Emmanuelle Ducros
| Emmanuelle Ducros | |
| Nationalité | Française |
|---|---|
| Diplômé de | Institut d'études politiques de Grenoble |
| Profession | Journaliste |
| Spécialité | Économie, Energie |
| Médias actuels | |
| Média | L'Opinion |
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Emmanuelle Ducros est une journaliste et polémiste française. Depuis , elle travaille pour le journal L'Opinion où elle est chargée des questions des transports, de l'agriculture et de l'alimentation et défend une position productiviste et critique de l’écologie politique.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et études
[modifier | modifier le code]Emmanuelle Ducros naît à Roanne, dans la Loire. Elle grandit à Montbrison[1]. Elle entre à l'Institut d'études politiques de Grenoble en et en sort diplômée trois ans plus tard. Elle effectue une année de licence d'histoire et étudie à l'École supérieure de journalisme de Lille[2],[3].
Journaliste et polémiste
[modifier | modifier le code]Emmanuelle Ducros commence sa carrière de journaliste au sein de l'agence La Tribune-Le Progrès de Montbrison en tant que stagiaire puis correspondante locale de presse[1], et travaille ultérieurement pour la Télévision suisse romande (TSR)[4]. Elle est par la suite journaliste financière pendant dix ans[5], et collabore pour les journaux Investir et Le Revenu. Elle assure également des chroniques sur Radio Classique, RFI et le journal éco de TV5 Monde. Elle travaille ensuite pour iTélé où elle présente l'émission Le Rendez-vous de l'éco. Elle rejoint l'hebdomadaire L'Opinion en 2013, dès sa création[4]. En mai 2018, elle est lauréate du Citi Journalistic Excellence Award décerné par l'entreprise Citi et l'Université Columbia[6], pour son reportage sur la dématérialisation de l'administration en Estonie[7]. Elle tient depuis un billet d'humeur quotidien, du lundi au jeudi après 8 h 30, dans la matinale d'Europe 1[8],[1].
En plus de son activité de journaliste, elle participe et anime des conférences, des colloques et des débats, notamment sur la question agroalimentaire. Dans ce cadre, elle ouvre en un cabinet de conseil dans le secteur d'activité du conseil pour les affaires et autres conseils de gestion[9],[10],[11]. En octobre 2016, elle modère une table-ronde intitulée « La dynamique citoyenne à travers la civic tech » au sein d'un colloque co-organisé par les laboratoires d'idées Synopia, La Fabrique Spinoza, et le centre Forum du futur sur les liens entre gouvernance de l’État et renouveau démocratique[12],[9]. En 2022, elle anime l'assemblée générale de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de la Loire (FDSEA 42)[1].
Prises de position
[modifier | modifier le code]Pour le glyphosate
[modifier | modifier le code]Elle dénonce des « discours alarmistes » sur le glyphosate, notamment à la suite d'un documentaire sur l'herbicide et les méthodes musclées pour le promouvoir, dans l'émission Envoyé spécial, diffusée le sur France 2, qu'elle critique à plusieurs reprises[13],[14].
Le site Arrêt sur images juge les propos d'Emmanuelle Ducros infondés[15].
Après examen, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) estime qu'il ne peut pas être reproché à la chaîne d'avoir manqué à ses obligations en matière d'honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information, ni en matière de dignité de la personne humaine et de présentation des différents points de vue[16],[17].
Contre l'agriculture biologique
[modifier | modifier le code]Elle estime que la généralisation du bio à l'échelle de la planète, « aux rendements très inférieurs, conduirait à une déforestation massive et au retour à des travaux agricoles asservissants ». Elle affirme aussi que « le bio n'apporte pas de bénéfices de santé », qu'il crée une « ségrégation » « puisque beaucoup de familles ne peuvent pas se permettre financièrement une alimentation 25 à 30 % plus chère »[4]. Elle accuse les associations antispécistes de vouloir « purement et simplement l'abolition de l'élevage »[18].
