Emmanuel Ramazani Shadary

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Emmanuel Ramazani Shadary
Illustration.
Fonctions
Secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie
En fonction depuis le
(1 an, 1 mois et 25 jours)
Prédécesseur Henri Mova Sakanyi (secrétaire général)
Vice-Premier ministre congolais
Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité

(1 an, 2 mois et 2 jours)
Président Joseph Kabila
Premier ministre Samy Badibanga
Bruno Tshibala
Gouvernement Badibanga
Tshibala
Prédécesseur Évariste Boshab
Successeur Henri Mova Sakanyi
Président du groupe parlementaire du PPRD
En fonction depuis le
(6 ans, 8 mois et 19 jours)
Biographie
Nom de naissance Emmanuel Ramazani Shadary
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Kasongo, (Maniema, Congo-Kinshasa)
Nationalité congolaise
Parti politique PPRD
Diplômé de Université de Kinshasa

Emmanuel Ramazani Shadary est un homme politique congolais, né le à Kasongo.

Il est député national, ancien vice-gouverneur et gouverneur de la province de Maniema, président du groupe parlementaire PPRD et coordonnateur de la majorité présidentielle (MP) à l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Il est candidat de la majorité pour l’élection présidentielle de 2018, arrivant en troisième position, derrière Félix Tshisekedi et Martin Fayulu[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une licence en sciences politiques et administrative à l'université de Lubumbashi, Emmanuel Ramazani Shadary effectue un troisième cycle en sciences politiques et administratives à l'université de Kinshasa, où il obtient un diplôme d’études approfondies (DES).

Il est assistant à l’ISDR et à l’ISC Kindu de 1992 à 1994.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1995, il a été élu secrétaire général de la Société civile du Maniema et en 1997, vice-gouverneur sous le régime de Laurent-Désiré Kabila. En 1998, il est nommé gouverneur de la dite province par le même Mzée Kabila. Il sera reconduit en 2001 par le président de la République, Joseph Kabila.

En 2002, il participe à la fondation du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), au sein duquel il a exercé, entre 2005 et 2015, la fonction de secrétaire national chargé du processus électoral et de président de la commission de discipline[2].

Durant la première législature, de 2006 à 2011, il est 1er vice-président de la commission politique administrative et juridique de l'Assemblée nationale. Réélu député national en 2011, il est, depuis 2012, président du groupe parlementaire PPRD. Il coordonne la majorité présidentielle à la même assemblée.

Sanctions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

En ses qualités de vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, il est responsable de la police et des services de sécurité et de la coordination du travail des gouverneurs de province depuis son entrée en fonction le . À ce titre, l'Union européenne, qui l'a inscrit sur une liste de sanctions le , le considère comme responsable des récentes arrestations de militants et de membres de l'opposition et de l'usage disproportionné de la force depuis sa nomination, comme l'action violente contre les membres du Nouveau Mouvement religieux Bundu dia Kongo (BDK) fondé en 1969 dans le centre du Congo, la répression à Kinshasa en janvier et février 2017 et l'usage disproportionné de la force et la répression violente dans la province du Kasaï. Dans cette fonction, il est donc impliqué dans la planification, le contrôle ou la commission d'actions qui constituent des violations graves des droits de l'homme[3]. Les sanctions incluent une interdiction de pénétrer sur le territoire de l'UE et un gel des avoirs ainsi que l'interdiction de mettre des fonds et ressources économiques à la disposition des personnes listées[4].

Élection présidentielle 2018[modifier | modifier le code]

Le , Emmanuel Ramazani Shadary est choisi comme candidat de la majorité pour l’élection présidentielle prévue le 23 décembre et qui doit décider du successeur de Joseph Kabila[5]. Voyant son régime dictatorial très contesté par la population, celui-ci a en effet quitté le pouvoir ; Emmanuel Ramazani Shadary, son dauphin, n'en reste pas moins considéré comme sa marionnette politique, estime Le Figaro, afin de lui permettre de continuer à influencer la politique congolaise[6].

À l'annonce des résultats par la CENI en date du 9 janvier 2019, Emmanuel Shadary est placé en troisième position. C'est Félix Tshisekedi qui est élu. Néanmoins, son élection est contestée par Martin Fayulu qui revendique 61 % des voix[7] et les résultats sont mis en doute par la conférence épiscopale nationale du Congo et par le gouvernement français[8].

Le 12 janvier, Fayulu dépose un recours à la Cour constitutionnelle[9].

Le 15 janvier, des fuites de résultats obtenues par RFI, Financial Times, TV5 Monde, issues de résultats compilés par la Céni et par la Cenco, montreraient une victoire de Fayulu[10]. Fayulu obtiendrait entre 62,8 et 73,61 %, Shadary entre 7,90 et 17,99 % et Tshisekedi entre 15 et 17 %[11],[12],[13],[14].

Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2019, Félix Tshisekedi est proclamé élu président de la République par la Cour constitutionnelle[15]. Fayulu s'autoproclame président élu et appelle la communauté internationale à ne pas reconnaître cette décision[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les 50 personnalités qui font la République démocratique du Congo : Emmanuel Shadary, président du Groupe parlementaire PPRD. Il coordonne la Majorité présidentielle (MP), 54 ans », in Jeune Afrique, nos 2572-2573, du 25 avril au 8 mai 2010, p. 34

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Félix Tshisekedi remporte la présidentielle en RDC », sur L'Echo, (consulté le 10 janvier 2019)
  2. « Qui est Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de Kabila? », sur BBC, (consulté le 1er février 2019)
  3. Décision d'exécution (PESC) 2017/905 du Conseil du 29 mai 2017, Journal officiel de l'Union européenne.
  4. République démocratique du Congo (RDC): l'UE adopte des sanctions à l'encontre de 9 personnes supplémentaires.
  5. « Kabila désigne Emmanuel Ramazani comme candidat de la majorité au pouvoir en RDC ! »,
  6. Jérémy André, « Congo : un cardinal face à la dictature », Le Figaro Magazine, semaine du 14 décembre 2018, p. 74-82.
  7. « RDC: retour sur l’annonce de la victoire de Félix Tshisekedi à la présidentielle - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 11 janvier 2019)
  8. « Présidentielle en RDC : la France met en doute la conformité des résultats proclamés », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 11 janvier 2019)
  9. Présidentielle en RDC: Fayulu a déposé son recours à la Cour constitutionnelle
  10. « RDC: réactions de l’UDPS et du FCC après les révélations sur les résultats - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 16 janvier 2019)
  11. « Elections en RDC : Martin Fayulu est-il le vrai vainqueur ? », sur TV5MONDE (consulté le 16 janvier 2019)
  12. Elections en RDC: où se trouve la vérité des urnes?
  13. RDC : une fuite de documents révèle que Martin Fayulu serait le vainqueur de la présidentielle
  14. RDC: Une fuite de données désigne Fayulu comme gagnant des élections avec une large avance
  15. « En RDC, Félix Tshisekedi est proclamé président par la Cour constitutionnelle », sur Le Monde.fr (consulté le 20 janvier 2019)
  16. « RDC : Martin Fayulu s’autoproclame « seul président légitime » du pays – JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 20 janvier 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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