise en charge de manière individuelle, pas de continuité, on ne voyait pas l'enfant comme un sujet individuel. En 1946 elle fonde cette prise en charge singulière, chaque enfant a une nurse. Elle joue le rôle de l'adulte référent.
  • La motricité libre : consiste à laisser une totale liberté à l'enfant. "La motricité libre consiste à laisser libre court à tous les mouvements spontanées de l'enfant sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit" PIKLER

Elle considère le bébé comme une personne ayant une énergie vitale, celle-ci lui donnant la capacité de développer ses compétences. Dans cette pouponnière, les nurses doivent prendre en compte les états émotionnels des nourrissons et elles doivent être capables de porter une attention particulière aux gestes de l'enfant.

Le développement psychomoteur est programmé, il se déroule spontanément dans un ordre donné et l'enfant n'a aucun besoin de l'intervention d'un adulte pour apprendre la maîtrise de son corps.

Pour Pikler, le bébé est acteur de son développement, et chaque enfant est unique et donc va progresser à son propre rythme. Le bébé va à l'aventure, il découvre son corps. Il apprend de lui même et par lui même. Non seulement le bébé est acteur mais il prend aussi du plaisir. Celui de l’intérêt. Ce plaisir va permettre le développement moteur, intellectuel et affectif de l'enfant.

C'est à travers ce développement que l'enfant va prendre conscience de son corps, de ses limites. L'enfant que l'on laisse appréhender sa motricité comme il l'entend, pourra acquérir une très grande aisance corporelle. Cela lui permettra de gérer cette motricité avec une prudence adaptée: par exemple il va apprendre à tomber… L'aisance corporelle permettra à l'enfant de construire un sentiment de confiance.

Les parents ne doivent pas apprendre la motricité à l'enfant cependant il ne doit pas abandonner l'enfant. L'adulte doit être extrêmement respectueux de l'enfant et doit être là pour le soutenir, l'encourager par la parole ou le regard et l'accompagner. Cette relation va se construire sur le respect et la confiance. La sécurité affective est essentielle. Ne pas parler à un enfant c'est nier sa qualité de sujet. Une relation basée sur la parole est essentielle.

L'adulte doit s'adapter au bébé qu'ils prennent en charge. Pour bien grandir, l'enfant doit bien dormir, bien jouer, bien manger.

La motricité libre est donc très importante.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]