Guillaume Erner, animateur de France Culture, soutient qu'elle « défend des thèses libérales et l'agriculture productiviste » et la décrit comme « héroïne pour les uns, troll pour les autres »[19].
Le physicien Bruno Andreotti note qu'elle appartient sur les réseaux sociaux à une communauté très critique vis-à-vis des écologistes et active lors « de polémiques mettant en cause le développement économique sans restrictions, ou toute régulation pouvant l'atteindre ». Celle-ci se fait le relais des positions « soutenues par les grands groupes industriels ou agro-industriels »[20],[21].
Autres prises de positions
[modifier | modifier le code]Elle soutient la loi Duplomb[1].
Selon l’association Acrimed, Emmanuelle Ducros mène une « croisade contre les activistes écologistes », en particulier sur les réseaux sociaux[22]. Pour Mediapart, elle fait partie des « autoproclamés gardiens de la raison[23] ».[pertinence contestée]
Critiques et polémiques
[modifier | modifier le code]Selon Guillaume Erner, la journaliste défend des thèses libérales et l’agriculture productiviste et ne rechigne pas à la polémique[19]. Elle est ainsi au cœur de plusieurs polémiques sur les réseaux sociaux à partir de 2019[1].
En , le service de vérification de faits de Libération, CheckNews, relève que la journaliste a effectué plusieurs fois des activités annexes rémunérées par des organismes privés du secteur agro-alimentaire (pratique qualifiée de « ménage » dans la profession)[24], lui valant des critiques d'autres journalistes sur le plan déontologique[1]. Ainsi, la Fédération des entreprises de boulangerie (FEB) a rémunéré la journaliste pour l'organisation d'une table ronde en Autriche en , trois mois avant que le président de la FEB ne soit interviewé à deux reprises par Emmanuelle Ducros pour L'Opinion[9],[24]. Par ailleurs, en , elle aurait sollicité une rémunération de « 2 000 à 3 000 € » auprès de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP), lobby regroupant des fabricants de pesticides, avant de se rétracter[9].
Après la parution de l'article de Libération, le président du journal L'Opinion, Nicolas Beytout, interpelle Laurent Joffrin, directeur général de la rédaction de Libération, en déplorant des méthodes « indignes ». Laurent Joffrin lui répond en argumentant que « la journaliste concernée n'a demandé ni rectificatif ni droit de réponse sur les faits rapportés »[25].[pertinence contestée]
Quelques mois plus tard, Libération révèle qu'Emmanuelle Ducros utilise un compte Twitter secondaire sous pseudonyme, qui s'en prend à plusieurs personnes ayant eu affaire à elle[26],[27],[19],[28],[1]. Libération accuse en particulier Emmanuelle Ducros d’avoir harcelé Robin Andraca, auteur de l'article de CheckNews précédemment cité, en diffusant des rumeurs malveillantes à son sujet, notamment selon lesquelles il pourrait être licencié[28].
Références
[modifier | modifier le code]- Alexandre Pauze, « Emmanuelle Ducros, la journaliste ligérienne qui ne plaît pas à tout le monde », Le Progrès, (consulté le ).
- ↑ « L'interview : Emmanuelle Ducros, diplômée de Sciences Po Grenoble », sur lessciencespoetmoi.fr, (version du sur Internet Archive).
- ↑ Emmanuelle Ducros, interview par Laetitia Strauch-Bonart et Peggy Sastre, "Je suis une déçue de l’écologie", Les Contrariantes, Le Point, (consulté le ).
- Stéphane Brunerie, « Emmanuelle Ducros : "Il faut respecter la complexité des sujets agricoles et agro-alimentaires" », sur StripFood, (consulté le ).
- ↑ Jean-Paul Pelras, « Emmanuelle Ducros : "Une ségrégation alimentaire nous menace" », sur lagri.fr, (version du sur Internet Archive).
- ↑ Clémence Tanguy, « Télé : ces femmes journalistes et expertes en économie et finance », sur cafedelabourse.com, (consulté le ).
- ↑ Emmanuelle Ducros, « Bienvenue en "e-stonie", le premier État réel à l'administration 100% dématérialisée », L'Opinion, (lire en ligne
, consulté le ).
- ↑ « Voyage en absurdie », Europe 1 (consulté le ).
- Robin Andraca, « La journaliste Emmanuelle Ducros a-t-elle été rémunérée par des lobbys de l'industrie agro-alimentaire ? », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Aurore Gorius, « François de Rugy et la petite graine de l'influence », épisode no 31
, sur Les Jours, (consulté le ).
- ↑ « Entreprise : Emmanuelle Ducros » (fiche INPI), sur data.inpi.fr, Institut national de la propriété industrielle, (consulté le ).
- ↑ « Actes du colloque du 17 octobre 2016 à l'Assemblée nationale », sur Synopia, (consulté le ).
- ↑ Thomas Mahler, « Géraldine Woessner et Emmanuelle Ducros, le cauchemar d'Élise Lucet »
, Le Point, (consulté le ).
- ↑ Gaël Lombart, « Comment le débat sur le glyphosate a pourri sur Twitter », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Glyphosate : nouvelle attaque (manquée) contre Envoyé Spécial »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ).
- ↑ « "Envoyé Spécial" sur le glyphosate : le CSA n'a rien à reprocher au documentaire de France 2 », L'Obs, (consulté le ).
- ↑ « Émission "Envoyé spécial" du consacrée au glyphosate : réponse aux plaignants », sur arcom.fr, Conseil supérieur de l'audiovisuel, (consulté le ).
- ↑ Marie-Annick Carré, « Emmanuelle Ducros dans le champ médiatique de l'agriculture », Réussir, (consulté le ).
- Guillaume Erner, « Êtes-vous pour ou contre Emmanuelle Ducros ? », L'Humeur du matin par Guillaume Erner, France Culture, (consulté le ).
- ↑ Loris Guémart, « Ducros, Woessner, Sastre : figures d'un "pseudo-rationalisme"? », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
- ↑ Andreotti et Noûs 2020, p. 22.
- ↑ Pauline Perrenot, « Emmanuelle Ducros en croisade contre les activistes écologistes », sur Acrimed, (consulté le ).
- ↑ Joseph Confavreux, « Les complotistes et les comploteurs », Médiapart, (lire en ligne, consulté le )
- « Ducros payée par le lobby de la boulangerie »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ).
- ↑ « Glyphosate et « ménages » d'Emmanuelle Ducros : Laurent Joffrin répond point par point à Nicolas Beytout », L'Obs, (consulté le ).
- ↑ Laurent Telo, « Emmanuelle Ducros, Marine Le Pen, Lorànt Deutsch… Le masque et le tweet », M, le magazine du Monde, (consulté le ).
- ↑ Gérard Maire, « Mais qu'est-ce qu'on va faire de... Emmanuelle Ducros ? », CQFD, no 218, (lire en ligne, consulté le ).
- Cédric Mathiot, « Une journaliste de "l'Opinion" harcèle-t-elle un confrère de "Libé" derrière un faux compte Twitter », Libération, (consulté le ).
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Bruno Andreotti et Camille Noûs, « Contre l’imposture et le pseudo-rationalisme : Renouer avec l’éthique de la disputatio et le savoir comme horizon commun », Zilsel, vol. 2, no 7, , p. 15-53 (DOI 10.3917/zil.007.0015, lire en ligne).
- Stéphane Foucart, Stéphane Horel et Sylvain Laurens, Les gardiens de la raison : Enquête sur la désinformation scientifique, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », , 368 p. (ISBN 978-2-3480-4615-5, DOI 10.3917/dec.fouca.2020.01, lire en ligne
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